Epitanime 2018 – New Moon Rising

Epitanime 2018 – New Moon Rising

Je relisais mes articles sur les trois dernières éditions d’Epitanime (2015 ; 2016 ; 2017) et, euh, oui, se les enfiler déprime un chouia. Car vous l’avez désormais bien assimilé jusqu’ici, depuis l’annulation de la conv en 2014, Epitanime n’a jamais vraiment bien retrouvé son public, son élan et son aura. Elle qui était jusque là un rendez-vous indispensable pour tous les plus grands passionnés, il lui est arrivé ce qui pouvait arriver de pire: devenir une arrière-pensée. Pas de haine ou de mépris de la part du public envers le « nouvel Epitanime », juste de de l’oubli. Ouch. 

Mais tout cela je l’ai déjà dit les années précédentes. Après 2016 et 2017 je signalais que Epitanime avait un énorme problème de transition générationnelle, où les 25-35 ans ne venaient plus pour des tas de raisons, ce qui est quelque chose d’assez classique… mais comme ils n’étaient pas spécialement remplacés par autant de 15-25, bah cercle vicieux. Moins de monde = moins d’entrées = moins de budget = moins de quoi attirer le public = moins de monde.

Du coup question: est-ce que pour cette édition 2018, Epitanime a baissé les bras ou alors est-ce qu’ils ont continués à se battre ?

Où est-ce qui ils ont juste dansés TOUTE LA NUIT ?

Donc en 2017, déjà, on avait perdu la nocturne du vendredi et autant vous le dire, on l’accepte toujours médiocrement: débarquer en 2018 à l’hôtel le vendredi soir pour juste aller se coucher directement derrière ça m’a refilé cette petite goutte de seum auquel je devrais m’habituer. Surtout que c’était un vendredi soir particulièrement maussade, le tout dans un hôtel ibis assez moche situé en face du périphérique, donc avec un bruit automobile constant en fond. J’ai donc passé une nuit particulièrement médiocre ! 

En règle générale, c’était une édition d’Epitanime que j’ai abordé avec très peu d’attentes. Sans aller dans le détail de l’associatif, la prise de contact entre mon association et Epitanime a été très tardive… et plutôt succinte. Et même en dehors de l’aspect associatif, la communication pré-convention aura été très discrète ! Entre les dates officiellement annoncées de manière camouflée lors de la Nocturne de Février, la communication succincte sur les réseaux sociaux et un site qui affichait encore les infos de 2017 moins d’une semaine avant la convention… il fallait être motivé pour être mis au courant de ce qui allait se passer et de ce qui allait s’y passer ! La communication n’a jamais vraiment été le fort d’Epitanime, après tout la conv a longtemps été populaire grâce au bouche à oreille et un public d’habitués particulièrement fidèles, mais cette année c’était vraiment inquiétant. On ne savait pas trop ce qu’on allait croiser, qui on allait croiser et sur les réseaux sociaux, la convention était très peu discutée.

La chorale Negitachi sur scène… devant la scène ?

Du coup la surprise c’est que… y’avait un bon nombre de visiteurs. Peut-être plus que l’an dernier ? Et c’est chouette car ça confirme mes espoirs de l’an dernier c’est à dire que, ok, y’avait peu de monde mais ceux qui découvraient la convention l’an dernier étaient contents d’être là. Du coup cette nouvelle génération elle est revenue. Et elle a invitée des potes à elle. Donc, ok, c’est chouette, un nouvel élan commence un peu à se construire et Epitanime commence enfin à être connu par autre choses que tous ces trentenaires qui crachent sur la convention parce que, eh, c’est pas comme avant. 

Par contre, la moins bonne nouvelle c’est que le fait que y’avait peut-être plus de visiteurs… on l’a absolument pas ressenti.

Bomberman, loin de l’âge d’or

C’est clairement l’édition d’Epitanime qui a utilisée le plus d’espace ! En effet, l’école a terminé des gros travaux et s’est offert trois étages supplémentaires dans l’un des deux bâtiments. Et ces étages supplémentaires ils ont pu être alloués à la convention qui s’est pas gêné pour y mettre des trucs. Ainsi le quatrième étage hébergeait l’intégralité des jeux musicaux ainsi que le stand de AMV France tandis que le cinquième regroupait Thalie, l’espace dessin et l’espace Pokémon. Le rez-de-chaussée et le second étage de ce même bâtiment était comme d’habitude dédié aux jeux vidéo de toute sorte, quant au second bâtiment on y retrouvait des boutiques professionnelles, les fanzines au sous sol, la scène et le karaoké en amphithéâtre. En terme de contenu, le contrat est donc amplement rempli et je suis d’autant plus intrigué que pour l’occasion, la majorité de ce contenu… était fourni par Epitanime elle-même. Il y’avait finalement assez peu d’associations extérieures !

Tout cet espace est donc un gros avantage, d’autant que les nouveaux locaux sont extrêmement confortables, néanmoins le problème c’est que… tout est très dispersé dans la convention.

Mon légendaire don du dessin

Pour aller du rez-de-chaussée jusqu’au cinquième étage, il fallait trouver des cages d’escaliers pas forcément très simples à identifier, où passer par un chemin compliqué à travers le premièr étage, chemin qui n’a été fléché qu’à partir du samedi après-midi. Si t’es content de montrer des escaliers une, deux ou trois fois, tu commences à en avoir gentiment ras le cul au bout d’une dizaine d’heures et monter devient un effort compliqué. Arrive donc un moment où tu montes plus vraiment.

En bonus, tout cet espace fait également que les visiteurs sont semés partout et que, ok, y’a des gens… mais on les croise pas souvent. Il y’a plus d’offre que de demande dans les salles d’Epitanime, du coup tout est fréquenté mais y’a jamais masse de monde à un endroit précis. Idéal pour les agoraphobes, vous me direz, mais ça fournit une ambiance bizarre à tous les endroits. T’as l’impression que y’a personne alors que en fait… ça va ?

Toujours parqué au sous sol, le coin fanzine répondait au rendez vous

Autre souci par contre: l’affichage et la mise en avant des contenus. Je parlais tout à l’heure des fléchages arrivés très tardivement pour guider les gens jusqu’aux étages 4 et 5, mais ça on peut le relier à toute la convention. Il y’avait des plans distribués à l’entrée et affichés en A3 de ci de là mais le planning des salles fallait le télécharger via un QR Code ! Personne utilise de QR Code ! Dieu merci, le dimanche ils se sont rendus compte que c’était bête de pas afficher des programmes dont ils avaient des pdf donc ils en ont collés un peu partout à côté des plans, mais c’est dommage d’avoir attendu les deux tiers de la conv pour ça… 

Mais l’exemple le plus triste c’est l’amphi conférences. Oui il y’avait un amphi conférences, vous le découvrez peut-être. Il s’agit d’un amphi flambant neuf au 4e étage. Donc oui, déjà fallait monter au 4e et ça c’est compliqué. Mais une fois arrivé à l’amphi, paf, pas de programme des conférences et des projections. Fallait savoir ce qu’il y’avait et venir en connaissance de cause. Et même si c’était le cas, de toute façon, y’avait pas de micro pour les conférenciers donc bon. C’est un peu triste parce que cet amphi il serait parfait pour des vraies belles tables rondes, des conférences, des rencontres etc… Mais maintenant faudrait l’équiper et, surtout, commencer à vraiment vendre son contenu aux visiteurs !

Les plannings apparus le dimanche, tel Dieu à Abraham

Et tant qu’on est sur le triste, je vais évoquer une dernière zone qui m’a un peu rendu triste: le coin jeu vidéo. Je l’ai trouvé très rachitique au rez-de-chaussée (il était du coup très peu fréquenté) et au second étage c’était 90% du Smash Bros donc, eh, la variété n’était guère au rendez-vous. Heureusement y’avait la – très planquée, elle aussi – zone rétro et jeu japonais pour faire un minimum de bon taf mais on est loin de la grandeur d’antan en matière de jeu vidéo… Je me moquais tout à l’heure des trentenaires râleurs mais, oui, sur le jeu vidéo Epitanime c’était mieux avant. Quand en 2012/2013 on pouvait mater masse de speedruns, jouer à masse de jeu multi ultra variés sur masse de consoles différentes… Peut-être faire venir plus d’assos extérieures ? Je ne sais pas trop comment améliorer ça, disons juste en tant que visiteur que j’ai trouvé l’intérêt très limité.

Le coin jeu de société était IMMENSE (mais j’ai préféré prendre en photo des cartes plutôt que des gens qui jouent)

Dernier point noir à évoquer ? Les vigiles de sécurité. Surtout ceux de la Nocturne. Je sais pas trop où ils ont dénichés leurs gars cette année mais ils étaient ultra relous ! Pas forcément vis à vis des fouilles ou quoi que ce soit, mais vas-y qu’ils te font systématiquement des remarques à chaque fois que tu passes, vas-y qu’ils te vannent « gentiment »… Très très chiants, très très inconfortables, à un moment ça me saoulait d’avance de changer de bâtiment. J’ai aussi pas compris la disposition des barrières aux deux extremités de la rue, genre ils ont laissés que des passages un peu serrés entre un bout de mur et un bout de grille, on avait plus l’impression d’entrer à Alcatraz qu’Epitanime. 

MAIS POUR LE RESTE, EH, C’ETAIT COOL.

Vraiment.

C’est pas mal une question d’ambiance je trouve. Mais à part les horribles vigiles de la nuit, tout me semblait… dans un état d’esprit positif ? Les staffs étaient cools, les visiteurs étaient cools, les activités étaient cools, les fanzines étaient cools, les cosplays étaient cools… Y’avait une sorte de bonne humeur générale qui était assez contagieuse. Alors ok, c’est pas un élément concret, c’est une très forte question de perception mais le temps est passé pour moi très vite à Epitanime. A peine je suis arrivé le matin que ayé, on était déjà le dimanche soir. J’ai pas mal passé mon temps à me balader, j’ai jonglé entre le karaoké, les jeux vidéo et l’animation d’activités… Bref, l’ennui n’a jamais été là. Et c’est grisant !

L’autre gros point positif… c’est la météo. Pour la première fois depuis Epitanime 2012 on a enfin eu un week-end sans pluie ni orage. En outre la température était idéale: pas trop chaud, pas trop humide, pas trop froid… C’était un climat idéal pour l’ensemble du week-end. 

Habituel kara final, sans écran géant c’est moins évident

Donc, que dire ? Si j’ai passé beaucoup de temps à râler sur le manque de communication d’Epitanime en début d’article c’est pour une bonne raison: c’est ce qui, je pense, manque encore à la convention pour briller de mille feux. Maintenant qu’il y’a un nouveau public, maintenant qu’ils ont de nouveaux locaux qui leur permettent de proposer un contenu toujours plus large et maintenant qu’ils semblent avoir retrouvé au sein de leur association l’envie de proposer ce contenu, y’a tous les éléments qui sont là pour que ça redevienne un rendez-vous important de l’année francilienne. Il faut maintenant que l’association croie en son propre projet, croit en son contenu et n’aie pas peur de communiquer dessus au maximum, avec les méthodes les plus larges et les plus variées possibles. 

La tranquille zone dessin

Je n’ai pas plus à dire que ça, si ce n’est que j’ai hâte de voir comment la convention va évoluer ces prochaines années. Cela promet d’être excitant !

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