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[Néant Sept #8] Le top 7 des raisons qui font que Forza Horizon est assez décevant

Hasard total: j’ai commencé à écrire cet article peu après avoir fini mon top 7 des jeux de courses et la semaine dernière, tom le chat a commenté l’article pour me parler de Forza Horizon et me dire à quel point il était bien. C’est plutôt gênant du coup que j’ai lu ce commentaire quand j’étais en train de préparer cet article. Qui explique grosso merdo que Forza Horizon est une giga déception pour moi.

Quand il a été présenté à l’E3 j’étais juste ultra chaud. Je crois que c’était LE jeu de la conf Microsoft qui m’avait le plus chauffé, et tant pis si même à la rédaction de Nolife j’étais le seul à en avoir quelque chose à foutre. Heureusement que quelques jours plus tard lors du Respawn Live de Radio01.net, Pipomantis m’a confirmé que je n’étais pas le seul à être chaud pour ce jeu. C’est à dire que perso j’avais beaucoup aimé Forza 4 mais je regrettais un petit manque de folie dans ce jeu, qui se révélait au final très académique et encore incapable de sortir de l’ombre de Gran Turismo. Et là du coup j’avais un peu la réponse à mes attentes: un Forza… placé sous le signe du fun ! Pourquoi dire non, surtout quand on voit que c’est Team Playgrounds derrière, studio composé d’anciens de Codemasters, de Bizarre, de Ubi Reflections ou bien de Criterion. Donc ouais d’anciens de studios qui ont faire, genre, la série des Toca et des Colin mcRae, la série des Project Gotham Racing, la série des Driver ou bien, genre, la série des Burnout. Donc ouais, putain, wow, ouais quoi. Casting cinq étoiles là.

Du coup je l’ai chopé.

Du coup je l’ai retourné.

Du coup je peux dire que je n’ai pas été très convaincu.

Pour sept raisons.

Dont voilà un top.

7 – LE MULTIJOUEUR EST MOINS SYMPA QUE PREVU

Ah ça putain ouais. Le jeu offre un multijoueur ultra classique. Y’a bien un système d’XP qui permet de débloquer de la thune ou des bagnoles “exclusives” à chaque niveau débloqué, mais c’est pas spécialement ultra intéressant ni très motivant, pour des raisons que je vais expliquer dans un autre point. Y’a bien une mode “playground” avec des trucs comme un loup ou un mode virus mais on va dire gentiment que Driver SF lui met bien la misère niveau variété et fun des épreuves. Parce que wow le jeu s’y prête au final absolument pas niveau physique et gameplay.

C’est triste parce qu’avec Project Gotham Racing 4, les gens de chez Bizarre avaient eu le bon goût d’être très originaux, en organisant des championnats réguliers, des tournois, ces genre de trucs. Et là y’a pas. C’est juste des courses normales pour gagner de l’XP, t’en fais vite le tour, les autres joueurs conduisent pas forcément super bien et EN PLUS le matchmaking met des plombes à se faire – ça se trouve les serveurs sont juste vide, ce qui serait triste.

6 – C’EST CHIANT DE CHANGER DE VOITURE

Un des atouts du jeu, quand même, ça reste le plaisir de se balader sur une carte à monde ouvert avec une bagnole cool en s’offrant une impression de vitesse loin d’être dégueulasse. Mais par contre putain, changer de voiture dans ce jeu c’est juste chiant. Si t’as le malheur, sans faire exprès, de cliquer “oui” quand après une course le jeu te demande si tu veux garder ta voiture, t’es parti pour te taper quelques kilomètres pour aller dans un garage pour enfin avoir la possibilité de changer de bagnole et récupérer celle qui est plutôt à ton goût. D’autant que les garages sont, en général, pas super bien placés et nécessitent quelques détours à la gomme.

Je fais mon chieur qui pense tout faire mieux que tout le monde mais je pense vraiment que ça n’aurait pas été une trop mauvaise idée de pouvoir switcher un peu n’importe quand de véhicule.

5 – UN CHOIX DE VOITURES AU FINAL PLUTÔT MAIGRICHON (ET TRES AMERICAIN.)

Bon c’est pas forcément très surprenant que le casting automobile soit bien moins varié que dans Forza 4, mais on regretta qu’au final y’a relativement peu de véhicules “intéressants.” Beaucoup de muscles cars et caisses ricaines des années 70, pas mal de supercars italiennes au point où on fait une légère intoxication de Lamborghini, des Dodge Viper par paquet entier… mais au final peu de voitures “emblématiques.” Bon on a neuf voitures “historiques” à débloquer dans le jeu comme la DB5 mais ça fait peu. Je me serais attendu venu d’un jeu qui met autant en avant l’aspect “allons nous balader dans la campagne radio à fond et bras sur la portière au volant d’une super caisse” à plus de véhicules historiques qui auraient mis en avant cet aspect plaisant et fun. Mais non, on a beaucoup de caisses qui font doublon et, de toute façon, le jeu nous encourage constamment à rouler en supercar, donc ouais.

4 – LES TRUCS DU DECOR QU’ON SAIT PAS SI ÇA PASSE OU SI ÇA CASSE

Ca c’est méga chiant. Tu sors parfois de la route et tu sais jamais si ce que tu vas percuter ça va casser ou bien ça va juste t’arrêter net. Les mêmes barrières sont parfois destructibles, parfois pas. De même tu peux briser un giga panneau en soufflant dessus mais par contre les arbustes riquiquis peuvent te faire passer de 360 km/h à 0km/h en un seul coup. C’est parfois ultra incohérent, d’autant que les level designers ont truffés certains endroits clés de plein de ces putains d’arbustes de merde dont tu découvres la subite invincibilité souvent bien trop tard – quand tu as jeté ta manette dans la télé.

Ah y’a aussi des murs invisibles qui sortent parfois de juste nulle part et ça c’est juste ultra lourd dans un jeu à monde ouvert. Erreur quasi fatale.

3 – L’AMBIANCE SONORE, SURTOUT LES VOIX

Putain les radios du jeu sont à chier.

Là vous êtes sans doute surpris parce que vous avez entendu que du bien que ces radios. Et, effectivement, la setlist bute. Foster the People, Black Keys, Silversun Pickups, The Hives, Neon Trees, Waking on a Dream, etc etc. Y’a des musiques qui sont super chouettes en général et le choix a été loin d’être pourri.

Mais le problème c’est qu’on a que 3 radios et que sur ces 3 radios, on a au final TROP PEU de titres. Quand en une heure de jeu tu te bouffes six fois Lonely Boy des Black Keys, bah désolé mais j’ai beau kiffer la chanson à mort, je sature un peu et je COUPE quoi. Il aurait fallu beaucoup plus de variété ! Mais non, au final j’ai écouté les radios avec le sourire pendant mes cinq premières heures de jeu, et j’ai passé les dix autres à la couper dès que possible. Et le pire c’est que la radio en question n’est pas vraiment “linéaire” ! Et parfois en pleine course tu es sur un morceau que tu kiffes, la course se termine, temps de chargement… et après ce temps de chargement, la radio a rebootée et débute un nouveau titre ! Putain mais même les GTA le font pas ça.

Et plus généralement, toutes les VOIX sucent des boules. Et là même souci: elles se répètent en boucle. Tout le temps. Quand tu gagnes une course, ta copine manager te félicite en te disant un truc. C’est chouette. Sauf qu’elle a maximum huit phrases de félicitations et que tu te tapes au total environ 130/150 événements. Donc à un moment tu te tapes les mêmes phrases encore et encore. Mais c’est pas le pire.

Y’a aussi les rivaux qui sont pète couilles. Tu les affrontes tous au moins cinq à quinze fois, et ils ont maximum cinq phrases à dire. Donc tu te tapes leurs taunts en boucle pendant une, deux, trois heures de jeu.

Et putain me parlez pas du mec qui organise les courses de rues. Et là j’invente rien mais à CHAQUE FOIS que je voulais faire une course de rue, que j’en choississais une, il me disait TOUJOURS LA MEME PUTAIN DE PHRASE DE MERDE. “Tu veux courir cette course ? AHAHA MEME PAS EN REVE.” Un truc comme ça, je m’en souviens heureusement pas exactement. Mais putain cette phrase je me la suis bouffée TRENTE FOIS. Et comme j’ai eu l’idée géniale de faire TOUTES les courses de rues d’un coup, je me la suis bouffée TRENTE FOIS en DEUX HEURES. Au bout d’un moment j’ai juste eu envie de péter un cable, de prendre une râpe à fromage et de la passer sur sa putain de gueule de hipster de merde.

Ah puis ouais, ta manager qui te pète les couilles quand tu te balades, c’est bien chaud aussi. Toutes les dix minutes elle est là à te rappeller que tu peux aller faire tel événement, que tu peux faire des courses, que tu peux aller acheter des bagnoles avec ton paquet de thunes. PUTAIN MAIS TA GUEULE GROGNASSE JE SUIS PAS CON.

Oui, j’aurais du désactiver les voix dans les options. Tin pourquoi je l’ai pas fait. Je le méritais peut-être un peu, au fond.

2 – L’UNIVERS DU JEU , ANTIPATHIQUE

Plus généralement tout l’univers du jeu est très très trèèès antipathique. Je parle pas forcément de la carte qui surprend par une jolie variété, des décors somptueux et tout ça. Je parle de l’enrobage du jeu. Déjà, pas spécialement motivé par cette histoire de super festival qui t’autorise comme par magie à faire de la merde sur toutes les routes de l’état. Au moins dans Need for Speed t’es clairement un putain de gros bandit. Là dans Forza Horizon ça semble… “légal.” Y’a pas de police, y’a pas de contrôle, pire, l’organisation du festival a officiellement foutue des radars sur les routes de la ville pour récompenser les mecs qui les passent à fond les ballons. Putain mais comment ils obtiennent leurs subventions chaque année et comment ça se fait que le Colorado leur a pas encore foutu trois camions de gardes nationaux sur la gueule quoi :’D.

Mais ça a la limite, on s’en fout vite. Par contre entre les rivaux tous pétés de thunes qui sont méchants, ta manager qui est juste là pour te sucer la bite et te dire à quel point tu es exceptionnel et surtout cette putain d’omniprésence des MARQUES. Tu as des “défi sponsor” à relever qui consistent par exemple à faire plaisir à Adidas en battant des défis drifts & compagnie. Chaque épreuve est sponsorisée par une vraie marque. T’as des panneaux partout, des sponsors à tous les coins. C’est juste… pesant.

En fait le vrai souci de Forza Horizon c’est qu’il veut viser les jeunes kékés et les futur beaufs. C’est chiant à dire mais c’est ça. Jamais le “scénario” n’est agréable à parcourir parce qu’on y contrôle un pilote Mary Sue que tout le monde kiffe parce que voilà lol. Et voilà, rajoutez y les voix à la con et l’impression que tous les personnages du jeu sont juste des gros bourgeois pétés de thunes qui ont été éduqués à la truelle dorée, et putain juste au secours. Ce jeu suce le joueur tout le temps parce qu’il est au final le seul type sans personnalité au milieu d’une armada de cas sociaux. Charmant programme !

1 – ON EN FAIT TRES VITE LE TOUR

Attention, super screencap:

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Donc voilà, 100% du jeu en 13h.

Voilà le gros souci. Et c’est là que le jeu s’effondre.

Pourquoi se casser le cul à collectionner des voitures qui ne serviront à rien parce que y’a une centaine d’épreuves qui se battent en duel et dont on peut faire la moitié avec la même caisse.

Pourquoi un monde ouvert aussi peu exploité.

Pourquoi aussi peu de variété dans les épreuves.

Pourquoi que des courses ou des contre la montre contre des véhicules spéciaux. Pourquoi pas nous offrir d’autres défis, d’autres types de challenge.

Ca aurait été pardonné si le multijoueur aurait suivi et nous aurait donné envie de nous investir.

Mais non.

La durée de vie du jeu est ridicule. Parce que vraiment, une fois atteint les 100% y’a vraiment plus rien à faire. On peut se balader mais c’est tout. On peut refaire les courses pour gagner de la thune et éventuellement pouvoir se targuer d’avoir toutes les voitures du jeu dans son garage. Mais à quoi bon ?

Je pense vraiment que Forza Horizon pèche par impatience. Le jeu est sorti trop vite pour les fêtes. Avec plus d’épreuves, plus de contenu, plus de challenge et un univers mieux pensé, moins antipathique, il aurait pu devenir une référence. Mais non, il est moins sympa qu’un Need For Speed Hot Pursuit de 2010 et des années derrière un Project Gotham Racing 4 en terme de fun.

C’est triste. Surtout vu l’équipe derrière.

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2 commentaires

  • tom le chat

    « 7 – LE MULTIJOUEUR EST MOINS SYMPA QUE PREVU »

    Sans compter le freeride qui devient vite ennuyeux sans circulation. Il y a probablement un tas de bonnes raisons techniques pour justifier cela mais quelle déception quand on a connu les joies du cruising dans Test Drive Unlimited !

    « 6 – C’EST CHIANT DE CHANGER DE VOITURE »

    Je suis surpris par cette remarque : avec le fast travel, tu peux te téléporter d’un bout à l’autre de la carte et changer de voiture en quelques secondes

    « 5 – UN CHOIX DE VOITURES AU FINAL PLUTÔT MAIGRICHON (ET TRES AMERICAIN.) »

    Because DLC. Suffit de voir la gueule du pack de novembre : trois voitures de FM4 et trois variantes de modèles existants. La façon dont l’éditeur nous prend pour des dindons sans se cacher donne presque à rire.

    « 4 – LES TRUCS DU DECOR QU’ON SAIT PAS SI ÇA PASSE OU SI ÇA CASSE »

    Suffit de rien heurter coco. 😀 Pour le reste, il y a le bouton rewind.

    « 3 – L’AMBIANCE SONORE, SURTOUT LES VOIX »

    Dès la démo, j’ai su que je ne pourrais pas blairer la VF de la manager ; en anglais c’est déjà plus supportable même si tu as effectivement envie au bout d’un moment de l’envoyer paitre. Pour les radios, je suis globalement d’accord avec toi même si de toutes façons, je coupe assez vite la musique dans ce genre de jeux : le chant des moteurs est pour moi la meilleure station de radio du jeu !

    « 2 – L’UNIVERS DU JEU , ANTIPATHIQUE »

    Le scénario navrant c’est une constante dans les jeux vidéo de course. Et encore, FH est assez soft de ce côté par rapport à certains NFS ou TDU2. L’histoire du sport auto est constellée d’affrontements passionnants, d’actes de bravoure et de drames et tout ce que les producteurs de jeux vidéo ont l’air d’en retenir c’est machos écervelés et filles en petite tenue.
    L’absence des flics est également dommage ; surtout que le jeu fait un distinguo clair entre les courses officielles du festival et les courses de rues illégales : il y avait clairement moyen d’intégrer le rôle de la police au milieu de tout ça.

    « 1 – ON EN FAIT TRES VITE LE TOUR »

    Une douzaine d’heures, c’est à peu près une durée de vie standard pour un jeu aujourd’hui sauf RPG même si on est très loin d’un Forza classique ou d’un GT. Ceci dit, je t’accorde que j’ai personnellement pris tellement de plaisir dans ce Forza Horizon que j’aurais bien continué quelques dizaines d’heures en plus.

    Parmi les autres points que tu aurais pu signaler, j’ajouterais la carte finalement assez petite bien que très variée ; l’absence de variétés dans les conditions météo ; la politique des DLC que j’ai déjà évoqué plus haut et la liberté toute relative quand on a connu TDU et sa carte qu’on pouvait explorer dans ses moindres recoins y compris en dehors de la route.

    A bien des égards, Forza Horizon aura déçu mes attentes mais il faut dire que je rêvais d’un jeu qui cumule les qualité des Forza Motorsports et des Test Drive Unlimited.

    Pourtant, même s’il n’est pas la mégabombe attendue, je maintiens que Horizon est un très, très bon jeu : le gameplay est fun tout en restant assez technique, le comportement des voitures est agréable, les graphismes sont magnifiques avec enfin une transition jour-nuit dans un Forza, le tuning mécanique et visuel propre à la série est toujours aussi bon (j’aurais bien aimé pouvoir régler un peu mes pièces même sommairement quand-même), l’ergonomie du jeu est globalement très bien pensée avec pas mal de fonctionnalités accessibles à tout moment depuis le menu pause.
    Et puis il faut aussi relativiser en se disant que c’est la première fois que la série Forza se lance dans l’expérience du jeu à monde ouvert avec toutes les contraintes techniques qu’il a fallu gérer comme l’IA de la circulation, l’ajout de nombreux détails pour renforcer l’immersion comme les manèges de la fête foraine et tout ça sans trop sacrifier l’animation. Comme pour GT5, en admettant que cet épisode a surtout permis de poser des bases techniques solides, on peut espérer que le suivant sera beaucoup plus riche en contenu.

  • ILDM

    Pour l’univers lourdingue du jeux si c’est comme Burnout Paradise avec DJ Diabolicapouffe je comprends tout à fait , rien de tel pour te sortir de ton trip….Pour le reste bah j’ai pas de box.. 🙁

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