Voyage au Japon 2019

Jour 8 & 9 – Kyoto Oklm

Avant d’entamer ce voyage, j’ai eu deux mois estivaux où j’étais simultanément aux deux polarités de la même jauge: d’un côté j’étais ultra-surexcité par ce voyage, par ce que j’allais y faire, ce que j’allais y découvrir et par la joie de faire un voyage en solo autour d’un pays qui m’a toujours interessé. De l’autre côté j’avais cette appréhension et cette étrange certitude que, comme d’habitude, « j’allais tout gâcher. » Après tout, j’ai cette mauvaise tendance depuis mon adolescence à tirer des plans sur la comète, à préparer et m’imaginer des trucs sur des événements qui arrivent et que au final sur place découvrir que « tout ne soit pas comme je m’attendais » ou ne pas me comporter comme j’aimerais me comporter, et au final, me décevoir moi même parce que tout n’est pas comme le fantasme idyllique que je me suis imaginés les semaines, les mois qui précèdent. J’ai fini par développer un état d’esprit un peu désespérant où désormais je n’ose même plus attendre quoi que ce soit parce que je sais que je m’auto-décevrais d’une façon comme d’une autre avec mes anxietés sociales diverses et variées.

Bref, là je rentrais à mon hôtel après une soirée dans un restaurant italien et je constatais que, ok, j’avais encore trop souvent le don de me compliquer la vie parfois pour rien mais que cette première semaine au Japon… se passe beaucoup mieux que je l’avais anticipé ? Dans mes crises les plus pessimistes, je me voyais déjà m’enfermer dans ma chambre d’hôtel façon Bernadetta et manger de la bouffe de combini 24/24, avoir peur d’explorer des trucs et sortir des chemins balisés pour touristes, pire, être pris de panique parce qu’être seul dans un pays avec une barrière de la langue de la taille de la porte de Branderbourg ça me stressait pas mal.

Je vais pas vous mentir: sur les premiers jours à Tokyo j’avais un peu d’anxiété, j’étais facilement débordé par quelques sentiments négatifs, j’avais cette impression terrible de sortir du lot, d’attirer tous les regards sur moi, ça créeait en moi une forme de pression que je me créeais forcément, qui n’étais pas conforme à la réalité parce que je sais bien que au final, ils s’en foutent les japonais que je sois là. Je m’accrochais pas mal à mes potes français qui m’accompagnaient sur Tokyo mais quand j’étais pas eux j’avais du mal à faire des trucs simples, où alors je les faisais tot le matin, quand je sentais que y’aurait pas grand monde. Et même Tokyo à ce côté géant, impressionnant, grouillant de monde et de sons. Pas le meilleur endroit pour un non-amoureux des foules.

Là ça fait cinq jours que je suis en pur solo, j’ai visité trois grandes villes, j’ai monté deux sommets, vu déjà énormément de choses, je me suis habitué à rentrer dans un restaurant à tendre un doigt et m’asseoir au comptoir. J’ai compris que la barrière de la langue empêche pas des interactions minimales. Je continue parfois de manière bizarre à répondre en anglais à du japonais, ou en japonais à de l’anglais. Mais j’ai commencé à accepter le fait que ça n’offense pas grand monde, et que je peut arrêter de m’inquiéter de l’image que je dégage. Je gagne aussi via ce voyage une confiance en moi qu’il était nécessaire que je me reconstruise, et je suis vraiment ravi d’écrire ces lignes. Manifestement, je ne gâcherais rien cette fois ci. Les seules limites qui m’empêchent de kiffer encore plus ce voyage elles sont physiques, et ça hélàs je n’y peux rien, j’ai des pieds en carton, je le sais depuis que je suis petit ! Tant pis !

Prochaine étape, donc: arriver à fouiller dans les bacs de doujinshi hentai du Toranoana de Kyoto sans ressentir trop de gêne. Je suis Amo, merde, le hentai c’est pas pour moi un hobby, c’est un art, pourquoi devrais-je avoir honte de consulter de l’art ?

Après je reste humble, je reste humain: il m’arrive parfois de continuer à foutre mon doigt sur l’objectif de l’appareil.

Je commence donc cet article par beaucoup d’inspiration parce que le jour 8, j’ai pas grand chose à raconter ! J’ai dédié la matinée au repos, je suis allé le matin faire mes courses dans un supermarché Fresco, petit moment de gêne quand on me file pas de sacs plastiques à la caisse, il semblerait que je devais en apporter moi même ? Bref, me voilà à fourrer du jus d’orange, des bouteilles d’eau de 2L et de la lessive dans ma sacoche. En France j’ai appris à vivre sans sacs plastiques depuis quelques années, mais là au Japon j’avoue que le sac plastique pour porter mes achats je peux déjà plus vivre sans. Sale histoire pour l’environnement.

(Après y’aurait beaucoup à dire sur la surconsommation de plastique ici. Tout est plastifié ou sur plastifié, et j’ai déjà jeté une quantité déraisonnable de bouteilles en plastique depuis mon arrivée. Heureusement c’est aussi un pays ultra sérieux sur sa gestion du recyclage et du tri des déchets et il est facile de poser les bons trucs dans les bonnes poubelles mais pffffiooou.)

Magique: ce distributeur avec cette bonne bouille qui propose un distributeur de boissons aux prix cassés à côté de mon hotel. De l’eau à 80 yens ! Un demi-litre de Pepsi en cannette à 100 yens ! Ce regard polisson !

Du coup après une matinée et un midi occupé à manger du porc pané de supermarché (de qualité meh), à écrire un article et à faire ma lessive, il est 14h quand je m’exclame « bon, allons faire quelque chose dehors. » Je regarde Google Maps, je vois que je suis à côté du château impérial Nijo, ok pas mal. Mais à 2,5km que vois-je ? Le musée international du manga ? Que 40mn de marche ? Allez, c’est parti.

(Note: j’aurais pu prendre le bus mais j’avais peur de pas comprendre comment ça marche, vu que j’avais lu partout que le bus au Japon à un système ultra compliqué.)

(Spoiler: à Kyoto tu bippes ta carte Suica en rentrant, tu la bippes en sortant, ok c’est réglé.)

(Mais après, j’aime bien marcher donc, eh.)

Me voilà donc à faire 40mn de marche dans un Kyoto chauffé à 29°. La température baisse depuis quelques jours, ça fait plaisir, mais le soleil continue de taper fort, me forçant à essayer de viser les trottoirs ombragés parce que, damn, le soleil peut vite vous user ici. Je passe du coup par un petit parc de quartier sur le chemin, avec des corbeaux et des petits cours d’été adorables. C’est dingue comme même un parc de quartier ici ça essaie d’avoir un peu de gueule.

Je passe également devant la porte d’entrée du château Nijo, il y’a une grande foule qui s’y presse: nombreux cars de touristes ou d’élèves en voyage scolaire. Je passe assez vite, j’irais sans doute un autre jour, c’est à 10mn de mon hotel ça serait bête de pas s’y bouger !

Quelques pas plus tard, on est enfin arrivé au musée du manga. Bon au final ça a plus été 50mn de marche que 40 mais, eh, j’imagine que Google Maps comptabilise pas les heures d’attente aux feux de circulation. Ca n’aide pas ! Le musée est discrètement situé dans une ancienne école primaire, transformée du coup en musée. C’est marrant parce que quand on me parlait du musée je m’imaginais une sorte de grand bâtiment ultra-moderne, mais me voilà à me balader dans une ancienne école où chaque salle, chaque couloir, a été réaffecté à un usage de musée. Je vais pas vous mentir: c’est le point du musée que j’ai le plus kiffé, haha.

Les origines scolaires sont très visibles à certains points bien précis, comme ce corridor-comme-dans-les-animes

Y’a un côté « vieux bâtiment » que j’adore. Genre quand tu marches sur le parquet à certains endroits il grince de ouf, comme une vieille bicoque. Et donc dans tout ça t’as des étagères pleines à craquer de mangas (en japonais, évidemment) et dans une des grandes salles t’as une exposition sur le processus de création d’un manga et les quelques questionnements autour du médium (« est-ce que pour les enfants » « est-ce que pour les japonais ».) Y’a également une salle qui expose des moulures de la main dominante de nombreux mangakas… et auteurs occidentaux de bandes dessinées. Ainsi on y trouve aussi bien des moulures des dessinateurs de Ashita no Joe, Kimi ni Todoke, Twin Star Exorcist… mais aussi une moulure de la main de Moebius ou de Tony Valente ! Le global manga est pas mal représenté dans le musée, ça fait assez chaud au coeur.

Maintenant, en vrai, en une demie-heure j’avais déjà un peu fait le tour :’). Y’a quelques points qui me chiffonnent – par exemple les étagères c’est quasiment que des mangas sortis avant 2010 qui sont dedans, les nouveautés sont assez peu présentes. Le musée a été fondé en 2006, et tu sens qu’il a vraiment conçu toutes ses expositions et sa base durant la fin des années 2000 mais qu’il a pas forcément trop « mis à jour » sa base de données depuis. Après, un coin dans un corridor était dédié « aux mangas de 2018 à ne pas louper » on y trouvait du Quintessential Quintuplet et du Gloutons & Dragons, mais c’est un peu léger, haha.

Une des mutiples bibliothèques du musée

Plus largement, le musée doit être assez ouf pour un japonais parce que, eh, pour un prix d’entrée raisonnable tu as un accès illimité à une quantité ahurissante d’oeuvres que tu peux lire à volonté dans les nombreux fauteils et sièges confortables du musée. Et en vrai le cadre est assez fou: l’école est parfaitement réadaptée et c’est un plaisir de parcourir. Y’a également un espace dehors, la cour de recré ayant été réadaptée en parc.

En bref, si vous êtes sur Kyoto et que vous avez une heure ou deux, allez-y. Faites-en juste pas une « priorité » ou n’y allez pas avec des attentes démesurées. Si vous aimez les étagères pleines de bouquins un peu jaunis, vous allez vous sentir chez vous, moi c’était mon cas. J’y retournerais peut-être lundi prochain vu qu’y débutera une exposition dédiée à Chihayafuru. Ca peut valoir le coup !

Galerie de photos – Musée du manga:

J’utilise désormais une extension dédiée aux galleries, à vous de me dire si ça fonctionne mieux !

Après ça, il est à peine seize heures, mes pieds sont déjà un peu douloureux parce que la visite de musée ça implique pas mal de piétinement sur place donc vous savez qu’est-ce qui serait une bonne idée pour reposer ces pieds ? Marcher un kilomètre et demi direction une boutique de doujins. J’avais repéré sur la carte une concentration, à cent mètres d’intervalle, d’un Lashinbang (boutique d’occasion de trucs otakus, que j’avais donc découvert la veille à Okayama) et d’un Toranoana (boutique spécialisée dans le doujinshi et le manga.) L’opportunité d’aller claquer ses yens comme un bon gros touriste ! Donc on y va, on marche, on marche, on quitte les grandes artères pour se perdre par les petites rues, on arrive dans les boutiques, on fouille, on constate que les rayons pour Fate/Grand Order font parfois autant de place que pour cinq ou six autres séries cumulées, on note les références et les prix qui nous intéressent. Au Lashinbang, je craque pour des clearfiles à l’effigie des persos de Bloom Into You, un mini artbook de Kantoku et un artbook de l’autrice de Yamada-kun & The 7 Witches, dont j’ai toujours aimé le style.

Bonus: sleepy You

Après ça, eh, faut rentrer. Les pieds toujours plus confrontés à une heure de balade en boutique donc à piétiner sur place pendant que le haut du corps regarde les étals de prêt et hésite sur la question « claquer 2000 yens sur du futanari HibiMiku, c’est une bonne situation », « j’adore Scum’s Wish mais suis-je prêt à mettre 15000 yen dans la Bluray box ? » ou « ce t-shirt Tachibana Hibiki est un peu sympa mais il est en L, risquerais-je 4400 yens là dedans ? » Oui, beaucoup de questionnements qui impliquent Symphogear. On reste monomaniaque, même 10 000km plus loin. Les pieds, donc, sont-ils chauds pour 5km de marche ? Une personne raisonnable prendrait le bus ou le métro kyotoite. Moi, non. Du coup c’est parti pour 5km de marcher au coucher de soleil. Je vois la nuit tomber vite sur Kyoto, je traverse les jardins impériaux en pleine nuit. Y’a encore quelques joggers, salariés et salariées qui passent par là malgré l’éclairage public pas franchement ouf.

(C’est là que je devrais sortir des clichés du genre « j’aurais été en France, j’aurais été pas super serein, mais comme je suis au Japon et qu’ici règle l’Ordre et la Sécurité ça allait » sauf que non, j’étais pas super serein quand même, haha.)

Le dernier tronçon du trajet pour rentrer c’était 3km en ligne droite dans les toutes petites rues de Kyoto. L’impression d’entrer dans l’intimité du Japon. Dans ces rues que des maisons, et les seuls commerces ouvertes… c’est pour vendre de l’alcool ! Quand une voiture passe (y’en a pas souvent), l’espace est pas souvent nécessaire pour qu’elle puisse me croiser sans problèmes. Mais plus que les voitures, le vrai « danger » c’est les cyclistes ! J’en ai pas encore parlé jusqu’ici mais au Japon, les cyclistes c’est les caïds du trottoir. Y’a BEAUCOUP, BEAUCOUP plus de cyclistes qu’en France, et ils ont tous pris leurs aises à utiliser les trottoirs habituellement très larges du pays. Du coup faut vraiment passer son temps à les esquiver et à être vigilent des bruits de sonnettes pour ceux qui arrivent derrière toi. Après, on sent que c’est des habitués, que ça fait des décennies que ces cyclistes roulent sur les trottoirs en esquivant tous les piétons donc ça se passe bien, mais je vous avoue que j’aimerais parfois me sentir dans autre chose qu’un shmup dont les boulettes seraient remplacées par des vélos.

Cela étant dit, arrivée triomphale à l’hôtel après un petit cockblock sur le dernier tronçon – en gros j’arrive à la fin de la ligne droite en me disant « allez plus que quelques mètres et je suis à l’hôtel » sauf que je me suis retrouvé sur un grand artère routier sans passages piétons à proximité donc j’ai du marcher 200m de plus pour traverser la rue et, enfin, arriver à l’hôtel. J’étais à deux doigts de faire le méga gaijin et de traverser hors des clous mais j’ose pas encore le faire.

Après une heure affalé dans le lit à mater des artworks de Miki Yoshikawa pendant que les pieds dégagent de la vapeur, on se dirige dehors pour un repas qui est simple, efficace: je trouve un resto jap à quelques mètres de l’hôtel qui annonce fièrement un english menu, j’entre, je prends des gyozas et du riz sauté, je le mange. Les gyozas étaient très huileuses mais le chahan était excellent. Bien calé, je cède à la tentation en sortant pour une de ces cannettes de Pepsi d’un demi litre, cale au quart, dure vie, temps de bien dormir. Je sais plus trop si c’est cette nuit là ou pas que je rêve que je suis invité à l’improviste à une émission de télé-crochet qui a lieu dans pile une demi-heure, du coup je fais « ok je vais chanter quoi comme chanson », je propose l’homme pressé de Noir Désir, l’orchestre fait « ok pas de problème on va le faire » moi j’étais en mode « attends quoi je chante par dessus un orchestre, vous êtes sur » et je chantais un truc genre « J’suis un mannequin glacé avec un teint de soleil… nanananannaa ♪ » parce que j’oubliais les paroles après exactement deux lignes. A la télévision. Nationale.

ET IL EST TEMPS POUR LE NEUVIEME JOUR !

QUELLE BELLE VUE SUR KYOTO

Comme d’hab je me lève sans foutrement savoir quoi faire de ma journée. Tellement de choses à voir sur Kyoto ! Que voir en priorité ? J’ai rien planifié ! Malgré tout, il faut être malin: juste après on va enchaîner sur un week-end de trois jours au Japon donc vaut mieux dédier la journée à des trucs touristiques qui pourraient être bondés les trois jours suivants. Et, donc, parmi les nombreux temples touristiques de Kyoto, mon dévolu va donc se jeter sur le Fushimi Inari, grand temple dédié à la divinité du riz (Inari, donc) qui est surtout connu pour ses très nombreux torii, qui se succèdent de manière ininterrompue.

Du coup moi je me dis « allez, c’est parti. » Surtout qu’à la visite du temple, l’idée est d’y adjoindre la montée du mont Inari. A ce moment là je suis toujours dans mon mood post-Miyajima, où je vois que le mont Inari fait « que » 233m et moi je fait « oh bah facile. En plus la montée a des escaliers moins irréguliers. Je vais pas trop en chier. »

Famous last words.

Spoiler: c’est le DERNIER escalier avant l’arrivée au sommet. Littéralement un boss final. Avant ça tu t’es tapé 200m d’escaliers similaires mais mieux dispersés et moins raides, lol.

Avant de m’attaquer au temple, juste un petit mot sur un sujet passionnant: le métro de Kyoto. Il fait que deux lignes, deux lignes pas forcément ultra bien placées, mais c’est le métro le plus comfy que j’ai jamais vu. C’est un métro mais qui a des places assises façon comme dans les trains grandes lignes. Toi t’es là tu fais que deux stations mais t’es assis comme un prince. J’ai pas pris de photos mais c’était pas mal. Et en plus très vide à 10h30. Je pense que c’est un peu l’équivalent japonais du métro de Rennes.

Cela étant, du monde y’en avait beaucoup plus arrivé au temple Inari. L’arrivée depuis la gare non-JR est d’ailleurs très folklorique avec un passage par de nombreuses rues marchandes très animées, et un enchaînement de stands de bouffe pour vos besoins en poulet pané, en ramune ou brochettes de steak. Petit côté kermesse et méchoui, mais à l’entrée d’un temple envahi par les touristes. Sans doute le lieu le plus fréquenté que j’ai eu jusque là ! Faut dire, les temples sont foutrement beaux.

Après quelques minutes à faire le tour des temples, temps de commencer la balade vers le sommet en franchissant les milliers de torii placés tout le long du trajet. Quelques jolis souvenirs de Inari Konkon Koi Iroha, mais aussi du métro parisien parce que, yep, c’était plus une sorte de grande queue avec quelques embouteillages dès que quelqu’un se stoppait prendre une photo. J’étais déjà en train de ruminer dans mon coin en mode « tin si c’est comme ça jusqu’au sommet, ça va mal se passer. »

Rassurez-vous: dès que ça commence à vraiment monter, le nombre de touristes qui viennent là juste pour prendre la pose dans les torii, il baisse en flèche.

Du coup me voilà en partance vers le sommet ! Bon, comme à Miyajima au final: j’y vais avec ma bite et mon couteau convaincu que ça sera pas dur, une première grosse série de marche me tue sec, je monte en suant ma race, je m’arrête 30mn à un espace avec un vendeur de glace et de boisson, je bois et je lèche de la glace vanille-citron pour me remettre des émotions, retweet du shitpost, me dit que c’est mort jamais je vais arriver au sommet, trouve le feu quelque part en moi, grimpe grimpe grimpe et là, bonus par rapport à Miyajima: les moustiques sont bien moins discrets. J’avais remarqué en rentrant de Miyajima que mes jambes avaient gagnées quatre ou cinq boutons. Au mont Inari, je les chopais direct venir se poser sur mes grosses jambes ou mes bras. Dès que je me stoppais plus d’une minute dans la forêt y’en avait deux ou trois qui tournaient déjà autour de moi avec leurs bourdonnements des enfers. Inutile de vous dire que ça m’incitait à marcher tout droit et me stopper que pour admirer le décor.

Car le mont Inari c’est un dédale de temples, de sanctuaires et de points de repos absolument omniprésents au milieu des forêts et des reliefs. Il suffit de suivre les torii pour monter mais au délà de l’image stupéfiante des torii par milliers se trouvent plein de petits chemins sur les côtés qui mènent à autant de petites infrastructures, de petits torii, de lieux de prière, de recueillement, de méditation voire même de vie. Il y’a beaucoup de commerces sur le chemin principal, et même beaucoup de passage, on est jamais vraiment isolé. Par contre dès qu’on prend un petit chemin parallèle ? Là on est vraiment seul. Et peu de chances de se perdre: ces petits chemins sont, 95% du temps, des impasses menant à des lieux religieux.

En règle générale on peut effectivement dire que j’ai adoré le mont Inari ! La montée est évidemment pas simple, mes genoux ont douillés, la sueur a perlée, les moustiques ont mangés (j’ai déjà compté dix ou onze nouveaux boutons sur mes extrémités, je vous tiens au courant de la nuit d’exception que je vais passer avant de passer à la pharmacie demain demander du gel) mais la visite est vraiment belle et vaut les efforts. Bon après, que vous soyez pas deçu comme moi: au sommet on trouve un très beau temple, un très beau dédale de pierres et de structures religieuses… mais vous attendez pas à un superbe panorama sur la ville de Kyoto, tout est recouvert par la forêt, haha !

Après ça, temps de descendre ! Après la descente rocambolesque de Miyajima, j’étais content d’avoir un escalier tout simple à descendre, sans difficultés, et en moins d’une demie-heure j’étais déjà de retour au temple Inari, au niveau du sol. Les 200m les plus facilement descendus de ma vie.

Galerie – Mont Inari

14h30 à ce moment là, je commence à avoir faim mais je me dirige déjà vers ma direction suivante, quelques stations de train (et un changement à la Kyoto Station) plus loin: le musée du train de Kyoto. Avec l’idée que « je trouverais un endroit où manger là bas. »

(Indice en bas de chez vous: à 15h, les restos ouverts à Kyoto et plus largement au Japon, bah faut juste espérer tomber sur un McDo ou un combini.) (Et y’en avait pas dans le coin du musée du train de Kyoto.) (Donc je suis resté le ventre vide pendant toute la visite du musée.) (Ne faites pas ça chez vous.)

En vrai j’ai hésité 30 secondes avant d’entrer dans le musée. Parce que j’ai vu que juste à côté y’avait l’aquarium de Kyoto. Et j’adoooooooore les aquarium. Du coup j’étais tiraillé: « train… ou aquarium ??? » J’aurais pas le temps de faire les deux, il fallait choisir ! Bon au final c’est les trains qui ont gagnés, c’est les plus écologiquement sains pour la planète. Greta, je le fais pour toi.

Cela étant dit, le musée du train de Kyoto il faut être passionné par les trains et, plus précisement, par le train japonais mais si c’est le cas ? Bon bah jackpot les gars, il défonce ce musée. Y’a des tas de trains exposés, le bâtiment principal est d’une taille assez énorme pour un musée aussi niché avec deux étages remplis de wagons, d’expositions, d’explications historiques de l’installation du train au Japon. Saviez-vous que la préfecture de Saga a été l’une des premières du Japon à installer un chemin de fer ? Et que la ligne qui relie Kyoto à Oshu est la première ligne de chemin de fer conçue par des ingénieurs 100% japonais car, avant, c’est des britanniques et des américains qui venaient concevoir les chemins de fer dans ce Japon tout juste ouvert ? Moi j’ai kiffé toutes ces infos. Sachant qu’on s’arrête pas aux débuts, on couvre vraiment toute l’histoire: un large étal explique ainsi également pourquoi les chemins de fer ont été privatisés. Evidemment, le musée présente ça comme quelque chose de « positif » et « nécessaire », « exigé à l’époque par tous les japonais » mais eh, c’est le jeu, j’ai signé pour un musée dans lequel la JR a mis quelques billes hein.

Y’a donc une longue section historique (avec des cartes, des uniformes d’époque, des billets, des maquettes de gare de 1910), ensuite on a toute une section dédiée à « comment fonctionne un train. » On peut par exemple aller se balader SOUS UN WAGON et VOIR LES DESSOUS D’UN TRAIN. Lewd ? Oui, un peu. Instructif ? Ouais mon gars. Y’a même une reconstitution d’un passage à niveau en plein milieu du musée. Et parfois il sonne, et t’as pas le droit de le franchir. Au second étage, on peut même simuler le fait d’acheter un ticket et de l’utiliser pour franchir la réplique d’un portillon de train. C’est ultra nerd mais j’apprécie chaque effort de fait. Au second étage, vous avez même accès à un simulateur de conduite. Je me suis pas amusé à le faire mais ça avait l’air fifou.

Au second étage on trouvait également ce que je nommerais un diorama de bâtard. Vous savez les maquettes de ville avec des trains qui tournent dedans ? Bon bah là on en a un gigantesque. Y’avait à heures fixes des démonstations, semblerait que j’ai loupé ça. Tant pis déjà j’ai pu admirer de prêt ce diorama de bâtard qui a fait ma joie et ma jalousie. Faudrait que je retrouve l’adresse de ce mec qui au Calvados faisait payer l’accès à sa cave pour qu’on admire sa super ville et son super petit train miniature qu’il a mis des décennies à construire. C’était près de Clécy je crois ? Bon je divague.

Visite en plein vendredi après-midi oblige, le musée était relativement déserté, le contexte sans doute idéal pour la visite. J’ai ainsi pu profiter des nombreuses petites interactions que les stands d’exposition proposaient (« simule toi même les freins d’un wagon ») mais aussi visiter à mon rythme et à ma guise les wagons et les cabines de conducteur mis à disposition du public. Car oui on pouvait monter dans certaines locomotives et s’asseoir à la place du conducteur ! A un autre endroit du musée, pleines de cabines étaient disposées, dont une où on pouvait carrément prendre le micro du conducteur pour y faire des annonces. C’était rigolo.

Et une fois le bâtiment principal bien visité, on a qu’a sortir pour rejoindre la dernière partie du musée: nombre d’autres locomotives disposées à l’extérieur, et la visite d’une ancienne gare désaffectée située à proximité directe du musée ! Semblerait que certains jours une locomotive à vapeur s’y stoppe pour emmener les visiteurs en voyage. J’ai pas eu cette chance.

Bref c’est un musée extrêmement fourni, avec beaucoup de contenu. Je pense que ça parlera pas à tous les lecteurs de ce billet mais si les trains ou les réseaux de transport en commun ça vous intéresse un peu, hésitez pas. Le tarif d’entrée est de 1200 yens, et comptez impérativement 500 yens supplémentaires pour l’audioguide ! Il est disponible qu’en anglais donc assurez-vous de bien comprendre la langue sachant que c’est un audioguide sous forme de tablette: vous pouvez donc aussi bien entendre une jeune femme vous lire une traduction en anglais des écriteaux mais aussi lire ces informations directement sur la tablette. Sans ça, la visite est compliquée: tout est majoritairement en japonais, avec un peu d’anglais de çi de là.

Dommage, encore une fois qu’au bout de 30mn de visite, j’avais les pieds en lambeaux, me forçant à m’asseoir régulièrement :'(. Après ça m’a donné une bonne excuse pour m’asseoir sur un banc situé dans la reconstitution d’une gare japonaise typique des années 60, donc c’est pas non plus 100% désagréable. Tu sens d’ailleurs que le musée cherche aussi un peu à tâter la nostalgie des cinquantenaires, qui viennent aussi un peu dans ce musée retrouver les trains et les gares de leur enfance, aujourd’hui disparus. Est-ce qu’un jour on aura un musée du RER où on pourra remonter dans ces RER A sans étage pour revivre le bon goût des mauvais jours ? Qui sait.

Galerie, Musée du Train de Kyoto:

Bref, je sors du musée à l’heure de sa fermeture, donc 17h15 (oui je commence à m’y faire) et allez j’ai méga faim là. Rentrée à l’hôtel en mangeant un donut à la fraise de chez 7/11, il commence à pleuvoir ce qui est presque inédit pour moi – le Japon sous la pluie ! J’ai pas mon parapluie, il est resté en France. Mais bon ça va, ça reste du crachin, ok.

Petit repas à un resto italien à quelques mètres de l’hotel. Le resto est tenu par un seul homme qui fait à la fois le service et la cuisine. Faut dire que le resto a pas une capacité incroyable mais l’ambiance est réussie. Je me laisse tenter par une pizza 4 fromages (pour retrouver le bon goût de mon Europe) et un « coca bio. » C’est bon, ça cale.

Donc voilà, encore des journées bien chargées. Les pieds vadrouillent, la fatigue est totale dès 22h mais c’est cette bonne fatigue des journées chargées. Qu’est-ce qu’on va donc bien faire demain ? Là, sur le papier, le plan est d’aller se balader à Uji, faire du pélerinage Euphonium. Et, qui sait, peut-être dédier toute la journée à Kyoto Animation ? Y’a des hommages à rendre, quand même…

Galeries – Photos diverses

On a bu quoi aujourd’hui ?

Le classement continue, il est intense

Ce jus de pomme où la pomme te regarde avec un beau sourire

Vous commencez à le comprendre: j’adore le jus de pomme. Celui là j’ai pas noté le nom, il a l’air clairement destiné aux enfants, mais il était doux, facile à boire, rafraîchissant, vitaminé. Tout ce que j’aime dans mon jus de pomme !

Coca Cola Energy

Plus de caféine ! Plus de vitamine B ! Petite cannette ! Je commence à tester cette passion étrange des japonais pour les boissons énergisantes et ce Coca Energy, si il a peut-être contribué à mon escalade du mont Inari, m’a donné le sentiment de boire un shot de Coca Cherry au goût ultra-accentué. J’ai pas vraiment reconnu le goût du… Coca, par exemple ?

Le Fanta Melon

Ok, on me l’avait pas mal vendu celui-là… Au final, yep ça passe pas trop mal. Pas aussi « exceptionnel » qu’on me l’avait dit, mais reste un breuvage ma foi sympa, et un des meilleurs Fanta que j’ai pu boire dans ma vie. (Le Fanta Pèche reste au dessus !)

Le Cola Bio Italien du resto italien

En commandant ce « Organic coke » je m’attendais à genre une sorte de cola local un peu bizarre mais le restaurateur m’a carrément ramené une bouteille de cola italien issu de l’agriculture biologique et embouteillé à Rimini ! Du coup, yep, c’est bien la saveur du cola artisanal: très différent de son pendant industriel, moins fort au sucre, assez riche en saveur. Un plaisir différent du cola habituel. Un plaisir complémentaire à (tousse) 650 yens la bouteille.

Le Classement Après 9 Jours

  • 1/ Le Lemon Punch du matsuri de Shibuya
  • 2/ Fanta Pèche
  • 3/ Le Cola Italien Bio du Resto Italien de Kyoto
  • 4/ Fanta Melon
  • 5/ Tropicana Banana Blend
  • 6/ Ce jus de pomme où sur l’étiquette une pomme te regarde avec le plus beau de ses sourires
  • 7/ Pepsi Japan Cola
  • 8/ 100% Apple
  • 9/ Minute Maid Aloe & Grapefruit
  • 10/ Kirin Grape Juice
  • 11/ Orangina
  • 12/ Sprite
  • 13/ Nichirei Acerola – cerise
  • 14/ Coca Cola Energy
  • 15/ Jus d’orange Pokka Sapporo
  • 16/ Mets au Litchi
  • 17/ Miu à l’orange
  • 18/ Calpis
  • 19/ Oi Ocha
  • 20/Fanta Grape

(A 130 yens en moyenne la bouteille de distributeur, je me rends compte que ça commence à faire un petit budget. Et moi qui trouve que mes billets disparaissent vite…)

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Un commentaire

  • Kawa

    Ce jus de pomme pour enfant c’est le Natchan pomme (cf mon com j2-j3) et ouais c’est de la balle! 6éme c’est pas trop mal surtout qu’au dessus c’est vraiment des valeurs sures. Maintenant j’attends le Natchan orange ah ah ^^

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