Durarara!! – Le pouvoir de la drrrrrrille

Durarara!! – Le pouvoir de la drrrrrrille

BASTON ET FILLE AVEC UN CASQUE

Difficile de ne pas parler de Durarara!! sans immédiatement penser et évoquer Baccano!. Baccano!, je le rappelle, est un anime extraordinaire qui a marqué les mémoires de millions de personnes et ok j’exagère un peu quand je dis ça. Du coup comprenez ma joie quand j’apprends l’adaptation animée, par le même studio et les mêmes réalisateurs, de Durarara!!, série de light novel écrit par le même auteur. Adieu les Etats Unis des années 30, bonjour le Tokyo des années 2010 ! Le quartier d’Ikebukero, même, histoire d’être précis. Et au menu: de l’action, des mystères, et toujours cet univers mélé de réalisme et de fantastique, oscillant toujours entre drame et humour, un de ces univers dont je suis très féru, très gourmand. Au final ? Durarara!! c’est là encore du très très bon…


Expliquer l’histoire de Durarara!! n’est pas un exercice facile car dans Durarara!! il n’y a pas une histoire mais des histoires. On suit alternativement l’histoire de Mikado, arrivé fraîchement de la campagne pour s’installer à Tokyo, l’histoire de Celty la guerrière sans tête venue à Tokyo pour la retrouver, l’histoire de Shizuo qui veut vaincre sa colère, etc etc. Le générique (génial) ne trompe pas: il y’a plusieurs héros à cette aventure. Même si le premier épisode est ainsi fixé sur le personnage de Mikado, il est très vite mis au placard et ne joue un rôle crucial que bien plus tard dans l’aventure. En fait je mens peut-être: il y’a bien UN héros à Durarara, mais ce n’est simplement pas un personnage, mais bel et bien un lieu. Et ce lieu est évidemment ce quartier de Tokyo nommé Ikebukuro !

Peut-être moins connu chez nous que des quartiers aussi célèbres qu’Akihabara où Shibuya (même si ce sont au final plus des arrondissements que des quartiers), le quartier d’Ikebukuro et ses habitants un peu cinglés est définitivement le héros de tout ce joli bordel, et gagne donc ici ces quartiers de noblesse. J’en connais plus d’un qui lors de leur prochain voyage au Japon passeront par là, au cas où. Car une chose est sûre: si il y’a déjà une grande qualité envers cet anime, c’est la volonté de reproduire totalement le quartier d’Ikebukuro et de lui insuffler une putain d’âme… Chaque plan, chaque passage en extérieur reprend parfaitement un lieu du quartier, reproduit pour l’occasion. Les comparatifs youtube entre la réalité et la fiction ont fleuries sur le net et permet de constater le gros travail de reconstitution qui a été entrepris. Un habitant d’Ikebukuro n’y serait pas perdu lui-même ! Et déjà, rien que pour cela, une grande forme de respect.

Anri a des gros seins et des grosses bougies !

Et il n’y a pas que la reconstitution du quartier qui a fait preuve d’un grand travail, mais globalement je tiens vraiment à souligner la qualité de la narration, je me suis amusé à remater l’épisode 5 tout à l’heure et déjà on y retrouvait, en filligrames, dans les détails, pas forcément de manière très explicite, tout ce qui dix épisodes plus tard jouerait un rôle capital. Il y’a une sorte de génie à voir l’anime constamment nous ressortir dans la face des petits détails, des petites scènes dont l’enjeu nous avait échappé, et ce près d’une quinzaine d’épisodes plus tard. Mais c’est également le cas avec des personnages, des situations et caetera. L’exemple le plus probant restant le cas du « slasher », évoqué rapidement au cinquième épisode, puis oublié, puis ressorti carrément au stade d’enjeu principal une dizaine d’épisodes plus tard. Je suis assez friand de ce genre de narration. Car tout a du coup un sens, même le détail le plus stupide, et que ça nous force à être un chouia observateur. Ensuite parce que du coup, on nous offre en permanence des révélations qui partent sur du « solide », ce qui est toujours plus intéressant qu’un truc sorti de nulle part, et je doute qu’on puisse penser le contraire sur ce coup !

Mais là encore, cette qualité n’a rien de surprenante: on savait l’auteur de Baccano! déjà très doué en la matière, ayant réussi à faire de la narration de Baccano! quelque chose d’assez excellent alors qu’on avait le droit dans cette série à de trèèèès nombreux changements d’époques, ce qui chez n’importe quel auteur un peu pas doué aurait vite tourner à la soupe à la grimace. Logique donc de le voir aussi exceller quand il s’agit cette fois de gérer un énorme casting, un flot important d’informations et un espace géographique assez large.

Et le pire ? C’est qu’il se permet encore une fois de créer un casting large comme dans Baccano… et de l’égaler en qualité ! Souvenez-vous du casting de Baccano! qui était assez fou avec ses homonculus tarés, Ladd Russo le bourrin de service cruel, sadique mais pourtant diablement attirant, le loser ultime avec Dallas, un des couples les plus emblématiques du monde de l’animation japonaise avec Miria et Isaac… bref un casting qui était franchement génial. Dans Durarara, comptez une quinzaine de personnages d’importance… et une quinzaine de gros badass charismatiques où attachants. Aucun personnage n’est à jeter, aucun personnage ne semble dénoter, ne semble en retrait, ne semble nous dégouter. Ils sont développés juste comme il faut, ils ont tous leur place dans le grand échiquier (même quand c’est pour y jouer au shogi.) Même si en finissant la série, on se dit « mais il a servi à quoi ce perso », il suffit de saisir que Durarara!! l’anime ne couvre pas tout l’univers Durarara!! le light novel et que la série nous a prouvé pendant 26 épisodes qu’insérer un personnage à l’épisode X et ne pas l’utiliser avant au moins dix ou quinze épisodes… ne le gênait absolument pas ! Si il n’a pas servi maintenant, il servira indubitablement plus tard… et toujours sans subir le syndrome « sorti de nulle part »…

Durarara n'est pas une série yaoi ! Même si on pourrait y croire !

Les deux (excellents) génériques d’ouverture de la saison se centrent ainsi avant tout sur ce casting complet, comme le faisait déjà Baccano! et encore une fois je dois vraiment mettre l’emphase là dessus: ça fonctionne du tonnerre. Quand on possède dans son casting des éléments barrés et mémorables tels que Shizuo, tels qu’Izaya, tels que le quatuor d’otakus, tel que Celty, tel que Shinra… où des éléments à priori plus « classiques » comme Mikado, Anri et Kida (bien que chacun cache son petit secret…) sans que jamais les éléments classiques soient trop dévorés par les éléments excentriques, il y’a un très bon signe. Même si pour être franc, il semblerait que l’arc dédié au trio de héros a moins passionné les foules que le reste, ce qui est assez dommage car il n’est pas dénué de qualités…

C’est étrange mais ça fonctionne pourtant: chaque arc de Durarara possède son propre rythme. Alors que le premier arc est plutôt riche en action, avec une foule d’événements en vingt minutes – et la nécessité d’installer l’univers, ce qui remplit d’autant plus -, l’arc final prend lui plutôt son temps, au point de voir pas mal de personnes décontenancées et perdre tout leur bel enthousiasme. Si c’est dommageable, je ne trouve pas pour autant que ce changement de rythme (plutôt lent) soit néfaste, l’anime gardant objectivement toujours les mêmes qualités. A partir de là c’est très subjectif, mais j’ai trouvé cette fin très maîtrisée, même si elle est témoin de la grande différence entre Baccano! et Durarara!!…

Internet est ton ami !

… C’est à dire sa « violence dans le ton ». Je met ça entre guillemets car je peine à voir quel mot serait le plus juste… Mais là où dans Baccano!, certains personnages subissaient de la cruauté pure et dure, où on avait le droit à des massacres dans des trains, des personnages qui se faisaient démembrer, des mecs qui se faisaient tellement démolir que leur visage se tuméfiait… ça n’empêchait pas de l’autre coté d’avoir le droit à Miria & Isaac et de voir les histoires très très bien se finir, mais dans Durarara!!, le monde est dangereux, ça se fait tabasser… mais on peine parfois à le ressentir. Et pour cause: il n’arrive rien aux personnages ! Aucun ne meurt, aucun ne se fait sérieusement blesser, les enjeux sont sérieusement réduits. On a bien conscience du danger de la situation, mais très vite, quand on voit encore une fois un personnage prendre la gueule, on peine à vraiment être inquiet parce qu’on sait qu’il va s’en sortir ! C’est un sentiment toujours très désagréable, ici très mineur mais qui peine l’arc final à s’installer et je comprends les nombreux regrets exposés.

Mais globalement, Durarara est optimiste et a certains passages c’est même plutôt une qualité. Plutôt que de nous lourder avec un cynisme démagogique, on a le droit à des vraies scènes où tout se passe, où l’humanité est dessinées sous un angle plutôt mélioratif, les Dollars sont l’exemple même du gang bénéfique, philanthrope et ça fait un peu du bien également. Les méchants sont punis… même si dans le monde de Durarara, il n’y a heureusement pas vraiment de manichéisme et les rôles ne sont pas vraiment fixés. Ok, Izaya est un gros troll bien vicieux et dangereux… mais il tient plus du antihéros que du véritablement méchant manipulateur !

Wat
Pause hypnotisme.

Enfin une dernière note sur sa soundtrack, franchement excellente. Les deux génériques d’ouvertures sont franchement bons (je préfère même Compilcation au très péchu Uragiri no Yukake) et on possède des thèmes franchement envoutants. Enfin, techniquement je n’ai pas vraiment de remarque particulièrement à faire – que ce soit positivement où négativement. Le chara-design est sympa comme tout, etc.

Durarara!! est donc logiquement un très bon anime et un anime qui m’a énormément plu, ce qui n’était pas gagné ! Avec son casting de ouf et sa narration soignée aux petits oignions, c’est avec un véritable plaisir que j’attends sa sortie DVD dans l’hexagone, sortie DVD confirmée depuis début janvier… Et j’attends aussi toujours avec impatience la suite de cette première saison qui n’était, indubitablement, qu’un prologue. Il reste tellement à exploiter, tellement de personnages extraordinaires que retrouver cet univers pour encore vingt-six épisodes est très très loin de m’effrayer. Mais si ils veulent faire une saison 2 de Baccano! à la place, qu’ils ne se gènent pas non plus. Voire même un troisième épisode. Je trouve que l’équipe telle quelle vaut de l’or…

Et puis tant qu’a faire, je rappelle que l’animé est légalement et facilement matable sur Internet. Par contre me demandez pas mon avis sur les sous-titres et la qualité de la traduction, je ne suis pas trop au courant… <3

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Une réaction au sujet de « Durarara!! – Le pouvoir de la drrrrrrille »

  1. Très bon Anime (ça fait du bien après un retour d’overdose d’animation de deux mois) , même si j’ai un faible préférence pour Baccano (mettez ça à 99.9% sur le compte de Isaac/Miria) .

    Mais ce qui me fait le plus sourire quand je vois ça, c’est l’omniprésence des références (plus ou moins subtiles).Alors que j’étais là, les doigts sur ma touche espace , les yeux à 5 centimètres de mon écran, le regard fixé sur la vidéo indéfectiblement concentré de peur de louper une image subliminale de 0.0001 seconde de durée, je me suis dit avec un petit sourire en coin : « Bordel ça me rappelle quelque chose cette situation dans laquelle je me trouve !!! « 

    Brainstorming d’un quart de seconde, Tilt* : Sayonara Zetsubou Sensei…

    Si Omori devient un Shinbo je ne donne pas cher des nos âmes (pourtant si pures )…

    Un seul Shinbo nuit déjà gravement à ma santé mentale alors deux !

    Mais il y a encore de la marge, même si Durarara!! fait largement de la publicité pour ses autres oeuvres, on est encore loin d’atteindre ce niveau de folie…A suivre…

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