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Higashi No Eden ~ A dying scream makes no sound.

Il y’a trois choses qui font que je me décide à regarder un anime: les conseils avisés d’un proche ou d’une personne de confiance (ex: « Tu devrais mater Haruhi, tiens je te passe le premier épisode tu vas te bidonner »), depuis plus récemment le studio ou le réalisateur qui s’en occupe (ex: « Maria+Holic ? Une lesbienne dans une école pour filles manipulée par un mec traversti mais élève ? Bof. QUOI C’EST LE REAL DE SAYONARA ZETSUBOU SENSEI ? JE VEUX. ») ou bien dans les trois/quart des cas c’est l’opening qui me fout la trique et me donne envie de mater un peu plus loin qu’1m30 de combo visuel/musique (« omg sublime cet opening, c’est quoi la série ? Higurashi ? Ok je prends. Et celui là aussi il bute !! C’est quoi ? Xam’d ? JE VEUX. Et lui là avec sa musique rock qui déchire et ce mec qui court ? Sayonara Zetsubou Sensei ? OMGOMGOMG CA A L’AIR COOL. »)

Pour Higashi No Eden, je ne vous cacherais pas que c’est un combo des trois: Avis favorables + Production IG + Opening qui déchire sa race visuellement et est en plus interprété par Oasis ? Mais CA SENT LE COMBO MES ENFANTS.


Higashi no Eden OP [Eden of the East]

Le scénario d’Higashi No Eden est particulièrement intéressant. Ainsi on suit la douce vie d’Akira Takizawa et de Saki Mormi, le premier s’est retrouvé nu dans Washington DC, avec uniquement dans ses mains un super téléphone portable et un pistolet, et totalement amnésique, quand la seconde fait sa rencontre devant la Maison Blanche après avoir essayé de lancer une pièce dans la fontaine qui se trouve devant le bâtiment et s’être fait sermoné par des gardes de sécurité. Et lorsque les deux nouveaux tourtereaux rentrent au Japon, c’est pour que le premier découvre qu’il est dans un « jeu », que son portable lui permet de faire ce qu’il veut et qu’il a 8 Milliards de Yen à disposition…

Dès lors il va essayer de retrouver sa mémoire et de participer comme il peut à ce jeu, dans le seul objectif de botter le cul à celui qui l’a crée. Car ils sont 12 à être dans cette situation, et dès qu’ils n’ont plus d’argent à leur disposition, ils sont tués, à l’exception du « gagnant » du jeu, décidé par le gérant du bordel. Bref on y retrouve le bon vieux principe du « à la fin il en reste qu’un » qui, quand il est bien utilisé, est toujours agréable. Et il est bien utilisé, ça tombe bien.

Akira

Je commence à radoter un peu en disant que ce que j’aime le plus et ce que je regarde le plus dans une série c’est les personnages qui la compose. Et dans le cas d’Higashi No Eden, je suis servi avec un personnage très intéressant du nom d’Akira. En entendant qu’il était amnésique, j’ai tout de suite pensé « okay encore un amnésique, bon, c’est un procédé narratif à la mode on va dire », et j’ai envie de dire que c’est finalement assez bien exploité, les informations et les révélations sur le passé n’arrivent pas en gros bloc unique mais sont racontées au fur et à mesure, bien distillées, jamais indigestes et surtout très vite, on découvre que ces mémoires sont à prendre avec des pincettes et pas comme des mots divins, et surtout on ignore toujours jusqu’au bout si Akira est une enflure où un saint, ce qui est toujours bon à prendre…

Mais Akira n’est pas « que » amnésique, il est en outre doté d’une personnalité assez singulière. Très charismatique (le mec, dans le premier épisode, arrive à convaincre un buisnessman de lui filer son pantalon = charisme), il plane toujours sur lui un véritable mystère et on ne sait jamais véritablement où il veut en venir, ce qu’il veut faire. Est-il un type sympa et rempli de bonnes ambitions ou une enflure manipulatrice qui n’hésite pas à bouger des pions dans son interêt personnel ? En outre assez jeune, il lui arrive parfois de faire des choses sur un coup de tête qui sont purement et simplement des actions irréfléchies qui peuvent parfois lui couter cher. Parfois. Et puis il a la putain de base la plus cool de tous les temps. En plus de sortir nombre de références cinématographiques de bon aloi, d’être parfois drôle. En bref il est attachant, on sait pas où il veut nous mener, et c’en est que plus cool. Même à la fin du dernier épisode, difficile vraiment de savoir ce qu’il est.

(spoiler épisode 11)

AffichageMasquer

Ainsi si on était jusque là certain de sa bonne volonté, son attitude dans les dernières minutes est suspecte: pourquoi donner le téléphone – et donc ses responsabilités – à Saki après être devenu « roi du Japon » et s’être sans doute fait effacer à nouveau la mémoire ? On le sait pas trop. Et jusqu’a bout, il restera un personnage qu’on ne cernera que dans les films. Ou peut-être pas.

Saki

A coté, l’héroïne du show, Saki, est plus facile à cerner. Personnage plus « classique », on suit sa rencontre avec cet être extraordinaire, son implication dans le jeu de la Seleçao et ses soucis plus primaires comme la recherche d’un job (et l’humiliation qui en suit.) Un personnage donc plus humain, plus proche des mortels, et pas forcément boulet comme j’aurais pu le craindre. En outre d’être super choupie, elle a une véritable présence et n’est jamais inutile, en plus de servir la production à faire SUBTILEMENT des critiques envers le Japon Moderne. SUBTILEMENT hein, attention.

Le reste du casting est agréable mais pas forcément inoubliable, mais y’en a quelques uns bien cool du genre Micchon et ses remarques acerbes, Pantsu l’HEROICKOMORI où bien encore le mystérieux N°1 qui explique plutôt bien les choses. Mais globalement, il ne faut pas s’attendre à les voir tous développés, ce sont des personnages secondaires et basta. Ce n’est pas dramatique pour autant, d’autant que le chara design est assez cool et que tous les personnages sont finalement assez attachants et plaisants, et aucun ne me semble vraiment loupé à mort. Quoique la numéro 5 je la trouve douteuse, mais j’attendrais les films pour me prononcer définitivement à son sujet.

Yopla

Autre truc qui m’a bien plu dans Higashi No Eden (et qui me plaît toujours quelque soit la série d’ailleurs), c’est le mélange perpétuel entre des trucs assez légers et décomplexés, et du Serious Business. Ainsi le scénario avance, parfois de manière cruelle, parfois avec de la tension, mais parfois il s’arrête d’avancer, s’amuse un peu, puis repart, et parfois il s’amuse tout en avançant. Tout cela est bien aidé par les pouvoirs de folie que confère le super téléphone portable du héros et par la réalisation qui souligne souvent de manière amusante les émotions des personnages, avec des petits points d’interrogation au dessus de leur facile, des signes de confusion, ou bien tout simplement ils ressortent de l’écran d’une manière où d’une autre, un peu comme dans une gigantesque bande dessinée, et cela se fait toujours avec grâce et joie.

Quant au scénario, il est de bon aloi, très rythmé, se terminant très souvent sur un cliffhanger donnant envie de s’enquiller tous les épisodes d’un coup ce qui est toujours une bonne chose dans ce type d’anime, cumule les moments entièrement faits d’épique (tout l’épisode 11 est épique et tout ce qui implique des « Bang ! » de manière générale), sait se reposer quand il le faut pour remettre la réflexion a plat dans des épisodes parfois entièrement de discussion, ce qui peut déstabiliser, et les enjeux sont toujours présents. En outre, on nous offre nombre de moments totalement over the top sans qu’ils nous paraissent totalement irréalistes. Même le système « Eden of the East » peut paraître totalement idiot, mais plus tellement si on compare ça à une fusion entre facebook et 4chan sur des mobiles japonais tellement plus évolués que les notres. Le scénario est donc bien. Mais problème évident: Il n’est pas terminé.

voilà

Car finalement le principal inconvénient immédiat de Higashi No Eden c’est ça: j’ai eu l’impression en le finissant que tout cela n’était qu’une introduction aux deux films qui sortiront bientôt. Il faut dire que l’épisode 11 se termine sur un total retournement de situation qui ne peut que laisser totalement à sa faim, surtout en sachant qu’on en a pour minimum une bonne année d’attente: c’est juste le pire de la frustration. Mais je ne peux m’en prendre qu’a moi-même: c’est moi qui ai décidé de mater la série tout en sachant que derrière il allait y’avoir des films. Mais le problème c’est que reste qu’en tant que série seule, Higashi No Eden n’est peut-être pas suffisant. Le principe de la Séléçao est certes explicité mais pas encore totalement exploité, on a découvert que très peu de Séléçao, beaucoup de personnages restent à être développés, on a pas les réponses à toutes les questions, les deux derniers épisodes apportent plein de nouvelles questions, bref c’est HORRIBLE. Et je DETESTE CA. Mais tant pis, je prendrais mon mal en patience et j’attendrais le premier film.

Sinon, ce qu’il y’a de bien avec Higashi c’est que la série fait plein de référence à l’occident. Le scénario se passe en début 2011 et lorsqu’elle va à New York, Saki parle bien de la Freedom Tower (sauf qu’évidemment, les mecs de Productions IG ne pouvaient pas deviner qu’a peine une semaine avant la diffusion de cet épisode où elle parle de la Freedom Tower, le projet a été définitivement renommé en World Trade Center 1, mais qu’importe), on fait de nombreuses références au cinéma anglais avec des tas de noms de films cités (souvent amené par « ça se passe comme dans ce film avec… »), ou bien encore Saki tient absolument à voir Le Grand Bleu, ce qui est toujours une joie pour nous français. Ca n’amène stricto sensus rien a la série, mais ça aide mieux à l’intégrer dans notre monde contemporain, ce qui est toujours chouette, et ça m’a personnellement rendu plus proche de tous les personnages.

hu
(matez les affiches dans le fond.)

Globalement, les 11 épisodes d’Higashi No Eden sont un très bon divertissement, pas con pour un sou, à la technique pas trop dégueulasse (seul petit bémol avec une bande son assez transparente), des personnages principaux intéressants et un scénario que j’ai personnellement trouvé captivant, cette série mérite bien son succès et son hype. En outre, il nous permet de rêver à « oh mon dieu, qu’est-ce que je pourrais faire avec une Juiz et un téléphone portable…« , ce qui est toujours assez fun. Et puis il y’a des otakus à poil.

Mais si vous voulez vous mettre à la série vous avez deux choix: la mater maintenant et subir une longue attente pour avoir vos réponses. Ou attendre un an, prêt à stresser sur chaque spoil qui pourrait sortir malencontreusement, et la mater avant le film pour pas avoir à attendre, c’est vous qui voyez. Mais je peux le dire, la fin de la série FRUSTRE. Même le cliffhanger de l’épisode 23 de Code Geass m’avait pas autant frustré (fallait dire qu’a l’époque y’avait que deux mois entre le 23 et le 24 huhu), et il m’avait méga frustré, c’est DIRE.

Seul petit bémol: j’ai rien compris au délire autour des « Johnies », qu’est-ce que ce mot a de si particulier au Japon ? Parce que là j’ai jamais vraiment compris son utilisation.

yop

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