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Comprendre la vente de jeu vidéo en France (et pourquoi ça va un peu changer)

Attention je suis pas un professionnel, il me manque sans doute des clés et ce que je vais dire ça sort de deux où trois ans de curiosité sur le domaine et de quelques recherches. Ca reste un article de blog donc donnez lui la crédibilité que vous voulez ;).

Très vite partons de deux constatations récentes: la chaîne de magasin Game se casse la gueule et ferme de plus en plus de boutiques en France tandis que désormais amazon se lance dans le rachat de jeux vidéo récents à des prix très attractifs. Donc très vite, votre avenir si vous voulez acheter des jeux vidéo en « vrai », il paraît clair: Micromania, Fnac et si vous avez du bol un où deux indépendants avec des couilles en fer. Pourquoi un tel pessimisme ? Voilà hop, je développe.

Rappelons très vite les bases du marché: en 2010, 62% des achats francophones se sont faits en boutique spécialisée (Micromania, Fnac, Game…), , 33% se sont faits en hypermarché et 5% via l’internet. L’autre base c’est qu’un distributeur ne touche pas une somme faramineuse sur un jeu neuf: comptez entre 2 et 5€ par jeu vendu, ce que parfois ils réduisent pour pouvoir vendre le jeu « moins cher » – question d’image bien souvent, et parce que ça permet un peu d’en vendre plus. Sur les 170€ d’une Nintendo DS fraîchement vendue, la boutique ne touche qu’entre 1,5 et 4€.

Par contre sur un jeu d’occasion c’est jackpot: la boutique empoche la quasi-totalité de la somme, le reste allant à l’état français via TVA. L’éditeur ne touche RIEN. C’est pas très légal, mais eh, ça fait vivre les boutiques qui sinon ne reposeraient sur rien, et l’enthousiasme que parfois ceux-ci ont à racheter un jeu 20€ pour le vendre 55€ devient presque compréhensible. Pas forcément très appréciable, mais compréhensible. C’est pareil avec les libraires et nombre d’autres vendeurs de produits culturels: votre vendeur de manga préféré doit avoir lui aussi un rayon occasion pour exactement la même raison. Quant aux libraires, ça existe depuis la nuit des temps comme système.

(Edition: Galoo dans les commentaires m’a signalé que la vente d’occasion est belle et bien légale et que je me suis un peu emballé en disant « pas très légal », merci à lui ! )

Donc voilà, si les Micromania et Game et autres indépendants (parfois franchisés – je pense ici au réseau « Jeux Video and Co » qui regroupe tous les Ultima, Je Console, Virtua et Difintel) veulent vivre ils n’ont clairement pas le choix: ils doivent vendre de l’occasion. L’occasion, c’est le nerf de la guerre. Pas pour rien que dans un Game où un Micromania il est de coutume, quand vous achetez un jeu neuf, de vous signaler parfois à la caisse que le jeu existe aussi en occasion avec X€ de réduction. Parce que ces boutiques veulent que vous preniez de l’occasion et si ils vendent encore du neuf c’est parce qu’évidemment ils espèrent que comme ça vous allez le revendre le plus vite possible juste derrière. Bon et aussi parce qu’ils vont pas cracher sur les deux/trois euros qu’ils vont y gagner, évidemment.

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