Archives mensuelles : septembre 2012

Mange ma justice

Déjà la fin du mois de septembre ! Dans un mois, on est presque en novembre, le mois le plus déprimant de tous les temps ! Il commence à faire frais ! Là, au moment ou j’écris cette phrase, j’ai les doigts super gelés ! Ca doit venir aussi un peu du fait que je sors d’une demi-heure de nettoyage ou j’ai tripoté de l’eau froide un peu en boucle ! A moi la gastro ! Pas glop !

Bref, voici un court billet ou je vais vous parler de deux films que j’ai vu récemment: l’un est français et tout à fait sérieux, l’autre japonais et… je sais pas trop.

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Commençons par le français, avec Polisse. J’avoue avoir découvert ce film au moment de la cérémonie des Césars 2012 et à me dire tout de suite que j’allais pas l’aimer parce qu’il n’était pas The Artist et moi je me disais que The Artist devait choper TOUS les trophées. Bref, comportement de petit fanboy un peu crétin, pour changer. Mais un peu par hasard, je l’ai vu hier sur Canal+, en entier, en VF, et tout. Enfin en VO du coup. En VF qui est la VO. Oh shit je suis pas habitué à ce cas de figure je me rend compte. Pas que je déteste le cinéma français, hein, oh, dites, quoi, hein. Mais c’est vrai que je n’en regarde au final pas si souvent que ça.

Mais qu’importe, Polisse raconte l’histoire d’une équipe de la Brigade de la Protection des Mineurs, organisme de la police national chargé… bah… de s’occuper des mineurs. Principalement les affaires de moeurs et tout ce qui implique un mineur comme victime. Le film suit donc un peu le quotidien de cette équipe, les petits cas, les pétages de plombs, les relations entre collègues, la lutte contre les méchants criminels, bref un peu comme K-On, avec de la pédophilie, de la violence et des gens qui passent leurs journées à s’engueuler comme du poisson pourri.

Le film est très très loin d’être mauvais. Il a un excellent rythme, il est pas trop mal filmé, les interprètes sont franchement bons (Joey Starr ‘’est bon’’ dans ce film, voilà, quoi) et il arrive à nous offrir une sorte de montagne russe émotionnelle, ou on passe notre temps à alterner entre une certaine forme de malaise et des rires francs. Là dessus y’a rien à dire, le film est en plus pas trop mal écrit MÊME SI le personnage joué par Maiwenn ne sert au final pas forcément à grand chose et possède une sous-intrigue assez dispensable.

On reprochera par contre au film peut-être un certain manichéisme, qui fait que la BPM se pose toujours et est toujours présenté comme des “chevaliers blancs”, des personnes qui se sacrifient la santé, le mental voire la sanité pour se mettre au service des enfants contre les vilains adultes qui ne leur veulent que du mal. C’est par exemple super étrange que mis à part les policiers de la BPM, on n’a pas vraiment de “bons parents” qui sont montrés. Et parfois les méchants adultes pédophiles sont des saloperies un peu trop clichées pour être crédibles, dans un cadre qui se veut pourtant crédible et inspiré de “faits réels.” Le coup du bon petit bourgeois qui viole sa fille et s’en fout parce qu’il a des relations, c’est un peu trop.

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Cette phrase montre que ce blogueur n’est pas en pleine possession de ses moyens.

La scène la plus étrange reste néanmoins celle ou la BPM vient retirer des gosses d’un camp de gens du voyage. Et particulièrement la scène qui vient après, ou on voit les enfants être tout heureux et joyeux dans le bus qui les emmène loin de ce camp. Ils sont tous en train de danser, chanter, convaincant les policières de la BPM et nous convaincant que tout ça est une bien belle chose que d’aller à moitié kidnapper des enfants à leurs parents et qu’évidemment tous les enfants voient ça comme une vraie libération. C’est un peu dérangeant.

La fin aussi est trèèès dérangeante. Parce qu’elle sort presque de nulle part ! Mais ça, bon, je vais m’étaler dessus parce que je vais vous gâcher un truc si j’en parle plus mais ouais, ouch, gros malaise quand le générique se lance. Dans tous les cas, Polisse reste un film très intéressant et, effectivement, une excellente production française. Je conseille.

Par contre, vous savez ce que je ne vous conseille vraiment pas ? Phoenix Wright Ace Attorney le film. Pourtant réalisé par Takashi Miike, c’est vraiment pas un bon film du tout. Une des raisons vient du fait qu’il fait deux heures et quart et putain, pour un scénario qui aurait pu tenir avec la moitié, c’est juste long. Trop long.

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Alors d’accord, le fan de PW peut être content de voir l’univers de la série vraiment très bien retranscrit, avec un souci des détails plutôt cool et quelques excellentes idées, comme les preuves qu’ils s’envoient littérallement à la face grâce à un ordinateur giga high-tech, ce qui à de la gueule. Et, globalement, si le film se permet quelques menues différences par rapport au premier jeu, rien de bien grave, tout y est parfois respecté, et l’essentiel est là.

Mais tin, voilà. Le film dure beaucoup trop longtemps. Certaines scènes prennent des heures là ou il n’y a pas vraiment de besoin à cela. L’interrogatoire du perroquet est l’une des scènes les plus marquantes du jeu, là c’est juste cinq à dix minutes de souffrance. Et putain, mais ce surjeu à la japonaise n’aide vraiment pas. Je sais que c’est comme ça qu’ils font de l’actorat dans cet archipel, que tout y est toujours plus dingue mais sérieusement, y’a des fois ou c’est juste ridicule. Et c’est particulièrement étrange parce que le film ne sait JAMAIS si il se prend au sérieux ou pas.

Y’a cette scène, par exemple, super dérangeante ou Yani Yogi rentre chez lui après avoir été innocenté du meurtre du père de Benjamin Hunter. La scène est super lourde, il découvre le cadavre de sa femme qui s’est pendu, on est SUPER PAS A L’AISE et cinq secondes plus tard, retour au procès et un perroquet chie sur le parquet. Sérieusement quoi.

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Je suis convaincu qu’en supprimant tout le trop, on aurait pu avoir un bon film. Joué n’importe comment parce que ce sont des japonais et que j’ai vu suffisamment de dramas pour voir jusqu’ou ça emmène, mais un film cohérent, à la progression naturelle et qui aurait offert un peu de mystère situé dans un univers un peu délirant. Mais à la place, on a des scènes de cinq secondes qui prennent deux minutes, on est incapable de voir ou le film veut aller et il est parfois juste agaçant. C’est clairement pas un nanar, juste un navet. Enfin, à vous de voir, quoi.

Pour finir, j’ai fait ce week end trois des quatre DLC de LA Noire et c’était sympathique de se replonger dans l’univers de ce jeu même si les défauts subsistent (interrogations pas toujours très claires, gameplay de 2005, pas toujours très cohérent) et que ces affaires se révèlent tout de même méchamment courtes. Enfin, ça permet de revoir le visage toujours triste de Cole Phelps, et c’est pas forcément mal.

Maintenant je pars me coucher, je me suis levé tot ce matin. SALUT.

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Nozokiana – Glory Hole

Eh ça fait longtemps que ça a pas parlé de cul sur Néant Vert.

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Tiens ouais c’est assez inhabituel: Kurokawa qui sort un manga érotique. On pensait l’exercice désormais réservé à Soleil ou Taifu mais assez étonnant de voir un éditeur « sérieux » se lancer là dedans. Faut dire que le genre du manga érotique reste toujours très ghettoisé dans son coin, un peu mal aimé et sous estimé. Plus généralement, dépeindre le sexe dans un ouvrage reste toujours aujourd’hui un exercice délicat tant l’idée la plus en vogue semble être de se convaincre que l’érotisme tire toujours quelque chose vers le bas. Ca a toujours été un sujet délicat, de toute manière, et nous avons beau, nous peuple de la démocratie français, nous convaincre que nous sommes un peuple tellement libéral sur le plan sexuel, nous sommes toujours incapable de nous rendre compte qu’entre la pornographie et une épaule dénudée, il y’a souvent un escalier de nuances suffisant pour grimper la Tour Eiffel. Et nous nous surprenons encore trop souvent à avoir un comportement pas aussi libre de jugements qu’on le voudrait et qu’il le faudrait sur la question de la manière dont les gens s’occupent de leur corps.

Le manga érotique est donc devenu un genre à part, un peu honteux, à qui on ne laisse souvent aucune chance de base. Oh, je ne veux pas paraître naïf: 95% de ce qui sort en France en la matière est exactement ce qu’on imagine du genre: un outil masturbatoire primaire et souvent crétin. Il y’a autant de philosophie dans un Saigado que dans un album de K’Maro et, si vous ne comprenez pas ma référence parce que vous êtes trop jeunes pour avoir écouté Femme Like U alors disons qu’un discours de Jean-François Copé peut faire un équivalent idéologique similaire. Mais malgré tout il faut se rendre que dans le h-manga il y’a de tout. Pour un h-manga de lolifutasodomie complétement whathefuck sans sens ni interêt pour les gens amateurs de trucs baisables on trouve parfois des pépites, des h-mangas qui essaient de raconter quelque chose. Dream Maker de Cuvie, Take On Me de Takemura Sessyu, n’importe quelle histoire de Hanaharu Naruko… un vrai scénario, des vrais enjeux, des tentatives de faire passer des émotions, de ne pas se servir du scénario pour faire du sexe, mais de faire du sexe qui serve le scénario. Ce genre de truc.

Mais donc voilà, Kurokawa sort un manga érotique. Et du coup j’y ai jeté un oeil. Et du coup j’ai lu tout le manga en trois petites heures juste derrière. Nozokiana est exactement ce que j’attendais: un h-manga avec du scénario et… du pas spécialement mauvais.

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A gauche la couverture japonaise, à droite la couverture française. La France, le pays de la classe <3.

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Joue là Comme Néant Vert – Crash Bandicoot 3 – Episode #3 – Jetskinfernal

Ah bah oui il a mis du temps celui-là. Enregistré fin août, deux jours avant la sortie de Rock Band Blitz. Et évidemment j’avais pas fini le montage avant de choper le jeu. Et du coooooooup… forcééééément…. ouiiii…. Mais eh, le voilà !


JLNV Crash Bandicoot 3 105% EP3 – Jetskinfernal par Amonita

50mn du coup, dont 20 dans le même niveau. Pas mal de petits fails dans cet épisode, assez idiots pour la plupart… mais ça fait un peu le charme du truc, j’imagine que ça devait blaser de tout réussir du premier coup jusqu’a présent ! J’ai un peu trop le jeu en tête pour être franc et ouais du coup ça fait très mécanique jusqu’a présent… enfin pas grave !

Du coup voilà, 3 semaines pour finir le montage (le générique et tout l’enregistrement était déjà prêt y’a trois semaines), deux jours pour réussir à l’uploader (le nombre de putains d’erreurs que je me suis tapés avec l’uploader dailymotion, c’est à en rager sa chambre) mais le voilà… et je viens de remarquer que le son du jeu est peut-être un poil trop fort. Fuuuuccckkk thaaaat.

Post-scriptum: la moitié des DLC Rock Band (pack & albums inclus) à -50% pendant une semaine. Ca fait environ 1200 titres. OUAIS D’ACCORD SYMPA.

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K-On! le film – Bloody Moe in my bloody London

Ah, K-On le film.

Aaaah, K-On.

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Difficile à croire mais ça va faire seulement trois ans et demi que les cinq membres du groupe de musique After School Tea Time ont définitivement pourri à leur insu les communautés de passionnés d’animation japonaise en les divisant à jamais dans une guerre civile destructrice et épuisante. Un peu comme la guerre d’un an de Gundam sauf qu’elle dure depuis trois ans et demi. Donc ça serait la guerre de trois ans et demi de Gundam si y’avait pas eu des combats à l’épée dans l’espace entre temps. Un truc comme ça. Et donc le premier épisode de K-On c’était comme la fois ou une colonie est tombée en Australie. Quoique non techniquement, ça serait la seconde partie de l’épisode 1 qui serait similaire à une chute de colonie vu que c’est arrivé le second jour du conflit. Enfin je commence à me perdre dans ma métaphore, j’appuie sur le bouton d’abandon métaphorique dès maintenant.

La première saison avait d’évidentes faiblesses: tout y allait trop vite, paradoxalement il ne s’y passait fondamentalement pas grand chose, les personnages n’était pas développés et ça devenait sacrément répétitif au bout de huit ou neuf épisodes. La faute à une adaptation parfois trop terre à terre du manga original… qui n’est pas très bon. Ce qui aboutit à la constation que tout ce qui était bien dans cette première saison c’était tout ce qui ne venait pas du yonkoma: les deux génériques, dont l’ending qui a marqué un peu tout le monde, en sont l’exemple le plus probant mais c’est sans oublier les scènes inédites à l’animé voire les épisodes entiers qui servent de filler… et qui sont considérablement mieux écrits que le reste ! C’est un peu le Asgard des adaptations de yonkoma moechiants…

La seconde saison débarque l’année d’après pour deux fois plus d’épisodes et malgré quelques appréhensions, force fut de constater que cette saison avait mis la barre beaucoup, beaucoup, BEAUCOUP plus haut. Déjà on ne peut que constater le choix de mettre le yonkoma original en arrière-plan, la majorité des scènes de cette saison étant créée pour l’occasion, et ça change tout ! Le rythme est meilleur, les personnages connaissent enfin du développement, la musique prend une place plus importante – tout en restant, soyons honnêtes, assez minoritaire -, tout y est beaucoup plus beau, mieux animé, plus cinglé. On a enfin une raison d’en avoir quelque chose à foutre de ce qui s’y passe, les derniers épisodes jouent un peu avec nos émotions et ça se fini bien et chaleureusement. J’avais carrément dit à l’époque qu’on avait affaire à un putain de chef d’oeuvre immémoriel. Le bon vieux temps quoi, cela ou je cherchais encore à titiller un peu les esprits chagrins. Bon, ça n’empêche pas que je continue à penser que c’est toujours un putain de chef d’oeuvre immémoriel mais maintenant je me fous un peu des esprits chagrins et je fais juste ça pour l’esprit de la formule. Parce que c’est toujours une bonne idée.

Et donc un an et demi plus tard, nous y voilà. K-On le film. Depuis la série est sortie en France avec une VF qui, sans être à jeter, donne l’impression que tous les personnages ont la même voix. Le manga est sorti en France. Au Japon le manga a REPRIS et offre une suite potentielle à la série qui est hélàs en manga relativement chiante et pénible à lire (perso j’ai même lâché au bout de vingt/trente chapitres tellement c’était lourd) et, oh, oui, la série a fini de s’affirmer comme une putain de mine d’or en battant je ne sais combien de records de vente ou de fréquentation. Tin, y’a même eu des trains K-On. DES TRAINS K-ON QUOI PUTAIN JE SAIS PAS TROP SI VOUS VOUS RENDEZ COMPTE §§!!§§§

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2012, année générique (Août)

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Parce que Watashi de Jinrui wa Suitai Shimashita en cowboy, c’était pas pas mentionnable.

Toujours là. Toujours le même concept: chaque jour sur Twitter entre 19 et 20h, je poste un générique. Majoritairement animé/manga, parfois jeu vidéo, parfois série télé. Donc voilà, août est passé, donc le bilan mensuel. Même si on est déjà le 7 Septembre, mazette.

Le mois dernier, j’avais découvert que les playlists pouvaient pas dépasser les 200 vidéos. Du coup la première playlist, qui englobe de janvier à juin peut être considérée comme complète. Désormais, celle qui sera quotidiennement mise à jour sera la playlist qui englobera de juillet à décembre.

Voilà voilà. Quelques dates pas choisies au hasard pour certains openings (commémoration de la mort de Satoshi Kon par exemple) et globalement encore une fois une relative diversité que, j’espère, vous appréciez.

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Des enfants loups et une claque dans la trogne

Eh, je reviens de la séance des Enfants Loups: Ame & Yuki qui passait au cinéma Concorde à Nantes. Un chouette cinéma que je viens de découvrir ou y’a des fauteuils en cuir profonds et moelleux en guise de siège. Ces sièges ne sont pas le sujet de ce billet mais ciel qu’ils sont cools. Même si ils font plein de boucan quand tu essaies de changer de position. Enfin bref.

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De Momoru Hosoda je n’ai vu que le duo La Traversée du Temps / Summer Wars. J’avais eu la chance de voir le second au cinéma et si je l’avais bien apprécié, force est de constater qu’il ne m’a laissé un souvenir guère impérissable. Un bon divertissement mais pas un ouvrage extrêmement intéressant en sorte. Quant à la Traversée du Temps, je l’ai maté quelques mois après Summer Wars en DVD et j’en garde déjà plus de bons souvenirs. C’était un très beau film, là aussi assez passionnant et bien bossé. Malgré tout, je n’ai pas encore acquis en Hosoda une foi aveugle et une admiration sans borne, du coup ces Enfants Loups je ne les ai pas vu venir, ils ne m’intéressaient à priori pas et j’avoue que j’aurais pu passer totalement à coté de la sortie en salles si je n’avais pas eu plein d’échos positifs. Et je l’aurais profondément regretté. Pourquoi ? Parce que c’est un film vraiment merveilleux.

Pour ceux qui ignorent de quoi le film parle, disons que c’est l’histoire d’Hana, une jeune fille qui tombe amoureux d’un joyeux garçon sans nom qui a aussi la particularité trèèèès intéressante de pouvoir se transformer en loup. Ils vivent une histoire d’amour parfaite, font deux enfants et, oh, le père disparaît du film pour une raison relativement triste et la pauvre Hana se retrouve à devoir élever deux enfants qui ont hérités de la particularité de leur père et qui doivent donc vivre en marge de la société. Elle part alors s’installer en campagne et la vie continue. Les enfants grandissent et se retrouvent à être confrontés à leur « différence » et à devoir se décider comment ils doivent vivre leur vie.

Je ne rends pas justice aux vingt premières minutes du film qui arrivent à poser et raconter une romance comme l’a été relativement incapable cinq à dix ans de séries télévisées animées japonaises. J’extrapole un peu parce que y’a eu une poignée d’animes qui arrivaient à être excellents sur ce point là (je pense à Welcome to the NHK et à Honey & Clover, peut-être Tatami Galaxy) mais on va dire que la romance n’a JAMAIS été le point fort de la japanimation. Ciel, quand Ghibli a tenté le coup en début d’année avec la Colline aux Coquelicots, c’était joli tout plein mais pas spécialement très inspiré ou très bien écrit. Ici j’ai juste trouvé ça impeccablement bien traité et j’avais déjà, dès le début, les yeux qui frétillaient de bonheur. Tout simplement.

Oh, je sais, je pleure facilement devant tout ce qui est un peu émouvant. J’en ai déjà parlé. Mais ce film m’a mis dans un état ou je me suis retrouvé à avoir les yeux mouillés à de nombreuses reprises. Je ne parle pas de vraies larmes ou de vrais pleurs – j’ai tout de même pleuré normalement à la fin du film, ne vous inquiétez pas. Oh, et vers les vingt minutes, lors du bouleversement tragique et douloureux précité. Ah et aussi à la scène de la neige. La quasi intégralité de la scène de la neige. Aussi bien les passages chaleureux que les passages plus stressants / tristes. BREF. Le reste du film je l’ai passé dans un état normal mais certaines scènes m’ont pas mal inspirées, m’ont pas mal entrainées. Ciel, même certains « paysages. » Je crois que c’est surtout grâce à la musique du film, extrêmement efficace et assurément bien foutue. Elle rajoute à pas mal de décors fixes (mais superbement dessinés) un souffle que j’ai rarement vu ailleurs.

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Plus généralement, le film d’Hosoda y gagne beaucoup grâce à un truc tout simple: ses silences. Hosoda aime prendre son temps dans ce film et, oh putain comme on l’en remercie. En privilégiant à certaines reprises le silence ou la musique au lieu d’une hystérie de blabla, il parvient à transmettre des émotions ou des idées qu’on accepte avec grand plaisir. La scène « de la neige » est, pour moi, la plus équivoque sur ce plein là: c’est une scène superbe, qui consiste juste à voir les trois personnages hurler de bonheur en découvrant qu’il a neigé des kilotonnes. La scène sert quasiment de récompense pour eux puisque toutes les scènes avant les ont vus trimer dur, passer des moments parfois compliqués. Mais tout ça souligne admirablement le fait qu’ils ont tout de même réussis à… réussir. Et c’est tellement chouette. Avec juste de la musique et des belles images, on arrive à une scène d’une minute, peut-être deux, qui m’a profondément touché, marqué et ému.

Et étrangement le passage que j’ai le moins aimé du film est celui ou, justement, ça papote le plus. Je parle peut-être des cinq/dix minutes centrés sur les premiers pas à l’école des personnages enfants. Là, tout m’a semblé moins intéressant, plus terre à terre. Oh, bien sûr, il fallait bien qu’a un moment ou à un autre on nous raconte comment ces deux enfants allaient enfin interagir avec le reste de l’humanité et, pour être franc, ce passage n’est pas mauvais du tout, il est même très bon ! C’est très subjectif de ma part mais disons que je ne m’attendais peut-être pas justement à voir le film soudainement partir, après trois quarts d’heure de vie sauvage et du bonheur de la vie simple et campagnarde, vers la direction qui consiste à voir les personnages reprendre « contact » avec le monde réel. Mais dans tous les cas, ce petit sentiment « de déception » que j’ai connu s’est dissipé très vite car le sujet est traité de manière intelligente et enthousiasmante. Plus généralement, toute l’ellipse est bien gérée.

Mais ce qui m’épate avec Hosoda c’est qu’en trois films il arrive à créer des univers à chaque fois dénué d’un certain… cynisme. Tout y est très naïf, très optimiste, philanthrope. Les gentils fermiers (dont l’habituel bourru faux salaud vrai grand coeur) sont ici l’exemple parfait. Exemple con: j’étais certain qu’a un moment ou à un autre, les fermiers allaient en avoir ras le cul des sangliers qui ravageraient leurs récoltes et allaient se lancer dans une grande chasse dans les montagnes et que les enfants loups allaient se trouver entre les deux feux, à essayer de protéger les deux. Pour moi tout semblait aller dans cette direction. J’étais CERTAIN que Hosoda allait partir dans le débat de l’homme contre la nature. Alors que putain, c’est l’inverse qu’il se passe, les sangliers sont jamais chassés et les fermiers… font juste avec. J’ai du mater trop de Disney quand j’étais môme, ou je suis encore trop marqué par Princesse Mononoke, je sais pas. Mais à la place non on a une grande ode au partage, à la confiance mutuelle, à l’entraide. Et on évite la grande morale écologiste habituelle de l’homme-destructeur pour à la place se concentrer sur une ode à la nature, à la beauté des paysages et à l’importance des relations humaines confiantes et respectables. Chez Hosoda, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil mais comme tout le monde il est bien écrit, ça passe comme une lettre à la poste. C’est rafraîchissant et enthousiasmant de voir qu’il hésite encore un tel état d’esprit aujourd’hui. Les cyniques feront la gueule mais… haha… on s’en bat.

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Qu’importe: le plus important c’est que je vous encourage vivement à voir ce film. Je l’ai vu en VF et pour être franc je n’ai pas eu le moindre souci – le fait que Wantake s’en soit occupé est vraisemblablement la raison. Mais quelques VO tournent ici ou là et j’ai la chance d’en avoir à Nantes donc j’irais peut-etre cette semaine me refaire une seconde séance en VO. Dans tous les cas: n’ayez pas peur de le voir en VF, n’ayez pas peur de le voir tout court. Je SAIS qu’il n’est pas bien distribué et c’est presque une honte parce que là je sors d’une salle pleine aux 3/4 (mais deux fois plus de salles qui le passe ne veut pas dire deux fois plus de monde qui le voit, on le sait tous) qui a applaudi à la fin mais n’hésitez pas, pourquoi pas, à faire un peu de route ou de bus ou de train pour aller le voir. Je sais que là je fais le mec à moitié en transe, qui contient plus son enthousiasme mais putain, je me suis pas pris une telle claque depuis que j’ai maté Totoro en 2010. Plus généralement, en dix ans de matage de films divers et variés, j’ai pas souvenir d’une aussi grande passion pour un film à la sortie de la salle – au pif je citerais juste The Artist et… le Voyage de Chihiro. Mon avis changera peut-être au fur et à mesure du temps qui passe, peut-être que dans un an je me dirais finalement que ce n’était pas si grandiose que ça, peut-être que la deuxième vision tuera tout. Mais franchement ? J’en doute. Peu de défauts à reprocher à ce film – tiens, le seul vrai défaut que j’ai, là, maintenant c’est une scène de dix secondes un peu wtf et un peu zoophile, ceux qui ont vus savent de quoi je parle ! Vous savez cette scène qui dans le script devait être très belle et super émouvante et qui en vrai donne envie de crier wtfjapan et qui sera vraisemblablement la seule scène dont parlera ceux qui ont pas aimés le film et qui nous casseront les couilles. Ah, et l’autre défaut c’est que Hana change de coiffure au milieu du film et que sa nouvelle coiffure est naze par rapport à la précedente. Bref, du détail.

(Quoi la 3D ? Oui bon elle est pas toujours au top mais pour être franc elle m’a fait chier que dans une seule scène et c’était quand elle était utilisée pour animer des figurants à la sortie de l’université donc voilàvoilà.)

BREF. Excellent film et sans doute mon gros gros gros gros coup de coeur anime 2012.

(Du coup là je voulais écrire un billet sur le film K-On que j’avais trouvé excellent mais ça va être chaud d’écrire un billet là-dessus maintenant.)

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