Le dernier été de mon enfance

Le dernier été de mon enfance


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Petite curiosité trouvé dans la librairie que j’ai l’habitude de fréquenter, « le dernier été de mon enfance » de Shin Takahashi m’a volé le regard pour deux raisons, la première étant surtout le pavé que représente un tel manga. Mastodonte de 350 pages, l’objet fait la largeur de deux mangas et ce genre de chose reste encore à mes yeux une petite rareté. Le second est le gros truc rouge collé dessus qui dit « par l’auteur de Larme Ultime. » Oh. Bon ok je vais pas inventer des trucs tout de suite: je n’ai pas encore lu Larme Ultime, du moins pas en intégralité. J’avais ainsi lu la première partie du premier tome et une sorte de compilations d’épisodes « bonus » et j’avoue avoir complétement adhéré au style de l’auteur, par conséquent j’ai un peu acheté le manga un peu au hasard, et parce que je devais arrondir un peu la somme de mon achat, ayant acheté simultanément un lot pour l’association (car le Forum Thalie offre des lots merveilleux ! Offrira t-on encore mieux que le coffret Haibane Renmei de la Nocturne ? Mystère !) et puis le style à l’air sympa, c’est un one-shot dédié à l’enfance et aux vacances d’été, c’est très inspiré de Tom Sawyer et au pire si c’est vraiment de la chiasse je m’en serais servi pour caler ma chaise au cas où. Où pour les mettre sous mes talonnettes afin de m’offrir un peu de hauteur, enfin bref.

Sauf qu’évidemment ces idées sont maintenant abandonnées pour une raison là aussi très simple: ce n’est pas de la chiasse. C’est même très bien. Yasuyuki Ueda serait avec moi, il dirait même « C’est bon » sans sourciller.

Le scénario nous conte ainsi l’histoire de Haru, jeune étudiante en arts plastiques qui vit à Tokyo et qui doit rentrer en vitesse dans son village pour assister aux funérailles de sa mère. Là-bas, évidemment, ce n’est pas tout rose: on parle ici d’un village bien campagnard, avec population ultra croyante, apte au ragot et aux rumeurs malfaisantes, et la mère d’Haru, sans mari et à la vie paraît-il « débauchée », n’y était pas en odeur de sainteté, tout comme Haru elle-même. Pas beaucoup de raisons pour la jeune Haru de rester longtemps dans ce village, donc, d’autant que son patron à Tokyo n’est pas au courant de ce congé « imprévu » et qu’elle peine vraiment à joindre les deux bouts donc ne peut se permettre de devenir chômeuse. Sauf que divers événements la forcent à rester plus longtemps que prévu, dont la rencontre avec un jeune garçon nommé Taro qui lui permettra, l’espace d’un été, de devenir pirate, de devenir témoin d’un meurtre, de camper à la belle étoile, de vivre de formidables aventures où bien encore de lutter contre l’injustice ! Et ce même si presque huit ans les séparent…

Ce qu’il y’a de bien avec ce « dernier été de mon enfance », c’est qu’il mélange ainsi en permanence des tons et des ambiances. On peut souvent ainsi d’une scène légère à une scène tragique puis à une scène badass puis à quelquechose de plus contemplatif, et chaque page ne laisse pas forcément présager la suivante. Le tout étant servi en outre par un style graphique assez maîtrisé, capable de taper là aussi dans les différents style et n’hésite pas à ainsi s’offrir le luxe du SD choupimimi, par exemple. Et évidemment, tout cela ne serait rien si les situations n’étaient pas intéressantes ! D’autant plus intéressantes qu’on a surtout affaire à des dialogues de qualité, ce qui est sans doute pour moi le point fort du manga, surtout que la traduction est franchement bien fichue et a pris plaisir à adapter les dialogues dans la langue de Molière, ce qui donne toujours des échanges savoureux… Puis au final, ça reste un manga assez juste avec des personnages crédibles, qu’on imaginerait très bien typique à ce genre de petit village perdu, et je ne parle pas des adolescents qui sont dépints comme de vrais adolescents et pas des clichés un peu maladroits. Et le personnage « principal » de la série, Haru, est elle aussi un personnage très riche, pas forcément aussi « manichéenne » que j’aurais pu le penser de prime abord. Je veux dire par là que le premier contact avec le personnage a été un peu rude, mais le personnage évolue heureusement constamment et là est tout l’interêt de la chose ! Et enfin, le manga possède également une petite romance tout à fait mignonne comme tout et qui rappelle, là encore, quelques bons souvenirs d’époque…

Car de manière amusante, « le dernier été de mon enfance » parlera beaucoup à tous ceux qui ont vécus dans leur tendre jeunesse des étés campagnards un peu fou. Même si on a ici plein de petits trucs qu’on a pas forcément vécu (une franche amitié avec une nana de dix neuf ans un peu paumée, assister à un meurtre en direct, aller à l’école en plein mois d’août…), on y retrouve une certaine ambiance « estivale » qui tombe d’autant plus justement bien que les jours commencent à devenir sacrément chaud et qu’on s’y retrouve pas mal, alors lire ça en plein mois d’août j’imagine même pas l’immersion !

Personnages attachants, dialogues bien écrits, style graphique maîtrisé, émotions toutes invoquées, bref ce gros pavé de 350 pages fait du bien par où il passe (et évitez d’avoir une image mental obscure en lisant cette phrase, merci) et se révèle un petit coup de coeur très bien adapté à la saison, en plus. Et comme d’habitude, quand en fermant le manga, on se sent un peu triste de quitter un univers, des personnages, c’est que quelque part, quelque chose a fonctionné…

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10 réactions au sujet de « Le dernier été de mon enfance »

  1. Probablement la meilleur œuvre pour se mettre à Shin Takahashi et découvrir sa sensibilité et son humanisme. C’est un one-shot, ça en a donc la force narrative, graphiquement c’est über maitrisé (même si c’est pas toujours méga lisible niveau mise en page) et malgré la taille ça se digère assez bien (j’ai lu quasi tout entre 4 et 5H30 du mat un dimanche matin en rentrant de chez un pote).

    De loin un des meilleurs manga sorti chez nous au 1er trimestre 2010 (avec Pluto et Ashita no Joe).

  2. Amo, quoique tu puisses faire par la suite, rien que pour cet article, je te pardonnerai. Le style de Shin Takahashi est unique, si certaines de ses œuvres (comme Fragments) n’ont pas fait l’unanimité, il reste un auteur incontournable qui se démarque beaucoup de ses collègues. Malgré la qualité de ce one-shot, Saikano est quand même son chef d’œuvre le plus abouti.

  3. « C’est même très bien. Yasuyuki Ueda serait avec moi, il dirait même « C’est bon » sans sourciller.  » >> Ah bah ça fait bien commencer la journée de lire des trusc comme ça :3 shabon !

    (Mince, ça fait deux mois d’affilée que j’oublies de la commander ce bouquin)

  4. Ah tiens je savais même pas que le Tom Sawyer de Takahashi était sorti en france.

    Ca me fera à bouffer en attendant la suite de Fragment.

    • Kabu met ça dans sa liste de courses
  5. @Kabu : Tu le saurais si une certaine personne avait fini de travailler sur un certain skouetch. Cette même personne m’a demandé de lui mettre des coups de pied au derrière pour le motiver, et il en a bien besoin 😀

  6. Décidément autant j’aime bien le dessin de Takahashi autant ses récits me laissent toujours aussi de marbre. J’ai eu l’impression de lire du Enid Blyton. J’aimais bien, il fut un temps.

  7. Merde alors, Shin Takahashi à sorti un nouveau titre et j’étais même pas au courant ?
    ‘tain, mais qu’est-ce que je fout là au boulot, vite un tour à la librairie la plus proche pour me fournir ma dose. DO WANT !

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