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Shin Megami Tensei: Persona 4

Vous savez tous que je suis un grand amateur de la série Persona depuis son arrivée en France avec le troisième volet. Ce RPG se déroulant dans un Japon contemporain, nécessitant du joueur qu’il gère à la fois son level, le scénario et la vie sociale du héros a su fortement m’émouvoir, pour ne pas dire mouiller mon boxer et l’annonce du quatrième volet m’a bien fait plaisir, et sa sortie en France m’a bien fait plaisir aussi, surtout au prix modique de 30€, et avec la moitié de l’OST offerte. Et ça fait plaisir. Globalement, le problème de ce genre d’article c’est que je risque de faire souvent la comparaison avec Persona 3, c’est juste impossible de se retenir de le faire, même si j’aimerais éviter au maximum parce que voilà quoi. Ca risque de faire du mal à Persona 3 sur certains points, et à Persona 4 sur d’autres. Mais bon. Hop. Cet article est garanti avec le minimum de spoiler.

Moe moe !

Persona 4 se déroule donc dans la campagne japonaise, par campagne comprenez « ville de moins de 10000 habitants ». Les habitants ont beau nous dire que c’est super petit, tout ça, on ne peut s’empêcher de pas trouver ça totalement campagnard, j’avouais m’imaginer une sorte de Hinamizawa avec plein de champs, de chemins boueux, et peu de maisons, mais finalement ça reste urbain. Le héros débarque, ses parents devant partir en voyage pendant un an, il se retrouve donc dans la ville d’Inaba, hebergé par son oncle, qui vit seul avec sa fille Nanako. Et quelques jours après votre arrivée, paf, un meurtre mystérieux a lieu, avec une jeune fille retrouvée empalée sur une antenne de télévision. Et puis les événements se lancent et vous vous rendez compte que tout est lié à une mystérieuse légende urbaine nommée la Midnight TV et que surtout vous pouvez vous rendre, en traversant l’écran d’une télévision, dans un monde mystérieux, ou les gens sont rarement très gentils avec vous et pour cause: ce sont des Shadows, des monstres sans âmes qui veulent juste vous dévorer.

Et le héros se fait donc des potes au fur et à mesure de la partie, tout ça pour coincer enfin l’infâââme meurtrier… qui est quelqu’un de très joueur finalement.

Le scénario de Persona 4 est à la fois une de ses plus grandes forces mais aussi parfois une de ses plus grandes faiblesses. Ainsi le scénario se plaît beaucoup à jouer avec le joueur, à le surprendre très régulièrement, à offrir des scènes épiques, principalement dans le développement des personnages et surtout engage très souvent le joueur à ne pas s’arrêter aux évidences, en effet les apparences sont très souvent trompeuses…
… et ça personne de votre team ne semble le comprendre. Inconvénient de taille, les scénarios du type « kicékiatué » sont ainsi parfois source d’énormément de frustrations, surtout quand soudainement vous comprenez des trucs, quasiment des évidences hyper logiques, que l’équipe ne semble définitivement pas comprendre et ne trouvera que plusieurs heures plus tard. C’est à ce moment là qu’on a souvent envie d’entrer dans le jeu et de filer quelques baffes parce qu’ils exagèrent quand même un peu hein.

Mais à part ces moments là (qui m’est arrivé 2/3 fois durant la partie), rien à redire, le scénario fait son office et se révèle être une carotte tout à fait motivante pour finir le jeu. Principalement sur l’identité du véritable tueur.

I don't wanna see in the metro

Scénario qui encore une fois est porté par des personnages made in Atlus, c’est à dire des personnages qui semblent à priori être des archétypes classiques mais qui sont… plus que ça. Et là encore le casting est totalement et définitivement réussi, et sans eux le scénario serait sans doute moins intéressant. En outre la plupart sont développés par le biais de leur Shadown, qui est eux, mais version exagérée niveau défauts et inconscient. Évidemment, jene spoilerais pas le contenu de leur shadow car ils sont, pour pas mal d’entre eux, très très surprenants. Pele-mele, les principaux personnages:

  • Le Héros du jeu. Porte comme d’habitude le nom que vous voulez bien lui donner et est muet comme une carpe pendant tout le jeu. En impose un peu moins que le héros de Persona 3 a première vue, et ne peut se battre qu’avec une épée à deux mains. Le leader donc, qui sera chargé de faire le lien entre vous et le jeu. Et chose magique, il a une place importante dans le scénario !
  • Yosuke Hanamura est arrivé à Inaba depuis peu, fils des gérants du grand complexe commercial de la ville fondé il y’a six mois dans la ville, il est très très peu apprécié des anciens commerçants de la ville et donc, par conséquent, par une frange très large de la population. Très très maladroit et très très gaffeur, il sait toutefois utiliser sa cervelle. Au combat c’est un polyvalent très très pratique qui peut soigner, faire de gros dégats avec ses magies de vent et ses magies physiques et SURTOUT il possède Dekaja, ce qui est très très important. Et je vous conseille de bien lire ce qu’il dit: ce type serait amoureux du héros que ça ne serait pas étonnant. Tee-hee.
  • Chie Satonaka rejoint elle aussi très vite l’équipe. Garçon manqué à en crever la bouche ouverte, elle surkiffe les films avec des arts martiaux dedans et, par conséquent, se bat avec ses poings et ses pieds. Tout le temps. En permanence. Au demeurant très sympathique, elle est la magicienne de glace de l’équipe et optionnellement une des membres du club fermé des BOURRINS. Veut protéger à tout prix Yukiko, sa meilleure super pote.
  • Yukiko Amagi est la future héritière de l’auberge Amagi, une vieille auberge monument historique et prestige de la ville. Par conséquent elle souffre assez naturellement de toute la pression, de tous les regards et tout ce que peut impliquer le fait de devoir se plier à une tradition millénaire. Mon personnage préféré. Assez timide, cela ne l’empêche pas de se faire sacrément remarquer lorsqu’elle trouve quelquechose drôle. C’est la soigneuse de l’équipe et également une hyper balèze magicienne de feu.
  • Kanji Tatsumi est fils de tailleur et semble être une terreur dans le coin. Très franc, très impressionnant, il ne se rend que rarement compte de tout cela. Il est malgré tout un personnage furieusement hilarant, compte tenu de sa franchise et de son véritable courage qui parfois le mettent dans des situations pas possibles, lui et les héros bien évidemment. En combat c’est évidemment une grosse brutasse sans trop de SP.
  • Rise Kujikawa est une idole super célèbre et super mignonne qui débarque à Inaba pour se ressourcer un peu et se retrouve finalement plus où moins impliquée dans les événements de la ville. Pas mon personnage préféré, bien qu’il soit physiquement intelligent, elle est quand même franchement cruche, quasiment en permanence, comme cela est parfaitement assumé ok. Passe son temps à faire du rentre-dedans au pauvre héros. Ah, et elle est la Fuuka de ce Persona, observant vos combats et vous livrant des conseils totalement obvious genre « mon dieu tu n’as que 4HP tu devrais te soigner ». De plus en plus pratique au fur et à mesure qu’elle monte des niveaux.
  • Naoto Shirogane ressemble physiquement au héros de Persona 3 et tout aussi physiquement à Raidou Kuzunoha, le célèbre détective des Devil Summoner: et ça tombe bien, c’est un détective issu d’une famille rivale à celle des Kuzonoha. A un doublage américain super féminin… et pour cause. En combat il gère les sorts Almighty, les gros sorts physiques et les sorts qui butent en un coup. Assez pratique dans les derniers donjons. A la fin du jeu, sert de plus en plus de Mr.Exposition.
  • Le renard est un gros enculé.
  • La famille Doujima, composée de votre oncle et de votre cousine. L’oncle étant policier, et ces mystérieuses affaires de meurtres ne l’aidant pas à glander, il est souvent obligé de laisser la pauvre petite cousine seule à la maison, en espérant que vous n’en profiterez pas pour l’envoyer dans une marmite remplie d’eau bouillie. Au fil du jeu, il devient de plus en plus soupçonneux envers vous et s’occupe de moins en moins de sa fille. Tristesse :(.
  • Adachi est arrivé récemment en ville, muté à Inaba, et sert globalement de souffre-douleur à l’oncle Doujima, et ne semble passer son temps qu’a vous refiler des informations confidentielles sans faire gaffe. Globalement bavard. Très bavard. Trop bavard.
  • Teddie vit dans le monde de la télé depuis des années, mais ne semble pas se souvenir de grand chose. Vous l’aiderez gentiment à découvrir qui il est vraiment. Il fabrique super bien les lunettes et est lui aussi source de scènes assez hilarantes, exceptées toutes celles où il utilise des jeux de mots avec « bear ».

Voilà pour la longue liste de personnages principaux ou qui ont une place importante. Ensuite il y’a évidemment les SLink…

Dans ce Persona 4, les SLink sont globalement de bonne facture, et surtout tous les membres de l’équipe sont susceptibles de devenir des SLink, ce qui est très pratique vu que plus vous évoluez dans leur SLink, plus ils peuvent choper des trucs intéressants, et quand ils arrivent au lvl final, leur persona évolue, pour devenir simplement super pratique. Cela force donc à délaisser les autres SLink et à se concentrer sur celles des personnages de l’équipe, même si ils ne nous intéressent pas à priori. Heureusement Atlus fournit très régulièrement, dans des scènes « de la vie quotidienne » des points gratos pour les augmenter plus rapidement, il suffit donc d’être patient et de ne pas s’acharner sur eux. Il n’y a que Naoto qui est plus difficile à faire monter au niveau 10 vu qu’il arrive plus tard…

On retrouve sinon des SLink assez classique, avec les arts culturels par exemple (ici choix entre théâtre et groupe de musique), le sport (foot ou basket), le choix d’un des deux changera totalement la personne, ce qui pour une seconde partie peut être assez intéressant – je dois donc découvrir qui est la SLink du groupe de musique. Mais aussi des moins classiques avec Sayako, l’infirmière aux moeurs douteuses, la mère de famille célibataire qui sert pour l’arcane Temperance ou bien encore le frère d’une des victimes du tueur comme Hanged Man. Et surtout, certains SLink montent d’une manière particulière, je pense à Hermit qui nécessite la réussite de quêtes ou Empress qui nécessite la fusion de Persona particulière.
Autrement il reste toujours Fool et Judgement, qui augmentent automatiquement au fil de la partie.

Problématique cependant, les SLink sont moins facile à gérer que Persona 3 pour une seule raison: explorer la Midnight TV se fait DE JOUR, contrairement au Tartarus qui n’empiétait sur aucune SLink vu que c’était la nuit (excepté Tower et Devil – dans P3 FES pour ce dernier -), du coup il faut savoir sacrifier ses SLink au dépend de l’exploration nécessaire de la Midnight TV.

Waouh

La Midnight TV est assez différente du Tartarus. Là ou le Tartarus était 250 étages qui se ressemblaient presque tous, la Midnight TV est composée d’une bonne dizaine de zones différentes, chacune basée sur un thème particulier (chateau européen, sauna, paradis…), un thème musical à chaque fois différent et de plus en plus agréable à l’oreille, et surtout la Midnight TV est d’un niveau beaucoup plus relevé que le Tartarus. A cause de plusieurs choses: il n’y a par exemple plus de fatigue mais cela est compensé par un ennui majeur qui est qu’on ne peut plus récupérer la totalité de ses HP et de ses SP en retournant au rez de chaussée, cela nécessitant une nuit de repos. En outre la Midnight TV fige l’upgrade des SLink pour la journée entière, soirée y compris (votre perso se dira trop claqué pour faire quoi que ce soit) ainsi que la réalisation d’activité en soirée pour la même raison. Enfin le niveau des ennemis est particulièrement difficile à supporter si vous rushez les étages comme des fous, et d’ailleurs les ennemis sont relativement durs à esquiver.

En parlant de cela, les attaques surprises sont plus difficiles à réaliser car là ou il fallait juste attaquer l’ennemi avant qu’il se rende compte de notre présence dans P3, il faut désormais BACKSTABBER le shadow à coup d’épée à deux mains, ce qui est assez difficile car le héros dispose d’une épée à deux mains, qui met près d’une seconde à toucher l’ennemi, et surtout la zone « de backstab » est pas si facile à toucher, et finalement les « PLAYER ADVANTAGE » s’obtiennent assez rarement et sont la source de véritables joies quand elles apparaissent.

Le système de combat, parlons en d’ailleurs. Il est exactement le même que Persona 3 a quelques changements majeurs prêts: vous pouvez désormais contrôler vos alliés et ne plus subir une IA que vous jugerez relou ce qui est pour les boss est un véritable soulagement d’autant que la difficulté des boss a été totalement revue à la hausse et les battre relève souvent d’une tactique planifiée sur laquelle on doit avoir contrôle du début à la fin, et le système de faiblesses à totalement changé: désormais un ennemi touché par une faiblesse (et vous aussi donc) pourra tout de même attaquer au tour suivant: il faut le retoucher une seconde fois avec un sort dont il est faible pour le rendre KO pour le tour suivant. A part cela aucun changement majeur dans le système de combat qui reste dynamique, favorise les tactiques fourbes et qui surtout rend super utile des sorts qui dans d’autres RPG ne servent à rien. Là ou d’habitude les sorts qui tuent en un coup ne servent à rien dans les RPG, ils ont dans Persona une véritable utilité car ils touchent vraiment l’ennemi si ceux-ci y sont faibles, ce qui peut rendre des ennemis à priori difficiles aussi simples que dire bonjour.

L’après-combat a lui aussi bien changé: au revoir l’obtention d’expérience supplémentaire, d’argent en plus ou d’armes secrètes, désormais le Shuffle Time e est non seulement raréfié mais ne permet en outre de n’obtenir que des persona et, si vous êtes malchanceux, peut totalement annuler votre exp et votre argent obtenu. Et parfois, magie, apparition de l’Arcana Chance, qui offre une chance sur deux d’obtenir des bons trucs, mais également une chance sur deux de choper des malus de tarés qui vous pourrissent totalement la vie.

Quant à l’évolution dans les donjons, on note l’apparition de SUPER TRESORS DORES qui nécessitent des clés pour être ouverts, clés qu’on trouve un peu partout mais pas trop partout non plus.

Please don't say lazy

Comme je le disais, depuis Persona 3 la difficulté a été élevée d’un rang. Elle n’attend certes pas encore celle d’un Shin Megami Tensei 3, ni celle d’un Digital Devil Saga qui sont des références dans le genre « torture mentale et physique », mais le jeu nécessite une attention permanente dans les combats, sous peine de perdre presque trop facilement une bonne heure de level-up ou d’exploration, quitte parfois même à décourager totalement. Et les boss aussi n’échappent à la règle, surtout au début du jeu, avec le boss du donjon de Yukiko par exemple qui est juste TRES ardu et qui nécessite une véritable stratégie, l’obtention nécessaires de 2/3 sorts et une maîtrise parfaite du système de combat (genre le système de garde) pour pouvoir le passer. Se mettre en Easy ne facilite qu’un peu les combats, le principal avantage étant les 10 Plumes, mais ayant fait le jeu en Normal (j’avais fait P3 en Facile, m’attendant à un SMT classique), je ne peux en dire plus…

Le jeu propose donc un challenge constant, surtout qu’il offre également des boss secrets qui nécessitent une stratégie d’autant plus poussée et il n’est que rarement une mauvaise idée de faire un combat contre un boss avec les lol et l’intention de perdre, juste histoire de vous préparer beaucoup mieux à ce combat là.

En parlant de challenge, le jeu propose également un nouveau système de quêtes qui cette fois-ci ne sont plus offertes par l’assistante d’Igor mais par tous les habitants d’Inaba qui iront vous demander d’aller chercher des objets, d’aller parler à des gens, de faire des maquettes ou de pécher du poissons, le tout pour obtenir bien souvenit des objets très très pratiques genre Soma ou argent sonnant et trébuchant. Bien souvent les objets à chercher nécessitent toutefois d’explorer des donjons déjà explorés et de tuer des ennemis déjà tués, ce qui peut être relou. Mais cela peut offrir un défi supplémentaire à ceux qui aiment finir le jeu OVER NINE THOUSAND. Pour ma part, je n’en ai fait que facile le quart.

Ah oui je parlais d’argent, dans Persona 4 c’est devenu une denrée RARE. Là ou dans les RPG je suis rarement à court d’argent parce que je suis très souvent un gros radin, dans Persona 4 l’argent s’obtient lentement (et c’est pas les jobs qui en permettent d’obtenir par milliers) et se dépense très rapidement, et il devient vite impossible d’armer convenablement toute la team… Ce qui force très vite à faire un choix dans ce qu’on pense être sa team définitive pour concentrer ses achats sur les membres en question. Je ne parle pas des objets de soin vendus à prix prohibitfs et du prix de rachat des objets qui est bien souvent très misérable (il n’est pas rare d’acheter une épée à 54000 et de ne la revendre qu’a 7000…), et je parle pas de cet enculé de renard qui vous demande des sommes mirobolantes pour recharger vos SP. Pas pour rien que c’est un sale enculé.

Woah

Mais tout ça ne serait rien sans parler de l’ambiance générale du soft. Et autant le dire: le jeu est HILARANT quand il souhaite l’être. Il suffit de dire à ceux qui y ont joués trois mots pour les faire sourire: MYSTERY. FOOD. X.
Et c’est là qu’on admire les interactions entre les personnages. Yosuke et Kanji sont déjà drôles de base, mais quand tu rajoutes Chie et ses piques efficaces, Yukiko et ses claques à l’improviste, Teddie et sa perversité non assumée, la logique froide de Naoto ou bien encore un peu de rentre-dedans de la part de Rise, on obtient une alchimie non seulement rafraîchissante mais en plus totalement addictive, qui ne peut qu’aider à s’attacher à des personnages. Et des scènes comme les deux sorties scolaires sont non seulement géniales à voir, mais aussi tout à fait mémorables. Ca fait genre deux mois que j’ai fait la seconde sortie scolaire, mais je m’en souviens à chaque détail prêt, il faut dire que pour un fanboy comme moi elle ne peut QUE FAIRE PLAISIR. Mais je vous laisse totalement la surprise.

Mais au contraire quand le jeu veut surprendre, être glauque et franchement pas agréable, il y arrive totalement également: la découvert de la Midnight TV est HUM MIAM J’AI PLUS FAIM, et certaines scènes comme la rencontre avec certains Shadows ne met pas totalement à l’aise. Même si il y’en a finalement peu de scènes très très dérangeantes, elles existent quand même, et on est pas loin d’avoir certains cauchemars après 2 ou 3 d’entre elles…

Le jeu arrive donc à imprimer une véritable unicité et arrive, par ce biais, à faire mieux que beaucoup de RPG qui se content d’interactions minimalistes entre les personnages, là on est vraiment plongé dans la team, les personnages interagissent vraiment entre eux et mis à part l’éternel problème du « Yukiko et le héros ont eu du sexe dans le cadre de leur SLink mais ça ne transparaît jamais dans le scénario » qui est quelque chose de sans doute dur à réaliser. Mais bon, on peut pas en demander trop hélàs.

D’ailleurs le doublage ricain est pas dégeulasse du tout.

P3 ?

Pour ceux qui se poseraient la question, non, Persona 4 et Persona 3 n’ont que très peu de points communs scénaristiquement et au niveau des personnages, si il y’a bien DEUX personnages de Persona 3 qui font un retour discret le temps d’une journée (et ce ne sont pas des personnages que je qualifierais de « super important »), aucun personnage ne vient dire bonjour. Il y’a quelques clins d’oeils appuyés certes, de même qu’il y’en a pour Persona 2 (la présentatrice télé qui s’appelle Mayumi Yamano – le nom me rappelle une autre journaliste nommée Maya Amano, il suffit simplement d’enlever le « umi »…) et évidemment on retrouve ce bon vieux Igor, accompagné cette fois ci de Margaret, qui s’amusera à vous parler d’une certaine Elizabeth au fil du SLinK…

Une question s’est posée néanmoins: quid de Persona Trinity Soul ? Qui était censé faire le lien entre Persona 3 et Persona 4 ? J’ai beau y avoir joué, j’ai rien vu qui a collé. Etait-ce finalement une accroche marketing cette histoire de lien ? J’espère franchement parce que non, j’ai pas des masses envie de remater cette merde :<.

En outre, Persona 4 améliore certains points de Persona 3, principalement niveau gameplay. Désormais une simple pression sur le bouton carré permet d’aller où en veut en ville ou dans l’école ce qui est TRES pratique et fait gagner un temps de folie, on peut gérer l’équipement de l’équipe depuis le menu, et SURTOUT les transactions dans les boutiques sont énormément facilités et mériterait franchement d’être plagiés partout, je veux dire un menu de boutiques qui te permet d’équiper automatiquement l’arme que tu viens d’acheter c’est déjà franchement bien et ça fait déjà franchement gagner un temps précieux, mais en plus le jeu te propose de revendre l’ancienne arme que tu possédais automatiquement là aussi. On y gagne en fludiité, en navigation dans les menus, c’est un véritable plaisir et cela rend Persona 3 un peu plus lourd…

… et je ne parle pas de tous les autres RPG qui se prennent ça dans les dents. Je pense à Eternal Sonata que j’ai fait en parallèle.

Graphiquement, ce n’est pas l’avantage du jeu, le jeu est pas franchement beau mais ce n’est pas ce qu’on recherche dans ce type de soft, et les personas sont bien modelisés, ce qui est globalement suffisant. On aimerait bien un peu plus d’expression sur le visage des personnages, mais comme on les voit rarement de très prêt…

L’OST est du Shoji Meguro aka une véritable tuerie, le thème de combat est aussi bon que le fabuleux Mass Destruction et le thème du boss final arrive à être aussi épique que le fameux Battle For Everyone’s Souls, enfin la musique de navigation dans les donjons est moins prise de tête (la musique du paradis est même carrément sublime), et on reste dans un univers très beau, très chaleureux, très coloré… même pour les oreilles !

Yosh

Car on ne va pas le nier: Persona 4 est sans nul doute le Shin Megami Tensei le plus optimiste de l’histoire. Là ou j’étais habitué à des fins dramatiques, pessimistes ou bien avec des morts partout, la « vraie » fin de Persona 4 est très très belle, très gentille, donnant une image méliorative de l’humanité, des bienfaits de l’amitié. Et ce qui est bien quand un truc fait la promotion de l’amitié, c’est quand le jeu nous fait vivre tellement de bons moments avec ces personnages qu’on se sent presque leur pote pour de vrai, du coup le message passe que mieux.

Je parle de « vraie » fin car Persona 4 a cinq fins différentes, trois qui sont très pessimistes, très tristes, très sentiment d’inachevé pour certaines voire même très cruelle, une qui finit super bien mais qui, quand on a vu la vraie fin, nous permet de se rendre compte que c’est sans doute la plus critique envers des héros et la dernière qui est la vraie fin, véritable récompense.

En outre ces fins me permettent de développer LE grand thème de ce Persona qui est celui des apparences. Et là je développe donc je spoile à mort les fins, donc c’est reservé à ceux qui ont déjà finis le jeu:

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En effet, le jeu s’amuse à jouer sur les apparences du début à la fin. Qui aurait cru que Kanji, derrière son apparence de grosse brutasse, adore les trucs mignons et s’interroge sérieusement sur sa sexualité ? Qui aurait cru que Naoto soit une fille ? Même la chasse au tueur et à chaque fois une quête contre les apparences, toutes les fois ou on s’arrête aux apparences sont punies: le geek bizarre est le tueur, c’est sûr, on a réussi à le choper, youhou. PERDU Y’A UNE NOUVELLE VICTIME. Namatame est le tueur ? C’est sûr que c’est lui, on va l’envoyer dans la télé pour le punir. PERDU C’ETAIT PAS VRAIMENT LUI, TU AS PUNI UN INNOCENT DE MANIÈRE CRUELLE. Ok alors Adachi était le cerveau derrière tout ça ? Voilà c’est BIEN FAIT. Maintenant on va plus se poser de questions. PERDU IL FALLAIT SE POSER LA QUESTION POUR TROUVER LE VERITABLE CERVEAU. Ce n’est qu’une fois Inazami battu dans cette vraie fin que l’enquête est définitivement terminée et qu’on peut désormais tout savoir. Le joueur pouvait totalement s’arrêter à Adachi sans se poser des questions genre « comment il a eu ses pouvoirs au fait ? », mais il aurait été sérieusement puni pour ça, le jeu ne fournissant la réponse qu’a ceux qui veulent à tout prix les obtenir.
D’ailleurs il est frustrant de voir les héros tomber dans le piège. EH LES MECS LE JEU PEUT PAS FINIR EN JUILLET.

Le jeu vous encourage donc à ne JAMAIS vous arrêter aux apparences, et à toujours laisser une chance à la vérité de triompher contre le fait d’aller comme un bourrin en pensant qu’on a raison et que tout sera limité a ça. Si je vous dis que si vous ne laissez aucune chance à la vérité, le jeu s’arrête cinq mois avant la date à laquelle il est censé s’arrêter, vous le croyez ça ? D’ailleurs, si vos héros portent des lunettes, ce n’est pas un hasard: cela appartient à la thématique. Toujours. Et encore.

BAOUH

Pourtant croyez le ou pas, j’ai mis presque un mois a faire les deux derniers donjons. Je n’étais plus motivé par je ne sais plus quelle raison, la fin m’est donc passée totalement à coté et j’ai fini le jeu parce que je DEVAIS le faire, pas parce que je VOULAIS le faire, ce qui m’a attristé. Le jeu n’aura pas réussi à m’accrocher en totalité et j’avoue avoir surtout laché devant la difficulté de folie d’un des dernier boss qui m’avait bien achevé. Il faut dire que les héros qui mettent des plombes à se poser les bonnes questions, ça peut énerver un peu. C’est peut-être pour ça que personnellement je lui préfère un poil Persona 3, qui m’avait vraiment beaucoup marqué à l’époque. Je ne dis pas que Persona 4 ne m’a pas marqué, juste qu’il ne m’a pas aussi marqué qu’il aurait du le faire. Et je ne peux me prendre qu’a moi-même pour cela.

Grosso modo, Persona 4 est non seulement le dernier grand jeu de la PS2, mais se paie également le luxe d’être un de ses meilleurs RPG, en plus d’être un des plus abordables et accessible finalement. On est quand même bien loin de la niaiserie linéaire d’un FF10 ou de la lourdeur d’un Star Ocean 3. Ne dites rien sur cette dernière phrase c’est un troll.

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