Yamada-kun and the Seven Witches – Little Kiss Academia

Yamada-kun and the Seven Witches – Little Kiss Academia

Donc là Néant Vert sort d’une série de trois articles dédiés aux shonen de la Kodansha, eh c’est pas mal mais ok je conçois que ça manque un peu de variété. Du coup je vous propose cette fois de parler cette fois de manière un peu plus détaillée d’un manga (c’est original) classé shonen (vraiment original) de la Kodansha (toujours plus d’originalité) que j’ai un peu ultrakiffé alors que, on va le voir, la série ne manque pas de petits défauts et de poncifs presque agaçants mais eh, vous parlez au mec dont l’article le plus lu de son blog c’est « j’aime beaucoup Sword Art Online mais je trouve que là là là là là là et là c’est de la merde. » L’amour des contradictions, le serpent qui se mange la queue et d’ailleurs l’image est juste puisque « Serpent » c’est mon signe astrologique chinois.

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Chaud, nen

 

Yamada-kun And The Seven Witches, nommé  Yamada-kun To 7-nin No Majo de son nom japonais que je suis infoutu de me remémorer, est donc un manga de Yoshikawa Miki, publié dans le Weekly Shonen Magazine depuis Février 2012, ce qui fait deux ans et demi. Yoshikawa Miki parlons en maintenant: il s’agit donc d’une mangaka connue en France pour le manga Drôles de Racailles qui avait été publié chez un éditeur dont je pourrais googler le nom mais allez au pif je vais dire que c’était chez Pika.

C’est aussi et surtout une ancienne assistante de l’auteur de Fairy Tail ce qui se voit énormément. Vous savez la rumeur qui veut que Hiro Mashima ait été assistant sur One Piece, ce qui expliquerait pourquoi Fairy Tail ressemble à fond visuellement et spirituellement ? Elle est totalement fausse, Mashima a juste pompé. Par contre si vous vous dites « eh mais attends, l’auteuse de Yamada-kun elle pompe Mashima », non là ça va. Les deux sont potes, les deux sont dans le même magazine et bossent pour le même éditeur. Ca va.

Ok instant scénario alors: Yamada-kun And The Seven Witches raconte l’histoire de Yamada, un mec qui arrive dans son nouveau lycée pour se faire des potes mais qui, comme il a une dégaine de loubard et un caractère assez trempé, est incapable de s’en faire et erre seul dans la… euh… solitude. Mais sa vie va se trouver chamboulée quand il tombe dans un escalier, percute l’idole de la classe – la jeune Shiraishi qui est belle et intelligente – et se réveille… dans son corps. Car oui leurs esprits ont été échangés !

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C’est pas la réaction de l’héroïne au bodyswap mais celle d’une autre fille encore parce que oui le héros y va embrasser des gens tout le long de la série

Très vite les deux lycéens découvrent comment wtf ça se fait cette merde là: Shiraishi possède la possibilité de pouvoir échanger de corps à l’aide d’un baiser.  A partir de là ça va commencer à être funky puisque le conseil des élèves va s’en méler, un club va être construit et, comme le nom l’indique, Shiraishi n’est pas la seule « sorcière »: il y’en a six autres dans l’établissement, toutes dotées d’un pouvoir différent ! Sans compter le héros qui, mystérieusement, semble diposer d’un pouvoir de « copie », là aussi en embrassant les sorcières. Son rôle va donc être central dans tout ce chaos…

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Déjà oui instant confession: j’ai beau avoir 25 ans  et en être au tiers de ma vie, je reste toujours assez fasciné par le shonen manga même si je suis sans doute plus le public cible. Eh, je continue à suivre Bleach. Bref, allez savoir. J’ai conscience des faiblesses du genre – ça reste souvent simple et c’est pas là qu’on trouvera des chefs d’oeuvre d’écriture et d’analyse – mais en même temps c’est souvent cette simplicité, cette efficacité et cette recherche primordiale du divertissement qui fait que je suis, encore aujourd’hui, assez séduit par ce genre. Le plus important étant de ne pas prendre des vessies pour des lanternes et de ne pas donner à un shonen plus d’importance qu’il n’en a réellement.

 

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Maintenant si le shonen est un genre surtout réputé pour la bagarre c’est aussi un genre qui génère pas mal de comédies romantiques et, là dessus, le bilan est souvent très contrasté. Video Girl Ai, par exemple, reste plus intéressant pour ce qu’il représente (premier manga édité en France par Tonkam, première grosse comédie romantique dans le Shonen Jump) que pour ce qu’il est vraiment – je l’ai lu y’a trois ans, je me souviens avoir eu plein de bons sentiments à son encontre mais je reconnais de l’autre coté n’en avoir que peu de souvenirs.

Depuis, le shonen et la comédie romantique, ont toujours eu une relation compliquée: on peut certes citer des grands titres comme I’sIchigo 100%SuzukaTo-Love Ru ou Nisekoi mais les grands magazines shonens hebdomadaires ont toujours eu du mal à savoir comment traiter convenablement ce genre. Soit on aboutissait sur des histoires de lycéens qui s’aiment mais qui savent pas qu’ils s’aiment qui du coup hésitent à dire qu’ils s’aiment et qui donc font traîner sur vingt volumes une histoire qui aurait pu se terminer dès le premier chapitre, soit sur des harems mangas ou le héros doit choisir entre plein de filles mais sait pas qui choisir parce que  l’auteur a peur de s’aliéner les fans, soit sur des comédies fanservice à la To Love ou la « romance » est une excuse pour mettre en avant des tétés, des pantsus et des filles qui rougissent.

 

Si je parle de ça c’est parce que Yamada-kun réussit parfaitement à jouer avec les codes de la comédie romantique, au point de réussir immédiatement à se distinguer de nombre de ses petits camarades shonens/romcom. Déjà en insérant une portée fantastique qui va prendre une place non négligeable et surtout, ensuite, en s’amusant des lieux communs de la romance, quitte à parfois leur dire fuck it – ainsi le héros et Shiraishi deviennent plutôt rapidement (à l’échelle d’un shonen) un « couple officiel. » De « comédie romantique », la série semble ainsi avoir surtout retenu le terme « comédie », ce qui est plutôt rafraîchissant puisque c’est ici le sens large du terme qui est utilisé – c’est à dire que même si la série cherche beaucoup l’humour, elle ne se cantonne pas à cela et cache dans sa manche nombre de petits tours surprenants.

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Mais la plus grande force de Yamada-kun c’est son univers. Pourtant on est pas dans le truc le plus original jamais fait: un shonen qui se passe dans un lycée. Waaaah, autant de jamais vu, ça rend complétement dingue, n’est-ce pas.  Mais là on a surtout le droit à un ensemble fantastique fusionné à un casting attachant. Le concept des sept sorcières dans l’école, que les héros vont devoir identifier et aider, est plutôt intéressant.

 

Ok d’accord à l’évocation du scénario on dirait, drôle de hasard, l’arc des déesses de The World God Only Knows, qui reposait sur les mêmes idées (7 filles avec des pouvoirs que le héros devait identifier et embrasser pour « libérer. ») C’est pas vraiment une coïncidence: au moment du début de Yamada-kun, l’arc des déesses était déjà installé depuis une bonne année et demie dans ce manga rival et il cartonnait pas mal.

 

Décidement, plus j’en parle plus ça a l’air de mal s’annoncer pour Yamada-kun. Un style visuel pompé de Fairy Tail, un scénario semblable au meilleur arc de The World God Only Knows, ok d’accord c’est le melting pot des shonens qui réussissent et qui sont pas Shonen Jump. Y’aura quoi après ? Le héros qui meurt sur le ring ?

Et bah partez pas parce que malgré ça, Yamada-kun fonctionne excellemment bien.

 

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Car oui vraiment je reviens sur l’univers de la série parce que je me suis perdu trois minutes à partir sur autre chose. En fait ce qu’il faut comprendre c’est que Yamada-kun possède une écriture vraiment simple qui mise tout sur son rythme. Yamada-kun c’est un lecture facile. C’est celle qui vous prend pas la tête, qui vous emmène dans son truc et qui ne vous lâche pas tant que vous n’avez pas fini le volume. Et, surtout, c’est une série qui se plait à mélanger les genres. Au début tu crois que tu vas avoir une comédie romantique entre deux lycéens qui peuvent échanger de corps en se roulant une pelle et déjà c’est suffisamment fun pour être intriguant. Du coup on découvre les personnages, on apprend que Shiraishi a pas une vie si simple que ça, et que via l’échange de leurs corps ils peuvent mutuellement arranger les problèmes de l’autre. C’est intéressant mais rapidement se rajoute des couches supplémentaires. L’histoire des sorcières à chercher, par exemple, elle arrive finalement assez tard et pendant vingt chapitres – deux tomes quoi, vaguement – tu te demandes presque d’où sort le « Seven Witches » du titre. Avant ça les personnages sont occupés à autre chose: se découvrir, monter un club, se trouver au milieu des soucis de l’ultra mystérieux conseil des élèves…

 

La série est presque découpée dans un rythme qui reste simple. Pour caricaturer, encore une fois, disons que chaque volume est dédié à une sorcière, qui amène avec elle une ambiance et des enjeux différents. Une sorcière, par exemple, voit le futur des personnes qu’elle embrasse. Ok cool. Sauf que du coup elle voit un futur bien pourri pour certains personnages qui vont alors se battre pour CHANGER LE FUTUR. Encore une fois c’est classique mais c’est traité d’une manière suffisamment amusante pour être plaisante.

Dans cette scène le héros est dans le corps de la fille et du coup échange son corps avec l'autre mec après l'avoir embrassé pendant qu'une autre fille regarde. C'est pas compliqué ♪.
Dans cette scène le héros est dans le corps de la fille et du coup échange son corps avec l’autre mec après l’avoir embrassé pendant qu’une autre fille regarde. C’est pas compliqué ♪.

 

Et évidemment, l’aspect « romantique » va rester présente, avec un héros à la limite de la parodie puisqu’il fait craquer tous les coeurs autour de lui, y compris celui de beaux mecs bien virils ! Eh, au moins Yamada-kun ne cache pas que la quasi totalité de son casting est quasi bisexuel et tout le monde s’embrasse sans déplaisir. Ok on a encore des trucs genre le héros qui est dégouté d’embrasser des garçons mais eh, on est au Japon, l’homosexualité pour de vrai faut pas en parler trop sérieusement non plus. Eh, au moins c’est traité avec une certaine forme de normalité, sans être trop ridiculisé ou critiqué. Pour un ouvrage de pop-culture japonaise, c’est pas mal. 

 

D’ailleurs visuellement on disait donc dans l’intro de l’article que c’était Mashima à fond. Et bah ce qui est fou c’est que Yoshikawa fait sans doute du Mashima mieux que Mashima lui-même. Là ou le visuel de Fairy Tail m’emmerde gentiment pour être poli, dans Yamada-kun tout fonctionne mieux. Les personnages féminins ET masculins sont dans l’ensemble plus remarquables, plus attractifs. L’usage du chibi et de la SD est mieux géré et le fanservice n’y est que plus efficace. Les derniers chapitres sortis commencent à montrer des corps assez agréables à regarder, pas comme si en général la série suivait l’école Mashima – ou tous les mecs sont beaux et musclés et ou toutes les filles sont belles et bien équipées. D’ailleurs les pouvoirs des différents personnages permettent du fanservice amusant et assez varié. Bref je parle je parle mais au moins un shonen réussit à faire du bon fanservice qui ne se limite pas à des vagues panty shot dessinés de ci de là pour faire sens.

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Bref je suis assez étonné que la série soit pas encore sortie en France, on en est à 11 volumes au Japon, mais ça ne m’étonnerait pas non plus que ça arrive dans le courant 2015. Je sais que traditionnellement, le shonen romcom fonctionne médiocrement chez nous mais la série a un truc à son avantage qui est que dès le premier chapitre, on est dedans. Y’a beaucoup de shonens récents qui ont le malheur d’être bons mais d’avoir des débuts rébarbatifs ou qui préfigurent mal de l’avenir de la série. Le premier chapitre de Food Wars, par exemple, est terriblement pas séduisant. Les deux premiers tomes de Medaka Box ont rien à voir avec la suite. Au moins Yamada-kun t’es sûr dès le premier tome de savoir si tu vas aimer ou pas. Certes la série gagne en ambition et en envergure au fur et à mesure mais elle reste dans un même esprit qui se veut simple, léger et efficace.

Au final, Yamada-kun And The Seven Witches l’emporte justement grâce à une certaine sincérité et une certaine modestie. Il n’essaye pas d’être ce qu’il n’est pas. Il ne prétend jamais réinventer la roue et joue avec des codes et des lieux communs qu’il ne remet point en question, préférant jouer avec. Sa vraie force c’est de réussir à sans cesse proposer quelque chose de différent, de parvenir à construire un casting attachant et divertissant et d’être simple sans prendre son lecteur pour un débile.  Puis, plus intéressant, c’est quand même un shonen de comédie romantique qui s’adresse en réalité à tout le monde. Ca vise aussi bien les adolescents que les adolescentes et y’a du fanservice pour tout le monde. Si c’était le secret pour faire une bonne romcom finalement ? Faire une romcom qui s’adresse aux filles et aux garçons ?

A l’heure actuelle, le manga part sur un nouvel arc assez intéressant et je ne perçois pas de baisse de qualité. Mon seul vrai regret c’est la disparition progressive du personnage de Shiraishi, qui passe du rôle principal à un rôle secondaire, presque souvent trop absente du manga. Ce qui est con pour celle qui devait être à la base l’héroïne du manga ! Mais, eh, le syndrome Kuchiki Rukia…

 

Bon je vous laisse avec ce trailer réalisé en 2013 pour teaser une adaptation animée de la série qui, well, arrive bientôt avec deux OAV. Ca serait pas ridicule de penser qu’une série arrive bientôt mais j’imagine que la Kodansha va attendre la fin de la diffusion de Shigatsu wa Kimi No Uso, histoire de pas mettre tous les oeufs dans le même panier:

 

PS: Je l’ai pas dit mais Odagiri best girl. Oui oui. Yamada-kun And The Seven Witches est le seul truc japonais ever ou la Tsundere est le meilleur personnage féminin. What da fu.

PS2: Si vous cherchez un truc sérieux sur le bodyswap/le gender bending, well, y’a Inside Mari. Là au moins ça parle de la question du « OH MON DIEU MAIS LES REGLES EN FAIT… CA FAIT SUPER MAL §!!!!!§« 

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