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YYZ (Mangarama psycho-romantique)

Je pourrais vous parler longuement de Metal Gear Solid V The Phantom Pain mais je n’ai que 60h de jeu au compteur, c’est peut-être trop tôt. Alors du coup, je pense que revenir sur quelques unes de mes lectures récentes de mangas fera très bien l’affaire. Bonus: j’ai dormi 4h30 cette nuit, mon esprit est dans un brouillard dingue, mais c’est parfois dans ce genre de conditions extrêmes qu’on lâche son plus beau slam sur le papier de l’eldorado. Un truc comme ça. 

J’en profiter pour signaler le retour de la plus belle de toutes les webradios Anime/JV/Rock, c’est à dire Tsumugi, après un mois d’arrêt forcé. Si vous cherchez du bon son en fond, et que vous êtes intéressés par les trois genres pré-cités, n’hésitez pas à y jeter une oreille et à partager à vos copains !

Bon allez, commençons bien comme il faut et allons aborder un thème que les mangas aiment ne jamais aborder: la transsexualité. Vous savez sans doute déjà de quel manga on va parler.

 Hourou Musuko

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Nitori a dix ans, c’est un garçon mais il a envie d’être une fille. Yoshino est dans la même classe, c’est une fille mais elle a envie d’être un garçon. Voici l’histoire de leur adolescence, de la primaire jusqu’au lycée: les problèmes qu’ils vont subir, les interrogations qu’ils vont se poser, les joies qu’ils vont avoir, les rencontres qu’ils vont faire. Car tout autour d’eux, ils vont avoir des impacts plus ou moins majeurs sur la vie de beaucoup d’autres préadolescents.

Par où commencer ? C’est assez compliqué d’en parler… Pas forcément à cause du thème, qui est largement traité tout le long des quinze tomes, et le fait avec justesse et bienvaillance, réfléchissant sur beaucoup d’aspects – physiques, psychologiques, sociaux – de la transsexualité et du transgenre. Et si certains peuvent trouver risqué de mettre en scène des enfants sur cette question, dites vous que c’est traité avec parcimonie et réserve et que, non, vous ne verrez pas des enfants de onze ans se questionner plus que ça sur la sexualité. La sexualité en elle-même arrivant même très tard dans le récit. Donc là dessus, pas de pièges ni de moralisme, le seul défaut qu’on peut vraiment reprocher sera finalement une sorte de véritablement traitement du passage de femme à homme.

Si le manga réussit parfaitement son coup sur le fond – les personnages évoluent constamment, le sujet est bien traité, évite les clichés -, c’est d’un point de vue plus technique que je dois avouer être un peu plus mitigé. Si l’on passe sur le style visuel qui est volontairement simple et qui passe plutôt crème, c’est du point de vue de la narration et de la manière de raconter le récit que je suis plus critique: c’est parfois dur à lire. J’avoue que mon incapacité à retenir les noms japonais m’a pas mal handicapé et que j’ai parfois confondu des personnages, ce qui est imputable à moi et moi seul, mais l’histoire avance à rythme bien trop lent et, quand ce n’est pas le cas, parfois bien trop rapide. Des soucis énormes sont parfois bazardés en trois pages tandis qu’à l’inverse, on va passer des chapitres et des chapitres sur des histoires pas si passionnantes. Sans compter que parfois les transitions de case en case se font assez peu naturellement et que, dans l’ensemble, j’ai trouvé que ça manquait d’émotions.  Malgré son style pastel et ses personnages mignons, Hourou Musuko m’a parfois paru très froid. 

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Mais tout cela n’est pas applicable à l’ensemble du manga et, par contre, j’avoue avoir eu beaucoup moins de mal à lire les volumes finaux. A partir du dixième/onzième tome, tout paraît mieux maîtrisé et on allie une histoire juste avec, enfin, quelques émotions et une narration qui te pose moins un obstacle à la lecture. J’ai vraiment adoré le volume final, même si je trouve que ça se termine un poil trop vite: un petit épilogue n’aurait pas été de refus.

Vu les thématiques abordées, je suis très surpris de voir qu’aucun éditeur français n’a souhaité tenté l’aventure, ne serait-ce que parce que le transgenre est de plus en plus évoqué mais pas toujours très bien compris et, à ce titre, Hourou Musuko a une vraie place à jouer, en dehors de toutes considérations commerciales.

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