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Le Weekly Shonen Jump en 2015 – 23 mangas pour les gouverner tous

J’ai donc animé à Japan Expo, en compagnie de Yokathaking, une conférence sur le Shonen Jump en 2015. L’idée était de présenter en 45mn le statut du magazine japonais. Comme 45mn c’est court, on est parti sur 10mn d’intro / mise en contexte et 30mn où on a présenté, un par un, tous les titres en cours de publication au sein du magazine. Parmi ces titres, quels sont les piliers du Jump, les forces sûres, les futurs hits ou bien les échecs prévisibles ?

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Regardez ce ppt, il est BEAU.

Du coup, comme ce léger travail de listing, de lecture et d’analyse et bah ça serait dommage de le perdre, voici rien que pour vous lecteurs de ce blog, une retranscription de la conférence. Comme ça vous connaîtrez sur le bout des doigts tous les titres publiés à l’heure actuelle dans le magazine phare du shonen moderne… Y compris ceux qui sont morts et terminés depuis que la conférence a eu lieu y’a deux semaines. Oui, deux semaines dans le Jump, c’est suffisant pour mourir, haha.

Du coup pour illustrer cet article, j’utiliserais les slides que je commenterais rapidement. Vous pouvez cliquer sur les slides pour les agrandir, ce qui est le nec plus ultra de l’Internet moderne d’aujourd’hui. C’est d’autant plus pratique que vraiment ces slides Powerpoint ont été la base de la conférence et étaient destinées au public le plus large possible. Le but du jeu était d’essayer de faire découvrir le maximum d’oeuvres au public, du coup on espère avoir réussi cet objectif et de pas avoir fait un truc trop « otaku. » Comme là vous êtes sur Néant Vert, je vais pouvoir du coup en plus tâcher d’être un peu plus détaillé.

0/ Intro

Avant de parler des séries du Weekly Shonen Jump, il est important de rappeller c’est quoi comme magazine, pourquoi il est important, quelles sont ses particularités. Le but de cette section était de présenter très rapidement le magazine pour ceux qui n’étaient pas forcément conscience de son existence et de son importance. On est pas forcément allé très en profondeur.

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Pour compléter: le magazine ressemble à un annuaire téléphonique, littéralement. Le papier est pas de très bonne qualité, ce qui explique le prix bas. C’est fait pour être lu puis jeté, pas collectionné.

Citation de Yoka: « Les japonais laissent des Shonen Jump dans le métro comme nous on laisse des 20 Minutes ou des Direct Matin. »

On trouve derrière ce magazine l’éditeur Shueisha qui fait partie du plus grand conglomérat de l’édition au Japon. Les autres magazines de prépublication shonen (Weekly Shonen Magazine pour la Kodansha, Weekly Shonen Champion pour Akita Shoten, etc) sont très loin d’atteindre sa popularité et son aura.

 

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Pour compléter: le magazine dépassait aisément les 6 millions de ventes hebdomadaire dans le milieu des années 90 mais traînasse un poil sous la barre des 3 millions de vente. Alors certes c’est pas aussi bien qu’avant mais au moins ces ventes restent d’une stabilité à tout rompre à une époque où le format papier est en rivalité constante avec la croissance du numérique.

En plus de Naruto et de Kuroko no Basket c’est pas mal de séries « longues » qui se sont terminées ces deux dernières années: Reborn, Beelzebub, Bakuman, Medaka Box par exemple. D’où la nécessité pour la Shueisha de trouver une relève solide.

Enfin le public féminin du Jump il est indispensable de le mentionner car il prend une place de plus en plus importante aux yeux des éditeurs. Dans un sondage récent, environ 60% des lectrices de mangas affirmaient que le Weekly Shonen Jump était leur magazine préféré. Quand 60% des femmes ont comme magazine préféré un magazine soit disant destiné aux adolescents mâles, inutile de dire que ça témoigne bien du public plus large que prévu pour le Jump.

Le magazine s’est développé internationalement via une édition anglaise, distribuée de manière numérique, et mélangeant les derniers chapitres d’une sélection de séries en cours avec des plus grands classiques comme Dragon Ball. Des représentants internationaux du magazine commencent à apparaître sur les réseaux sociaux comme Sasaki Hisaishi, ancien éditeur en chef du magazine et qui tweete en anglais sur son compte international.

TL;DR: les mangas Shonen Jump s’adressent de moins en moins aux adolescents masculins et de plus en plus à un public large, de sexe indéfini et pas limité au territoire japonais.

 

Important: chaque numéro contient un petit bon dans lequel on peut signaler ses trois séries préférées et l’envoyer à la rédaction du Jump. Ces sondages ont une importance CAPITALE et décident clairement de la vie ou de la mort des séries du magazine, surtout si elles débutent juste. En effet, si la série commence à avoir une certaine longevité, c’est surtout les ventes des volumes reliés qui vont être importantes.

Il n’y a l’heure actuelle aucune façon de connaître précisement le classement exact mais le sommaire et la position des séries dans le magazine est déjà un très bon indicateur: les séries les plus populaires sont souvent dans les 5 premiers, et vice-versa pour les séries les moins populaires. Ainsi, si vous voyez dans 5 numéros d’affilée une série squatter le début du magazine, elle est populaire, on ne peut pas s’y tromper !

Pour le reste vous avez ptet déjà lu Bakuman donc ça va donner l’impression de radoter mais dans le Shonen Jump, y’a pas de pitié. Si une série est trop impopulaire / vend pas assez de volumes reliés, son auteur va voir la série être interrompue et n’avoir le droit qu’a – souvent – trois chapitres pour la conclure. D’où des fins parfois abruptes.

Enfin « un système éditiorial exigeant et épuisant pour les auteurs », j’arrive pas à retrouver l’emploi du temps de la semaine d’un mangaka du Jump mais, eh, des nuits de 3h six jours de la semaine, est-ce que vous le voulez vraiment, huh.

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Pour compléter: Depuis la conférence, le chiffre a baissé à 22 – Naruto Gaiden et Ultra Battle Satellite se sont terminés, et Best Blue a fait son apparition dans les pages du magazine.

Le top 3 des mangas les plus vendus en 2014: One Piece en 1er, évidemment, suivi par l’Attaque des Titans et Haikyû. 

1/ Les « Piliers du Jump »

Durant la décennie précédente, l’expression « Piliers du Jump » désignait Naruto, One Piece et Bleach, les trois shonens qui dominaient les charts et les ventes du magazine. En 2015, quels sont les « Piliers » ?

 

One Piece

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Pour compléter: le manga n’a vendu « que » presque 12 millions d’exemplaires au Japon en 2014, loin de la trentaine de millions de l’année 2011. Ce n’est pas signe d’une popularité qui s’effrite puisque cela peut être expliqué par le fait que moins de tomes sortent chaque année, à cause de quelques absences pour raisons de santé qu’a pris Eichiiro Oda ces derniers temps.

Le record du monde battu par One Piece en 2015: être la « bande dessinée » la plus imprimée de l’histoire (avec 320 866 000 exemplaires depuis 1997.)

C’est un immanquable tout autour du monde. En France il a tout de même mis un peu de temps avant d’arriver en tête des ventes et a été un petit moment dans l’ombre de Naruto.

Lectorat extrêmement large: l’univers de One Piece peut séduire aussi bien des jeunes enfants que des Hell’s Angels barbus et virils.

Naruto Gaiden

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Pour compléter: Même si la popularité de Naruto s’est essouflé sur la fin, la série restait très facilement en tête des ventes et a su se terminer au bon moment. Le tome 72 (le dernier) s’est vendu à 875 000 exemplaires lors de la première semaine de vente, ce qui reste un score que peu de mangas peuvent se targuer d’avoir.

Très populaire en Occident.

2/ Les grands anciens

Ces mangas qui ne sont pas des « Piliers » pour diverses raisons mais qui accompagnent le Shonen Jump depuis maintenant de nombreuses années tout en maintenant leur popularité…

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