Mangas & Animes

Sasami-san@Ganbaranai – Et ta mère

Pour le lancement du blog participatif Minorin j’avais essayé de montrer l’exemple en suivant une série « en direct » épisode par épisode, et d’écrire, donc, chaque semaine, une petite review de l’épisode. Mon choix s’était porté au hasard sur Sasami-san@Ganbaranai – et je suis content car j’ai réussi le défi de faire à chaque épisode sa critique. Maintenant tout ça ne doit pas m’empêcher de réaliser un article plus large sur la série parce qu’il y’a des trucs à dire dessus. Donc voilà, deux mois après l’avoir fini, mon avis sur Sasami-san@Ganbaranai, le dernier SHAFT en date.

Le scénario ? Sasami est une fille qui vit recluse chez elle, bien aidée par un frère qui se masque le visage en permanence et toujours très content de l’aider. Maintenant le twist c’est que si Sasami est recluse c’est parce qu’une malédiction l’empêche de sortir chez elle, entre autres parce qu’elle contient dans son corps les pouvoirs de la déesse Amaterasu.

Sasami02
Quand tu essaies de comprendre la série

 

Déjà on a beaucoup de chance: Sasami-san est disponible intégralement en français chez KZPLAY. Je dis ça parce que si y’a bien un adjectif qui qualifie bien Sasami-san@Ganbaranai c’est l’adjectif « verbeux. » Et le voir en français aide pas mal à l’appréciation, pour le coup. En vrai français je veux dire. Genre pas du français de fansub qui traduit au hasard depuis de l’anglais. Je veux dire. Enfin c’est pas comme si vous alliez TOUT comprendre parce que Sasami-san est une série… qui aime bien ne pas toujours être compréhensible.

Et attaquons dès maintenant l’aspect le plus désagréable de Sasami-san que vous sachiez vers quoi vous allez vous diriger si jamais vous vous décidez de vous faire les douze épisodes de cette série: c’est une série qui demande BEAUCOUP de concentrationA la base, Sasami-san c’est un light novel, c’est à dire grosso merdo un bouquin. Donc que ça soit verbeux et parlant ne pose pas un problème puisqu’un livre, tu peux retourner quelques pages en arrière, tu peux lire et relire le même paragraphe en boucle jusqu’a l’assimiler, tu peux profiter de chaque mot, chaque sonorité. Bref tu peux prendre le temps que tu veux pour l’apprécier. Un anime, un film ou une série c’est pas la même chose: le temps passe, il ne t’attend pas.  Si tu n’as pas compris un truc, c’est trop tard, tu peux pas retourner en arrière théoriquement. Je dis théoriquement parce que tu peux rembobiner, te repasser le moment etc etc mais à la base si tu es au cinoche ou devant la télé, c’est trop tard, c’est passé.

Enfin ce que je veux dire est la suivante: Sasami-san est une adaptation de roman et ça se voit tout le temps dans la manière dont c’est construit. Sasami-san est un anime où ça parle BEAUCOUP. L’épisode 2 ET l’épisode 3 commencent tous deux avec des très longs monologues d’exposition, ou Sasami t’explique l’univers de la série. Dans un bouquin ça passe impec, tu lis son monologue, tu comprends. Dans un anime c’est entre trois et dix minutes de plans sans rapport, ou tes yeux ont interêt à être concentré sur les sous-titres, où tu te retrouves bombardé d’informations diverses et variées que tu dois assimiler le plus vite possible pour comprendre ce qui va se passer. Et le souci c’est que tu te manges tellement d’info que tu en oublies facilement la moitié. Et qui peut t’en vouloir ?

Lapins pour tout le monde
Tu n’as rien compris ? Ce n’est pas grave, voilà un screen de Kagami avec un lapinou d’amour

Après, la chance c’est que c’est une adaptation SHAFT et qu’adapter des trucs où ça papote beaucoup c’est devenu leur marque de fabrique: ils ont bien réussis à adapter le très casse-gueule Sayonara Zetsubou Sensei ou bien la saga des Monogatari. En fait adapter des mangas verbeux et des romans divers et variés, c’est tout ce qu’ils font depuis 2007 avec l’exception notable du génial Puella Magi Madoka Magica. Donc dans un sens, ils savent ce qu’ils font. Mais de l’autre, et bah difficile de différencier Sasami-san de beaucoup de leur production précédente. Il n’y a pas trois cent moyen de dynamiser une scène de dix minutes qui ne contient qu’un seul et unique plan. Et après avoir vu les trois premiers épisodes de Sasami-san, j’avais vraiment l’impression de revoir un épisode de la saga Bakemonogatari, ce qui n’est pas forcément une bonne chose puisque Nisemonogatari, sorti en 2012, m’avait lassé, la faute à une recette qui peinait à se renouveler et en conséquence un manque criant d’interêt.

Donc voilà je viens de vous exposer ce qui est pour moi le principal défaut de l’anime Sasami-san: il est parfois lourd. 

Mais heureusement il arrive à disposer de ses propres qualités qui parviennent malgré tout à rendre le visionnage plaisant.

Le premier point c’est désormais une habitude chez SHAFT: les décors et l’aspect graphique sont exceptionnels. On sent que le studio se fait de plus en plus plaisir depuis Madoka Magica et la mine d’or que cela doit représenter pour eux et un studio qui était déjà reconnu en 2007 pour ses folies avec Sayonara Zetsubou Sensei continue en 2013 à nous offrir plein de jolies choses. Si cette fois-ci on reste loin des folies propres à un Monogatari ou un SZS (pas de styles alternatifs, pas de cartons), SHAFT et son réalisateur Akiyuki Shinbo arrive à offrir des plans fabuleux et même dans le cas ou on se fait ultra chier (ce qui peut arriver 2/3 fois, je ne veux pas créer en vous de fausses espérances), on a moyen d’avoir un joli économiseur d’écran. Pour contrebalancer, certaines scènes d’actions sont ultra-dynamiques et animées par des types surmotivés. La fin de l’épisode 3 par exemple.

Cette scène ou des milliers de coeur ont trouvés un nouvel amour
Cette scène ou des milliers de coeur ont trouvés un nouvel amour

 

En outre même si on peut regretter qu’il ne développe principalement que via des longs monologues, l’univers de Sasami-san est plutôt bon. Trouvant beaucoup de ses bases dans la mythologie japonaise, il arrive à s’en inspirer sans en être intégralement dépendant, et parvient à nous offrir sa propre tambouille avec des ingrédients que nous autres otakus nous ne connaissons qu’étonnamment peu. La mythologie japonaise est un univers plein de richesses et de potentiel, dont on ne peut que regretter finalement la sous-exploitation par les auteurs japonais de tout poil. Ici, tout est très bien réutilisé, au point parfois de nécessiter de l’auditeur occidental un peu de recherche de sa part afin de l’aider à faire des liens pas forcément évidents. Enfin, dans tous les cas pas d’inquiétudes si vous n’y connaissez rien, la série ne demande pas de connaissances poussées et tout se laisse suivre même sans savoir qu’Amaterasu est la fille d’Izanagi, par exemple. Ca rend juste la série plus cool (surtout quand on remarque que Kagami, Tama et Tsurugi sont nommées selon les trois objets sacrés d’Amaterasu c’est à dire le miroir, l’épée et le diamant.)

Et sans transitions: oui, les personnages principaux de Sasami-san@Ganbaranai sont généralement cools.

Je dis généralement parce que le frère de Sasami, non.

Kagami, imitant le dédain quand on lui parle du frère de Sasami
Kagami, imitant le dédain quand on lui parle du frère de Sasami

 

Bon je vais pas vous mentir et on va pas se mentir: on a été beaucoup à continuer à suivre la série pour le personnage de Kagami. Il faut dire que ce personnage, de base, a plein d’éléments intéressants: c’est un ROBOT qui possède une âme humaine et divine en son sein, dont la plus grande passion est de dormir, qui semble avoir un attrait pour les petites piques en tout genre et qui en plus est doublé par Hanazawa Kana holalalalala. C’est de très loin le personnage connaissant le plus d’évolutions durant la série, comme si l’auteur et le studio avait très vite compris la popularité du personnage qui passe d’un rôle secondaire au début à un rôle de plus en plus important, au point de devenir quasiment la petite copine officielle de l’héroïne. Ciel, regardez l’eyecatch du dernier épisode quoi. C’est le personnage qui prend le plus de place !

A coté, ses deux soeurs, malgré leur importance, peinent à sortir de son ombre: Tsurugi arrive à assurer de temps en temps grâce à quelques poses bien placées mais le personnage a aussi le désagrément d’être tout bonnement insupportable quand elle n’est pas en bataille. Vas y que je remplis le rôle du vieux pervers mais d’une manière qui jamais ne se révèle particulièrement bien écrite ou divertissante. En fait c’est triste parce qu’a part cette passion des eroges et des jeux pervers, le personnage ne dispose pas d’une vraie personnalité en dehors des phases ou elle est forcée de faire de l’exposition à Sasami ou de botter des culs. De même l’autre soeur, Tama, est toute aussi casse-gueule puisque son postulat est qu’elle a l’âme d’une gamine de 8 ans dans un corps de 20. Ah, oui, merci le Japon pour cette idée géniale. Du coup le personnage est évidemment très puéril et fait en permanence des trucs qui ne correspondent pas à son physique, mais compense en possédant des capacités de ouf en baston. Mais ces deux personnages, en général, ne sont pas très attirants ni très attachants.

L’héroïne, Sasami, par contre réussit à se sortir d’un certain pétrin. Le début de la série la dépeint véritablement comme un personnage proche d’être détestable. Passant son temps à chouiner, jouant souvent la tsundepute de merde, elle semblait pas forcément partir sur de bonnes bases puis connaît peu à peu des développements qui la rendent peu à peu attachantes et appréciable. Le fait qu’elle parte parfois dans certains délires très persos aide pas mal, entre autres, à l’apprécier. Et encore heureux vu que c’est l’héroïne. 

Par contre le frère de Sasami ? Non. Juste non. Voix insupportable, sous-entendus incestueux permanents, comportement ridicule et parfois proche de juste foutre en l’air certaines scènes à lui tout seul. Il peut aller brûler. Merci.

Après je peux vous parler de la mère à Sasami (qui connaît un très bon développement) ou bien de l’antagoniste de l’arc final que j’ai finalement trouvée assez attachante même si, soyons francs, elle est super mal écrite.

Puis sa première apparition est classe.
Même si sa première apparition est classe.

 

Bref, terminons cet article que je sens trop long et que je décide d’euthanasier subitement: que penser de Sasami-san@Ganbaranai ? Et bah j’aurais aimé en dire « du bien » mais force est de constater que c’est un anime qui si il assure sur le plan technique et arrive à offrir un univers intéressant matiné de deux ou trois personnages très attachants, bah il n’est pas formidablement bien écrit, ce qui l’empêche d’être aussi plaisant que prévu. Trop souvent on ignore ce qui se passe à l’écran. D’ailleurs, trop souvent les personnages font des trucs particulièrement stupides – l’anime ne sait jamais exactement quand il doit arrêter d’être une comédie. Parfois on a des scènes extrêmement poignantes et remplies d’émotions gachées en moins de trois secondes parce qu’elles sont suivies de blagues pourries ou de mises en scènes un poil déstabilisantes. SHAFT aurait gagné à être beaucoup plus libre sur le format d’origine, en l’adaptant au mieux au support anime.

En l’état, Sasami-san@Ganbaranai reste un bon souvenir et un bon visionnage, mais dont le potentiel était plus large. Du coup on s’en souviendra sans doute plus pour Kagami et les jolis décors que pour ce que c’est, c’est à dire une comédie matinée d’action avec des inspirations mythologiques. Ou les personnages parlent beaucoup.

PS: Je suis toujours pas remis physiquement du week-end dernier, j’ai l’impression d’être au ralenti c’est dur. De l’autre coté, en ce moment, je travaille sur le projet AMV Deja Vu pour Japan Expo.

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4 commentaires

  • Mian

    En fait, cette façon de terminer la critique rend justice à la série. C’est sympa bien que très critiquable sur les 3/4, et puis… fuck, faisons plutôt une comédie nawak, mais quand même… à vrai dire, je n’ai jamais bien su sur quel pied danser et ai donc fini par me détacher complètement. En arrivant à la fin, ils pouvaient encore appeler un robot géant et des monstres à tentacules sans choquer plus que ça. Quitte à se suicider, autant bien le faire.

    Après, peut-être serait-ce pêcher que prendre cette série pour ce qu’elle n’est pas. Shaft a beau avoir fait Madoka, il n’est pas le Messie. Il a une maison à faire tourner et cette Sasami-san est somme toute -comme Amo le dis- un bon divertissement, avec ses quelques pépites. A prendre l’esprit léger, ou à laisser sans haine.

  • Amo

    Mais elle a même pas une bite techniquement ! Elle a une bite juste quand elle invoque un esprit qui lui permet d’en avoir un, et elle l’invoque juste pour attirer à elle l’attention de Sasami. Techniquement dans cet univers, tous les personnages féminins peuvent avoir une bite !!!!

    !!!!

    ET PAS DE DOUJINSHI FUTANARI MAIS POURQUOI !!!??

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