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La place de la famille dans les films de Mamoru Hosoda: trois films pour trois points de vue

On est quelques semaines après la sortie en France du Garçon et la Bête et, très naturellement, le nom de Mamoru Hosoda est sur toutes les lèvres. Un peu facilement qualifié de « nouveau Miyazaki » dans la presse généraliste, jugé comme la meilleure chose qu’il soit arrivé à l’animation japonaise depuis Satoshi Kon par la presse spécialisée dans le cinéma, plus généralement adoré par les passionnés et otakus français. Bref, encore une fois le réalisateur japonais, qui n’en est qu’a son sixième long-métrage et son quatrième sorti en salles en France 1, déchaîne l’enthousiasme général comme j’ai rarement vu en matière d’animation japonaise – seulement Miyazaki et Kon pouvant justement prétendre à un tel amour du public français.

Après c’est comme tout: il n’est pas intouchable. Et comme le consensus total ça serait, il est vrai, un peu chiant, des voix commencent ici ou là à signaler que Hosoda, ce n’est peut-être pas la statue irréprochable qu’on veut décrire. Une des critiques revenant le plus régulièrement signalant qu’il a beau être sympa mais que, bon, ses films parlent tout le temps de la même chose.

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Mamoru Hosoda qui fait un sourire forcé après avoir entendu dire qu’il fait « tout le temps la même chose »

En soit, il y’a effectivement trois thèmatiques qui reviennent constamment chez les films d’Hosoda 2 : la première thématique c’est souvent de faire d’événements fantastiques et extraordinaires des éléments concrets du quotidien d’une personne jusque là « normale » – l’homme loup, le pouvoir de voyager dans le temps, un monde parallèle rempli de bêtes, un monde parallèle numérique – et de traiter ça de manière à ce que la frontière entre éléments fantastiques / science-fictionnels et éléments réels soit la plus fine possible.

La seconde c’est l’amour. Y’a toujours une histoire d’amour chez Hosoda. Ca se manque pas. Mais y’a pas forcément énormément à en dire dessus, d’autant qu’on ne peut pas vraiment dire qu’il possède le monopole des histoires d’amour au cinéma.

La troisième c’est bien évidemment la famille. Ca ne vous aura pas échappé car il ne faut pas avoir BAC+6 en critique cinéma pour le constater mais, oui, Hosoda aime en parler. Peut-être pas tant que ça dans La Traversée du Temps mais ses trois films suivants – Summer Wars, Les Enfants Loups, Le Garçon et la Bête – tournent clairement autour de ça et en font, sans la moindre subtilité, leur thème principal.

Du coup c’est devenu une critique: Hosoda, il parle tout le temps de la même chose, il change pas. C’est pas illogique de le reprocher, et on peut comprendre la frustration que certains peuvent avoir de voir quelqu’un de talentueux comme Hosoda pas tenter des thématiques « neuves. »

Neuves comme quand il a décidé de rendre One Piece super glauque
Neuves comme quand il a décidé de rendre One Piece super glauque

Mais en même temps ça me semble montrer qu’on est passé à coté de quelquechose: à chaque fois, Hosoda parle de la famille mais change comment il en parle. Et si il en parle c’est ni par facilité ni par calcul, mais aussi parce que quand on s’informe sur sa vie personnelle et ses convictions, on comprends qu’il a une certaine légitimité à parler de familles. Dès lors, il faut à mon sens prendre le trio Summer Wars / Enfants Loups / Garçon et la Bête plus comme une sorte de trilogie venant d’un véritable auteur qui va tout simplement parler de famille sous trois angles à chaque fois différents mais qui seront au final complémentaires.

Et comme expliquer c’est déjà un peu excuser, revenons sur ces films et sur leur manière d’aborder les liens familiaux. On en profitera pour revenir sur la personnalité et la biographie de Hosoda, le tout pour voir d’où peut lui venir sa passion pour ce thème.

Ça spoile les trois films donc… euh… vaut mieux les avoir vus.

Par contre ça spoile pas la Traversée du Temps donc ça va
Par contre ça spoile pas la Traversée du Temps donc ça va

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  1. Je ne compte pas Digimon le film parce que vu le remontage barbare, c’est plus vraiment le film qui a été conçu par Hosoda au départ
  2. Quand je dirais « films d’Hosoda » dans cet article, je vous préviens dès maintenant: je ne prends en compte ni Bokura no War Game ni One Piece et le Baron Omatsuri, non pas parce qu’ils seraient mauvais (c’est très loin d’être le cas et j’en profite pour vous dire que le Baron Omatsuri ça déchire pas mal) mais surtout parce qu’ils sont des films à licence où Hosoda n’a pas forcément eu les mêmes libertés que ce qu’il aura à partir de La Traversée du Temps.
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