Archives mensuelles : novembre 2015

Le Garçon et la Bête – Et Vlan

Inconvénients de vivre en Ile de France: les loyers sont beaucoup trop chers et tu peux désormais te faire flinguer par des mecs de Daesh quand tu vas faire tes courses.

Avantages de vivre en Ile de France: tu peux aller voir des avant-premières au cinéma.

Worth it ?

Bah quand il s’agit de voir en avance un film de Mamoru Hosoda, bah oui, bien sûr que c’est 100% worth it.

Il était donc diffusé hier dans le cadre de l’ouverture du festival Kinotayo, festival francilien dédié au cinéma contemporain japonais, et c’est une salle bondée mais enthousiaste qui a pu voir le film, un peu tous attristés de l’absence de Mamoru Hosoda, que les assurances ont empêchées de venir en France. Scrogneugneu comme on dit chez nous.

Voilà donc le moment où je donne mes ressentis sur le film en tâchant de ne rien spoiler. Le film sort dans deux mois – le 13 janvier – et j’espère que vous irez nombreux dans les salles pour aller le voir, car il le mérite. Mais pourquoi il le mérite ? C’est là que je développe…

Cette affiche me rend triste à chaque fois que je la vois
Cette affiche me rend triste à chaque fois que je la vois

Je vais être assez vague sur l’intrigue mais, en somme, sans vous surprendre, Le Garçon et la Bête va vous parler de la rencontre entre… euh… un garçon et… euh… une bête. La majorité de l’intrigue se déroule ainsi dans un monde parallèle où vivent des personnages mi-humains mi-bêtes dans lequel le héros – Ren – va se retrouver par hasard et y grandir comme disciple de Kumatetsu, la « bête » du film. Un ours anthropomorphisé particulièrement colérique et impulsif.

Le film est, comme Les Enfants Loups, divisé en trois parties assez distinctes. Sans dévoiler leur contenu, disons juste que la première partie est la plus longue des trois et est aussi, de très très loin, la meilleure. Car le film réussit très vite à nous happer et à nous immerger: tout commence par une très belle intro à base de flammes et la découverte du monde des Bêtes par Ren est assez prodigieuse, avec deux/trois scènes qui m’ont un peu rappelés quand Chihiro découvre petit à petit le monde des dieux dans le film éponyme de Miyazaki. La rencontre entre les deux héros du titre est également bien faite et les deux ont rapidement une bonne alchimie, qui rend leurs échanges plutôt savoureux. C’est donc un plaisir de voir ce garçon et cette bête évoluer ensemble dans une compilation de jolies scènes.

Dont des scènes de montage comme dans Team America
Dont des scènes de montage comme dans Team America

Cependant, si je peux émettre des réserves dès à présent: la troisième partie du film, elle, est clairement en déça. Si elle continue d’envoyer du bois en terme d’émotions et possède des très très belles scènes visuelles (dont une explosion qui m’a un peu rendu fou), c’est le traitement de l’intrigue et les personnages qui sont un poil décevant, à commencer par un antagoniste qui joue un rôle central à ce moment là mais qui a été, je trouve, trop mal amené et pas assez montré dans tout ce qui précédait. Du coup on a l’impression qu’il sort de nulle part pour prolonger la durée du film.

Autre réserve, qui m’attriste un peu plus: LE personnage féminin du film. Déjà je met « le » parce que des filles en rôle important dans ce film, y’en a littéralement pas d’autres, mais la pauvre Kaede a un peu du mal à exister tout au long de l’oeuvre. Elle est un peu tarte, passe son temps dans la troisième partie à tomber par terre ou à faire des choses complètement inutiles. C’est un personnage mal écrit et trop dépendante d’un personnage masculin. Elle offre quand même de belles scènes dans la seconde partie mais de la part d’un Hosoda qui jusque là nous avait offert des personnages féminins comme Makoto, Natsuki et Hana, c’est bête de le voir un peu régresser.

Enfin, dernière réserve: le film est peut-être un peu trop… mesuré. Le combat final aurait pu être plus fou, la relation entre le héros et sa mère plus développé, nos émotions plus souvent invoqués. C’est un film ambitieux mais qui n’ose pas aller jusqu’au bout.

La pauvre Kaede
La pauvre Kaede, maltraitée par le scénario

Donc là voilà, j’ai cité d’un coup les trois réserves que j’avais, donc l’effet d’accumulation vous inquiète sans doute. Peut-être que ayé, vous attendez le film et vous pensez que ça va être nul. Que nenni ! Si le film me paraît objectivement moins bien fignolé que les Enfants Loups (qui allait dans un genre totalement différent mais était véritablement quasi incritiquable dans sa forme), il n’en reste pas moins rempli de qualités.

Visuellement, par exemple, le film assure totalement le contrat. Que ce soit les scènes à Shibuya ou celles dans le monde des Bêtes, les décors sont somptueux et un mini-arc bien précis à l’intérieur du film va même nous envoyer voyager dans une multitude de petites régions du monde des Bêtes, ou les graphistes du studio Chizu ont dû se faire très très plaisir à créer des mondes et des univers totalement incroyablement. L’animation est également au top et le seul vrai petit souci c’est que à certains moments dans le film je me suis amusé à regarder de manière détaillée les foules qui sont animées en 3D et, comme un débile, j’ai vu les trucs derrière les tours de magie. Ne faites pas ça chez vous.

Le rythme également me paraît bien mené. C’est deux heures qui passent vite. En outre, le film a l’avantage considérable d’être extrêmement accessible. La production autour du film n’a jamais caché le fait que son objectif était de toucher le public le plus large possible, et son très gros succès dans les salles japonaises semble confirmer que ce pari a été réussi. Du coup vous pourrez sans doute le montrer à vos neveux et nièces de 6 ans et plus qui l’adoreront complétement. Le film n’est pas compliqué pour un sou et la narration est bien menée (si on excepte, évidemment, ce méchant qui sort presque de nulle part.)

Le design des personnages est cool en général. Le furry aurait jamais été aussi abordable.
Le design des personnages est cool en général. 

Ensuite je suis toujours content de voir Hosoda traiter de la famille. Car, sans surprises et comme dans ses deux films précédents, c’est le thème principal du film, une nouvelle fois. Et comme les films précédents, le lien du sang est toujours traité avec justesse et bienvaillance. On retrouve aussi, comme dans Les Enfants Loups, ces petites analyses du décalage qu’il peut y’avoir entre fantastique et réalité dans des scènes assez amusantes puisque, oui, c’est bien beau de partir à l’aventure dans un monde parallèle mais l’administration japonaise, elle s’en fout. 

Enfin, je maintiens vraiment mon amour pour toute la première partie. Voir la relation entre Ren et Kumatatsu évoluer de scène en scène est un émerveillement, et je suis heureux de voir qu’on échappe au cliché du gamin relou mais aussi malin que les adultes. Non, Ren est un gosse, pas forcément plus intelligent qu’un autre, qui est juste plus têtu que quiconque. Remplie de belles scènes, des plus jolis décors et d’un fantastique OST, cette partie sera vraisemblablement ce qui va le plus rester en tête à la sortie du film.

Les bastons entre Kumatetsu et son rival <3.
Les bastons entre Kumatetsu et son rival <3.

EN SOMME. C’est un très beau film, pas le meilleur d’Hosoda mais sans doute un des meilleurs dans l’histoire récente de l’industrie de l’animation japonaise. Sa vraie grosse qualité c’est son accessibilité qui va peut-être pas mal jouer en sa faveur sur le long terme, d’autant qu’avoir Gaumont comme distributeur peut lui être avantageux (même si hélas ça veut dire avoir aussi une affiche assez moche.) Son vrai gros défaut c’est d’avoir une fin en déça du reste du film mais qui, malgré toutes mes critiques, m’a tout de même un peu émue. Ce n’est certes pas la même claque émotionnelle que Les Enfants Loups mais si on retrouve une thématique familiale extrêmement proche,  le récit en lui-même n’a pas les mêmes ambitions.

Donc finalement allez-y en vous attendant à autre chose que Summer Wars ou que Les Enfants Loups. Ça reste un film à voir et il n’y a définitivement plus du tout à s’inquiéter pour l’avenir de Mamoru Hosoda dans cette industrie, si jamais vous aviez encore une micro-crainte.

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Mangarama doux et sensible

Bon on va pas vous mentir, la période est un peu stressante quand on vit en Ile de France. Les événements de vendredi dernier ont un peu chamboulés tout le monde, et personne n’a l’air de s’en être vraiment remis, non sans raisons. Alors que dehors tout le monde est un peu mentalement dans les choux, sur Internet tout le monde est devenu proprement hystérique. Twitter est devenu une machine à ulcères mal-sourcés tandis que Facebook est devenu un réceptacle à haine mal placée. Les donneurs de leçons profitent de l’événement pour se lustrer, les militants de tous bords pour propager leurs agendas idéologiques et nos responsables politiques ne convainquent personne, ne se montrant pas à la hauteur, d’une inculture et d’une irresponsabilité affolante, préférant ragequitter l’Assemblée Nationale au moment le moins acceptable ou se forcer à sortir des phrases qu’ils veulent voir écrit dans les futurs livres d’histoires mais qui sont si mauvaises qu’elles auraient été refusées d’une dissertation de philosophie de Terminale S.

Le tout sous les yeux de citoyens qui, à cause d’une éducation nationale qui a toujours méprisé l’éducation civique, ignorent complètement comment fonctionne le processus démocratique et crient à 1984 dès qu’ils se fantasment une dictature. Quant au combat contre Daesh, combien s’improvisent experts en guerre et géopolitique avancée, essayant de pleinement nous expliquer en 140 caractères des choses d’une affolante complexité, dans une région avec un jeu d’alliance entre états et structures qui rend la Première Guerre Mondiale incroyablement simpliste ?

En bref, des bonnes nouvelles, il n’y en a plus et on devient tous progressivement un peu fous, pas aidés par des réseaux sociaux qui nous inonde d’hystérie, incapable de nous aider à prendre le recul et la réflexion nécessaire. On sature tous et on ne visualise plus très bien un avenir radieux.

MAIS.

HEUREUSEMENT.

Y’A LES MANGASSES.

YAY.

J’en lis toujours plein en ce moment, alors on va faire un petit tour de mes derniers coups de coeurs et autres lectures qui me paraissent intéressantes d’évoquer. J’ai une petite limite de temps devant moi pour écrire donc je vais simplement tâcher d’en citer le maximum. Beaucoup de romcom par contre donc si vous êtes allergique au genre… well, lisez quand même, y’a ptet des bonnes surprises.

A Town Where You Live / Kimi no Iru Machi

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Manga de Seo Kouji, qui est un auteur que j’avoue ne pas connaître tant que ça. Je connaissais Suzuka de nom sans jamais l’avoir vraiment lu, étant donné que le tome 1 est sorti en France à une époque ou la romcom était absolument pas mon truc. C’est un autre très productif depuis une quinzaine d’année et Kimi no Iru Machi est un peu son magnum opus avec près de 27 volumes. Honnêtement j’aurais pu (et du) attendre de terminer de le lire – me reste, quoi, 20 chapitres – avant d’en parler ici mais comme je visualise à peu près où il veut nous emmener, bon. Au pire je ferais un article complet, comme Axel.

Bon alors l’histoire ça se passe dans un village de campagne un peu paumé pas loin d’Hiroshima et on a un lycéen nommé Haruto qui vit avec ses potes et se contente d’amour non déclaré jusqu’à ce que s’installe chez lui une tokyoite nommée Yuzuki qui va au départ l’emmerder grave jusqu’à ce que au bout de deux ou trois tomes, il se rend compte que, eh, elle l’aime et ptet que lui aussi.

A partir de là, on a 27 tomes remplis de très très nombreux retournements de situation. Sa vie et celle de Yuzuki vont pas mal changer, il va rencontrer d’autres filles, connaître la joie d’être en couple, celle de se manger un rateau, essayer de trouver un boulot, etc etc. Au final on va donc suivre cinq / six ans de la vie de ce garçon et des filles qui vont parsemer son quotidien. Sachant que, bon, Yuzuki va être la plus importante du lot.

C’est un manga qui, honnêtement, me fait kiffer autant que rager. En vrai c’est pas mon premier Kouji Seo: j’ai lu tous les chapitres de Fuuka sortis jusqu’à maintenant et déjà à l’époque certains rebondissements m’ont un peu rendus fous. Mais au moins Fuuka a pas LE souci de IruMachi. Non parce que, putain, qu’est-ce que Haruto il est CON. Il prend les pires décisions possibles, est motivé par rien, a zéro réflexion, serait incapable de voir un éléphant dans un couloir et, en plus, il est du genre pur-teubé. Ce mec il ferait du RPG ça serait un Lawful-Good mais, genre, Lawful-Dumb. Y’a tellement de rebondissements dans le manga qui tienne sur son incapacité à prendre des bonnes décisions ou à se laisser guider par son instinct au pur moment possible que des fois t’as juste envie de le tabasser. Ce qui tombe bien vu que y’a des fois OU IL S’EN MANGE UNE:

CA FAIT PLAISIR QUAND CA ARRIVE
CA FAIT PLAISIR QUAND CA ARRIVE

Après il évolue au fur et à mesure du récit et il est sensiblement moins crétin une fois passé le quinzième volume. Il reste quand même parfois borderline idiot (sa vision du sexe est très… japonaise…) mais ça va, les autres personnages contrebalancent en étant tous bien plus intéressants à suivre. Mention spéciale à Rin la machiavélique, qui vient foutre la merde et montrer littéralement ses boobs à chacun de ses apparitions. Ou à la voisine qui se fait toujours plein d’idées à la con.

En soit, Kimi no Iru Machi est pas extraordinaire. Son intrigue repose sur une accumulation de rebondissements un peu torchés ou reposant sur des coïncidences un peu lourdes (y’a une partie ou les personnages sont à Tokyo mais passent leur temps à se croiser toujours aux moments les plus gênants) mais pour peu qu’on accepte ça, on trouve aussi des jolies scènes pleines d’émotions, une histoire d’amour idyllique racontée de A à Z et une lecture bien rythmée. Puis ça peut être aussi assez drôle par moments.  Donc ouais, j’ai bien ragé sur ce manga tout le long de la lecture mais je n’en garderais pas pour autant un mauvais souvenir.

 

Cross Manage

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Mon obsession compulsive du moment c’est le Jump et, non, je suis désolé, je n’ai pas encore soigné ce souci. Cette semaine débute donc une nouvelle série dans le magazine, écrite et dessinée par KAITO, qui se nomme Buddy Strike. Le chapitre 1 est pas mal et je me suis bien moins emmerdé que ce que je craignais vu le thème (du baseball, c’est chiant le baseball.) Mais du coup je me suis demandé comment avait performé le manga précédent du même auteur, j’ai sorti mon tableur à stats, j’ai vu que la série précédente avait réussie à durer 5 tomes (ce qui est au dessus de la moyenne des lancements) malgré des ventes médiocres (4 tomes sur 5 même pas classés dans le fameux top 50 de l’Oricon) et un classement de popularité assez nul (en permanence dans le bottom 5.)

Du coup je devais le lire pour tâcher d’expliquer ce fait: pourquoi cette série s’est maintenue pendant presque cinquante numéros alors que tout était contre elle ?

Et bah surprise: C’EST VRAIMENT BIEN. Continuer la lecture de Mangarama doux et sensible 

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Spectral Spooky

Je sors d’une avant-première de Spectre, je me disais « rah faut que j’en parle », j’allais commencer à faire plein de tweets puis je me suis souvenu adroitement du fait que, un blog, ça peut aussi servir à ça.

Donc je vais revenir en vitesse sur ce 24e film James Bond, avec une liste de bons points et de mauvais points. Pas de spoilers, sauf dans une zone « balisée » en bas de l’article.

Mise en contexte: j’avais adoré Skyfall que j’ai rapidement placé comme un de mes films Bond préféré, que je suis allé ensuite voir 3 fois au cinéma, et que j’ai rematé 2 fois en blu ray depuis. Du coup j’étais hype pour Spectre parce que c’est la même équipe et que le casting m’avait l’air alléchant. Après, en dehors du casting, j’ai rien vu d’autre: pas de trailers, pas d’images…. j’ai tout découvert sur place. Je savais juste que Spectre allait, forcément, parler du… Spectre.

Qu’est-ce que j’en ai pensé: Eeeeeeh je sais pas encore. Je me suis pas ennuyé, le temps est passé vite (2h30 de film quand même), je voulais toujours savoir ce qu’il allait se passer après… mais que ce soit pendant ou après le film je me suis quand même fait pas mal de réflexions qui m’ont parfois un peu sorti du délire.

En somme, j’ai mis 6/10 sur Sens Critique.

Spectre

C’est quoi les bons points ?

  • Tout le pré-générique fouyaya. Toute cette intro est visuellement belle, imaginative, est remplie de bonnes idées et passe comme une lettre à la poste.
  • Visuellement le film remplit son objectif de film 007 c’est à dire qu’il nous propose plein de décors superbes tout autour du monde, avec des plans qui claquent la gueulent. L’hotel dans les Alpes, holala, s’il vous plaît, c’est bon.
  • Les scènes d’action sont également très sympas à suivre. Il y’en a finalement assez peu mais elles remplissent toutes très bien le taf qu’on attend d’elles. Une scène de bagarre en particulier m’a laissé un excellent souvenir.
  • J’ai bien aimé la fin du film. Elle déstabilise un peu ce qu’on a connu dans le reste de la franchise et, à ce titre, devient instantanément assez mémorable.
  • L’usage de certains personnages secondaires. Les mecs sont pas cons, ont remarqués que Q avait été un des points les plus remarqués de Skyfall, et ont donc pas mal augmenté son apparition dans le film. De même, Moneypenny est bien plus active que sa contepartie dans les films « classiques » même si on peut regretter qu’elle soit limitée à un job de bureau.
  • Dans les nouveaux personnages, j’ai beaucoup aimé celui interprété par Dave Bautista, Hinx. J’ai juste un gros regret que je vais mettre dans la catégorie spoiler.
  • Le fanserv 007 classique – les voitures, les montres, les costumes, les smokings. On est dans James Bond, tout est là, c’est bien.
  • L’humour est souvent bien senti
  • J’ai pas écouté le générique avant d’entrer dans la salle et je l’ai trouvé tout à fait correct. Il est pas aussi ouf que Skyfall ou You Know My Name mais il fait pas non plus tâche dans le milieu prestigieux des chansons-de-génériques-de-James-Bond. Visuellement, il est plutôt sympa aussi. Je me le materais sans doute en boucle.
  • Moralité du film: la surveillance numérique des citoyens, c’est de la bonne grosse merde. Toujours bon à prendre.

 

C’est quoi les mauvais points ? 

  • Le méchant
  • Depuis Casino Royale, on sent bien que les films avec Craig tentent avant tout de réimaginer le personnage de James Bond et de casser les codes autour de lui. Et autant dans Skyfall ça parvenait à mon sens à rester équilibré, dans Spectre c’est vraiment trop forcé et ça ne marche plus vraiment. Le film continue de nous refiler masse d’éléments sur le « passé de James Bond » et tente péniblement de créer une continuité pas forcément très bien pensée en amont avec les autres films de Craig – Skyfall, bien évidemment, mais aussi et surtout Casino Royale et Quantum of Solace. C’est assez maladroit et pas très bien fait, à mon sens. Je développe ça en spoiler.
  • Les dialogues sont parfois d’une terrible médiocrité et on a parfois des scènes entières de personnages qui discutent entre eux avec des one-liners parfois pas très inspirés. Au début c’est sympa mais au bout de 2h de film c’est parfois un peu gavant de les voir enrober leurs propos de pseudo-mystère et de se sentir comme François Damiens dans la scène de rencontre des espions dans OSS 117. 
  • La romance du film est d’une nullité sans fond. Et c’est même pas la faute au peu de temps alloué pour le développer parce que j’ai honnêtement vu des hentai de 20 pages avec une meilleure histoire d’amour. Et c’est con parce qu’elle est importante. 
  • Le traitement du SPECTRE est au final super baclé. On devrait avoir affaire à THE organisation criminelle, finalement on ressent que dalle tout du long et on a pas l’impression que c’était si ouf que ça. Il manque une grosse envergure à la chose et le méchant, qui devrait donc être le « boss de fin », peine à trouver l’aura nécessaire pour qu’on se dise à la fin « ouf, ça y’est, le monde est sauvé. »
  • Putain l’affiche du film est moche as fuck quand même.

Voilà, de tête et à chaud, ce que j’ai à dire.

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Pour le reste, SECTION SPOILER. Cliquez sur la flèche pour lire des délicieux spoilers ou je rage un peu dedans:

  • Jinx (le personnage de Batista) m’a autant fasciné que y’a un traitement bizarre autour de lui. J’ai ultrakiffé son coté « immortel » et je m’attendais honnêtement à le voir réapparaître n’importe quand. Mais non, il a l’air d’être vraiment mort ce qui est con vu à quel point sa mort dans le film est pourrie (emporté par des bidons en disant « merde » comme un teubé.) Maintenant je comprends pas: pourquoi il bute un gars au début ? Pourquoi il essaie de tuer Bond et Marguerite dans le train alors que son boss les attend dans son hôtel au bout de la ligne ? C’est bizarre. Et sa mort est bien pourrie, c’est chiant.
  • Le personnage de Waltz est terriblement plat, ce qui est con vu que c’est LE CHEF DU SPECTRE, PUTAIN. Il apparaît finalement trop peu, dit des dialogues assez bateaux et son jeu se limite à « eh, tu peux refaire comme dans Inglorious Basterds, stp » ce qui doit rendre Waltz passablement frustré à force. Du coup il fait le strict minimum et c’est qu’à partir du moment ou il apparaît défiguré qu’il dégage quelque chose… Mais c’est trop tard. Le vrai souci au final c’est que Silva et le Chiffre dégagaient bien plus de terreur que lui alors que, du coup, c’est canoniquement ses subordonnées. C’est chaud ça.
  • Lier Bond à Blofeld ? Pourquoi pas. Le faire avec un truc qui n’a jamais été évoqué avant, qui sort de nulle part, et qu’on nous sort sans jamais nous y avoir un peu préparé ? Euuuuh, bof. C’est cool de savoir qu’ils sont « frères » mais, au final, ça change pas grand chose pour nous. Si à la fin le mec a crée le Spectre juste pour faire chier Bond parce qu’il supporte pas que son papa s’occupe pas que de lui, bah nique toi scénariste parce que pas moyen que le Spectre naisse d’un truc aussi débile.
  • De même, le « plotwist » ou soudainement Oberhauser dit qu’il est Blofeld et, histoire qu’on comprenne bien, nous sort un chat persan de NULLE PART, ça tombe un peu à plat aussi. Là aussi parce que le nom sort de nulle part, qu’on a eu aucun indice avant et que ça donne l’impression de remplir le cahier des charges.
  • L’histoire d’amour entre Bond et Marguerite a le même souci: au début ils se haïssent puis, soudainement, ils se détestent plus et d’une scène à l’autre ils sont soudainement amoureux transit. Pour un mec censé être traumatisé à vie depuis la mort de Vesper dans Casino Royale, c’est assez mal amené et on voit pas trop ce qui fait que ELLE en particulier soit la bonne ou à quel moment clé la relation entre les deux s’est améliorée au point de se dire des mots d’amour et d’avoir une confiance en acier l’un avec l’autre. Du coup je peine à y croire tout le long du film.
  • Pourquoi Blofeld drille le cerveau et les nerfs de James Bond ? Je veux dire, 2mn après qu’il soit censé être devenu handicapé par ces drilles James court et one shot des mecs à coup de mitraille à plus de 30m de distance.
  • « Ahah M comme Minable » « et toi tu es C comme Clown. » Putain sérieux, niquez vous avec vos phrases de merde. A la fin de Skyfall, on pensait que le nouveau M était un mec badass et dans Spectre il remplit un rôle quasi équivalent au commissaire dans Taxi.
  • Mais du coup ils comptent vraiment faire d’autres films avec Craig ? Ils ont bouclés tout ce qu’ils avaient à dire, là quand même ! Et si ils font un film avec un autre acteur, comment ils vont gérer ça ? Ils vont lui inventer un autre background pour lui aussi ? Ca devient compliqué…
  • Par contre dans les bons points que je vais spoiler: BOND ET MARGUERITE QUI REGARDENT UNE USINE EXPLOSER PENDANT UNE MINUTE <3333. Ce porno d’explosions, c’est si bon.
  • Enfin ok j’aime l’idée de la fin. Bond tue pas le méchant, le laisse à la justice, part profiter de sa vie, transformé ? Cool. J’aime bien.

Voilà voilà. Maintenant James Bond reviendra, etc etc, et j’espère le retrouve d’ici trois ans, ça reste mon kiff les films 007 <3.

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