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Kobato épisode 1, où comment bien entamer une adaptation

Dire que j’attendais Kobato est un euphémisme: j’ai fait chier pas mal de gens là dessus. Seule série de cet automne que j’attendais réellement (Darker Than Black 2 ne me tente pas tellement que ça, EH OUAIS EH OUAIS EH OUAIS – faut dire ça fait 2 ans que j’ai maté DTB, du coup je suis un peu à froid là), je dois dire, quelques heures après la vision de l’épisode 1: ok bien joué. Et du coup j’en viens à me demander si Madhouse a pas réussi leur introduction pour le coup en matière d’adaptation. Du coup je vais revenir un peu sur cet épisode et un peu sur la thématique des « adaptations », débat vieux comme le monde.

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Adapté du manga de CLAMP publié chez nous il y’a fort peu longtemps et publié depuis 2006 au Japon, Kobato raconte l’histoire d’Hanato Kobato une jeune fille venue d’on ne sait où et accompagnée de Ioryogi, une peluche souvent de mauvaise humeur et qui lui aussi semble avoir un passé assez prestigieux mais dont on ne sait que peu. Et donc Kobato a pour objectif de remplir une bouteille de « fragments de coeurs » qu’elle obtiendra en soignant des coeurs blessés. Mais elle doit respecter deux règles: ne jamais tomber amoureuse d’une personne qu’elle doit « soigner » et A AUCUN PRIX n’enlever son couvre-chef. C’est donc principalement une série légère et plutôt humoristique, dotée d’un zeste de fantastique et d’un scénario assez mystérieux, et les derniers chapitres parus montraient un certain assombrissement de la situation… Mais qui continuait à marier le comique et le tragique sans trop de difficultés.

Tout le tome 1 était ainsi principalement basé sur une série de saynettes mettant en scène Kobato qui doit prouver à Ioryogi qu’elle peut s’intégrer dans le monde des humains, et surtout dans le Japon contemporain. On la retrouve ainsi dans des petits chapitres d’une quinzaine de pages à but humoristique et qui chacun rendent hommages aux principales fêtes du Japon dans la culture manga (Noël, Saint Valentin, Nouvel An, Hanami, saisons des pluies) avant de la voir enfin réussir son examen après de nombreuses maladresses et réussir à la fin du tome à obtenir cette précieuse bouteille. Ce format assez particulier s’explique principalement par le fait que les premiers chapitres de Kobato furent publiés dans un magazine de prépublication plus pour « commémorer » les fêtes en question que pour une véritable trame scénaristique. La série fut même en hiatus durant quelques temps avant de voir enfin le véritable scénario commencer avec l’obtention de la bouteille…

C’était donc déjà casse-gueule pour Madhouse d’adapter ce tome 1, plus un assemblage de petites saynettes chronologiquement éloignées (au final les 8 premiers chapitres de Kobato se déroulent sur un an !) qu’un véritable ensemble pensé et réfléchi. Et, magie, ils y sont arrivés via ce premier épisode véritablement enthousiasmant qui tendrait à faire penser qu’a ici affaire plus au Madhouse qui a adapté Claymore ou Death Note que celui qui a adapté Chaos;Head…

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L’opening et l’ending sont d’ailleurs, à ma déception, assez basiques. Si l’opening dispose d’une bonne chanson de Maaya Sakamoto, il pèche par une synchronisation minimaliste avec cette bonne musique (principalement le refrain, où on pourrait mettre du Motörhead que ça changerait rien aux images), ce qui est dommageable, mais reste globalement assez honnête dans une saison où, pour l’instant, pas grand chose n’a brillé de ce point de vue (à part l’opening de To Aru Kagaku no Railgun…)

L’ending lui est fort sympa à écouter puisqu’il s’agit de Megumi Nakajima (alias Ranka Lee ou Gumi), mais fait partie de ses endings chiants, fixes, pas méga excitants. Dommage là aussi.

Mais mis à part ces deux points noirs, ce premier épisode était, je le répète, franchement bon, et adaptait le manga de manière un peu cavalière mais sans dénaturer. Car il faut bien le dire: cet épisode 1 vire 3/4 du tome 1 pour nous balancer direct à la fin de ce dernier, avec l’obtention de la bouteille, tout en restant dans la même journée chronologiquement. Ce qui permet d’éviter bien des soucis de rythme mais force hélàs à virer pas mal de trucs, pour ne pas dire énormément.

Mais magie: la porte reste ouverte pour que ça soit réutilisé dans des futurs épisodes. Même si toutes les blagues autour de l’obtention de la note sont aujourd’hui déjà caduques…
D’autant que ces chapitres en question possédaient quelques éléments scénaristiques importants, mais là aussi je pense que ça peut être réutilisé n’importe quand, donc je ne me fais pas de souci.

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D’abord première remarque: techniquement, ça assure pas mal. L’animation lors de certaines scènes se débrouille même franchement pas mal (la chanson de fin d’épisode entre autres), le chara-design est lui aussi très réussi, imposant sa propre patte et co-existant de très belle manière avec celui de CLAMP. Enfin musicalement, le peu entendu est très satisfaisant et colle avec magie à pas mal de scènes. La musique des scènes « comiques » est d’ailleurs encore dans ma tête là, ce qui est sans doute un signe.

Second point: le doublage est très réussi là encore. La voix de Kobato est assez géniale, emmenée par une Kana Hanazawa qui, du coup, ne tardera pas à se faire connaître je pense (là je mate la liste de ses doublages et y’a pas mal de trucs assez récents, dont Zange de Kannagi, cool) tellement sa voix transpire de bonheur, d’enthousiasme, d’innocence et de naïveté. Bref les 4 valeurs les plus représentatives du personnage de Kobato. Et la voix d’Ioryogi est elle aussi franchement pas mal, même si j’attends surtout de voir ce qu’il fera dans les moments où la peluche ne gueule pas sur Kobato.

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Ce qui est d’autant plus amusant avec cet épisode 1 c’est qu’effectivement il retire pas mal du tome 1, mais se permet en plus d’inventer totalement toute la seconde partie de l’épisode, et malgré tout ça fonctionne plutôt mal. Non content de réussir à lier des passages du manga sans rapport entre eux à la base avec succès, les mecs de chez Madhouse arrivent à créer d’eux-même quelque chose d’efficace tout en reprenant des éléments du manga mais dans un autre contexte. Et ça fonctionne là aussi plutôt bien, même si je trouve avec un peu de recul le « 100 », signe d’obtention de la bouteille, venir un peu trop naïvement (je préférais la version manga, où il offrait ce 100 à Kobato parce qu’elle lui avait pris une bière, ce qui en disait long sur le personnage) mais ça reste plus qu’acceptable pour autant et totalement crédible dans l’univers tel qu’on le connaît.

Bref, à priori, si Madhouse continue sur cette lancée, les 26 épisodes de Kobato devraient passer comme une lettre à la poste et s’imposer comme un des plus solides animes de cette saison d’automne, un peu grâce à l’absence de gros concurrents pourraient-on se dire. Effectivement. Simplement le problème de cette adaptation, et il va venir vite, c’est que de Kobato il n’existe actuellement que 4 volumes, c’est à dire 38 chapitres. Et ils sont pour la plupart tous plutôt court (une quinzaine de pages, on va pas en demander plus à CLAMP quoi), ce qui me laisse penser que ça va virer dès le onzième ou douzième épisode à des fillers comme si il en pleuvait. A voir comme Madhouse va goupiller ça, et si ils sauront éviter de réediter la même erreur que Claymore, qui possède et je pense que vous en conviendrez, la pire fin improvisée de tous les temps. Mais si ils font d’aussi bon filler que cette fin d’épisode 1, ça sera plus que correct.

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Cela me permet d’ailleurs de parler du fameux débat sur les adaptations, débat éternel si il en est. Comment adapter un livre en film, un manga en anime, un comics en série tv… tout en respectant l’oeuvre originale, donner sa propre vision d’auteur, ne pas ennuyer le public en faisant de la littérature au cinéma ? Le film Watchmen continue de faire crier au scandale les fans du comics original tout en séduisant les non initiés, l’adaptation en anime du visual-novel Umineko No Naku Koro Ni ne finira jamais de faire gueuler les gros fanboys jusqu’a la fin des temps, et certains adaptations de visual-novel n’existent elles carrément pas. Globalement, dans le monde de l’animation japonaise, l’adaptation d’un manga ou d’un VN en anime est souvent casse-gueule, quand elle ne conduit pas à une nécessitée de devoir créer du support original parce que le manga en question est trop court mais qu’il faut capitaliser sur son succès dès maintenant…

Adapter un VN est même encore plus dangereux: il ne faut pas oublier qu’un VN joue surtout sur le principe d’ending et qu’il est difficile dans un anime de demander au téléspectacteur de choisir quelle fille il veut absolument se faire ou si sauter sur Berseker pour protéger Saber est une bonne idée ou pas. Du coup c’est à l’équipe qui adapte de choisir la route qu’ils veulent adapter (faisant se suicider tous les fans des autres routes, rappellez vous de Clannad, pourquoi Nagisa ! POURQUOI ?), ou même si ils sont complétement chtarbé de tenter un mélange de toutes les routes du mieux qu’ils peuvent (salut Fate/Stay Night !)

Enfin quitte à reparler de Umineko No Naku Koro Ni, dont je suis un très grand fan à la fois du VN mais aussi de l’adaptation animée (les doubleurs sont géniaux, l’ambiance est géniale, l’ost est géniale, le scénario est génial -omg c’est le même c’est pour ça- et à part quand elle se met pendant une minute à foirer, la réalisation est franchement cool, en plus d’adapter parfaitement au média « anime » certains éléments qu’on pensait impossible de sortir du média « VN »), il est difficile de retranscrire dans cinq ou six épisodes de 20mn tout ce qu’Umineko te mettait dans la gueule en un seul chapitre. Il faut sacrifier des scènes « mineures » (ah, la torture de Battler par les Seven Stakes, quel dommage de l’avoir vu disparaître, mais je m’en remettrai) tout en essayant un maximum de ne rien oublier d’essentiel (la seule erreur, en 14 épisodes, aura été d’avoir oublié de mentionner Ange dans l’épisode 1) et sur ce point là c’est fortement réussi. Après, l’erreur c’est d’attendre à y retrouver une tension et une ambiance particulière qu’on ne peut retrouver dans un VN. Quand le VN te filait dix minutes de lecture pour un événement assez dramatique mais qui ne dure qu’une poignée de secondes afin de bien te faire stresser (je pense à une scène de la fin de l’épisode 1 par exemple), difficile de faire ça en anime sans paraître longuet et pompeux. De même là ou dans le VN tout le scénario se lie plutôt bien parce qu’on a pas mal de moments de respirations entre chaque « choc » scénaristique, l’anime ne peut pas faire traîner les choses pour de nombreuses raisons et il faut évidemment supporter le fait de se prendre une révélation « choc » toutes les cinq minutes, au point d’en être blasé. Après, je trouve stupide de justement reprocher à un anime de ne pas être un VN, mais ceci est un autre débat et je vous conseillerais toujours de vous faire Umineko en VN plutôt qu’en anime, mais que si vous ne vous sentez pas prêt mentalement à affronter un épisode 1 plutôt barbant dans sa loooongue introduction et lire un VN qui requiert pas mal de temps de lectures, l’anime ne vous privera pas de choses essentielles et se révèle en soi de très bonne facture…

Je pense aussi à des adaptations du genre 20th Century Boys le film qui était un c/c case par case du manga, ce qui était parfois franchement relou d’après le peu que j’ai vu, ou même à des adaptations d’adaptations (Utena le film qui « adapte » Utena la série qui « adapte » Utena le manga, chaque palier rajoutant du WTF supplémentaire), bref la liste peut être très longue, surtout que les animes « originaux » (ni adaptés d’un bouquin, ni adaptés d’un manga, ni adaptés d’un VN…) ne sont finalement plus très légions et qu’au final on bouffe beaucoup plus d’adaptations que de trucs originaux, les 3/4 du temps sans même se poser la question. Ce qui est toujours fun.

Certains animes se démarquent ainsi en adaptant non pas un manga mais en créeant une préquelle ou une suite à celui-ci, là me vient immédiatement en tête le très bon Ga-rei Zero qui néanmoins a du poser pas mal de problèmes aux lecteurs du mangas (surtout quand je lis le tome 2 et que tout ce qui est dit à propos de Yomi & Kagura m’apparaît violemment dissonant sans que je chope exactement ou ça m’apparaît incohérent), mais ça peut être une solution tout aussi efficace, voire même plus souhaitable que de l’adaptation a tout va.

Voilà, c’est vite fait ce que j’avais dire sur la question des adaptations, exposer mon point de vue tout ça. Même si il n’est pas très intéressant.

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Trucs bidules divers & variés:
Je me demande pourquoi je met ça à la fin d’un billet, personne doit le lire…

  • Comme déjà dit plus tôt ici, si vous êtes caennais et que ça vous intéresse fortement de vous lancer dans la radio pour animer en ma compagnie une émission radio dédiée aux jv, animes, mangas, trucs de geeks divers et variés, n’hésitez pas à me contacter ou à vous rendre mardi prochain vers 18h à l’amphi De Louars, dans le sous-sol du bâtiments Lettres (ce truc avec les murs ou, selon la rumeur, y’avait de la peinture sous les inscriptions anarchistes) pour une réunion d’information. :<
  • Bioshock ça tue sévère.
  • Le billet de dimanche prochain pour le Grand Tournoi des Seifuku sera écrit par votre serviteur et… haha. Je vais faire un peu mon fanboy. Juste un peu.
  • Et le premier épisode de To Aru Kagaku no Railgun est bien… mais pas exceptionnel. J’imagine que je vais mater les prochains épisodes pour me faire une idée un peu plus concrète mais bon, j’avoue que c’était surtout pour pouvoir mater l’opening en boucle sans passer par youtube que j’ai fait ça.
  • Le JLNV aura un peu de retard. Quelques petits problèmes d’ordre familiaux, gérer son rythme de sommeil et passer pas mal de temps à l’université et jouer à Bioshock; tout ça m’empêche de pouvoir faire tout ce que je voudrais faire (entre autres une des raisons pour laquelle je droppe JLNV après la fin du jeu) et le montage de celui-ci me demande un ou deux efforts (ouais j’ai des idées à la con et j’y tiens) – surtout qu’en plus va falloir que je finisse vraiment la lamasserie dans mon coin. Chaud.
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