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La vie peut se faire foutre: j’ai une écurie de F1 (Grand Prix Story / Game Dev Story)

J’ai reçu par mail les scores temporaires du TM Golden Blog – dans le but de nous motiver tout ça parce que paraît que ça ramène pas assez de votants – et donc Mackie n’a pas assez de voix – moi ça va je suis dans le top 3. Faites quelque chose menfin !

Je sentais quelque part, depuis le début de l’année, qu’il manquait un petit rien pour faire de moi un véritable humain ancré dans le 21e millénaire numérique, faire totalement partie de la fameuse « génération digitale » louée par les philosophes de chez Game One, devenir un homme à la pointe de la technologie, bref, gagner enfin mon diplôme d’être humain. Et donc, bam, j’ai obtenu mon cadeau d’anniversaire avec deux mois de retard: un authentique smartphone ! Et comme je fais les choses à la bien, c’est un Google Nexus S que j’ai choisi. Je vous passe le long moment que j’ai eu à choisir quel portable j’allais prendre, un peu comme un jeune garçon de dix ans invité dans le laboratoire du Professeur Chen. Et surtout parce que, bon, on s’en fous. J’ai un smartphone Android, il marche bien, j’en suis très content, je peux twitter dans le train, lire Internet dans la campagne et flipper à l’idée de le sortir dans les transports en commun.

Et surtout jouer à Game Dev Story mais SURTOUT SURTOUT depuis la semaine dernière à Grand Prix Story, sujet de cet article.

La première fois qu’on m’a foutu Game Dev Story sous la main, j’y ai joué six heures sans stopper. Ce n’est habituellement PAS problématique mais à ce moment précis, il y’avait autour de moi plein de gens et j’étais là, l’air d’un con, sur mon portable, hypnotisé par le concept super simple du jeu (« faites des jeux vidéo en flux continu ») qui ne te laisse grosso merdo aucun vrai moment de considérer l’éventualité de quitter ta partie, de fermer l’application etc. Et mes seules interactions sociales de la journée furent « haha regardez je fais un Shooter avec des Pirates » où « haha regardez je fais un jeu de course avec des animaux » où « haha regardez je fais un jeu de puzzle avec des ponchos. » Bref, la grande misère. Ah mais qu’on soit bien clair cependant: Game Dev Story n’est pas le jeu que vous allez refaire où qui a un gros replay value. L’idée du jeu c’est de vous faire bouffer six à dix heures de jeu, de vous faire finir votre première partie et ensuite de vous voir ne plus jamais y rejouer parce que vous en avez juste la chiasse du jeu, tellement vous vous en êtes gavés en un temps aussi limité. Et aussi parce que, oui, le jeu est pas très complet mine de rien. Mais c’est là que le jeu fonctionne magiquement bien: il est pas assez complet pour être un vrai jeu et vous faire tester toutes les éventualités encore et encore mais il est pas assez vide pour être emmerdant.

Bref, du coup, quand j’ai eu mon vrai portable Android je me suis payé le jeu, le gout de la découverte en moins, trois mois sans y avoir touché et juste pour y jouer dans les transports. Et bah j’ai presque failli me faire avoir à nouveau et y perdre beaucoup de temps ! Surtout que maintenant qu’on connaît le fonctionnement, on devient trèèès vite surpuissant et on passe trois-quarts de la partie à faire des jeux notés 37/40 par les critiques et qui se vendent comme des petits pains en boutique (ce qui est très drôle d’ailleurs puisque souvent on vend plus de jeux que de consoles, j’imagine que des gens veulent juste se payer la boîte) – ce qui est en fait le seul gros défaut du jeu… ce sentiment d’invincibilité à mi parcours est un peu sympa au début mais vite gavant. Enfin on nettoie sa peine en faisant du coup les concepts de jeux les plus crétins du monde. N’empêche je suis sur que mon jeu d’action ARCHITECTURAL doit être sympa en vrai. Où mon jeu musical basé sur la ROMANCE.

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Un de mes premiers réflexes en matant les jeux Android dans l’Android Market c’était de savoir si Kairosoft avait fait d’autres jeux. Il y’a donc également en anglais Hot Springs Story qui me tente beaucoup moins même si il est beaucoup plus axé construction et gestion que son prédécesseur. Et plein de jeux en japonais ! Dont un GameDev +++ et un gestionnaire de boutique de jeu vidéo. Et là où j’avais été sur le cul c’était de découvrir un de ces jeux japs pas encore traduit qui semblaient juste avoir été développé pour moi, où Kairosoft nous proposait de gérer une écurie automobile. J’étais limite là à envisager l’acheter en jap mais au final… AU FINAL… j’ai appris hier soir, pendant un fantastique grand prix de F1 au Canada, que le jeu avait été traduit et était sorti depuis MERCREDI. Et bam, 3€ plus tard, le jeu est acheté, et je crois que je viens de dépasser les sept où huit heures de jeu. Et je suis très loin d’avoir tout vu ! Très loin d’avoir tout fait ! Là où au même stade, dans un GameDev, tu en es déjà à chier des jeux survendus et surnotés, qu’importe si l’idée est débile.

Grand Prix Story prend donc plus où moins les mêmes mécaniques, le même style graphique, toujours un aspect super simplifié (une voiture, un pilote, deux mécanos, des circuits, des petites stats super claires et go) et du coup, bam, c’est SUPER ADDICTIF. Là aussi on a toujours ce syndrome super flippant du jeu qui jamais te laisse une pause pour te dire… de faire une pause. Y’a toujours quelque chose à faire dans ce jeu: on veut voir si l’amélioration de la voiture se passe bien donc on attend une minute qu’ils finissent l’amélioration, puis bam, une course dans deux semaines, on attend que la course ait lieu pour voir si la voiture est au niveau, une fois la course fini, on remarque qu’on a plein de points de recherches techniques à dépenser, alors on les dépense dans des améliorations, améliorations dont on attend la fin de la réalisation pour voir si l’équipe a bien fini, puis on gagne des courses, on décroche des sponsors, et puis on découvre qu’a chaque fois qu’on remplit la jauge de bonheur d’un sponsor il nous file des bonus divers super intéressants, du coup on cherche d’autres sponsors, on développe d’autres voitures, on change de série, on développe ses voitures, on dit bonjour à d’autres sponsors, on cherche de nouveaux pilotes, de nouveaux mécanos, on développe encore plus sa voiture parce que les courses commencent à devenir compliquées et on chope des secondes entières de retard et bam, six heures plus tard, on a faim, il fait nuit dehors et ta copine t’a foutu dehors mais ça tu pouvais pas le savoir !

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Mais là où Grand Prix Story me tue particulièrement, c’est qu’il réalise pour moi un fantasme. Je suis un grand fan de Formule 1, vous le savez, et jamais je n’ai vraiment trouvé de jeu de management d’écurie de F1 qui m’a séduit. Car soit ceux-ci sont très vieux et pas super accessibles, avec des licences datant de Mathusalem soit ceux-ci font exploser mon disque dur (histoire vraie) et c’est un genre qu’on a pas revu depuis dix ans quoi ! Là du coup je suis plutôt heureux de voir un jeu de gestion basé sur ce milieu là qui, sans avoir de licence et sans être giga pointu, est suffisant pour s’immerger un peu dedans. Alors ça reste très cartoon, très bon enfant, c’est pas du tout réaliste mais putain c’est bon. Ces derniers temps je me sens à nouveau rechoper un goût pour les jeux de gestions divers et variés et ce Grand Prix Story arrive à point nommé, malgré son statut de « petit jeu. » Mais quelque part, ça me refait fantasmer sur un vrai jeu de management d’écurie de F1 où de sport auto. Avec plein de trucs pointus, un vrai réalisme, etc. Ahlala.

Et enfin, oui, plein plein plein de clin d’oeil au monde du sport auto en général, avec des pilotes qui possèdent des noms super proches de la réalité (« Pico Posberg » ? « Mike Shoe » – celui là est subtil mais le sprite au menton géant moins – ?), les tracés qui reprennent avec plus où moins de réalisme les véritables tracés des grands prix du calendrier, des sponsors assez proches des sponsors présents actuellement en F1, etc. Bref ça fait chaud au coeur de voir tout ça.

Est-ce que ce Grand Prix Story peut séduire les non-aficionados de F1 et de sport mécanique ? J’en doute mais essayez la démo au cas où, vous pourriez vous prendre au jeu. Pour les fans de F1, c’est évidemment direct le bon plan, Et le point le plus intéressant c’est qu’il améliore un peu les défauts inhérents à Game Dev Story, avec une vraie difficulté et une progression plus longue qu’avant, et donc de quoi attendre la version anglaise de Game Dev Story ++ avec une grande, grande, grande impatience. Et aussi le jeu de gestion de magasin de jeu vidéo. En attendant un jeu de gestion de réseau de prostitution. Qui s’appellerait « Pigalle Pute Story. » Un truc comme ça. Darker and Edgier, quoi.

Oui j’ai aussi une application TV Tropes sur mon téléphone portable et je me demande comment j’ai fait pour vivre sans ça jusqu’a présent. J’ai l’impression d’avoir appris à respirer <3. Sans exagération. Bon ok si un peu.

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Un commentaire

  • Youpi

    Bon article qui donne envie d’y jouer. Un truc par contre, le jeu « Game Dev Story » est la version japonaise de « Game Dev Story ». Le jeu s’appelle ゲーム発展国++ ou « Game Hattenkoku  » en Japonais, parceque c’est une version amelioree du jeu pour PC.

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