Archives mensuelles : février 2016

Metal Gear Solid V: The Phantom Pain – Ashes to Ashes

 Donc ça y’est, c’est fait, j’ai profité de la période de Noël et des promotions d’il y’a deux mois pour m’attaquer à la nouvelle génération de consoles. Et comme j’aime bien rester fidèle d’une marque à l’autre lors d’un changement de génération, c’est vers la Xbox One que mon choix s’est porté. Oui, je sais, certains d’entre vous vont s’empresser de me juger, mais je considère – à tort ou à raison – que les deux consoles n’étant pas vraiment si différentes que ça, je n’ai pas vraiment de raison de changer de bord. C’est ainsi, et mis à part quelques JRPG Jap que je n’aurais jamais eu le temps de faire de toute façon , je ne pense perdre tant d’exclus qui m’intéressent.

Evidemment, acheter une console c’est surtout le faire pour les jeux et là j’avais deux vrais arguments de choix qui m’attendaient:  le premier est Rock Band 4, évidemment, qui même si c’est une version très light de Rock Band 3 reste une suite que j’attendais et un moyen de me remettre un peu aux instruments en plastique après un an de petite pause. Le second… c’était très justement Metal Gear Solid V: The Phantom Pain. 

J’aime beaucoup la saga MGS. Je me souviens de mon mois de mai/juin de 2000 passé sur le premier jeu, avec sa VF. Je me souviens avoir galéré comme par permis dans la scène ou il faut grimper les marches d’une tour tout en faisant face à une vague d’ennemi avec son maigre FAMAS. Tout comme je me souviens déjà de ce scénario creusé, des cinématiques dingues pour l’époque ou du gameplay qui pour la première fois m’initiait à un genre que j’allais kiffer par la suite, celui de l’infiltration.

Puis est arrivé Metal Gear Solid 2 Sons of Liberty. Premier jeu que j’ai acheté day one. Avec le DVD Bonus, et tout. Je l’ai fini dans presque toutes les modes de difficulté 1, j’ai trouvé presque tous les dog tags, bref j’ai passé du temps sur ce jeu. A la fin je pouvais le speedrunner easy breezy. Je suis sur, j’aurais poussé encore un peu, j’aurais pu choper des records. Carrière manquée. Quant à Metal Gear Solid 3 Snake Eater, il a passionné l’adolescent fana de guerre froide que j’étais à l’époque, mais j’avoue l’avoir refait « que » trois fois.

C’est après qu’un truc s’est brisé: j’ai jamais eu de PS3 au bon moment pour Metal Gear Solid 4 2 et quand j’ai enfin pu jouer à Peace Walker via sa version HD sur Xbox360, j’ai adoré jusqu’a ce que je tombe contre d’horribles boss qui te demandent de l’endurance sur une demie-heure une heure. Du coup je ne l’ai jamais terminé. Et j’avoue n’avoir, du coup, absolument rien suivi sur ce cinquième épisode. Au point de rien ressentir en voyant les trailers débarquer à l’E3…

Alors qu’est-ce qui a changé ? Metal Gear Solid V: Ground Zeroes.

MGSVGroundZeroes

Sorti en 2014, ce jeu à la durée de vie internationalement reconnue comme nulle (la mission principale se clôture en une heure et demie si on y va à l’aveugle, 20mn si on sait déjà quoi faire et où aller) était gratuit durant l’été 2015 pour les détenteurs de Xbox Live Gold. Je suis donc allé squatter chez Concombre, heureux possesseur d’une One, et je me suis fait le jeu en un après-midi. Et là pam: le gameplay est méga bien fait, l’ambiance est dingue et le peu d’intrigue qu’il y’a se vaut surtout par le fait qu’il se termine sur un putain de cliffhanger. Donc oui, j’ai mal pour ceux qui l’ont payés 30 boules y’a deux ans mais bon dieu, qu’est-ce que c’est bon.

Du coup voilà: on m’offre la promesse d’une grosse intrigue, une ambiance guerre froide de fou et tous les critiques autour du V parle d’un monde openworld vraiment bien fait ? Ok, c’est chaud, mais je suis hype.

Et me voilà, cent heures de jeu plus tard, à vous donner mon avis sur ce blog. On est le 29 Février en plus, c’est un peu dingue, donc allons y c’est parti, je vais dire beaucoup d’amour sur ce jeu.. et évidemment mes quelques déceptions parce que, comme tout le monde, y’a un truc qui rend triste avec Metal Gear Solid V, qui aurait pu être un des plus grands jeux jamais faits.

Cool guys
Cool guys (sauf Hal Emmerich) (what a dick)

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  1. Je suis resté éternellement bloqué à la torture finale en European Extreme, je voulais pas péter ma manette.
  2.  Je me suis payé une PS3 fin 2013, j’ai finalement acheté MGSV en occasion en novembre 2015. Le disque est encore dans ma PS3: j’ai juste fait le début du chapitre 1 « pour voir » puis dix jours plus tard je me suis payé la XOne. RIP.
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Nocturne Epitanime du 13 Février – Koe no kagiri

LES NOCTURNES EPITANIME. 

Vous connaissez sans doute déjà la « vraie » convention Epitanime, celle qui se déroule fin mai, qui prend place pendant 48h non-stop, et qui est toujours l’occasion de s’éclater entre otakus dans une ambiance légère et amicale. Vous connaissez ptet moins les Nocturne ou, en gros, on se ramène à 21h, on fait des trucs dans l’école EPITA lié à la culture visuelle japonaise, et on part à 6h, bien défoncés mais heureux d’être en vie. Je traîne dans ces Nocturne depuis avril 2009 mais faut avouer que ces dernières années bah… j’y allais un peu moins en visiteur vu que j’en avais pas fait depuis janvier 2014. En même temps des Nocturnes, ça faisait un an que y’en avait plus eu – la dernière était pour fêter la Saint-Valentin 2015, entre temps l’association a essayé d’en refaire en décembre mais lol l’état d’urgence et la panique générale de novembre – et les précédentes j’y étais en associatif dont je suis à moitié excusé.

Je suis donc allé à celle du 13 février. Programme assez mince: aucune asso extérieure à Epitanime s’est déplacé, mais ça ne m’a pas empêché de rester toute la nuit. 70% du temps a été dédié à faire du karaoké. J’avais 2/3 thalistes avec moi (Tsuchi et Yoka, yo) et c’était sympa.

Mais du coup je vais vous raconter cette longue soirée. Heure par heure. J’ai décidé de faire mon journaliste total pour l’occasion et j’ai passé la soirée avec un stylo et mon fidèle carnet de notes (qui, honnêtement, traîne dans mon sac depuis quatre ans mais n’a pas concrètement servi depuis la fois ou j’ai interviewé des japonais à Japan Expo Centre 2012), prenant plein de notes sur tout ce qui se passe etc etc. Le tout avec un style volontairement très bref, encore plus oral que d’habitude. Vous allez aimer.

L’article sera illustré de fanarts cools – souvent lié à des séries que j’évoque – parce que bon, j’ai pas vraiment de photo de l’événement sous la main. La photo qui sert de bannière à l’article a été récupérée sur l’album officiel de l’événement, sur la page Facebook des Nocturne Epitanime. Parce que moi mes photos, elles ressemblent plutôt… à ça:

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C’est moins excitant !

MAIS VOICI DONC MON HISTOIRE.

 

20h

La Nocturne ouvre officiellement ses portes à 20h mais comme on connaît bien les petites habitudes d’Epitanime, on préfère aller au kébab à cette heure là. Rendez-vous donc à 20h devant « Le Pacha », un kébab tout tout près. Je retrouve Tsuchi, Yoka, Eruliuce et ZetaKebab et on se fait donc de la bonne viande salade/tomate/oignons. Je suis le seul à prendre un sandwich Adana, ce qui crée la sensation à la table. Les discussions ne sont pas incroyablement passionnantes, vous en conviendrez: ça parle beaucoup de Gundam. Yoka sort son recueil des nouvelles de Naoshi Komi, on repense à Double Arts, ça sale nos frites. Je suis tellement YOLO que je prends un GINI. La caissière croit que je suis étudiant donc me file le tarif lié. Cool.  On reconnaît déjà des gens qui vont aller à la Nocturne derrière. La télé diffuse un match qui oppose la Juventus à Naples. Hype.

 

Une Kikuchi Makoto fana du Juventus, par Sora Inoue
Une Kikuchi Makoto (The Idolmaster) fana du Juventus, par Sora Inoue

21h

On part ensuite vers Epita. Y’a la queue. On passe une minute à se dire « eh y’a le responsables activités d’Epitanime qui gère l’entrée, si on demande très gentiment, ptet qu’il nous fera passer » mais on a finalement aucun courage à demander. Du coup on va à la fin de la queue. Y’a pas grand monde dedans mais elle va très lentement vu que chaque personne qui entre est fouillée méticuleusement, et son nom entré dans une base de données interne. Il crachine. Les mecs sortent leurs parapluies, je m’en bat, je suis normand. Les gens devant nous parlent de Highschool DxD. Nous ? Comme deux d’entre nous ont passés du temps en Corée et au Japon, ils parlent de leurs expériences avec les love hotels. En Corée, c’est tellement pas cher que tout le monde s’en sert pour dormir et économiser des thunes. Au Japon les caisses sont automatisées, wow, folie. Je demande si y’a des cartes de fidelité, genre 12-25 ans. C’est drôle. On rigole. C’est bien l’humour.

On rentre ptet 30mn après avoir fait le début de la queue. Je me fais tamponner le poignet et on me demande si je suis célibataire ou en couple. Comme je suis en couple, je n’aurais pas le droit à un petit bracelet que j’aurais pu offrir à ma « Valentine potentielle » dans l’école. Les filles quant à elle, c’était l’inverse: si elles avaient un bracelet, elles étaient déjà en couple. Initiative fun, vaguement patriarcale (si j’ai bien compris, le mec était obligé d’être actif et la fille passive, je sais pas, ça reste bon enfant, je sais pas si des couples se sont formés, si oui on veut les noms, la différence d’âge et les plats préférés.) On fouille mon sac et je suis heureux de ne pas avoir ouvert la petite bouteille d’eau que j’ai ramené, sinon j’aurais été dans le caca. Un type nous demande si Thalie fait des activités ce soir. J’hésite à lui dire « ha bah bien sûr, c’est pour ça qu’on fait la queue à l’entrée. » Faire la queue à l’entrée d’une conv/salon: je le fais tellement peu que je suis plus habitué.

On fait rapidement le tour des salles. Effectivement c’est mince: deux salles de jeux vidéo musicaux (une dédiée à un jeu de danse, l’autre dédiée à un jeu de danse), deux salles de jeux vidéo plus classiques, une salle atelier dessin et l’amphi karaoké. On fait le tour de la salle JV. Des types jouent à Gravity Rush PS4. Le Bomberman Saturn à 8 est au rendez-vous, tout comme Smash 4 et Mario Kart Wii. On songe y revenir plus tard. Là c’est kara.

Amphi déjà plutôt blindé, on arrive à prendre des places au premier rang tout à gauche. Ca va être précieux pour la suite. On se fait accueillir par trois génériques de Shonen Jump à la suite: Assassination Classroom, Haikyuu, Shokugeki no Soma. Ok cool.

On va s’asseoir POUR NE PLUS JAMAIS PARTIR. Il est 21h55.

Ouais Fukuyama double les deux personnages, donc, ouais, le fanart était logique
Ouais Fukuyama double les deux personnages, donc, ouais, le fanart était logique (par ana bi)

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La place de la famille dans les films de Mamoru Hosoda: trois films pour trois points de vue

On est quelques semaines après la sortie en France du Garçon et la Bête et, très naturellement, le nom de Mamoru Hosoda est sur toutes les lèvres. Un peu facilement qualifié de « nouveau Miyazaki » dans la presse généraliste, jugé comme la meilleure chose qu’il soit arrivé à l’animation japonaise depuis Satoshi Kon par la presse spécialisée dans le cinéma, plus généralement adoré par les passionnés et otakus français. Bref, encore une fois le réalisateur japonais, qui n’en est qu’a son sixième long-métrage et son quatrième sorti en salles en France 1, déchaîne l’enthousiasme général comme j’ai rarement vu en matière d’animation japonaise – seulement Miyazaki et Kon pouvant justement prétendre à un tel amour du public français.

Après c’est comme tout: il n’est pas intouchable. Et comme le consensus total ça serait, il est vrai, un peu chiant, des voix commencent ici ou là à signaler que Hosoda, ce n’est peut-être pas la statue irréprochable qu’on veut décrire. Une des critiques revenant le plus régulièrement signalant qu’il a beau être sympa mais que, bon, ses films parlent tout le temps de la même chose.

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Mamoru Hosoda qui fait un sourire forcé après avoir entendu dire qu’il fait « tout le temps la même chose »

En soit, il y’a effectivement trois thèmatiques qui reviennent constamment chez les films d’Hosoda 2 : la première thématique c’est souvent de faire d’événements fantastiques et extraordinaires des éléments concrets du quotidien d’une personne jusque là « normale » – l’homme loup, le pouvoir de voyager dans le temps, un monde parallèle rempli de bêtes, un monde parallèle numérique – et de traiter ça de manière à ce que la frontière entre éléments fantastiques / science-fictionnels et éléments réels soit la plus fine possible.

La seconde c’est l’amour. Y’a toujours une histoire d’amour chez Hosoda. Ca se manque pas. Mais y’a pas forcément énormément à en dire dessus, d’autant qu’on ne peut pas vraiment dire qu’il possède le monopole des histoires d’amour au cinéma.

La troisième c’est bien évidemment la famille. Ca ne vous aura pas échappé car il ne faut pas avoir BAC+6 en critique cinéma pour le constater mais, oui, Hosoda aime en parler. Peut-être pas tant que ça dans La Traversée du Temps mais ses trois films suivants – Summer Wars, Les Enfants Loups, Le Garçon et la Bête – tournent clairement autour de ça et en font, sans la moindre subtilité, leur thème principal.

Du coup c’est devenu une critique: Hosoda, il parle tout le temps de la même chose, il change pas. C’est pas illogique de le reprocher, et on peut comprendre la frustration que certains peuvent avoir de voir quelqu’un de talentueux comme Hosoda pas tenter des thématiques « neuves. »

Neuves comme quand il a décidé de rendre One Piece super glauque
Neuves comme quand il a décidé de rendre One Piece super glauque

Mais en même temps ça me semble montrer qu’on est passé à coté de quelquechose: à chaque fois, Hosoda parle de la famille mais change comment il en parle. Et si il en parle c’est ni par facilité ni par calcul, mais aussi parce que quand on s’informe sur sa vie personnelle et ses convictions, on comprends qu’il a une certaine légitimité à parler de familles. Dès lors, il faut à mon sens prendre le trio Summer Wars / Enfants Loups / Garçon et la Bête plus comme une sorte de trilogie venant d’un véritable auteur qui va tout simplement parler de famille sous trois angles à chaque fois différents mais qui seront au final complémentaires.

Et comme expliquer c’est déjà un peu excuser, revenons sur ces films et sur leur manière d’aborder les liens familiaux. On en profitera pour revenir sur la personnalité et la biographie de Hosoda, le tout pour voir d’où peut lui venir sa passion pour ce thème.

Ça spoile les trois films donc… euh… vaut mieux les avoir vus.

Par contre ça spoile pas la Traversée du Temps donc ça va
Par contre ça spoile pas la Traversée du Temps donc ça va

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  1. Je ne compte pas Digimon le film parce que vu le remontage barbare, c’est plus vraiment le film qui a été conçu par Hosoda au départ
  2. Quand je dirais « films d’Hosoda » dans cet article, je vous préviens dès maintenant: je ne prends en compte ni Bokura no War Game ni One Piece et le Baron Omatsuri, non pas parce qu’ils seraient mauvais (c’est très loin d’être le cas et j’en profite pour vous dire que le Baron Omatsuri ça déchire pas mal) mais surtout parce qu’ils sont des films à licence où Hosoda n’a pas forcément eu les mêmes libertés que ce qu’il aura à partir de La Traversée du Temps.
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YYZ (Mangarama psycho-romantique)

Je pourrais vous parler longuement de Metal Gear Solid V The Phantom Pain mais je n’ai que 60h de jeu au compteur, c’est peut-être trop tôt. Alors du coup, je pense que revenir sur quelques unes de mes lectures récentes de mangas fera très bien l’affaire. Bonus: j’ai dormi 4h30 cette nuit, mon esprit est dans un brouillard dingue, mais c’est parfois dans ce genre de conditions extrêmes qu’on lâche son plus beau slam sur le papier de l’eldorado. Un truc comme ça. 

J’en profiter pour signaler le retour de la plus belle de toutes les webradios Anime/JV/Rock, c’est à dire Tsumugi, après un mois d’arrêt forcé. Si vous cherchez du bon son en fond, et que vous êtes intéressés par les trois genres pré-cités, n’hésitez pas à y jeter une oreille et à partager à vos copains !

Bon allez, commençons bien comme il faut et allons aborder un thème que les mangas aiment ne jamais aborder: la transsexualité. Vous savez sans doute déjà de quel manga on va parler.

 Hourou Musuko

YYZ01

Nitori a dix ans, c’est un garçon mais il a envie d’être une fille. Yoshino est dans la même classe, c’est une fille mais elle a envie d’être un garçon. Voici l’histoire de leur adolescence, de la primaire jusqu’au lycée: les problèmes qu’ils vont subir, les interrogations qu’ils vont se poser, les joies qu’ils vont avoir, les rencontres qu’ils vont faire. Car tout autour d’eux, ils vont avoir des impacts plus ou moins majeurs sur la vie de beaucoup d’autres préadolescents.

Par où commencer ? C’est assez compliqué d’en parler… Pas forcément à cause du thème, qui est largement traité tout le long des quinze tomes, et le fait avec justesse et bienvaillance, réfléchissant sur beaucoup d’aspects – physiques, psychologiques, sociaux – de la transsexualité et du transgenre. Et si certains peuvent trouver risqué de mettre en scène des enfants sur cette question, dites vous que c’est traité avec parcimonie et réserve et que, non, vous ne verrez pas des enfants de onze ans se questionner plus que ça sur la sexualité. La sexualité en elle-même arrivant même très tard dans le récit. Donc là dessus, pas de pièges ni de moralisme, le seul défaut qu’on peut vraiment reprocher sera finalement une sorte de véritablement traitement du passage de femme à homme.

Si le manga réussit parfaitement son coup sur le fond – les personnages évoluent constamment, le sujet est bien traité, évite les clichés -, c’est d’un point de vue plus technique que je dois avouer être un peu plus mitigé. Si l’on passe sur le style visuel qui est volontairement simple et qui passe plutôt crème, c’est du point de vue de la narration et de la manière de raconter le récit que je suis plus critique: c’est parfois dur à lire. J’avoue que mon incapacité à retenir les noms japonais m’a pas mal handicapé et que j’ai parfois confondu des personnages, ce qui est imputable à moi et moi seul, mais l’histoire avance à rythme bien trop lent et, quand ce n’est pas le cas, parfois bien trop rapide. Des soucis énormes sont parfois bazardés en trois pages tandis qu’à l’inverse, on va passer des chapitres et des chapitres sur des histoires pas si passionnantes. Sans compter que parfois les transitions de case en case se font assez peu naturellement et que, dans l’ensemble, j’ai trouvé que ça manquait d’émotions.  Malgré son style pastel et ses personnages mignons, Hourou Musuko m’a parfois paru très froid. 

YYZ02

Mais tout cela n’est pas applicable à l’ensemble du manga et, par contre, j’avoue avoir eu beaucoup moins de mal à lire les volumes finaux. A partir du dixième/onzième tome, tout paraît mieux maîtrisé et on allie une histoire juste avec, enfin, quelques émotions et une narration qui te pose moins un obstacle à la lecture. J’ai vraiment adoré le volume final, même si je trouve que ça se termine un poil trop vite: un petit épilogue n’aurait pas été de refus.

Vu les thématiques abordées, je suis très surpris de voir qu’aucun éditeur français n’a souhaité tenté l’aventure, ne serait-ce que parce que le transgenre est de plus en plus évoqué mais pas toujours très bien compris et, à ce titre, Hourou Musuko a une vraie place à jouer, en dehors de toutes considérations commerciales.

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