Archives mensuelles : décembre 2015

Découvrir Persona en 2016: comment, par où

Bonjour Paris ! Comme chaque année, il est l’heure de l’article du réveillon ! Et cette année, et alors que je suis en pleine crise de passion pour Persona 4 Dancing All Night, je vais répondre à cette grande question, celle qui peut-être vous hante la nuit: comment se mettre à Persona ? Alors que le 5 arrive et que la hype sur Twitter va être stratosphérique, prenons donc quelques instants pour se poser, récapituler et tâcher de guider les gens qui aimeraient débuter Persona mais ne savent pas par où commencer, qui sont un peu dans le vague.

On va le faire façon FAQ, comme ça c’est simple et efficace.

Artwork représentant tous les héros de la franchise, jusqu'au 4. Auteur inconnu.
Artwork représentant tous les héros de la franchise, jusqu’au 4. Auteur: The Star of Pisces.

C’est quoi Persona ? 

Woh euh, cash. Donc Persona est une série de JRPG. Longtemps liée à la franchise des Shin Megami Tensei, dont elle en était un spin-off, elle a commencée de plus en plus à prendre de la distance au point d’aujourd’hui devenir plus importante que sa parente. C’est donc développé par la boîte ATLUS, le premier volet date de 1996.

Les épisodes « canons » de la saga sont, dans l’ordre:

  1. Persona (Playstation / 1996)
  2. Persona 2: Innocent Sin (Playstation / 1999)
  3. Persona 2: Eternal Punishment (Playstation / 2000)
  4. Persona 3 (Playstation 2 / 2006)
  5. Persona 4 (Playstation 2 / 2008)
  6. Persona 5 (Playstation 3, Playstation 4 / 2016 ???)

Les particularités des Persona, communes à chaque oeuvre:

  • Tous situés en ville dans son époque contemporaine, ambiance très portée sur les légendes urbaines et sur ce qui se cache derrière les apparences.
  • Les héros, tous lycéens, sont souvent chargés de sauver leur ville d’une menace qu’eux seuls peuvent percevoir et de cacher leur « occupation » du reste de la société
  • La Velvet Room: espace occupé par un mystérieux personnage nommé Igor, qui est le seul personnage que partage tous (?) les épisodes de Persona (le doubleur original étant décédé, à voir si il sera de la partie pour le 5.)
  • Persona: créatures légendaires / mythologiques qui aident le joueur à combattre, qui peuvent être collectionnés, fusionnés, entraînés, etc. Ce grand bestiaire mythologique est partagé avec la saga Shin Megami Tensei.
  • Le système de combat est généralement le même que les Megami Tensei et jouent particulièrement sur un système de résistance/faiblesse assez simple mais qui exige un certain goût pour la stratégie sous peine de se faire avoir facilement même par un ennemi lambda.
  • Les musiques butent la gueule
Extrait de la jaquette du remake PSP de Persona 2 Eternal Punishment
Extrait de la jaquette du remake PSP de Persona 2 Eternal Punishment

Persona 3 et Persona 4 ont eux principalement apportés… un calendrier: la vie du héros est à gérer au jour le jour, chaque journée étant divisée en plusieurs parties (« matin », « midi », « après-midi », « soirée », etc.) Quand on a du temps libre (ce qui arrive souvent après l’école), le joueur peut explorer la ville, faire des petits boulots, se rapprocher d’autres personnages, aller farmer dans le donjon, etc.

Du coup les deux jeux vont accorder une certaine importance à la manière dont tu gères ton temps libre, sachant que les dates « importantes » – celles où le scénario va immanquablement avancer – sont facile à voir arriver (dans Persona 3, c’est les pleines lunes ; dans Persona 4, les jours de brouillard) donc le joueur connaît sa deadline et doit se prépare convenablement avant celle-ci.

A coté, il y’a un certain côté « dating sim » puisque vous allez pouvoir passer du temps avec différents personnages (membres du groupes, camarades de classes, petits vieux, connards de renards) et faire évoluer votre « affinité » avec eux. Quand vous atteignez l’affinité maximale, cela vous permet d’accéder à l’invocation la plus puissante de l’arcane de tarot auquel est lié le personnage. Donc passer du temps à tchatcher avec des gens pour augmenter votre affinité avec eux est très très loin d’être inutile !

Voilà, en somme, les particularités principales des Persona.

Artwork officiel de Persona 3 Portable
Artwork officiel de Persona 3 Portable

Ok je suis chaud, je commence par le premier ?

Persona c’est un peu compliqué en terme d’univers mais dites vous que chaque jeu est indépendant. Pas besoin de jouer au 1 pour jouer au 2, qui lui-même n’est pas nécessaire pour le 3.  Même les deux Persona 2 sont indépendants l’un par rapport à l’autre (tout en étant complémentaires.)

Du coup y’a aucune raison de commencer par le premier.

C’est pas une question d’accessibilité: comme Persona 3 et Persona 4 ont été des vrais gros cartons, tous les Persona antérieurs sont ressortis sur PSP, avec une trad occidentale. N’importe qui avec une PSP ou une Vita peut donc télécharger le jeu légalement a pas trop cher.

Screenshot du remake PSP de Persona
Screenshot du remake PSP de Persona

Problème: le jeu, même « remaké », a très très mal vieilli: graphismes, système de combat, rythme, difficulté mal dosée… En outre, le scénario du jeu n’est pas incroyable et les personnages sont rapidement insupportables, si je peux me permettre le jugement. Enfin y’a rien des choses « attirantes » qui ont fait le succès en Occident de Persona 3 & 4. Non, commencer par le premier volet c’est assez chaud.

Persona 2 a moins ce souci: les deux « épisodes » du jeu ont une intrigue bien plus solide mais, à nouveau, accusent leurs âges niveau gameplay et difficulté. Mais ça reste plus abordable que le premier et c’est des jeux qui racontent des choses intéressantes ! Néanmoins, ça reste difficile à conseiller comme premier contact. C’est un peu aride.

Screenshot du remake de Persona 2: Innocent Sin
Screenshot du remake de Persona 2: Innocent Sin

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Dungeon Meshi – Méchoui & Dragons

En ce début de mois de décembre est paru au Japon le Kono Manga wa Sugoi de cette année, comme toutes les grandes traditions annuelles. Ce classement, crée pour les besoins d’un livre, revient sur les « meilleurs mangas de l’année », en faisant deux grands tops: un destiné au public « masculin » (shonen / seinen) et un autre au public « féminin » (shojo / josei.) Ces tops sont composés par un jury large composé de personnes issues de l’industrie du manga donc aussi bien des journalistes que des auteurs, des éditeurs, etc. La tradition s’est désormais inscrite annuellement et a récompensé beaucoup d’oeuvres au fil des âges: Bakuman, Chihayafuru, Assassination Classroom, l’Attaque des Titans ou bien Mes Petits Plats Faciles ont comme points communs d’avoir été premiers de leurs tops respectifs durant au moins une édition annuelle. C’est intéressant de consulter ce classement car mine de rien il met en avant les séries « qui montent » et ne s’arrête jamais aux gros hits, même si la liste des vainqueurs pourrait laisser croire le contraire.

Cette année, le top 2016 offre donc ses deux premières places à deux séries: Wotaku ni Koi ha Muzukashii du coté « féminin » et Dungeon Meshi du coté « masculin. » A partir de là, la curiosité frappe et je me suis donc dit: ça vaut quoi Dungeon Meshi ? Ca fait un petit moment maintenant que je commence à voir des gens en parler, doucement mais sûrement, donc qu’est-ce que c’est que cette série ? De quoi ça parle ? J’aurais quoi à mon repas de Noël en famille ? Est-ce qu’on va encore me resservir du gateau qui a cassé 30 fois le cycle du froid, comment l’an dernier ?

Autant de questions que je vais tâcher de répondre ici. En tout cas, après 20 chapitres une chose est sûre: Dungeon Meshi, c’est vraiment intéressant.

Extrait de la couverture du tome 2
Extrait de la couverture du tome 2

Ca prend donc place dans un monde d’heroic-fantasy assez classique: des aventuriers descendent les étages d’un donjon, ils rencontrent des monstres, chopent des trésors, bref, c’est Donjons & Dragons all over again. Ou Druaga si vous voulez une référence un peu plus japonaise. Bref, on suit un gang qui se retrouve à faire face à un gros dragon rouge et, pas de bol pour eux, ils se font tous déglinguer surtout l’une d’entre elle, Farin, qui se fait carrément dévorer en sauvant son frère, Laius. Et problème: si tous les membres de l’équipe ont réussis à se téléporter à la sortie sans difficultés, Farin, elle, est restée dans l’estomac du dragon !

Une nouvelle quête s’annonce donc pour nos aventuriers: redescendre le donjon et essayer de sortir Farin de cet estomac reptilien avant qu’elle ne soit complètement et définitivement digérée. Car autant les aventuriers morts dans ce donjon peuvent revivre grâce à des sorts spécifiques, autant ceux qui finissent en excréments… c’est plus compliqué. Sauf que bien évidemment cette team a un problème grave: ils sont pauvres. Contraints de faire d’importantes économies sur les rations de nourriture, ils vont devoir se nourrir directement en mangeant les monstres du donjon et pour ça ils vont rencontrer Senshi, un nain particulièrement expert dans l’art de cuisiner du monstre !

Donc voilà, on est parti avec Laius le gourmand chevalier humain, Marcille la flippée mage elfe, Chilchack le sérieux mi-humain voleur et Senshi le très expérimenté nain expert en gastronomie donjonnière !

Fanart par
Fanart par 裏鳥(清丸)

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Bilan 2015 du Shonen Jump, entre statistiques et modernité

Article pour clôturer l’année, en douceur et en sagesse, avec déjà le troisième article de l’année que je vais dédier au Shonen Jump. Promis, c’est le dernier avant un bon moment.

A ce titre, si vous n’êtes pas encore vraiment initié à la manière dont le succès d’une série est jugée dans le Jump, je vous invite à lire cet article de début octobre où j’explique comment on suit le classement d’une série et comment on peut facilement juger si il s’agit d’une réussite ou d’un échec. Enfin, si vous ignorez ce qu’est le Shonen Jump et quelle série on trouve dedans je pourrais namedropper des séries publiées dedans comme Dragon Ball, Naruto, Ken le Survivant, Hunter X Hunter, Bleach, Death Note ou My Hero Academia et linker un autre article qui est la retranscription d’une conférence de présentation du Jump en 2015 que moi et Yoka avons donnés à Japan Expo.

Cet article va être un bilan des séries du Shonen Jump qui ont été publiées pendant l’année 2015. On va donc tâcher de regarder comment cette année se sont débrouillées les différentes séries à l’affiches, voir les séries qui ont débutées, celles qui se sont terminées et souvent parfois qui ont fait les deux à la fois en 2015. Mais au délà de ça, comment les grands anciens du magazine se sont comportés, quelles sont les tendances, ce groupe de séries nées en 2011 et 2012 qui sont à l’affiche du magazine le sont-ils toujours, à l’affiche ? Comment le magazine a géré la fin de Naruto et Kuroko no Basket en 2014 ?

On va donc le voir, avec des stats, des graphiques, des présentations et des opinions subjectives parce que faut bien que je capitalise sur le fait que je lise (presque) tout. Le meilleur des mondes.

STRAIGHTENUPYAY

Points importants:

  • « Année 2015 » va des numéros allant de décembre 2014 à décembre 2015. Le Jump a cette numérotation bizarre. Par exemple celui sorti y’a deux semaine était le 2016.02, le second numéro de 2016, alors qu’il est sorti début décembre. Donc plus d’aisance, on va du 01.2015 au 53.2015.
  • Idem pour les chiffres de ventes puisque les classements Oricon annuels vont de mi-novembre à mi-novembre. Donc là les chiffres de ventes en première semaine que vous allez voir couvrent là aussi la période qui va de mi-novembre 2014 à mi-novembre 2015.
  • Même si le dernier numéro de l’année est le 2015.53, il n’y a pas eu 53 numéros du Jump en 2015: il y’a aussi eu quatre numéros double qui sont numéros, par exemple, 2015 04/05 ou 2015 06/07. Ils ne sont même pas double en taille, juste qu’ils couvrent plusieurs semaines (c’est lié à Noël, au Nouvel An, à la Golden Week et à la première semaine d’août, qui correspond aux vacances d’été.) Ca fait un total de 49 numéros, en réalité. 
  • Pour les graphiques de ventes: l’Oricon donne des chiffres détaillés… pour les séries qui sont dans des top hebdomadaires, mensuels, semestriels ou annuels. On peut donc avoir du mal à traquer, pour les « petites séries », les chiffres exacts. Pour les séries du Jump j’ai donc décidé de prendre les ventes en première semaine comme base des graphiques de ventes pour chaque volume. Ceux-ci sont assez pertinents pour mesurer les tendances d’une série, malgré leurs petites imperfections.
  • Pour le classement des chapitres et les graphiques j’ai choisi la méthode « Pure » c’est à dire que je ne COMPTE PAS les chapitres avec pages couleurs, qui sont aussitôt considérés comme hors classement. C’est pour ça que vous verrez dans les graphiques moins de chapitres qu’il en est sorti dans le courant de l’année.
  • Au passage, les couvertures sont TOUJOURS accompagnées d’une page couleur qui, donc, compte dans le total des pages couleurs. Donc quand j’indique: série présente 3 fois en couverture, 5 numéros avec pages couleurs, ça veut dire que sur les 5 numéros pages couleurs, les 3 fois en couvertures sont inclus dans le chiffre. 
  • Néanmoins, et c’est ma particularité, je continue à compter la série qui fait la lead color, c’est à dire est situé en premier dans le magazine. La première place ne veut donc rien dire sur la popularité de la série mais je continue à la mesurer parce qu’elle a un sens, éditorialement. Par contre je ne le met pas dans les graphiques.
  • Enfin pour les séries qui débutent: les 8 premiers chapitres ne sont pas comptés dans les graphiques puisque ce sont des chapitres qui sont placés non pas en fonction des sondages de popularité mais en fonction des choix éditoriaux.
  • Cliquez sur les graphiques pour les afficher dans leur taille réelle. Ca les rendra plus lisible, c’est fait pour ça !

En bonus, vous trouverez à la fin de l’article des statistiques plus globales sur le magazine: nombre de couvertures, de pages couleurs, d’absences, de première place, etc.

Bon, allons y.

C’est le top !

One Piece

IlluOnePiece

couvertures pour un total de numéros avec pages couleurs. La série a été absente de 9 numéros.

OnePiece

tomes sortis en 2015 (du 76 au 79)

VentesOnePiece

Total des ventes 2015 – 14 102 521 exemplaires – 1er du top 30 Oricon annuel

Comment ça se porte ? Bah très bien, hein. Tout le monde espérait l’an dernier à la même période qu’il se fasse enfin bouffer par l’Attaque des Titans ou Seven Deadly Sins dans le classement annuel mais au final One Piece reste plus largement devant et continue d’écouler minimum deux millions d’exemplaires de chaque nouveau tome. Ce qui lui est très avantageux cette année puisqu’avec un nouveau tome de plus par rapport à l’année 2014, ça booste pas mal les chiffres.

De manière intéressante, la série aura été éditorialement bien moins mise en avant que les années précédentes. Que 7 numéros avec des pages couleurs dont 5 duo couv/lead cover, ça fait bizarre quand on se dit que en 2013 elle aura fait 10 pages couleurs… dont 9 dûes à des lead colors !

Les gens vous diront que ça se vend moins bien qu’avant, et ils auront raison, mais dites vous que les 37 millions d’exemplaires vendus en 2011 ça reste un incroyable événement qui n’est sans doute pas près d’être répété. Alors dans un sens, c’est bizarre de se dire que One Piece est sur la « pente descendante » en terme de vente mais vu que ça empêche pas la série de continuer à casser tous les records, on le perçoit mal.

Ah, et je commente même pas la popularité du manga dans le magazine, c’est juste même pas drôle. La série va tranquillement avoir vingt ans et je peux vous compter le nombre de fois où elle a été placée au délà de la 5eme place dans le sommaire SUR UNE SEULE MAIN et je parle pas de 2015, je parle de depuis 1997. 

Finalement le seul truc un peu noir dans le bilan c’est ses « nombreuses » absences mais c’est à un rythme régulier et c’est moins triste que ça pouvait l’être il y’a trois/quatre ans. Oda se tue la santé pour nous mais il a l’air de tenir bon. Courage !

Prévisions pour 2016: toujours le n°1 en tout, vraisemblablement. Je serais vraiment surpris si soudainement ça se cassait la gueule parce que y’a aucun signe de mauvais santé devant nous. Si la santé d’Oda lâche l’affaire, ok, mais autrement…

Et sinon, tu en penses quoi ? Alors instant confession: j’ai laché One Piece autour du tome 45, et ça fait donc genre cinq ans que je me dis que faut que je me bouge et que je reprenne. J’ignore donc un peu ce qu’il se passe dans l’arc actuel…

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Raise Your Flag – Passion et élitisme font-ils bon ménage

La question de l’élitisme et, plus largement, de comment communiquer sa passion est une question soulevée parallèlement par un article – que je trouve personnellement assez maladroit – sur le Nostroblog par Eck, et comme c’est un thème sur lequel je me questionne beaucoup ces derniers temps, ça me paraît être le moment le plus pertinent pour en parler.

Commençons par une mise en contexte, qui je suis, pourquoi je me la ramène sur le sujet.

Donc voilà, on est en décembre 2015 et cela va faire une dizaine d’année que je me suis immergé dans cette communauté française de fanas de culture visuelle japonaise qui m’a apporté une quantité ahurissante de bonnes choses, qui contrebalancent plus qu’aisément les quelques soucis que j’ai pu y avoir. Si initialement je squattais surtout les quelques forums Saint Seiya et Bleach que je pouvais croiser, et que mes actions physiques concrètes se sont limitées pendant trois ans à la visite annuelle de la Japan Expo, c’est via la création de ce blog en 2007 et la lecture de ceux liés à feu Blogchan puis Animint Sama que j’ai pu commencer à développer ma culture anime/manga et lier des relations de respect, ou d’amitié dont certaines sont toujours plus que d’actualité. Dans cette communauté que je commençais à fréquenter, j’étais d’ailleurs peut-être finalement un des moins âgés et un de ceux les plus arrivés « récemment » dans le game. J’ai donc eu cette chance de grandir en tant qu’otaku, entourés de personnes qui s’y connaissaient vraiment pas mal, et d’être très tôt exposé à des œuvres en dehors de l’actualité et en dehors de ma « génération. »

Après dit comme ça ça paraît être le paradis mais cela avait ses contrecoups: à la moindre approximation, je me faisais dézinguer par ces mecs qui savent, et gare quand je trouvais un animé de l’actualité vraiment super bien parce qu’il avait de fortes chances que cette génération au dessus de la mienne ne comprenne pas mon enthousiasme et me le fasse comprendre avec plus ou moins de politesse. J’ai donc grandi avec ce paradoxe parfois difficile à gérer: pour le « grand public » j’étais le mec « qui m’y connaissait pas mal » mais je savais que j’avais pas cette légitimité auprès de cette génération qui me maltraitait plus ou moins gentiment à la première lacune de culture que je pouvais exprimer.

Lève ton drapeau et fais raisonner ta voix, par endlesscat
Lève ton drapeau et fais raisonner ta voix, par endlesscat

Alors près d’une demie-décennie, qui s’étend peut-être de 2008 à 2012, à vivre avec ce traitement et bien aujourd’hui encore je vis dans ce doute permanent: quelle est ma réelle légitimité, ma réelle crédibilité ? Vous pourriez croire si vous ne connaissez que mon CV que je suis quelqu’un qui est solide sur le sujet: je gère deux podcasts dédiés à la culture visuelle japonaise (LOLJAPON et Kaorin) , chaque semaine je rédige un article « rétro » sur des animés toujours plus divers et variés pour le site Crunchyroll, j’organise et anime des conférences dans des milieux aussi variés que les Utopiales, Japan Expo ou Epitanime, je gère une association sur le sujet, organise une remise de prix des meilleurs animes annuels, je participe à la mise en place d’une convention japon centrée sur les coulisses de l’industrie, et parfois plus encore. C’est un gros CV. Pour l’auditeur de Radio Kawa ou le visiteur lambda en convention, je dois avoir l’image que je m’y connais.

Et pourtant des gens qui s’y connaissent mieux et qui s’expriment mieux sur le sujet, il y’en a des tonnes. J’ai lu « pas mal » de mangas et j’ai vu « pas mal » d’animés mais, honnêtement, j’ai toujours vécu en sachant que j’en ai pas vu assez. Certains jours, je m’en fiche, j’ai confiance en moi, je sens que je peux vous parler anime/manga pendant des siècles. D’autres jours, je me sens un usurpateur et j’ai peur que quelqu’un sorte d’un buisson en pointant du doigt mes manques évidents et en dénonçant le fait que malgré ça, je suis /trop/ présent sur l’Internet pour en parler. Je vis donc une drôle de balance qui, finalement, s’approche pas mal de ce truc que j’ai appris dans les rares cours de philosophie que je ne séchais pas et qui était à base de, « salut mec, la seule chose que tu sais c’est que tu ne sais rien. » Et ça me frustre autant que ça peut me tranquilliser.

L'habituel art kantoku du jour
L’habituel art kantoku du jour

Alors tant pis, je me pose toujours les mêmes questions: Qu’est-ce que je peux réellement apporter dans cette communauté ? Qu’est-ce que je fais concrètement pour « promouvoir » la culture visuelle japonaise sous toutes ses formes en France ? Et, parmi tout ce que je fais, quel est vraiment l’impact que cela a t-il ? Est-il positif, est-il négatif ? Le fais-je vraiment pour mettre en avant ce que j’aime ou est-ce que finalement je ne multiplie pas les projets pour l’attention et me donner l’impression d’être quelqu’un à moindre frais ?

C’est le genre de questions que j’arrête jamais de me poser.

Mais, la plus importante reste quand même celle-ci: Comment faire pour mettre le mieux en avant les choses que j’aime ? 

J’ai posé le contexte, qui je suis, d’où je viens, ce que je pense être, donc on va pouvoir concrètement en parler. Quel est à mon sens le meilleur moyen de faire aimer aux gens… ce que vous aimez ? Et, surtout, pourquoi l’élitisme pourrait faire plus de mal à ce que vous aimez que ce que vous pensez. « Je suis un élitiste, et alors ? » Et bah alors, je suis pas très fan…

Elito01
Boku no Ghibli Academia, par horikoshi

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Un an d’anime ~ 2014/2015

Siri ! Fais moi une définition du mot marronnier. 

  • Définition 1 : Variété de châtaignier cultivé, dont les fruits, comestibles, sont plus gros que les châtaignes (un seul par bogue)
  • Définition 2 : (Par analogie) Nom courant donnée au marronnier d’Inde.
  • Définition 3 : (Journalisme) Sujet qui revient de façon cyclique au fil des saisons.

Mais dis-moi Siri, l’article que nous allons lire n’appartiendrais t-il pas la troisième définition ? N’allons nous pas dès maintenant parti vers un article type, qui existe depuis huit ans sur ce blog ? N’est-ce pas l’heure…

… DU BILAN ANIME ANNUEL ???

Anime201501

Et oui, comme chaque fin novembre / début décembre, on est parti. Règle simple: je prends les douze mois de l’année écoulée et à chaque mois j’attribue un animé, que j’ai regardé et qui m’a marqué. Les animes cités ne se limitent pas aux nouveautés de l’année et peut être aussi bien des grands classiques cinématographiques que des séries à peine sorties.

On est parti et on commence par le mois de Décembre.

 

Décembre 2014

Souvenirs de Marnie

2015dec

Les avant-premières du carrefour de l’animation, toujours très sympa. En l’occurrence j’étais bien content de voir ces Souvenirs de Marnie de Yonebayashi qui sera sans doute plus gardé en mémoire pour son statut de « dernier Ghibli » que pour ses qualités propres, ce qui est dommage parce que c’est un film que j’ai énormément apprécié de bout en bout. C’est un film qui techniquement et objectivement est bien en déça du Vent se Lève et du Conte de la Princesse Kaguya mais, en même temps, qui m’a fait ressentir pas mal de sentiment et où j’ai vu une bonne heure et demie passer à vitesse grand V. Et puis j’aime bien ces histoires d’amitié, ça me réchauffe le coeur.

Alors oui c’est un film finalement certes mineur dans la cinématographie de Ghibli mais cela n’en fait pas un mauvais film pour autant. Je vous le conseille donc, assez bêtement.

Les années précedentes, en Décembre: Fate/Stay Night (2006) ; Serial Experiments Lain (2007) ; Clannad (2008) ; Macross: Do You Remember the Love (2009) ; The World God Only Knows (2010) ; Boku Wa Tomodachi ga Sukunai (2011) ; The Idolm@ster (2012) ; Le Vent se Lève (2013)

 

Janvier 2015

Sword Art Online II

2015janv

Toujours ce crush un peu stupide sur l’univers très débile de Sword Art Online et je ne sais pas quand ça partira. Peut-être quand je deviendrais enfin un vrai adulte ? Ça paraît relou dit comme ça.

Enfin bref, SAO II ça a été compliqué à regarder pour une raison simple: l’arc Gun Gale Online est tellement bof, c’en est ennuyeux. Au sens propre. C’est à dire que dans la saison 1 j’avoue avoir bien kiffé la partie Alfheim Online que tout le monde déteste parce que même si c’était écrit à la pisse, c’était assez fun et ça faisait le taff que je lui demandais. Mais GGO dans SAO II c’est honteux: le début m’a beaucoup plus mais ça se prend les pieds dans le tapis tellement vite que quand on se retrouve face au combat final on est devenu comme le squelette dans la pub Zelda III. C’est chiant ET c’est pas bon, le pire combo possible.

Heureusement, la seconde partie de cette seconde saison rattrape les dégats et, avec l’arc Mother’s Rosario, offre à mon sens le meilleur de ce que peut proposer SAO, avec même une petite pointe d’émotion. Presque bien écrit, cet arc permet de quitter SAO II avec l’impression que c’était plutôt sympa alors que, bon, faut pas oublier que dix épisodes plus tôt on était à deux doigts de se pendre avec nos mains tellement c’était nul.

Donc maintenant j’attends une adaptation de SAO Progressive ou de Aliciziation parce que je suis comme ça, j’ai peur de rien, et i’m such a trash comme ils disent sur tumblr.

Les années précédentes, en Janvier: La Mélancolie d’Haruhi Suzumiya (2007) ; Full Metal Panic (2008) ; Maria Holic (2009) ; Darker Than Black Ryuusei no Gemini (2010) ; Slayers (2011) ; Ben-To (2012) ; Sakurasou no Pet na Kanojo (2013) ; Hyouka (2014)

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