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Maria†Holic & Kannagi – « Divertissant, sans plus » ?

Dingue, j’ai commencé à écrire cet article dans la nuit de mardi à mercredi, et vala que tombe un débat sur les animes « tranches de vie mignon comme tout » lancé par Aer (l’article est bof, mais un type qui a du Persona 3 en bannière peut être excusé amplement), repris par Segfault (l’article est bof, mais un type qui a Tsuruya en bannière peut être excusé amplement.). Et ca partage finalement des idées… communes.
Ou pas du tout en fait, peut-être que je délire dans un coin. A cause du désespoir.

Il y’a les animes inoubliables, dont on parle partout pendant des mois, des années, qui se font chier dessus ou idolâtré dessus. Il y’a les animes totalement inconnus, ceux qui ne dépasseront pas le cadre de quelques otakus férus. Il y’a ceux qui ont 300 épisodes et qui se maintiennent en vie parce que le manga qu’ils adaptent (mal) a toujours du succès et toujours une fanbase. Et il y’a l’horrible catégorie des divertissants, sans plus, ceux qui ont été très connus… les deux premiers mois de leur diffusion, et qui maintenant qu’ils ne sont plus à l’ordre du jour, ne marqueront ni l’histoire de l’humanité, ni ne seront énormément proposés au Find Or Die de tous les pays. Ceux dont on gardera un souvenir agréable, mais pas marquant. Ceux qui sont sympathiques, mais qui manquent d’un ce que les anglophones nommeraient un « je ne sais quoi« . Ceux qui, si ils étaient des jeux vidéos, auraient 6 ou 7 sur 10. Les animes qui a défaut d’être mauvais, ne sont que… divertissants, sans plus.

Je ne veux pas vous mentir: les animes, et ça tombe bien, sont fait pour divertir. De base. En offrant un scénario passionnant qui fait marcher le cerveau, en offrant du moe et des scénettes mignonnes comme tout, en proposant des personnages qu’on a envie d’aimer, de s’indentifier. En offrant parfois de la bonne musique ou en offrant alors le fanservice le plus délicat. Un anime n’est pas un besoin nécessaire de la vie de tous les jours, c’est un fait certain et c’est enfoncer des portes ouvertes que de faire ça. Alors chacun remplit son rôle avec plus ou moins de maladresse. Certains animes sont des exemples de divertissement ultime (Code Geass les mecs. Code. Fuckin’. Geass.), d’autres sont chiants comme la mort et ne parviennent pas à y arriver (Persona Trinity Soul pour prendre l’exemple le plus frais que j’ai en tête) mais rare sont les animes qui, finalement, n’arrive pas à cet objectif simple. L’anime peut être mauvais scénaristiquement, les personnages peuvent être des clichés ambulants, l’animation faite par des coréens du nord, la musique par un aveugle qui a sa carte à l’UMP (non pas par Montagne, j’ai du respect pour cet homme), on se divertit quand même, au fond ?

Et parfois, des gens se posent la question là-dessus, trouvant soudainement inacceptable de n’être « que » divertit, comme si tout anime devait avoir une portée nietzchienne, devait être approuvé par les professeurs de la Sorbonne ou bien devait être plus que ça. Tous sans exception.

Bref. J’écris, j’écris, c’est redondant, pas forcément intéressant à lire, et ça ne fait qu’énoncer des évidences donc changeons vite de sujet…

Yahourt
Kannagi. Série phare de l’automne 2008, il aura été à l’origine d’une hype assez mesurée sur la blogosphère américaine et, donc, française. Ah, et japonaise aussi. Mais les avis des japonais, franchement, ça ne nous intéresse pas. On avait eu pas mal de dessins sur danbooru (qui indique plus où moins la popularité d’une série finalement), pas mal de réactions sur tous les forums du monde, des tas de doujinshi et puis d’un coup, je sais pas quand, splouf. Kannagi a disparu. N’a jamais existé. On nous annonce un épisode 14, mais ça n’a pas l’air d’enthousiasmer grand monde. Que s’est-il passé ?

Eh bah franchement j’en sais rien.

Mais reste que j’ai fini la série taleur. J’avais patiemment attendu que la série soit terminée pour la commencer. J’avais maté les 4 premiers épisodes en février. Puis patiemment attendu. Et j’ai tellement patiemment attendu que je m’y suis mis qu’en début mai. Pourquoi attendre si longtemps ? Eh bien je n’en sais stricteeeement rien. Parce que je me questionnais peut-être. Pourquoi mater Kannagi ? Qu’est-ce qui me forcerait à mater Kannagi ? Quel interêt aurais-je à mater Kannagi ? C’est finalement en composant mon AnimeList que je me suis dit « Hey, j’ai pas fini Kannagi ! »
Et comme j’ai un petit coté Kitsu Chiri, je me suis dit que c’était insupportable d’avoir un anime pas fini. Et oui, je suis de ce genre là. Le genre de type qui abandonne Lucky Star au 22e épisode, mais qui tient à finir Kannagi. C’est comme ça.


Bon après tout, je cracherais pas sur Zange et Tsugumi tiens…

Kannagi est finalement un anime très… divertissant. Assez bien foutu, a l’opening reconnu universellement, les personnages sont là – et bien là. Ils sont définitivement sympathiques je veux dire. Même si ma préférence est loin d’être en faveur de Nagi, l’idole du show, ni en faveur du héros classique d’anime « harem » qui a « vraiment trop du mal avec ses sentiments, tellement qu’il ne voit pas pourquoi il sortirait avec des filles d’ailleurs ». Zange-chan et Tsugumi (pas Tsumugi attention) sont vraiment très mignonnes et elles savent sortir du lot dans la catégorie « amie d’enfance » et « rivale de l’héroïne de charme qui sait prendre les devants ». En outre le club artistique est très bien composé. Le scénario ? Y’en a peu, et il est limite chiant quand il s’active de manière presque impromptue pendant un épisode 12 relativement choquant pour une simple bonne raison: il n’y a pas de « transition » entre l’aspect quand même très léger de l’anime, et un passage soudainement beaucoup plus sombre, moins léger. Et finalement, ce passage là ne réussit pas franchement à séduire. Enfin à ME séduire déjà.

Mais globalement, l’anime, dans ses périodes légères, fonctionne quand même plutôt bien et est agréable à suivre. Je n’ai en tout cas pas rechigné à mater un épisode (à part le 12), et j’ai rarement fait pause pendant mes matages pour faire autre chose de soudainement plus important (ça m’arrive souvent pendant un épisode de « oups merde faudrait que je fasse mon mail PAUSE »), et puis même quand ça arrive, Kannagi ne souffre pas tellement de ça. 2/3 épisodes sont d’ailleurs franchement pas mal dans le genre, celui du karaoké par exemple (qui ne se résume hélàs pas à un caméo des filles de Lucky Star comme j’ai pu le voir écrit trop souvent) qui arrive à développer les personnages, l’intrigue « légère » et a être amusant.
Et puis tout le passage « Quoi, tout le monde croit que t’es gay ? Réglons ça. » est aussi assez savoureux.


De l’emo et du yaoi: les jeunes femmes dépressives sauront apprécier.

Finalement Kannagi est agréable et pas indispensable dans la vie d’un otaku. Pas le genre d’anime qui doit être vu de manière forcée, sinon c’est la mort qui attend au bout de l’autel. Ca fait passer le temps de manière sympathique… ce qui n’est franchement déjà pas mal, au moins il réussit son objectif. C’est déjà ça. Puis je garderais au moins une chose en souvenir de cet anime: Zange-Chan. Meilleur promotion pour la confession. Ever.

MARIYAAA
Le cas de Maria†Holic est plus spécial. Il est indubitable qu’un anime dirigé par Shinbo, par SHAFT, par tout ça, part déjà sur de bonnes bases. A la base je voulais lui faire un article dédié, carrément. Mais finalement non. Car là ou Sayonara Zetsubou Sensei, Negima!? et sans doute Hidamari Sketch ont su marquer l’histoire de SHAFT et sauront sans doute encore être rappelé par nous autres anciens de la japanimation, je ne sais pas si Maria†Holic sera gardé dans la mémoire en ce qui concerne SHAFT. Non pas que l’anime soit mauvais, je le trouve franchement très très sympathique et comportant nombre de qualités. Mais finalement il ne vise pas grand chose, et très vite on voit que les ambitions sont limitées: on divertit, on tente de faire rire et puis basta, pas de grandes leçons sur la vie, ni rien. L’amalgame « réalisation pompeuse = anime aux grandes ambitions » a sans doute été trop utilisé dans les critiques envers cet anime et finalement on sent très vite que le manga Maria†Holic n’est que prétexte pour que Shinbo s’amuse.
Et finalement, il faut le sentir, et pas mal de gens ne l’ont pas sentis et ont pris cet anime pour ce qu’il n’était pas: un truc SERIOUS BUISNESS. Ca m’avait fait assez mal de lire des charges franchement virulentes sur cet anime, cela m’avait même un peu complétement dégouté pendant quelques jours de la communauté geek-otaque de France. Eh ouais, je vous avais tous mis dans le même sac. Quelle folie.


Mariya, meilleur trap de tous les temps. Je suis gay pour Mariya.

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Et hétéro pour sa soeur jumelle

Et là interviens l’humour. Si on rigole pas devant Maria†Holic ce n’est pas la fin du monde, bien au contraire – même si bon ok on part avec un handicap pour apprécier le truc. Et au moins l’anime ne se contente pas de miser, tel un Jean-Claude Dusse, sur son humour uniquement. Les personnages principaux sont franchement TRES attachants. Je suis, je ne le nierais pas, un très très gros fanboy de Mariya (bien que finalement je reste très proche de Kanako dans le comportement, le coté pervers extrémiste en moins… enfin je crois) et rien que le personnage en lui-même m’a convaincu à mater la série de manière hebdomadaire. Pour voir ses nouvelles manipulations, ses nouveaux coups de putes et puis merde quoi, le personnage est MEGA CHARMANT. Un trap pareil, j’ai envie de dire, c’est juste de la cruauté pure.
Et finalement, le problème de Maria†Holic est que sans Mariya, mouerf. Kanako seule arrive plus où moins à assurer de manière très brillante le show avec ses pensées, ses plans, ses saignement nasaux et son incompréhension de ce qui l’entoure, mais le reste du casting est très… meh. L’archère ne m’a jamais semblé avoir une utilité, la binoclarde est très très limitée… finalement seul Dieu arrive à tirer son épingle du jeu (« I Want a DVD Player é_è… ») mais vu son doublage assuré par Taro de Sayonara, elle ne pouvait que s’en sortir.

Et finalement la réalisation est quand même un des gros atouts de la manche de cet anime. On peut déplorer que Shinbo en fasse trop, mais personnellement j’uberkiffe à donf le style. On sent que les mecs de SHAFT s’amuse et, sans cette réalisation complètement barrée, nulle doute que la série n’aurait pas été aussi agréable à voir. Pour ne pas dire, un cran nettement en dessous. Et franchement ça rafraichit quoi. Ce style unique est franchement un peu de changement dans une japanimation qui, hélàs, peine parfois peut-être à se renouveler niveau réalisation, au moins à avoir l’air plus unique.

Mais pour autant, garderais-je un vibrant souvenir de Maria†Holic ? Sans doute pas. J’ai vraiment pas mal aimé, mais il faut bien avouer que mis à part sa réal et son trio principal, la série n’est objectivement pas un chef d’oeuvre… mais a t-il prétendu à l’être vraiment, puis-je lui reprocher de ne pas être ce qu’il ne veut pas être ? Sans doute pas. Divertissant, sans plus donc, et même si je n’encourage pas forcément la vision de cet anime à tout prix (de SHAFT matez quand même en priorité l’orgasmique Sayonara Zetsubou Sensei), je ne vous découragerais pas de le faire. Et si un jour je perd un peu de poids, je me rase la barbe, je me laisse encore un peu pousser les cheveux et je tente un cosplay de Mariya. POUR LES LULZ. Considérez ça comme une semi-promesse. (je suis du genre à me dire « nan je me cosplayerais jamais, pas envie de détruire un personnage »)

Donc finalement comment comprendre ce sentiment ? De nombreuses personnes rejettent assez souvent ce genre d’anime, « divertissants sans plus », car ils en attendent sans doute plus de la japanimation, peut-être veulent-ils des Evangelion, des Lain, des Cowboy Bebop, des Samurai Champloo, des Gurren Lagann ou des Haruhi à tous les coins de rues. Mais la spécificité d’un chef d’oeuvre, un vrai, n’est-il pas sa rareté ? Evangelion, on en parlera sans doute encore dans 20 ans (le combat Rei Vs Asuka ne finira jamais) , Kannagi dans 20 ans, est-ce qu’on en reparlera autrement que dans des jeux pour « otakus hardcore » ? Quand j’assiste à des jeux pour otaques, genre à la Japan Expo ou à la Nocturne, je suis souvent étonné de voir des gens parler de vieilles séries dont je n’avais jamais entendu parler car elles n’ont sans doute à leur époque pas crevée l’écran, mais qui sont restées dans la mémoire de ceux qui, à l’époque, l’ont vues… et c’est déjà pas mal (et encore je parle pas du facteur Internet qui fait que maintenant on peut tout pécho venant du Japon, alors que y’a encore nombre d’animes des années 80 qui ne sont dans les mémoires que des otakus japonais qui ont connus cette époque…)

Je vous donne donc rendez-vous le 6 Juillet 2029 pour la Japan Expo 30e anniversaire afin de vous coller sur Kannagi. Bande de moules.
(si un hiver nucléaire ne s’est pas abattu d’ici là, évidemment.)
(ce à quel cas, je vous donne rendez vous dans la Japan Expo de l’Abri 451.)

De toute façon cet article n’est rien face à la nouvelle de jour: les Snipers vont désormais avoir le plaisir de BALANCER DE LA PISSE PARTOUT. Oh joie.

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