Quand c’est bon, c’est Bioshock

Quand c’est bon, c’est Bioshock

Meilleur titre. Ever.

Sorti il y’a maintenant deux ans sur 360 et PC (avant de connaître un an plus tard un passage sur PS3 histoire de), Bioshock est un de ces jeux qui encore aujourd’hui crée une certaine vague d’enthousiasme quand on en parle. Ce qui est assez rare dans un monde où on s’enthousiasme beaucoup à la sortie de quelque chose mais plus tellement deux mois après celle-ci. Ayant acheté une 360 entre autres pour pouvoir y toucher, c’est seulement un an plus tard que j’ai enfin pu mettre la main dessus, en même temps qu’Oblivion dans un très joli pack à 20€. Mais j’avoue surtout que je l’ai pris que pour Bioshock tout seul, faut pas déconner hein.

Donc, surtout curieux vis à vis du succès public et critique que cela a été, et intrigué par l’univers du jeu qui semblait mêler années 50 et compagnie, c’est avec enthousiasme que j’ai lancé le jeu… ET HAN AH COOL. OUI. PLUTOT.

Bioshock dans ta face !

Parce que sur Néant Vert, on a pas honte de présenter un jeu auquel tout le monde a déjà joué.

Globalement déjà rien que l’histoire est assez prometteuse: années 60, vous êtes seul survivant d’un crash d’avion en plein milieu de l’océan, vous débarquez prêt d’un phare dans lequel se trouve une bathysphère qui vous amène dans une ville sous-marine nommée Rapture, et dont le propriétaire vous introduit par un beau message pré-enregistré vous disant qu’il n’a ni choisi de se soumettre à l’URSS, aux USA ou bien au Vatican: que non, il a choisi l’impossible, et cet impossible c’est Rapture. Très sympa discours qui est en plus brillamment mis en scène, sur une voix française pas trop mal foutue. Et déjà dès qu’on entre, c’est l’enfer, on se fait attaquer par une folle, c’est bordélique. On comprend vite que cette bonne vieille clé à molette trouvée par terre sera notre meilleure amie… jusqu’a ce qu’on trouve mieux.

La force de Bioshock est avant tout une histoire d’ambiance plus qu’une histoire de technique ou de gameplay. Même si le jeu est très peu reprochable sur des questions de forme, il reste que sa plus grande force est donc justement cette ambiance. Très sombre (le jeu met même un point d’honneur à vous demander de régler la luminosité de votre écran en commençant une nouvelle partie), aux ennemis assez étranges, peu identifiables, qu’on ne souhaite au final pas vraiment identifier, mais qui parlent, restent très humains malgré… le fait qu’ils ne le sont plus vraiment. L’impression d’errer dans une asile de fou sous-marine, où tout peut péter à tout instant à cause de la rouille et l’aspect parfois délabré dont cette bonne vieille cité de Rapture semble faire preuve ici où là. Cité de Rapture très réussie d’ailleurs, au design globalement assez léché, et qui fait voir du paysage tout au long de l’aventure. Ce qui est également une des grandes forces de Bioshock (même si on reste dans l’ambiance tout ça.)

Voilà ce qui arrive à des gens qui n'aiment pas K-On!

Ainsi je partais avec un apriori qui était du genre « bah si ça se passe dans une cité sous marine, je vais me bouffer des tubes, de l’océan, et des endroits assez industriels tout le temps quoi ». Et finalement non: la ville de Rapture est divisée en de nombreux quartiers et on traversera ainsi des chambres froides, des marchés ruraux, des champs d’apiculture ou bien encore la fantastique Forteresse Folâtre, dédiée aux sciences et aux plaisirs, et qui se révèle, à l’image du tenancier des lieux, un endroit assez fantastique, et extrêmement dérangeant, malgré son aspect fête foraine. Après tout, les trucs les plus flippants c’est les cirques et les parcs d’attractions vides, non ?

Globalement ainsi, j’ai été assez heureux de voir Bioshock gérer parfaitement son ambiance années 50 figées, avec propagande stylisées comme à l’époque, armes vieillottes mais plutôt fun à utiliser (ha les mitrailleuses à chargeur camembert…), petits films présentant les pouvoirs avec une voix bien chiante comme dans les infos Gaumont d’époque… bref un peu comme dans Fallout mais sans la gatling laser et les mutants bizarres. Et là encore, ça rajoute un certain cachet à la chose, surtout quand on est assez passionné par ce genre d’ambiance, ici très bien gérée.

D’autant que cela est parfaitement exploité par le jeu, avec un des aspects les plus intéressants du jeu: les journaux. En effet, dans Bioshock, peu de cut-scène, si je me souviens bien il n’y en a que trois: une au début, une au milieu, une à la fin. Le tout en quinze heures de jeu, et encore, la « cut-scène » du milieu reste vue selon les yeux du héros, c’est juste qu’on perd totalement contrôle du personnage, ce qui est une astuce plus où moins subtile. Du coup, pour exposer le scénario, c’est au joueur de fouiller. Enormément. Ainsi, l’histoire de Rapture, de comment la ville en est arrivé à ce niveau de folie, de pourquoi y’a une véritable guerre civile, de pourquoi les pouvoirs télékinésiques, de l’origine du héros, de tout ça, c’est au joueur de tout trouver soit même et d’être puni par l’ignorance si jamais il ne fouille pas assez la gigantesque ville à la recherche de journaux divers et variés. Ces journaux sont en outre extrêmement intéressants car audio: pas de kilomètres de texte rébarbatifs à lire comme un Oblivion (sauf que dans Oblivion c’est en plus méga mal adapté), il vous suffit de maintenir le bouton A, et hop vous écoutez. Et là avantage: les voix française sont bonnes. Donc vous pouvez y’aller sans souci si vous vous posez la moindre question, même si il y’a moyen d’agrémenter tout ça de sous-titres et de garder voix anglaises en configurant votre 360/PS3/PC comme il faut.

Only my railgun can be updated like that !)

Et du coup niveau mise en scène et compagnie, ces journaux sont très pratique car les informations sont distillées à un rythme très efficace, sans coupure, et dans des monologues souvent très efficaces. Et mine de rien, les Souchong, les McCormick, les Cohen… deviennent très attachants au fur et à mesure qu’on les entend parler dans leurs journaux, et souvent retrouver un journal d’eux où ils décèdent à coté de leur cadavre fait toujours un petit quelque chose. Même si pour Souchong c’est plus plaisant qu’autre chose.

Globalement, Bioshock est d’ailleurs une ode à la recherche et au farfouillage: il y’a énormément d’endroits qui ne servent à rien d’autre qu’a être fouillé pour y trouver munitions, dollars, journaux où bien bouffe et précieuses trousses de soins. Et globalement au début du jeu c’est assez précieux car les dollars sont rares, les munitions également et il faut donc, surtout en Hard, bien prendre son temps à fouiller chaque endroit, chaque zone, pour y trouver des précieuses balles, des précieux billets verts à dépenser, ou bien des précieuses seringues ou trousse de soin. Et ça permet de se rendre compte qu’au final, il reste que l’exploration, la fouille méticuleuse, est dans les jeux contemporains quasiment en disparition. D’autant que dans Bioshock, la fouille est utile, et rapporte toujours quelque chose. Et il devient vite utile de mettre la main sur des pouvoirs qui permettent de refouiller cadavre et caisses, tellement l’apport en munitions et autres pouvoirs devient vite indéniable.

Parlons des pouvoirs d’ailleurs: les fameuses plasmides, qui modifient l’ADN du porteur, et qui permet de disposer de pouvoirs plutôt cools. On y retrouve l’envoi d’électricité, l’incinération pure et simple des ennemis et autres blocs de glace, la télékinésie,mais aussi le pouvoir de maîtriser les abeilles pour s’en servir comme arme, le pouvoir de faire retourner un ennemi contre ses alliés, mais aussi des pouvoirs « passifs » et très utiles comme ralentir le flux lors des piratages, soigner sa barre de pouvoir en même temps que sa barre de santé, gagner le double de pv avec la bouffe ou bien encore dégager une onde électrique importante quand on est touché, ce qui est très utile. On ne peut pas accumuler les pouvoirs car ceux-ci subissent un nombre limité d’emplacements. Au cours du jeu on peut en « acheter » des supplémentaires mais il faut vite apprendre à jongler entre plasmides, à voir ses propriétés, on comprend vite que l’arc électrique est a garder absolument pendant tout le jeu, que certains pouvoirs ont moins d’utilité que d’autres et peuvent être laissé de coté, etc etc. Un petit coté rpg très limité mais très sympathique. Surtout que pour obtenir ses pouvoirs, il faut soit les obtenir en explorant la carte, soit les acheter avec de l’ADAM…

Non ce n'est pas ambigu.

ADAM qu’on obtient auprès des petites soeurs, qui est un des points les plus importants du jeu. Ces petites filles, toujours protégée par un gigantesque Big Daddy assez relou à battre, doivent subir un choix cornélien du jeu: être épargnées ou être tuées ? Les épargner, ce qui les sauve de leur condition, rapporte une petite somme d’ADAM (à peine 80) qui est compensé par des « cadeaux » fait par les survivantes. Compensé car les tuer rapporte purement et simplement le triple (après ajout du patch, car dans le jeu original, ce n’est que le double, qui fait que les épargner rapporte énormément plus alors que c’est censé être un choix « sacrifice », où on sacrifie ses pouvoirs au profit de la vie de ces petites filles), et donc bref voilà. C’est toujours un moment assez rude dans le jeu puisque les petites filles, et leur Big Daddy, apparaissent toujours à des endroits « aléatoires », ce qui fait qu’a chaque partie il est difficile de savoir quand ils vont débarquer, de savoir si on est vraiment prêt pour les affronter, tout ça.

Donc voilà, globalement au niveau de l’ambiance, le jeu est donc une parfaite réussite, la mise en scène est unique, on doit faire de nombreux choix, chaque partie est donc unique, la part belle est faite à la farfouille ce qui est toujours une bonne chance en plus d’augmenter la durée de vie de manière peu artificielle. J’ai en outre trouvé le jeu véritablement passionnant, et c’est toujours un bon signe de commencer sa partie en début de soirée et de voir le temps passer autour de soi, et de se dire « oh putain, déjà minuit 30. » Le jeu est vraiment addictif, on en veut vraiment à mort, on fouille, on tue, on s’upgrade les pouvoirs et les armes, on fouille, on reste parfois ébahi devant les décors, on se contente même parfois d’explorer purement et simplement. Ca m’a beaucoup rappellé The Darkness d’ailleurs, qui utilisait pas mal de petites ficelles dans le genre, c’est à dire exploration / ambiance de fou / mise en scène première personne. On voit les FPS pour consoleux quoi.

Mais le jeu n’est pas dénué de défauts. Et il possède même un défaut assez relou: une gestion assez médiocre de la difficulté. Je ne parlerais pas du cas des vita chambres (qui font que même si vous mourrez, vous gardez un avantage) qu’on peut désactiver après téléchargement du patch (vous êtes même récompensé par un gros succès si vous finissez le jeu en mode « sans vita chambres ») et qui donc est laissé au choix de chacun, mais surtout en fait de la gestion de la barre de santé des ennemis. En fait, à un moment dans le jeu, les ennemis se mettent soudainement à avoir une barre de vie doublée. Et globalement ? C’est très mal amené. Rien ne justifie pourquoi soudainement les ennemis se mettent à devenir tétra relou, ça nique même un peu tout le truc car ils deviennent très tenaces et même très chiants à combattre. Ok, c’est pas le but du jeu de prendre son pied à tuer des cibles faciles, mais franchement passer en juste cinq minutes d’ennemis que tu défonçais en un coup de chevrotine dans la gueule à des ennemis qui en nécessitent soudainement quatre ou cinq, sans qu’il n’y ait la moindre explication… c’est très frustrant. Et sans doute un exemple de truc intolérable dans le jeu vidéo moderne. On peut pas être parfait partout…

Et puis il y’a le système de piratage des objets électroniques. Ca consiste en un petit puzzle ou on doit arranger le passage d’un flux d’eau à travers tout un système de canalisations, en modifiant ceux-ci de place tout ça. C’est sympa au début, puis ça devient très vite relou. Alors si on a pas mal de dollars, on peut passer outre, de même que si on a beaucoup de trucs d’autopiratage. Mais au bout d’un moment, on le fait en mode automatique, cerveau débranché, en espérant que la prochaine fois qu’on chope une tourelle/caméra on aura assez de dollars pour passer outre. De même je trouve très relou les ennemis volants, mais ça c’est autre chose.

Bioshock05.jpg

Bioshock est souvent considéré comme un des chefs d’oeuvre indiscutable de cette génération, qui n’en est qu’a son adolescence, et je suis pas loin d’être accord. Malgré quelques défauts au final assez mineurs, le jeu se targue d’une véritable mise en scène cinématographique, d’une ambiance très maîtrisée, d’une ambiance sonore impec (doublage français de bonne facture, comme j’ai dit), de personnages solides (et que pourtant on entend plus qu’on ne voit), d’un Rapture passionnant, de graphismes pas dégueulasses, et d’une maniabilité au poil (quoiqu’un peu trop molle pour ces béotiens de pcistes), une durée de vie pas dégueulasse (ça m’a pris une bonne vingtaine d’heures pour finir le jeu) en plus encore une fois d’une ode à l’exploration que je ne peux vraiment refuse. Bioshock est donc un chef d’oeuvre, imparfait certes, mais une expérience à vivre absolument et je dois avouer que j’attends Bioshock 2 de pied ferme. Il est presque assuré d’y prendre son pied, sauf si évidemment on se dit que System Shock c’était bien mieux quand même hein, mais là bon, je ne peux rien pour vous, j’ai pas joué à System Shock. Genre jouer sur PC mais haha.

Et puis Stephen Cohen quoi. STEPHEN COHEN.

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8 réactions au sujet de « Quand c’est bon, c’est Bioshock »

  1. C’est beau, c’est bon… Mais j’ai plus été attiré par l’univers que par le gameplay en lui-même…

    J’ai eu un peu l’impression de jouer à un jeu d’aventure plutôt qu’à un FPS.

    Mais ça reste tout de même un foutu bon jeu bien accrocheur.

  2. Il est jamais trop tard pour jouer à un jeu culte :p

    Le problème de Bioshock, c’est quand même son manque de renouveau. Une fois que tu arrive à la fin de l’histoire, pas de quête annexe, récolter quelques objets et petites filles qu’on a oublié et c’est tout. Ah si, il y a les fins alternatives, mais se retaper tout les systèmes de sécurité pour une cinématique, c’est un poil relou.

  3. Le jeu me donne franchement envie depuis quelque temps, au point de mater moult extrait sur youtube et toussa, au final j’ai finalement regarder un pote y jouer pendant 3,4 heures avec l’impression de voir un film tant l’ambiance est bonne.

  4. Superbe description du jeu. Pour l’avoir fini une fois je dois avouer que c’est vraiment prenant.
    Mais bon là en hard c’est un peu du nawak les big daddy tu les finis à la clef tellement t’as plus rien.
    Ya pas un film de prévu aussi?
    Sur PS3 ya un patch défi payant aussi.
    Et je pensais pas qu’on pouvait mettre les voix en V.O, comment on fait? (c’est sander cohen en français, scène mythique avec la valse des fleurs de tchaikovsky)
    c’est quoi la récompense pour ne pas avoir utilisé de vita-chambre?
    Sinon chevrotine powwa.

    (élu commentaire le plus mal structuré 2009)

  5. « C’est toujours un moment assez rude dans le jeu puisque les petites filles, et leur Big Daddy, apparaissent toujours à des endroits « aléatoires », ce qui fait qu’a chaque partie il est difficile de savoir quand ils vont débarquer, de savoir si on est vraiment prêt pour les affronter, tout ça. »
    Ah oui tiens je me rappelais pas de ça … x)

    Bioshock fut probablement une des meilleures, voire ma meilleure expérience vidéoludique de 2007, tout d’abord parce qu’il était clairement innovant en terme de FPS, que ce soit au niveau de l’environnement ou du gameplay. Et puis comme tu dis, l’ambiance est le gros point fort du jeu. Perso, j’ai carrément été immergé dans cet univers du début à la fin. Je me rappelle de certaines scènes … des glauques (ouais c’est vraiment le mot et je crois que j’avais jamais joué à un jeu qui l’était autant) qui font péter un câble, d’autres où on se sent impuissant, où on culpabilise … bref j’ai trouvé ça assez fort, tout ça grâce à cette putain de mise en scène …
    J’ai aussi beaucoup apprécié le soin porté à l’arsenal qui, associé aux plasmides peut donner des trucs assez délirants. ^^
    Que de bons souvenirs …

    Bref, de même je guette l’arrivée du 2. :p

  6. Nyark.

    Bon moi je viens de le payer 30€ ce pack mais c’est pour PC.

    Genre jouer sur console mais haha. => En fait c’est surtout Genre jouer sur console à un FPS (à part Golden Eye, l’exception qui confirme la règle).

    C’est comme jouer à un RTS sur console ! NO FUCKING WAY ! HERESY ! CALL AN EXORCIST !

    Bref. Là je suis surtout sur Oblivion qui est mieux et moins bien que Morrowind. Moins bien sur des trucs con en plus… Pfff
    Je me suis fait Half Life 2 + HL2 ep 1 et ep 2 (en hard pour le dernier parce que 4-5h max pour finir l’ep 1 => pas glop) donc le FPS qui fait un peu flipper j’ai eu ma dose pour quelques jours. (Saletés de crabes. Et ces chasseurs en hard, j’en parle même pas…)

    Bref, on verra, mais ça à l’air bien prometteur. o/

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