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Dark Souls, mourir pour survivre

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Je suis à une douzaine d’heures de Dark Souls, et je crois que je viens de terminer ce qui peut être considéré comme le premier « niveau » du jeu. Je n’ai jamais été féru de jeux qui vendaient leurs arguments sur leur imposante difficulté (je n’aime pas des masses Super Meat Boy, que je trouve à la limite de l’abrutissant, vraisemblablement dans un grand élan de jalousie envers ceux qui y arrivent) mais Dark Souls ? Oh que j’aime ça.

N’ayant pas de PS3, je n’ai forcément jamais mis la main sur Demon’s Souls, l’épisode précédent, et j’étais dans un sens assez excité en apprenant que sa suite, Dark Souls donc, allait sortir sur la console de Microsoft. Il semblait y avoir autour de ce jeu une aura attractive, celle qui me donnait l’assurance que j’allais aimer l’expérience. Une fois la manette en main, la première chose qui m’a touché, c’est justement la relative simplicité des commandes – deux boutons pour frapper (un fort et un rapide), un bouton pour se protéger derrière son bouclier, un pour parer, un pour utiliser des objets, le dernier pour faire des roulades et hop, c’était réglé, on savait comment gérer le jeu. Le personnage se gère au doigt et à l’oeil, et on reste dans une relative simplicité qui n’empêche pas les combats d’être passionnants, grâce entre autres à des ennemis retors, nécessitant tous une certaine méfiance et une grosse concentration: Dark Souls est un jeu qui à tendance à punir ceux qui oublient à quoi ils ont affaire.

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Les décors sont franchement impressionnats, aussi.

C’est en ça que Dark Souls se révèle être un jeu étonnamment plaisant: il est difficile, mais c’est cette bonne difficulté, celle qui ne fait de mal qu’a ceux qui paniquent, qui perdent leur calme, leur sang-froid. Le jeu impose littéralement au joueur de garder sa concentration pour survivre. Les boss sont extraordinairement difficiles mais des stratégies bien pensées et une connaissance de leurs attaques peut suffire à l’emporter sans problème et ça, on peut le deviner souvent dès le premier essai.

Plus généralement, j’aime bien comme ce jeu est très subtil dans la manière de poser son histoire, son univers. L’histoire est incroyablement simple – on est mort-vivant et on doit sonner des cloches, youpi -, mais ça n’empêche pas cet univers d’être passionnant alors que, soyons francs, on ne sait rien sur lui. Le village des morts-vivants est une bonne preuve: c’est un village… avec des morts-vivants… et c’est tout. Pourtant on se met à ressentir quelque chose pour ce village, on se met à le connaître par coeur, on en connaît chaque recoin, chaque assiette sur une table, chaque porte fermée, chaque secret. Est-ce la conséquence du fait qu’on y meurt beaucoup et que le jeu nous a tatoué dans le cerveau le plan de l’endroit ? Où bien est-ce là la preuve du talent des mecs de From Software, qui nous fournissent un extraordinaire level-design, riche en raccourcis, en passages secrets et où le moindre couloir, le moindre escalier est pensé, réfléchi ? Où les embuscades nous font encore trembler ? Je n’ai au final exploré qu’un seul endroit de ce jeu, mais celui-ci réussissait cet étrange miracle de donner envie d’être exploré, d’être découvert. Où chaque boss vaincu est une victoire personnelle, et non quelque chose de naturel, d’habituel. Chaque victoire contre un boss est revenu au rang d’exploit, de récompense méritée et n’est plus quelque chose de contractuel, d’attendu.

Bref, je suis sous le charme. Dark Souls est un jeu qui repose sur des choses extraordinairement simples et si j’avais peur d’être frustré et dégouté, je suis rassuré car ça ne sont pas des sentiments que j’ai pu éprouver pendant le jeu. Chaque mort apparaît juste, et dieu sait qu’il y’en a beaucoup des décès, et si les développeurs se révèlent parfois d’extraordinaires sadiques, ils savent faire la différence entre un sadisme où ils seraient les seuls à en tirer du plaisir et ce sadisme, bien meilleur, qui fonctionne en complément de notre masochisme. Vu sous cet angle, on pourrait dire que Dark Souls est un véritable jeu SM, dans le sens le plus pur du terme, où tout le monde part gagnant. C’est un peu ça. Après, ce n’est pas un jeu pour tout le monde mais vous le savez déjà, tout ça. Bon, allez, faut que j’y retourne, j’ai un démon avec deux épées et deux chiens à défoncer, même si ça va faire la quinzième fois que j’y meurs… mais j’y suis presque, la dernière fois je lui ai presque détruit la moitié de sa barre de vie !

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