Archives mensuelles : août 2013

Far Cry 3 Blood Dragon – Sauter au dessus du requin

Nouvel article jeu vidéo plutôt court sur un jeu totalement différent de Spec Ops, chroniqué la semaine dernière. En l’occurrence un jeu XBLA sorti en mai dernier pour une quinzaine d’euros et qui se présente publiquement comme un spin-off de l’excellent Far Cry 3 – qui lui n’était pas si différent de Spec Ops The Line dans ses propos.

Spin-off qui prouve que chez Ubi Montreal ils ont pétés les plombs puisque Far Cry 3 Blood Dragon est un hommage complet et assumé aux nanars et films d’action des années 80, en plus des FPS des années 90. Vous avez aimé le scénario très méta de Far Cry 3, intelligent, remettant en cause le lien entre le joueur et la violence ? Ah bah espérez pas retrouver ça dans Blood Dragon. Mais alors pas du tout.

La couverture s'inspire des jaquettes de pas mal de jeu Megadrive des années 90. Ca se voit un peu !
La couverture s’inspire des jaquettes de pas mal de jeu Megadrive des années 90. Ca se voit un peu !

Vous êtes donc « dans le futur » (en l’occurrence 2007, ce qui est le futur pour le jeu, enfin bref on y reviendra) et vous incarnez Rex Coulton, un soldat de l’armée américaine dans un monde détruit par la guerre nucléaire entre les Etats-Unis et la vermine communiste soviétique. Un monde pas terrible, d’autant que sur une île au large des côtes américaines, une mystérieuse arme biologique est mise au point par un ex-soldat américain aux intentions douteuses, le vil Sloan, ancien camarade d’armes de Rex ! Votre objectif ? Vous rendre sur cette île et découvrir ce qu’il s’y passe !

C’est alors qu’entre en scène des scientifiques fous, des dragons qui tirent des lasers, votre sidekick black qui se fait buter en cinq minutes de jeu et des armes qui tirent, elles aussi, des LASERS.

L’AMERIQUE !

 

Ne vous attendez pas à une grosse surprise : le jeu reprend la majorité des éléments de Far Cry 3, se contentant de donner aux éléments du jeu un nouveau design et de nouvelles textures. Les panthères deviennent des « cyber panthères fluorescentes », les soldats d’Omega Force ont exactement le même comportement que les pirates ou les soldats d’élite rencontrés sur Rooke Island, même la végétation et le design général de la carte a un profond air de déjà vu, simplement fixé dans un univers moins… coloré.  Ce re-design général n’est pas toujours très réussi, hélas – l’open world du jeu n’est pas plaisant à parcourir à cause de son aspect sombre qui fait qu’on sait jamais vraiment trop où on va et qu’on ne reconnaît que très mal les différents éléments de la carte. On peut reconnaître la volonté d’hommage mais c’est dommage que celle-ci débouche sur un univers visuel finalement assez pauvre.

Ouais, c'est visuellement... voilà.
Ouais, c’est visuellement… voilà.

D’autant plus dommage que tout le reste fonctionne impeccablement : le scénario est nanardesque au possible, mais l’assume jusqu’au bout. Non seulement le jeu parvient impeccablement à retranscrire cette ambiance de film post apo pérave des années 80 sorti directement en vidéo, mais en plus il y ajoute, comme dit plus haut, un hommage aux jeux de shoot science-fiction fantastique des années 90. Un passage à la fin du jeu, par exemple, m’a donné l’impression de rejouer à Turok 2 quinze ans après, ce qui n’est pas spécialement pour me déplaire. Enfin, les références à des classiques des années 80 comme Robocop, Predator, Terminator, Rocky ou bien Commando sont présentes, de manière plus ou moins subtiles ou explicites. Mais quelqu’un avec une culture ciné très spécialisée sur cette époque s’amusera à essayer de rechercher toutes les références du jeu, et elles sont nombreuses.

Mais c’est surtout l’humour du jeu qu’on retiendra. Alors oui je reprocherais un peu de répétition dans les blagues et une subtilité pas toujours criante. Faites la quête des télévisions, bouffez vous quinze ou seize fois le héros qui fait remarquer « j’espère qu’on va pas me faire chercher des plumes » et appréciez la capacité à Ubi Soft de vanner son propre produit (ici Assassin’s Creed II et ses plumes de merde, si vous n’aviez pas compris), tout en cédant un poil à la tentation de la masturbation. Mais mis à part ces quelques blagues auto référentielles à l’univers Ubi Soft, le reste du jeu envoie du paté niveau répliques intentionnellement merdiques et over the top. Le héros refuse de se doper parce qu’il l’a promis à une femme, en l’occurrence la STATUE DE LA LIBERTÉ et les VAINQUEURS NE SE DROGUENT PAS ! Ha, prends ça héros de Far Cry 3 ! Le héros s’amuse même à balancer une quantité ahurissante de one liners à chaque fois qu’il tue un ennemi, en fonction évidemment de la façon dont l’ennemi a été tué (« Ah il a perdu la tête », « Il est parti en claquant » etc etc), dans une exagération qui prouve que le jeu ne se prend jamais au sérieux.  Et je ne vous parle pas des écrans de chargement ou bien du didacticiel prévu au début. Le mieux est de laisser… la surprise. Même si le jeu qui te rappelle que « les grenades explosent », c’est drôle.

Habituellement j’avoue que voir un jeu vidéo se foutre de la tronche du jeu vidéo est quelque chose qui m’énerve assez vite. Je considère souvent ça comme un clin d’œil carrément pas subtil au joueur qui est censé rigoler mais, souvent, se taper quand même ce qui est moqué ou critiqué. Quand ça ne te sort pas du trip – j’aime pas, en tant que joueur, être rappellé que je joue à un jeu. Bref ça te tape l’épaule, ça te sort du trip et ça espère profiter de ton sourire pour être apprécié, c’est un peu démagogique quoi. Mais là vu que tout le jeu est là pour se foutre de la tronche de tout, ça passe beaucoup mieux. Zéro subtilité, mais eh, recevoir une quête annexe vous demandant de tuer des tortues mutants parce qu’elles  « projettent une révolte avec des rats »  et voir le héros balancer un « hein quoi ? » en réponse c’est séduisant.

DRAGONS ! CYBER KRAKENS !
DRAGONS ! HOMME KRAKENS !

Si je fais vraiment l’emphase sur l’humour et l’écriture du jeu, c’est parce qu’il faut pas le nier : le gameplay du jeu est médiocre. Ce n’était pas la qualité principale de Far Cry 3 mais au moins dans ce jeu là nous avions la possibilité de faire du craft, de pouvoir se diriger dans une table des compétences ou bien de pouvoir disposer d’une grande quantité d’armes.

Ici le nombre d’armes est limité à sept, vous gagnez automatiquement des compétences en grimpant de niveaux, il n’y a plus de craft, la quête principale se termine en trois heures, il faut trois heures de plus pour faire les quêtes annexes et les succès si vous en avez quelque chose à faire et, surtout, bah y’a que ça à faire de tout le jeu. Tirer sur des ennemis qui se ressemblent tous, avancer dans des couloirs, parfois affronter des dragons qui font office de mini boss, capturer des garnisons qui se capturent toujours de la même façon et rarement très inspirées d’un point de vue level-design, chercher des télés et des VHS pour débloquer des améliorations d’armes et, euh, voilà. C’est dans son déroulement un FPS bas du front sans trop de surprises. Le jeu est en plus très facile et vous finissez vite le jeu à marcher sur les ennemis en sifflotant. On a pas vraiment de sensation de puissance, juste l’impression que les ennemis ne posent aucun défi, avec une IA pas toujours maligne qui aime se jeter sur les grenades, ou se laisser poignarder comme si c’était une de leurs passions secrètes.

Far Cry Blood Dragon est vraiment drôle. Far Cry Blood Dragon est un excellent hommage. Après il reste un jeu  stand alone à quinze euros et, surtout, un jeu au gameplay passable dont les seuls plaisirs viennent de ce qu’on voit et entend, et pas de ce à quoi on joue. C’est étrangement un jeu qui se prête sans doute mieux  à être regardé joué qu’a être vraiment joué. Ou à être joué entouré de potes et de commentaires déchaînés. Je ne le déconseille néanmoins pas, si vous cherchez à vous dérider, il fera son office. Partez juste du principe qu’entre deux dialogues hilarants, vous risquez de vous ennuyer un peu à faire des choses déjà faites trois cent fois ailleurs. Ce qui me permet de le conseiller avant tout à ceux qui jouent peu aux FPS, eux au moins risquant de s’amuser plus que les autres.

♪ Vous avez aimé ? Partagez cet article ♪
Facebooktwittergoogle_plustumblr
~~Suivez l'auteur sur les réseaux sociaux~~
Facebooktwittertumblr

Spec Ops The Line – Malaise Warfare

Oui donc voilà j’ai terminé Spec Ops The Line y’a quelques jours et j’avais besoin d’en parler. Enfin je me sentais dans le devoir d’en parler. Histoire de rajouter une pierre dans l’édifice. Et d’alimenter ce blog. Aussi. Un peu.

Donc. Spec Ops The Line.

SpecOps04

Sorti l’an dernier peu avant l’été, Spec Ops The Line se présentait comme un Third Person Shooter dans un contexte militaire et oriento-désertique désormais ultra connu du joueur qui s’est tapé les Call of Duty, les Medal of Honor ou bien les Ghost Recon.  Boîte à la couverture ultra classique, gameplay comme présenté ultra basique, et la seule particularité annoncée, elle est ultra folle: ça se passe dans un Dubai ravagé par une tempête de sable. WOW C’EST OUF DIRAIS-JE SUR UN TON SARCASTIQUE. Et puis des gens y ont quand même joués (sans doute parce que payé pour ça) et ont remarqués que, oh putain de merde, en fait le jeu est pas juste un TPS. C’est une putain d’adaptation officieuse en jeu vidéo d’Apocalypse Now qui lui-même était une putain d’adaptation officieuse en film du bouquin Au Coeur des Tenèbres de Joseph Conrad.

Et donc oui, surprise: Spec Ops The Line prend un univers « Call of Dutyien »… pour le déconstruire, le parodier, l’analyser et le critiquer. Et c’est pour ça qu’aujourd’hui tout le monde en parle et que le jeu a acquis une aura quasi intouchable. Car on était nombreux, très nombreux à en avoir ras le cul de la guerre contre la Terreur. Ras le cul de ces 3000 jeux qui, depuis le 11 septembre, poussent comme des champignons pour permettre aux hommes occidentaux de continuer à fantasmer la guerre, de massacrer du russe et de l’arabe maléfique sans arrières pensées, de vivre une vision idéalisée de la guerre ou les soldats du « bon camp » sont des héros ou des martyrs face à des milliers d’ennemis sans identités, sans personnalités. Enfin, là on parle évidemment des campagnes en solo qui sont de toute manière ignorées par des milliers de joueurs qui sont là que pour un multijoueur online souvent de qualité. Mais, euh, là n’est pas le sujet.

Spec Ops vient remettre tout ça un peu à plat. C’est difficile d’aller plus loin sans spoiler mais dites vous juste ça : la grande qualité de Spec Ops c’est son écriture. Parfois très subtile, parfois grosse comme un camion, il reste difficile de nier sa réelle efficacité. A la fin du jeu, on se sent pas forcément très bien pour le héros… et pour une partie de nous même. Le jeu est d’ailleurs très court : je l’ai terminé en six heures dans la difficulté normale (sachant que j’ai du perdre une heure sur l’avant-dernier chapitre, diabolique de difficulté.)

SpecOps03

Cette courte durée de vie n’est pas un défaut : non seulement le propos du jeu n’aurait pas été si efficace en continuant à s’étirer (au bout d’un moment on aurait fini par comprendre que la guerre c’est mal) mais le gameplay de Spec Ops n’est pas ce qu’on peut appeler un modèle de diversité. Des couloirs, des zones vastes ou les ennemis vous attaquent, vous les tuez, vous pouvez continuer, et ainsi de suite jusqu’à la prochaine cutscène, qui vous proposera ensuite un schéma similaire. Déjà lourd dans un Call of Duty, le jeu ne possède pas spécialement de particularité qui rendent les gunfights amusants, surtout que ceux-ci peuvent se réveler très difficile et vous faire manger vos erreurs avec un poing américain. Les checkpoints n’étant pas toujours idéalement placé, c’est souvent beaucoup de temps perdu.

Les développeurs ont justifiés ce gameplay banal en insistant sur le fait qu’ils ne voulaient pas faire du jeu quelque chose de fun. Au moins ils ont réussis à ne pas rendre le gameplay particulièrement attracif sans le rendre en contrepartie pénible. Contrairement à un Deadly Premonition, par exemple, qui va tellement loin dans son délire qu’il en oublie de ne pas être agaçant. On a le sentiment de faire notre devoir et quelques variétés dans les situations et les ennemis suffisent à nous maintenir eveillé.

Donc pas de surprises : ne jouez pas au jeu pour son gameplay, mais pour son histoire. Et, surtout, sa morale. Comme Far Cry 3 après lui (mais auquel j’ai joué avant, paradoxalement), il y’a des vraies questions sur le rôle du joueur, sur pourquoi celui-ci aime autant pratiquer des tueries virtuelles et, en plus, le jeu possède toujours une frontière tenue entre fantasme et réalité. Ce qu’on voit à l’écran se passe t-il réellement ou se déroule t-il dans la tête du héros ? On ne sait jamais. Enfin si, on le sait, mais à la fin du jeu, donc ça ne sert à rien de spoiler.

Donc je ne vais pas vous surprendre et je vais donc me rajouter à la longue liste de personnes qui vous conseillent de vous faire ce jeu.

Attention maintenant je SPOILE LE JEU et je vais plus en détail dans ce qui m’a plu ou même gêné. C’est réservé à ceux qui ont finis le jeu et qui veulent savoir mes pensées plus en détail.

Continuer la lecture de Spec Ops The Line – Malaise Warfare 

♪ Vous avez aimé ? Partagez cet article ♪
Facebooktwittergoogle_plustumblr
~~Suivez l'auteur sur les réseaux sociaux~~
Facebooktwittertumblr

Twitch Lorraine ; Joue La Live Comme Néant Vert – Sonic Megamix

J’ai, euh, un compte twitch. SURPRISE. 

 

 

WAT

Twitch c’est ce site qui permet de streamer plutôt aisément ses parties de jeu vidéo. C’est ce qui est utilisé pour streamer pas mal de compètes internationales ou bien des marathons de speedrunners, ou bien de permettre à n’importe quel clampin de pouvoir faire une partie de ce qu’il veut et de commenter par dessus autant qu’il veut. Ce qui tombe très bien parce que faire du let’s play, c’est ma passion secrète. 

J’ai donc du coup fait un gros test ce soit avec un stream d’une partie de Sonic Megamix. Si ce jeu Sonic ne vous dit rien c’est normal: c’est une rom hackée du premier Sonic, qui augmente le challenge global du jeu en recréant tout le level design. Il rajoute également quelques bonus comme la possibilté de faire du spin dash ou d’utiliser les boucliers élémentaires de Sonic 3. Le jeu n’est pas simple mais il reste abordable. Je met donc environ 2h30 à le finir, tout en commentant sans cesse. L’ensemble est visionnable sur Twitch puisque le site stocke les vieux LP. Je sais pas si c’est éternel donc hop voilà les liens: PARTIE 1 (ça commence à 3mn, avant j’avais mis des génériques pour accueillir les gens sur la chaîne) et PARTIE 2.

Donc notez pour l’avenir qu’il m’arrivera de faire du stream à l’improviste. Je préviendrais sur Twitter quelques heures avant le début. Il y’aura rarement de Twitch prévu « longtemps avant » puisque je dois m’assurer au moment du stream que je peux le faire ce qui est pas toujours quelque chose que je peux prévoir (j’ai une connexion Internet… capricieuse, on va dire.) Je ferais surtout des jeux que je considère « peu connu » ou des rom hackées. Donc voilà. LA VIE.

 

En attendant bonus Youtube, un des meilleurs moments de ma partie de ce soir:

 

PS: L’épisode 7 du JLNV Crash Bandicoot a été enregistré y’a deux mois mais le montage / rendu / upload c’est le truc le plus décourageant du monde =(.

♪ Vous avez aimé ? Partagez cet article ♪
Facebooktwittergoogle_plustumblr
~~Suivez l'auteur sur les réseaux sociaux~~
Facebooktwittertumblr

365 jours de JV ~ 2012/2013

Comme chaque année, bilan vidéoludique. Concept simple: je prends les douze mois de l’année, je retiens un jeu à chaque mois, et j’en parle plus ou moins longuement. A la fin de l’article je fait un bilan plus concis des autres jeux et voilà. Pas de mois d’août couvert cette année puisqu’août 2012 a été couvert l’an dernier.

Ca fait 5200 mots. Préparez-vous.

Septembre 2012

Rock Band Blitz

BilanJV01

 

On ignorait encore en septembre qu’on entrait dans la phase d’agonie de la bibliothèque Rock Band en ligne et que Rock Band Blitz était le dernier geste d’une série qui n’allait pas tarder à se laisser doucement mourir. Double interêt pour ce jeu : 25 titres exportables sur Rock Band 3 dont la moitié de franchement pas dégueulasse (Cult of Personality, Pumped Up Kicks, Diamond Eyes, I’m Still Standing, Shout…) pour un rapport qualité/quantité/prix assez intéressant d’une part et d’autre part un jeu inédit permettant d’utiliser la quasi intégralité de votre bibliothèque pour un gameplay différent, qui se joue uniquement à la manette, et dont l’interêt est entièrement basé sur le scoring.

Inutile de le dire : si vous n’avez pas déjà investi dans quelques DLC et exports de jeu Rock Band au préalable, Blitz est inintéressant, les 25 titres fournis n’étant pas forcément très motivants à se faire en boucle et l’interêt principal du jeu se faisant dans la réalisation de petits défis qui nécessitent inévitablement l’achat de DLC. C’est surtout une opportunité intéressante de redécouvrir toute sa bibliothèque, de redonner de l’interêt à des titres qui peuvent prendre la poussière sur votre disque dur depuis prêt de dix ans, de défier des amis et de redécouvrir des titres avec un gameplay différent, à base de lignes à gérer, de bonus à récupérer et de scores à maximiser et optimiser. Extrêmement addictif, mes premières parties sur ce jeu tournaient autour de sept ou huit heures d’affilée. Oui j’étais un peu malade sur la fin et je voyais des lignes multicolores dans mes rêves. Mais, eh, c’est ça la dure vie du joueur.

J’ai beaucoup d’affection pour ce jeu même si son aspect mercantile est évident et très mal déguisé.  Et quand trois semaines après sa sortie, Harmonix décide de faire péter la banque et de décider que la moitié des DLC passent de deux à un euro à vie, je crois que j’ai du faire la plus grosse dépense jamais comptée. Eh, faut dire que ces cons là annoncent ça trois jours après une rupture, j’étais faible et influençable. Foutus développeurs.

 

Octobre 2012

Just Cause 2

BilanJV02

J’avais une certaine envie de jeu nécessitant de tout faire péter, si possible de manière extravagante et débile.  Et puisque Just Cause 2 revenait régulièrement dans les jeux cités quand il s’agissait d’offrir un openworld délicieusement débile et fun, difficile de résister plus longtemps.

Dire que j’ai été profondément deçu est un euphémisme : Just Cause 2 est un jeu d’un creux absolu, détestable dans absolument tous ses aspects. Il peut se vanter aussi longtemps qu’il veut de sa carte immense, mais à quoi bon quand celle-ci est d’un vide absolu, manquant autant de personnalité qu’un candidat à Secret Story. Des jungles sans contenu, des villages qui se ressemblent tous et dont les noms semblent être sortis d’un générateur de trucs pseudos latinos, des bases toutes similaires et construites sur le même modèle… Oh bien sûr on les remerciera d’avoir mis aussi une île désertique et une île avec des monts neigeux mais je n’ai jamais vu depuis Oblivion une carte aussi dénuée de sens, aussi triste à parcourir, aussi inutilement grande. C’est une erreur que font la quasi-totalité des développeurs de jeu open world, convaincus que la taille est tout ce qui compte quand il s’agit de faire une carte, comme si le nombre de kilomètres carré était l’objectif à atteindre. Il faut les voir les gens sur l’Internet, heureux de vous signaler que Just Cause 2 a une des plus grandes maps au monde et que ça en fait automatiquement un jeu exceptionnel car WOW toute cette liberté.

Et bah non. Le seul truc que ça change c’est que maintenant aller d’un point A à un point B pète les couilles. Certains vous diront « ho mais c’est pas grave, il peut arriver tellement de trucs pendant ce voyage qu’on trouvera encore et toujours de quoi s’éclater ! » Mais non, même pas ! Tout est tellement la même chose ! Le seul truc qui peut arriver pendant ce voyage, c’est croiser une base militaire, et décider d’aller la faire péter. Ce qui se fait toujours de la même manière. Et le jeu nous vend une prétendue liberté qui n’existe pas puisque saboter se fait toujours à coup d’explosifs, toujours les mêmes, il y’en a pas 300 différents. Et le pire, c’est que le jeu pourrait assumer ça à fond mais non, il est également étrangement radin d’un point de vue munitions ! On se trouve toujours très vite à cours d’explosifs, à cours de munitions, obligé d’aller en chercher ailleurs ou bien de se les faire commander via un marchand qui te pompe ton fric comme un acteur porno gay pompe autre chose. On se retrouve toujours vite à cours de thunes et de munitions, ce qui est contradictoire avec l’interêt proclamé du jeu ! A quoi bon nous dire de tout faire péter quand on nous limite à mort ?

Just Cause 2 est pénible et en plus son scénario est une immense blague qui cache sa beauferie derrière un pseudo second degré qui ne fait rire personne. Il cache son vide d’interêt derrière une batterie de « quêtes annexes » (comprendre « trucs dilapidés sur la carte qui sont soit des objets à récupérer soit des objets à faire exploser ») répétitives et disseminées dans la carte par un générateur aléatoire. Rien n’y a de sens, rien n’est intéressant. Ce jeu a prostitué l’openworld derrière des chiffres mirobolants mais loupe son objectif principal dans le sens que rien n’est fun, et tout ce qui peut l’être ne l’est jamais plus d’une fois. Oh oui on peut utiliser son grappin pour choper des hélicos. C’est génial une fois, après la QTE systématique nous pète les couilles.

Bref Just Cause 2 est une infâme merde torchée à la va vite par des mecs qui veulent compenser. Et je crache sur ce jeu et tout ce qu’il représente. Et dites vous que je suis un type habituellement ouvert et tolérant mais là, non, ce jeu m’a poussé dans mes retranchements avec ses bugs, avec son sentiment de me prendre pour un con, ses missions pissées parce qu’il fallait en mettre et plus si affinités. Une merde.

Continuer la lecture de 365 jours de JV ~ 2012/2013 

♪ Vous avez aimé ? Partagez cet article ♪
Facebooktwittergoogle_plustumblr
~~Suivez l'auteur sur les réseaux sociaux~~
Facebooktwittertumblr

For What It’s Worth

Ok donc mettons nous d’accord dès la première phase de l’article : la seule chose sur laquelle nous avons le droit d’être manichéen c’est en déclarant que le manichéisme est inacceptable.

Les faits qui me poussent à créer ce billet et à fort prétentieusement tirer une sorte de sirène d’alarme toute molle : Canard PC, dans son numéro d’été, possède un cahier de vacances avec plein de jeux auréolés de l’humour typique de la rédaction de ce magazine à la mascotte animalière. L’un d’entre eux est le jeu le plus subtil au monde : reconnaître des héroïnes de jeu vidéo au screenshot de leur décolleté. Evidemment ça ne passera pas sous les radars et le fait leur est reproché sur Twitter, la rédaction se justifie en expliquant que le jeu a pour vocation de justement se moquer et parodier de ceux qui font ça sérieusement, et s’en suit encore plus de reproches comme quoi ce n’est pas comme ça qu’on dénonce le sexisme, que c’est le patriarcat, etc etc.

Le tweet qui a commencé / la réponse de Canard PC. Le twitter officiel de Canard PC a retweeté quelques tweets témoins du chauffage d'esprit qui en a découlé.
Le tweet qui a commencé / la réponse de Canard PC. Le twitter officiel de Canard PC a retweeté quelques tweets témoins du chauffage d’esprit qui en a découlé.

C’est, en soit, un jour normal sur l’Internet. Ce n’est finalement qu’une histoire classique de rédaction de presse qui fait sa popote, popote qui est naturellement critiqué et qui fini irrémédiablement en guerre des tranchées qui échappe aux responsables du débat de base. Et ça se termine de manière quasi caricaturale avec deux camps bien démarqués au no man’s land gargantuesque. Le gentil Canard PC est-il responsable de prendre ça trop à la rigolade dans une situation tendue et de ne pas avoir assez explicité l’aspect parodique et moqueur ? Les méchantes et méchants féministes sont-ils coupables d’être tendus du slip et de vouloir supprimer la liberté d’expression ? Échangez les rôles et le vocabulaire péjoratif/mélioratif selon votre obédience idéologique car mon but ici sera pas de vous dire qui est a raison / a tort parce que le but de mon message est tout autre.

Car tout ça me force à vous poser une question essentielle. Une question d’autant plus essentielle que cela fait maintenant des années que je constate que tous les débats du monde sont voués à se barrer en couilles et à devenir des tristes parodies. Que j’en ai marre de voir des gens que je sais pourtant intelligents et gentils se comporter comme des enfants de neuf ans à qui on refuse un jouet.

La question est donc la suivante :

Et si le problème c’était pas les idées ou les critiques mais la manière qu’on avait de les formuler ou, plus précisément, le contexte dans lequel on les « discute » ?

 

 

Ce que je vais dire n’est pas quelque chose d’applicable exclusivement à notre siècle, à notre époque. Il n’est pas question pour moi de dire que c’était mieux avant, que Facebook & Twitter (voire même Internet en général) ont aggravés la situation, que les anciens étaient plus malins que nous car ça ne serait à mon avis pas vrai. Ce mal qui ronge l’intelligence humaine c’est, je pense, notre proportion inouïe à essayer de résumer toutes les situations par un choix binaire, et ceci n’est pas une nouveauté. Un fait. Oui ou non. Pas d’alternatives. Ceux qui ne sont pas avec vous sont contre vous. Pour certains, ceux qui ne sont pas à 100% avec vous ne sont pas avec vous du tout. Malaise.

Concrètement, c’est quelque chose qui ruine explicitement la vie politique de tous les pays du monde. Regardez les principaux partis de notre pays, toujours plus occupés à déterminer comment la situation peut montrer à quel point le camp d’en face est incapable qu’a trouver des réelles solutions. Nous sommes tous conscients du fait que cela ne fait que démontrer leur propre incompétence et nous sommes tous heureux de le rappeler et de le dénoncer. PS/UMP/FN/FDG en France. Démocrates & Républicains aux US. Conservateurs et Travaillistes au Royaume Uni. Flamands et Wallons en Belgique. J’en passe et des meilleures. Mais avons-nous une seule seconde commencés à nous demander si nous aussi nous n’étions pas coupable de vouloir faire de tout le monde qui nous entoure notre antagoniste ?

 

Est-on tous Tomoko de Watamote, à vouloir inconsciemment que le monde entier soit notre ennemi ?
Est-on tous Tomoko de Watamote, à vouloir inconsciemment que le monde entier soit notre ennemi?

 

Nous avons toujours été éduqués avec des histoires simples, ou les gentils tapaient sur les méchants qui étaient bien punis pour leur vilénie naturelle, ou il était impossible de n’avoir ni tort ni raison. D’ailleurs nous sommes devenus incapables de déterminer ce qu’était avoir tort et avoir raison. Nous en sommes arrivés au point ridicule ou nous considérons que si une personne n’a pas intégralement raison, alors elle a tort. Et nous nous sommes convaincus qu’avoir raison était une valeur objective, que sur chaque débat il y’avait forcément UN point de vue gagnant, que tous les autres étaient perdants et qu’il est nécessaire socialement d’avoir le « bon » point de vue. Parce que le héros des histoires qui nous ont éduqués a raison, donc on veut être comme le héros.

Et il n’y a pas que la fiction. Nous avons été éduqués avec une Histoire elle aussi simple. Je me rappellerais toujours avoir appris en CE2 une Guerre de Cent Ans forcément édulcorée puisque, eh, nous étions une classe d’élèves de huit ans donc il aurait été impossible de comprendre le pourquoi et le comment de cette guerre dans le détail – déjà que même quand j’ai eu l’âge d’être en faculté d’Histoire, j’avais du mal à suivre ces histoires de succession, de vassalité, de Bourgogne. Non, tout ce qui nous avions appris c’était les gentils français qui se défendaient contre les méchants anglais. En vérité, c’était juste un bordel sans nom mais ça reste : il y’avait donc à cette époque un camp « gentil » et un camp « méchant. » D’ailleurs souvent, c’est les gentils qui gagnent et les méchants qui perdent – la Guerre d’Algérie dans les livres d’histoire est par exemple devenue les gentils indépendantistes algériens contre les méchants français. Tant pis si les deux cotés étaient remplis de bouchers et que les deux cotés ont et fait méchamment mangés.

Quand tout le monde a tort, personne n’a raison.

Malgré tout cela marque. Nous nous sommes également habitués à nous voir enseigner le fait que sous l’occupation il y’avait forcément les gentils résistants et les méchants collaborateurs. En vérité c’est bien plus nuancé, tout le monde avait des interêts différents (les « gentils » sont ceux qui tondaient des femmes et lynchaient jusqu’a la mort, tandis que les « méchants »… ne sont pas forcément très défendables non plus) mais là encore le schéma est resté. Pas de gris ! Il faut pouvoir juger bon et méchant immédiatement !

Bref, je ne vais pas vous en parler cent sept ans car vous comprenez mon propos : les situations réellement résumables avec un schéma binaire sont finalement extrêmement rares. Et nous avons tendance à oublier ce fait car nous voulons à tout prix avoir raison car nous sommes conditionnés à vénérer ceux qui ont raison. Nous voulons faire partie du « bon coté. » Nous voulons nous convaincre à tout prix de notre innocence (car nous assimilons la raison à l’innocence), nous voulons pouvoir pointer du doigt quelqu’un ou quelqu’un chose et le montrer comme le véritable coupable d’une situation déplorable. Et quand entre en compte des idéologies que nous vénérons, alors il faut se préparer à ce que ça devienne sale. Encore un exemple personnel, mais inutile de dire que quand je me suis rendu à une réunion Front de Gauche heureux et enthousiaste à l’idée de voir comment ce parti et son leader que j’appréciais comptait concrètement modifier les choses et que j’ai constaté que finalement tout ce que les personnes sur place faisaient c’est pointer du doigt, je me suis senti mal car j’y retrouvais tout ce que je détestais dans les autres partis (car les autres partis c’est pareil, non, ne mentez pas.)

C’est l’illustration tragique de ce que je dénonçais plus haut. Mais ici avec un aspect encore plus révoltant puisque les gens présents sur place ne disaient pas « j’ai raison donc ils ont tort » mais quelque chose de pire encore : « ils ont tort, donc j’ai forcément raison. » Je peux excuser ceux qui ont réfléchis une situation sous tous les angles et se sentent suffisamment confiant en eux et en leurs croyances pour balayer d’un revers de la main les éventuels opposants en se pensant titulaire de tout un savoir pur et indestructible. Ce n’est pas quelque chose qui me paraît très digne mais ils auraient la légitime pour le faire. Par contre ceux qui ne réfléchissent pas et qui au lieu de venir avec leurs propres idées, opinions ou réflexions se contentent juste d’estimer que si en face ils ont tort, faire des efforts pour avoir raison n’est pas nécessaire, ne sont pas excusables et jouent un jeu dangereux et stérile.

 

Screenshot rigolo sans rapport pour aérer le texte. Vous êtes bien sur Néant Vert.
Screenshot rigolo sans rapport pour aérer le texte. Vous êtes bien sur Néant Vert.

 

Nous n’écoutons de toute manière plus rien et nous sommes sensibles et exigeants. Revenons sur le sujet du féminisme qui m’a permis de me lancer sur cet article. Quand Mar Lard a dénoncé le sexisme dans la communauté geek, nombreux, très nombreux ont été ceux qui ont rejetés d’amblée l’article en se disant « bon de toute façon c’est une féministe, elle va pas être objective, c’est du temps de perdu. » Certains l’ont pensés doucement, d’autres sont allés jusqu’au bon vieux « ouais mais elle est hystéro-lesbo-féministe, quel est l’interêt bien sûr qu’elle va nous les péter. »  Je vais pas lancer la pierre, je suis le premier à avoir ignoré initialement le débat parce que je ne faisais pas confiance en une personne clairement influencée par une idéologie pour me donner des leçons. Et puis je me suis rendu compte qu’une fois retiré ça de la tête, et en faisant méticuleusement le tri, il y’avait des choses intéressantes à en tirer, comme par exemple le fait que, eh ouais tiens, être un homme blanc brun de taille moyenne  et d’origine française sur au moins deux générations c’était une position avantageuse dans la société. Je suis plus suspicieux sur le terme de « patriarcat » parce qu’il me semble n’isoler que la problématique sexuée alors qu’il y’a plein de facteurs de discrimination inconsciente dans la société, le sexe n’étant l’un qu’eux.

Mais le problème est là: j’ai quand même initialement rejeté d’emblée un propos à cause de son auteur que je considérais automatiquement hostile à tout discours objectif. Et on est énormément à le faire. Toujours dans l’exemple politique, un militant ne peut décemment pas analyser objectivement n’importe quel discours ou déclaration du milieu. Si ce discours vient de son propre camp, il sera toujours, même inconsciemment, attentif et bienveillant. Si il vient d’un parti « opposé », ce discours sera aussitôt reçu avec méfiance et agressivité. Mais ne pensez pas que cette problématique ne s’applique qu’au milieu politique: elle s’applique à tout le monde sur une tonne de sujets. Soit nous portons plus d’attention sur l’interlocuteur que sur ce qui est dit (exemple concret: Mar Lard, toujours, qui peut dire tout ce qu’elle veut, y compris qu’il faut beau, et se faire contredire et menacer parce qu’elle est Mar Lard), soit au contraire nous portons plus d’attention si ce qui est dit par l’interlocuteur correspond ou non à nos opinions. Une personne que vous ne connaissez pas qui dit une opinion semblable à la votre aura bien plus votre bienveillance et votre attention que l’inverse, et c’est plutôt naturel puisque, encore une fois, nous cherchons régulièrement à nous assurer que nous avons raison de penser ce que nous pensons car, encore une fois, nous avons besoin de nous savoir du « bon coté. »

 

Stop ! Pause clip débile des années 80 pour réfléchir devant ! … si on peut.

Anecdote rigolote: ce clip était si pourri et le tournage a crée tellement de drame dans le groupe que Journey a attendu autour de dix ans avant de refaire le moindre clip musical, ce qui est SUPER TRISTE. Heureusement qu’on a eu Talk Talk et Duran Duran !

 

 

C’est pour ça aujourd’hui que nous assistons à des scènes de véritable hystérie collective sur Internet. Ce qui m’a vraiment foutu la migraine avec ce foutu débat sur les seins de Canard PC ce n’est pas tellement la situation initiale, mais les comportement caricaturaux et exagérés qui ont débarqués derrière. Beaucoup de féministes y ont revus l’occasion de taper sur les méchants gamers connards sexistes et hypocrites tandis que beaucoup de gamers y ont revus l’occasion de taper sur les méchants féministes qui font rien que de nous embêter « pour des conneries. » On assiste finalement rien de plus qu’a un pugilat écrit, remplis de gens bien assis tranquillement derrière leurs pc ou leurs smartphones, qui s’humilient tous mutuellement, chauffés par les propos, convaincus que puisque les autres ont tort, alors eux ont automatiquement raison, et que donc ils peuvent se permettre de dire tout et n’importe quoi puisqu’ils représentent le bon camp. 

Et ça me terrorise.

Ca me terrorise parce que personne ne prend conscience d’une vérité ahurissante: on ne combat pas un monstre si le prix pour l’emporter est d’en devenir un. Car si vous devenez un monstre, quelqu’un en deviendra un à son tour en essayant de vous abattre. C’est épidemique, tout le monde y perd. Devenir un monstre c’est perdre le recul, la réflexion, l’intelligence de prendre en compte la complexité d’une situation, l’humilité de ne pas essayer de la résumer en une phrase, en 140 caractères. Devenir un monstre c’est oublier l’existence d’un cercle vicieux, oublier volontairement qu’une situation qui escalade ne peut que se casser la gueule avec pertes et fatras en éclaboussant ceux qui étaient restés en bas. Et quel que soit votre alignement, si vous êtes un monstre, vous êtes effrayants pour tous ceux restés humains. J’ai vu des personnes intelligentes, malignes et à la personnalité ouverte perdre littéralement leur raison avec le débat autour du mariage pour tous, devenant aussi violents envers les anti mariage pour tous que ceux-ci pouvaient l’être envers les pro. Comme si « Oeil pour oeil, dent pour dent » était une réaction légitime. Comme si avoir l’assurance d’être du coté « juste » leur autorisait à défendre leur cause au point de se conduire comme les opposants. Mais non ! Parce qu’encore une fois, quand tout le monde a tort, personne n’a raison. 

 

tumblr_mpyotc14fd1qiyhd9o3_250

 

Avant de conclure, je vois les reproches qui peut être fait à mon discours. On peut facilement m’accuser de finalement prêcher le « politiquement correct », de vouloir un monde ou tout le monde est gentil et stérile. Mais justement non ! Il est nécessaire d’être politiquement incorrect pour faire bouger les choses, pour faire évoluer des pans importants de la société. Il est nécessaire de provoquer, de choquer, de forcer à remettre en question. Et il est important que tout être humain soit confronté à des opinions qui le mettent mal à l’aise ou qui lui remue les tripes, afin de lui permettre de réfléchir, de s’améliorer, d’évoluer. Nous n’avons aucun interêt à avoir à 25 ans les exactes mêmes opinions qu’a 15 ou 10. Donc nous avons besoin d’être régulièrement confrontés à des situations et des propos contraires à nos opinions.

Mais tout ceci doit se faire d’une manière honorable, digne et qui, surtout, ne demande pas de la personne qui veut enseigner qu’elle coupe son cerveau ou se montre malhonnête. Quand vous insultez, quand vous généralisez, quand vous vous montrez agressif ou juste hystérique, quand vous prenez de haut votre interlocuteur, quand vous vous montrez arrogant, quand vous le menacez de manière puérile caché derrière votre écran, quand vous jouez au contraire la carte de la victimisation, quand vous vous dites fier d’avoir bloqué ou ignoré des gens ou quand vous faites exprès d’ignorer des parties entières de son discours pour des raisons futiles (« oh tu as oublié de conjuguer un participe passé ! Et tu dis vouloir me donner des leçons, espèce de gros malin ? »), vous ne faites PAS évoluer votre cause. Tout ce que vous entraînez c’est une hystérie collective, un propos qui décrédibilise vos idéaux, ce que vous voulez promouvoir. Quand vous jouez les héros et que vous fantasmez un débat en une guerre entre axes et alliés, dont vous seriez évidemment les alliés, vous ne faites que ça: fantasmer. 

Vous n’aidez pas Canard PC quand vous insultez et menacez les féministes. Vous n’aidez pas la cause du féminisme quand vous dites que Canard PC c’est des connards hypocrites. Vous êtes venu sur cet article pour que je vous dise qui de Canard PC ou des féministes ont raison ?  Il n’y a dans ce « débat » pas de gagnant puisque ce « débat » n’est pas un jeu. C’est un chaos. C’est des voix qui s’entendent sans s’écouter, qui parlent sans s’exprimer. Personne ne bouge d’un iota. Tout le monde est convaincu d’avoir raison juste parce qu’en face ils ont évidemment tort. C’est pourtant simple: Canard PC s’est exprimé, maintenant tout le monde pense ce qu’il veut. Est-ce qu’ils ont eus raison dans leur démarche ? Est-ce qu’ils sont hypocrites ? Est-ce qu’ils sont incohérents et en fait leur dossier sur le sexiste c’était juste pour se faire de la thune et surfer sur la vague du « sexisme » (ce qui peut également être reproché à ce blog, du coup, maintenant, tiens) ? Est-ce qu’ils sont beaufs ? Est-ce qu’ils auraient du être plus explicités, quitte à expliquer la blague et nous prendre un peu pour des idiots ? Est-ce que leur excuse est une vérité ou un mensonge ? Voilà quelles sont les questions à se poser. Alors pourquoi les réponses à ces questions impliquent que les deux camps s’insultent, continuent d’alimenter leur animosité et paraissent juste frustrés de pas être écoutés par le camp adverse alors qu’il n’écoutent pas vraiment le dit camp adverse non plus ? 

Encore une fois, tous en choeur: quand tout le monde a tort, personne n’a raison.

 

Peut-on être reproché d'être manichéen et binaire quand on déplore l'existence de trois clans, dont deux sont présentés de manière péjorative ? La question est posée. (BTO est en vrai très sympa mais son tweet est un peu symptomatique du "problème.")
Peut-on être reproché d’être manichéen et binaire quand on déplore l’existence de trois clans, dont les deux auquel « on appartient pas » sont présentés de manière péjorative ? La question est posée. BTO est en vrai très sympa mais son tweet est un peu symptomatique du problème que j’essaye de dénoncer. En vrai c’est plus compliqué que 140 caractères. #amoledonneurdeleçon

 

Le but de cet article n’est pas de dire que tout le monde a raison, que tout est relatif, que ceux qui ne participent pas sont ceux qui gagnent. Je ne veux pas dire « eh les féministes et les gamers, prenez le thé ensemble et mangez des gateaux, et faites vous des calins » parce que j’ai beau être idéaliste et un peu naïf, je ne suis pas foufou. Encore une fois, honneur à ceux qui ont le courage de se battre pour leurs idées. Mais vraiment, je veux à tout prix mettre l’emphase sur le fait que tout doit se faire par la promotion, pas par la force ou l’imposition . Le terme de se battre est ici métaphorique, pas littéral. Ce n’est pas parce que quelqu’un vous contredit que celui-ci est automatiquement votre ennemi. Là je suis sûr que vous vous dites « mais va dire ça aux autres, moi je n’ai rien à me reprocher » mais voilà le but de cet article. Interrogez vous. Demandez-vous vraiment si vous n’êtes justement pas coupable des mêmes défauts que vous reprochez à votre « adversaire. » Demandez-vous ça. Demandez-vous si ça vaut le coup d’y perdre un peu de vous. Demandez-vous sérieusement si ce qui vous énerve chez certains n’est pas aussi un de vos défauts.

Mais dans tous les cas, réfléchissez. Avant de vous impliquez dans un débat, lisez ce qui se passe, pesez les choses. Ne défendez pas l’indéfendable, n’attaquez pas l’inattaquable. Et surtout, respectez votre antagoniste même et surtout si il ne vous respecte pas. Gardez la tête haute. Vous n’avez pas à vous abaisser. Mais n’oubliez jamais que ce n’est pas parce que votre cause vous paraît juste qu’elle vous donne tous les droits. Vous battre pour la liberté d’expression, pour les enfants au Soudan ou pour les enfants qui vont se faire adopter par des gays maléfiques, même combat. La cause ne doit vous servir d’excuse pour être un idiot. 

Je suis moi même coupable de pas mal de ces choses. J’ai longtemps été sur Internet adepte de la petite phrase assassine et du gros pavé de mauvaise foi. Je me suis souvent chauffé contre des gens, alimenté par le sentiment confiant que les gens en face disaient de la merde et que je ne pouvais qu’être dans la raison en les corrigeant quitte à les insulter ou les prendre pour des cons. J’ai parfois joué au petit malin. J’ai parfois ruiné un propos intéressant en l’entourant d’attaques personnelles qui énervaient légitimement mes interlocuteurs. D’ailleurs parfois, je planquais des attaques personnelles juste pour le plaisir de. J’ai parfois été coupable de vouloir contredire quelqu’un en n’ayant pas lu tout ce qu’il disait. Je me suis parfois amusé à twitter des accusations sans vérifier avant leur bien fondé.

Et ça rien que d’y repenser, j’ai envie de me foutre une torgnole.

Nous avons tous le droit à l’erreur. C’est refaire la même erreur qui n’est pas excusable. C’est ne pas apprendre à l’éviter et à pourquoi l’éviter qui est condamnable.

Bref on est proche de la fin.

Il y’a tellement choses que j’aimerais dire sur le sujet. Pourquoi est-on désormais tellement habitué à penser que le monde autour de nous nous est forcément antagoniste ? Pourquoi veut-on continuer à espérer que l’herbe soit plus verte dans un autre pays ou une autre époque ? Pourquoi n’as t-on pas le courage de lire et assimiler sur des pavés ? Pourquoi essaie t-on de débattre longuement avec un outil qui ne permet que 140 caractères par phrase et qui force donc à un débat « fragmenté » au lieu de pouvoir répondre par des paragraphes unis et argumentés ? Vivons nous dans un monde où nous nous sentons obligés d’avoir une opinion sur tout, même sur les sujets qu’on ne maîtrise ou connaît ? Pourquoi cette habitue d’Internet de se choisir des têtes de trucs et de les tabasser verbalement jusqu’au suicide, burnout ou dépression ? Le terme de troll n’est-il aujourd’hui plus qu’un moyen de dire gentiment « tagueule chope la même opinion que moi » ? Est-ce que les féministes qui liront cet article refuseront de le prendre au sérieux sous prétexte que j’aime les trucs moe et que parfois je me fantasme des harems anime ? Est-ce que les gamers vont eux penser que je ne fais que soutenir un fascisme féministe rampant ? Est-ce qu’ils penseront que je fais là un peu de victimisation alors que tout ce que je veux c’est qu’on me lise, ce qui est différent de « être d’accord avec moi » ? Même si j’aimerais bien que le monde entier soit d’accord avec moi et qu’on se tienne la main autour d’un grand arc en ciel ? Si tel est le cas, est-ce que je crée une page événement Facebook dès maintenant ?

Mais je vais m’arrêter là parce que je continue à avoir une migraine terrible et que je ne veux pas que mon propos se perde dans d’autres sujets. J’ai déjà l’impression d’avoir un chouia dévié et je m’en veux.

Mais n’oubliez jamais cette mantra qui m’apparaît importante: quand tout le monde a tort, personne n’a raison. 

Et cela ne veut pas dire que si tout le monde a tort, vous avez raison d’ignorer le débat. C’est pour ça que je dis que tout est toujours plus compliqué que prévu. 

 

♪ Vous avez aimé ? Partagez cet article ♪
Facebooktwittergoogle_plustumblr
~~Suivez l'auteur sur les réseaux sociaux~~
Facebooktwittertumblr