Mangas & Animes

Shonen, amitié et Kodansha: le Bessatsu Shônen Magazine (3/3)

Eh j’avais dit « deadline mardi », j’avais juste pas dit quel mardi. Erm.

Marii de Joshiraku par 紗夜
Marii de Joshiraku par 紗夜

Donc hop bref on est parti, faites entrer les clowns et les artistes sur la piste, la dernière partie de la mini série d’articles sur les magazines shonen de la Kodansha, une des rivales les plus emblématiques de la Shueisha. Après le Weekly Shonen et le Monthly Shonen, passons à un magazine spin-off de ce dernier, crée il y’a environ cinq ans, un beau jour d’automne japonais de 2009. Ce magazine, c’est le Bessatsu Shônen Magazine.

Celui-ci se place comme plus « mature » que le Monthly et le Weekly, visant plus la frange 18-25 que la 12-18. Maintenant, le Monthly le visait aussi mais, on va le voir, les ouvrages du Bessatsu vont souvent plus loin.

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Couverture du magazine, avec Aku no Hana mis en avant

Donc un article sur le même modèle que les autres: je vais présenter quelques séries publiées ou en cours de publication dans ce magazine et en profiter pour donner mon avis éclairé et totalement objectif (non même moi j’y crois pas à cette phrase.) L’article qui suit devrait être cours, y’a que cinq ou six mangas qui seront présentés et vous en connaissez déjà forcément un.

 

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Bon commençons par Tomodachi Game. Le jeu de l’amitié ! Amitié ! Comment avec un nom pareil ça peut être mauvais ? Bon bah spoiler: c’est un survival game. Enfin pas un survival game ou des lycéens meurent mais un survival game ou des lycéens s’endettent. Un peu comme Liar Game, quoi. Donc scénario: on a un héros qui vient d’une famille super pauvre mais qui a été élevé par sa maman a toujours mettre ses amis au dessus de l’argent. Il a donc ses quatre amis au lycée, tout va bien, la vie est belle. Mais damn, un jour, lui et ses amis sont kidnappés et partent participer à un jeu unique ou tout le monde part avec une dette et doit gagner le géant en réduisant la dette à zéro.

C’est du Liar Game lycéen, grosso modo. Y’a qu’un seul chapitre de sorti en anglais donc c’est difficile d’en juger plus mais ça a les mêmes qualités et les mêmes défauts que Liar Game. Quoique non, c’est beaucoup plus joli c’est sûr. J’avoue que pour le reste je suis pas sur de tout avoir compris mais c’est parce que j’ai un esprit qui gère super mal les chiffres et les concepts économiques. Du coup je me largue un peu. Après vu la tendance populaire des survival games dans le marché manga français de 2014, ça m’étonnerait pas de le voir débouler chez un éditeur un de ces 4.

 

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Bon le Bessatsu a aussi des mangas qui parle de sujets plus… étonnants. Certains d’entre eux s’inscrivent dans une tendance qui vise à rassurer les ados avec une certaine forme de mal-être, en en parlant avec un langage plutôt cru. Le sujet de Sweet Poolside, par exemple, c’est l’acception de son propre corps. La série ne dure qu’un tome et possède un scénario assez original – un adolescent  lassé d’avoir un corps « féminin » et dépourvu de poils rencontre une adolescente qui elle a une pilosité beaucoup trop développée pour son âge et son sexe.

C’est une lecture… plutôt gênante on va dire.  Il supporte mal la comparaison avec un autre titre du magazine qu’on va évoquer tout de suite après et qui parle, à mon sens, des mêmes thématiques. Le fait que la série soit courte fait qu’on s’attache assez peu aux personnages qui sont fatalement assez simplistes. Mention spéciale au bourreau du héros qui est développé sur un timbre poste. Y’a un petit feeling Mysterious Girlfriend X qui s’en dégage mais c’est pas aussi bien fait. Fin assez soudaine, leçon vague. Bon.

 

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Non parce que du coup, le Bessatsu a hébergé Aku no Hana qui parle de tout ça beaucoup mieux. Et pour cause: si Sweet Poolside a été publié dans le Bessatsu en 2011, l’histoire date originellement de 2004 … et provient du même auteur, c’est à dire Shuzo Oshimo. Sweet Poolside peut donc être vaguement considéré comme un prototype d’Aku no Hana, à raison.

L’histoire:  on est dans la préfecture de Gunma et un lycéen nommé Takao est un fanboy auto-proclamé de Poésie, plus particulièrement des Fleurs du Mal de Charles Baudelaire. Mais sa vie prend un tour vers le chaos quand il vole de manière impulsive les affaires de sport d’une de ses camarades de classe, dont il est secrètement amoureux. Et, pas de chance, il a été surpris par une autre élève nommée Nakamura qui va donc promptement lui offrir un bon vieux chantage des familles…

Bon Aku no Hana c’est très très bon. Le manga s’est terminé en mai dernier après une cinquantaine de chapitres et y’a des bonnes choses. Néanmoins c’est pas une lecture agréable. Pour les mêmes raisons qu’un Bonne Nuit Punpun: c’est un ouvrage ampli de malaise, mais du bon malaise.  Celui qui te fait réfléchir sur le sens de la vie et de l’existence. C’est toujours bon à prendre entre deux shonens rigolos.

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La série est surtout connue pour son adaptation animée tout en rotoscopie (pour un résultat très très très mitigé) dont la mauvaise réputation pourrait presque faire passer le manga d’origine inaperçu. Ce qui est bien triste, fatalement. Parce que c’est un ouvrage qui parle bien d’une certaine forme de malaise adolescent, que c’est assez intense, très passionnant à lire et que la fin est bonne. Contrairement à un Punpun, le lecteur a le droit de respirer, et c’est sympa de la part de l’auteur de nous offrir ça. Une bonne lecture donc, je vous recommande.

 

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J’ai parlé y’a deux ans de son adaptation animée mais c’est à la base du Bessatsu: Joshiraku ! Ecrit par l’auteur de Sayonara Zetsubou Sensei, Koji Kumeta, et illustré par Yasu, connu pour son travail sur le light novel Toradora, ça raconte l’histoire de cinq joueuses de rakugo, un art théâtral japonais traditionnel, qui parlent de tout et de rien… ce qui a tendance à se barrer en couilles. La série était présente dès le premier numéro pour se terminer officiellement en 2012. La date de début est assez intéressante puisque quand la série a commencée, le Japon commençait sa K-On Mania, ce qui ressent pas mal vu que Joshiraku pourrait être une parodie de K-On. Mais une parodie qui en profiterait pour se moquer de la société japonaise comme dans Sayonara Zetsubou Sensei. Une critique sociale quoi. Utiliser des filles mignonnes pour rigoler de tout.

L’anime marche très bien et je vous le conseille vraiment. Le manga, du coup, je l’ai découvert après l’anime et je trouve qu’il passe moins bien. Après la série est un peu un coup de coeur pour moi donc je vous encourage vraiment à vous y intéresser si vous cherchez une comédie absurde mais pas conne. Le manga reste hélas assez peu traduit en anglais donc, vraiment, privilégiez l’anime.

 

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Tiens, tant qu’a faire dans les animés dont j’ai déjà parlé et qui ont un manga qui est lié dans le Bessatsu, j’ai parlé y’a trois semaines sur Crunchyroll de Shinsekai Yori qui est l’un des meilleurs trucs que j’ai pu mater récemment. Un ouvrage mature, bien écrit, profond, intelligent. Cet animé adapte initialement un roman primé de Science-Fiction qui a également été adapté en manga dans le Bessatsu et est toujours en cours de publication. L’animé tue, le bouquin tue, le manga doit tuer non ?

HAHAHA.

ET BIEN…

ILLUSTRONS LE SOUCI DU MANGA SHINSEKAI YORI EN IMAGE:

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« Quoi comment ça c’est un défaut deux filles qui se tripotent de manière très intime ? » Oui on est d’accord, c’est pas un défaut en soit, trèèès loin de là. Vous parlez à un fan de t.A.T.u. donc comprenez que moi vous me filez du yuri, des roulages de pelles 100% féminins, des fluides, des léchouilles et des ciseaux, et je suis toujours ok. Mais c’est pas le débat ni la question.

Y’a une mise en contexte qui est nécessaire si vous avez pas vu l’anime ou lu le livre. Saki, l’héroïne, a donc une relation amoureuse partagée avec une camarade de classe et amie, Maria.  Dans l’animé – je n’ai pas lu le livre mais j’ose croire que c’est semblable –  c’est traité avec sérieux: ce couple lesbien est pas là par fanservice, c’est un couple sérieux, qui existe dans un univers codifié (les adolescents de Shinsekai Yori sont interdits de relation sexuelle entre membres du sexe opposé, du coup les couples homosexuels sont à cet âge là ultra-majoritaires) et qui amène par la suite des enjeux et des éléments scénaristiques qui font que ce couple est justifié et légitime mais je ne spoilerais pas. C’est une des rares fois que je voyais l’animation japonaise traiter la bisexualité assez frontalement et sans jugement de valeur.

Ce couple dans le manga, il est très différent: c’est juste la foire aux équilles et aux moules.

Mais vraiment. 

Elles baisent tout le temps. Dans l’animé aussi on imagine qu’elles se gênent pas vu les 2/3 insinuations ici ou là mais c’est hors caméra et même les rares scènes d’amour restent très chastes.Là à l’inverse leur amour consenti, physique et humide c’est placé comme une sorte de cahier des charges. « On est toutes les deux enfermées dans un nid queerat et on ignore si on va survivre plus d’une nuit ? ON BAISE. On va à un festival estival en yukatas ? ON BAISE. Notre copine est morte ? TU REVES QU’ELLE EST ENCORE VIVANTE ET QU’ON BAISE A TROIS. Je peux pas baiser avec toi ? LE MANGA CREE UN AUTRE PERSONNAGE FEMININ POUR QUE TU BAISES QUAND MEME. » Jeeez, calmez vos chattes.

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Cette recherche permanente du fanservice dans un ouvrage qui s’y adapte peu, elle est pas terrible mais elle témoigne juste d’un problème plus global qui est que tout est ultra simplifié. Ca s’accompagne aussi d’un dessin et d’un style qui se veut parfois assez goreL’ouvrage perd pas mal de nuance et d’intelligence pour devenir un shonen qui s’affranchit de toutes limites et balance du cul, du gore et des intrigues de couloir. Le pire c’est que le dessin est vachement bon. Mais c’est au niveau écriture que, vraiment, ça pèche grave.

Je ne dis pas que c’est un mauvais manga. Il reste efficace et il peut constituer un plaisir coupable comme un autre (vous parlez au mec qui a une certaine affection pour le manga Mai-Otome.) Mais ne découvrez pas l’univers de Shinsekai Yori par ce biais. Vous allez vous faire spoiler des trucs qui dans l’anime ou le bouquin rendent fous. Puis, surtout, on peut se questionner sur la nécessité de rendre assez débile une histoire pourtant de base assez intelligente. Bizarre.

 

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Ensuite, Half & Half. Une histoire riche derrière ce manga de Seo Kouji (auteur de Suzuka et Fuuka.) A la base une one-shot dessiné en 1996 puis refait en 2006, c’est finalement devenu une série à part entière à partir de 2012. Le scénario est le même quel que soit le support: un homme et une femme se percutent, entraînant leur mort, mais ils sont sauvés par une force divine à une seule condition: dans sept jours, l’un d’entre eux devra se sacrifier pour laisser l’autre en vie. Pour cela, ils doivent rester très prêt l’un de l’autre pendant cette période et ils partagent leurs sentiments…

Le one-shot mettait en scène des étudiants en université, la série de 2012 met en scène des lycéens. Et pas mal de détails changent, ce qui aboutit finalement à deux histoires très différentes. Dans le one-shot les deux personnages cohabitent sans déplaisir et avec une relative légerté alors que dans la version sérialisée, il y’a d’amblée une méfiance qui s’installe entre les deux – le chapitre 1 donne l’impression de virer au thriller. Sans compter un fanservice bien plus présent – les personnages découvrent qu’ils partagent leurs sentiments quand le héros part se masturber après avoir vu le mignon petit téton – non censuré pour le lecteur – de l’héroïne. C’est drôle parce que c’est sale.

Half & Half n’est pas un manga particulièrement régulier: Seo Kouji étant sur trois séries en même temps, cette série n’est pas toujours présente dans le magazine, passant derrière les deux autres.  Malgré tout je conseille la lecture du one-shot de 2006 qui réussit très bien à poser un univers, des enjeux, des personnages et une conclusion intéressante en à peine une quarantaine de pages. Lire la série derrière est assez étrange car du coup on y retrouve des scènes utilisées telles quelles mais avec beaucoup plus de développement « bonus. » Ce bonus il est assez irrégulier d’un point de vue qualitatif car autant y’a des trucs bien réalisés (la grand-mère du héros) autant y’a des choses parfois qui sont écrites avec une naïveté et un simplisme assez désarmant (toutes les histoires de tromperies, un peu simplettes et un peu sorties de nulle part.) Le graphisme est lui aussi assez inégal – des pages vraiment réussies peut être suivies de trucs assez mal faits.

Bon, bref. Jetez un oeil au chapitre 0 / one-shot, et si vous voulez développer, la série actuellement prépubliée est pas mal mais j’attendrais la conclusion pour voir ou ça va aller. Parce que y’a autant de bonnes que de mauvaises pistes.

 

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Tiens sinon pour rigoler. Vous savez que Hiromu Arakawa a eu son deuxième enfant récemment ? Que malgré tout ça l’empêche carrément pas de continuer à bosser sur Silver Spoon ? Vous saviez aussi qu’elle bossait pas que sur Silver Spoon ? Non mais, genre, par exemple, sur Arslan Senki ou The Heroic Legend of Arslan ? Qui sort tous les mois à un rythme impeccable. Oui, Hiromu Arakawa a deux séries en même temps. Et deux enfants en même temps. D’un coté vu son enfance racontée dans Nobles Paysans, un tel rythme de vie doit être du gâteau pour elle.

Si ça peut vous rassurer, elle fait juste les illustrations, le scénario étant de Yoshiki Tanaka, une des têtes pensantes derrière Legend of the Galaxy Heroes, une série de romans écrits dans les années 80, ensuite adaptés en une série acclamée d’OAV. Bon, Arslan Senki date aussi des années 80.

J’ai pas lu très en profondeur le peu qui est sorti (la série a commencée durant l’été 2013) car la fantasy est pas vraiment mon truc mais ça a l’air assez solide. De toute façon vous aurez le temps d’en réentendre parler d’ici 2016/2017 quand Kurokawa sortira les tomes en France (j’aime bien me projeter dans l’avenir comme ça, au moins avec Hiromu Arakawa, tu sais à peu près ou ça va finir chez nous.)

 

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Je l’ai pas lu, je le mentionne juste vite fait: Sankarea est du Bessatsu. Histoire d’une fille zombie si mes souvenirs sont bonus. C’est dispo en France. J’avais lu le premier tome, rien de marquant. C’est une des séries présentes dans le Bessatsu depuis le début. Idem pour Animal Kingdom qui est actuellement édité dans la collection Kids de Ki-Oon.

 

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Là aussi plus rapidement: Neko Ane. Le héros est un orphelin qui vit avec sa grand-mère, et qui a grandi toute son adolescence avec sa chatte, Anzu. Un jour, devenu un jeune adulte, il se réveille et, NOM D’UNE SAINTE PATATE, Anzu est devenue une nekomata, c’est à dire une figure mythologique japonaise mi-femme mi-chatte. Une vie quotidienne PLEIN D’AMUSEMENT. Comédie tranche de vie assez rigolote.  Ca passe.

 

BON ALLEZ, ON TERMINE CET ARTICLE ? Ok.

 

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L’Attaque des Titans ou Shingeki no Kyojin. Présent dans le magazine dès le premier numéro après une histoire riche en légendes (qui voudraient, par exemple, que la Shueisha a refusée le manga) et un chapitre « pilote »  qui montre la capacité relative d’Hajime Isayama de respecter correctement l’anatomie humaine. Un manga qui au départ était assez peu connu puis qui a explosé d’un coup d’un seul grâce à une émission de variétés et est aujourd’hui devenu un des plus gros trucs en activité. Même ta mère connaît l’Attaque des Titans, c’est dire.

Doit-on résumer le scénario ? L’humanité, enclavée derrière des murs pour se protéger de Titans mangeurs d’homme. On suit Eren Jaeger, un garçon VENER, son entrée dans l’armée et sa place spéciale dans un échiquier politique géant car oui, règle classique: la plus grande menace de l’homme, finalement, c’est lui-même.

J’ai jamais donné mon avis sur SnK mais il est guère original: je trouve ça très bien foutu, d’une énorme efficacité, et j’adore le mélange entre survival et politique. La plupart des personnages sont attachants et les morts sont bien gérées et ont un vrai impact (pas comme dans Akame ga Kill, ha.)

C’est de très loin non seulement le blockbuster actuel du Bessatsu mais aussi celui de la Kodansha. Fairy Tail doit être le second derrière mais celui-ci est loin derrière en terme d’importance et de ventes. On pourrait même se poser la question de savoir si c’est pas le truc le plus connu/vendu de l’histoire de la Kodansha mais, après, des oeuvres comme Ashita no Joe pourrait apporter une réponse surprenante de la question. Et le pire c’est que l’ouvrage est relativement récent: il n’a que cinq ans et la fin est pas prévue pour avant 2016/2017. Est-ce que SnK sera une étoile filante ou un truc durable ? A voir. Reste qu’il a su capter un public extrêmement large: il convainct aussi bien les adolescents et les nouveaux lecteurs à la recherche de sensations fortes que les habitués et vétérans qui sont heureux de trouver un shonen « mature » qui leur parle au mieux. Et son impact dans la communauté fujoshi n’est pas non plus négligeable… La recette du succès !

 

Voilà donc pour ce court résumé des trois principaux magazines shonen de la Kodansha. Ptet que je ferais ça avec d’autres éditeurs à l’avenir, qui sait ? J’espère juste vous avoir permis de vous faire découvrir quelques shonens sympathiques. De mon côté, écrire ces articles m’aura au moins permis de découvrir Yamada And The Seven Witches qui est, genre, un kiff intégral. Je vous en reparlerais sans doute plus en détails.

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