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Le classement d’une série dans le Jump: bases, initiation, statistiques, effort et amitié

Encore ? Eh, oui. En juillet je vous parlais déjà de l’histoire contemporaine du magazine, dans un article récapitulatif d’une conférence que j’avais co-présenté avec Yoka.

L’article que je vais vous présenter ici est une initiation à l’art fort méta des classements de popularité dans le Jump. A quel point ça décide la vie et la mort d’une série ?

Le classement de popularité dans le Jump, c’est quoi ?

Chaque exemplaire du Jump possède en son sein un bulletin de vote à décrocher et à renvoyer au siège de la Shueisha. Sur ce bulletin de vote, l’électeur peut classer ce qu’il considère être ses trois chapitres préférés dans le numéro qu’il vient de lire et, optionnellement, en votant, il s’inscrit à une loterie/tirage au sort qui peut lui permettre éventuellement de gagner des petits cadeaux.

Ensuite ces bulletins sont comptés et permet de créer un classement interne à l’équipe éditoriale du Weekly Shonen Jump qui va pouvoir leur permettre de savoir quelles sont les séries préférées de leur lectorat…

Simple, non ?

SIMPLE, OUI ??
SIMPLE, OUI ??

 

En quoi la popularité est importante ?

Car elle décide de la vie et de la mort d’une série.  Le Jump est un magazine qui pratique une ligne éditoriale qu’on pourrait qualifier d’impitoyable: si une série n’est pas ou plus populaire, si elle a peu de lecteurs, elle jarte car elle ne participe plus vraiment à aider le magazine à se vendre et n’a à leurs yeux plus aucun interêt. Peu importe ce que l’auteur essaie de dire, peu importe la qualité concrète de l’oeuvre, si ça marche pas c’est la fin. Et quand c’est la fin c’est abrupt: c’est décidé en réunion éditoriale, l’auteur en est avisé et a entre trois et cinq chapitres pour conclure sa série.

Maintenant, la popularité est importante mais elle n’est pas tout. En effet, si les tomes reliés du manga se vendent bien voire très bien, il est considéré que la série a trouvé son lectorat. Deux exemples de séries impopulaires dans le magazine mais qui se vendaient vraiment bien en librairie: Medaka Box d’une part et To Love Trouble de l’autre. Le premier cas peut s’expliquer par son ton méta qui touchait un public visé  plus agé que le reste du Jump  (un public qui donc ne vote plus beaucoup mais commence à acheter) et pour le second cas il peut y’avoir une explication simple: la série étant une série coquine et érotique, peu de jeunes lecteurs osaient vraiment écrire le nom de la série de peur que les parents jugent fort.

En vrai la popularité est surtout importante pour les nouvelles sériesImportantes pour celles qui ont pas dépassées les deux ans, ULTRA importantes pour celles qui viennent juste de démarrer. Quand une série commence à être installée, quand les tomes se vendent bien, quand l’adaptation animée a débutée, c’est là qu’une série peut se permettre de commencer à souffler et de plus forcément avoir à s’inquiéter du classement hebdomadaire. Par contre, quand tu débutes, inutile de dire que si ton premier chapitre commence dans le fond du classement, t’es très très mal barré.

Et tu peux même pas te dire « allez, avec du pot la série se vendra bien en librairie et va me sauver les miches » parce qu’il n’est pas rare qu’une nouvelle série se fasse annuler avant même que le premier tome sorte. Regardez Lady Justice cette année: annulée début aout, le premier tome sorti début septembre. Pourtant, la couverture avait des sacrés atouts.

Néanmoins les vieilles séries restent pas invincibles et si vraiment les ventes s’effritent et la popularité est basse, la série n’échappera pas à ce qu’on nomme familièrement l’axing, le coup de hache fatal. Shaman King et Yu Gi Oh auront beau avoir eu leur heure de gloire, un an de ventes moins bonnes qu’avant et de stagnation dans le fond du classement de popularité auront eu leurs peaux…

Après c’est une méthode imparfaite car il peut y’avoir un cercle vicieux: une série jugée peu populaire et qui se montre moyenne au niveau des ventes ne sera pas forcément beaucoup mise en avant par la Shueisha, donc aura du mal à rencontrer un nouveau public, donc continuera d’être peu populaire et de faire des ventes moyennes. A l’inverse, un carton du Jump sera beaucoup mis en avant, donc continuera perpétuellement de renouveler son public, donc améliorera toujours ses performances…

Stealth Symphony: scénarisée par Narita (Baccano), malgré de superbes dessins et un univers original, la série sera annulée au bout d'une vingtaine de chapitres
Stealth Symphony: scénarisée par Narita (Baccano), malgré de superbes dessins et un univers original, la série sera annulée au bout d’une vingtaine de chapitres

Mais du coup, il est secret ce classement de popularité ?

Oui… et non.

Oui car on aura jamais le moyen de le connaître précisément, sauf si on bosse en tant qu’éditeur pour le Weekly Shonen Jump ou qu’on est employé de la Shueisha. On ne saura jamais combien de voix a une série chaque semaine, quelle place précise a fait tel chapitre, etc etc.

Non parce qu’on a une façon simple et light de le connaître: le sommaire du magazine.

Principe simple: la Shueisha met toujours les séries les plus populaires au début du magazine, et les moins populaires à la fin. A partir de là on peut commencer à se créer des classements « publics » et tâcher de voir les tendances d’une série. Ca paraît trop simple pour être vrai mais pourtant les chiffres ne mentent pas et la popularité d’une série se vérifie vraiment en suivant ses positions dans le sommaire du Jump.

Maintenant voyons voir comment ça marche ! Allez, Marcel !

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