Alphabet Estival – La Jeunesse de Picsou – Because Destiny Says So

Alphabet Estival – La Jeunesse de Picsou – Because Destiny Says So

L’alphabet estival est, rappelons le, une série de 26 articles estivaux dans lesquels je fais le tour de l’alphabet pour, à chaque lettre, parler d’un truc qui me rend nostalgique / qui me tient à coeur et sur lequel je n’ai pas encore parlé sur Néant Vert. Le K était dédié à Koe de Oshigoto, le L est dédié à Life and Times of Scrooge McDuck… aussi connu chez nous sous le nom de La Jeunesse de Picsou !

J’ai passé mon enfance sur les BD Disney. J’étais abonné au Journal de Mickey et au Super Picsou Géant. Et comme vous le savez sans doute déjà si vous avez jeté une oreille aux deux derniers épisodes de JLNV en date, je détestais violemment l’univers de Mickey, globalement très plat, très concon. Mickey était le héros parfait indestructible qui avait toujours raison, Dingo le seul ressort comique de l’univers (et il n’était pas génial dans ce rôle), Minnie était juste insupportable de platitude etc etc. Le seul bon perso de l’univers Mickey c’est le Fantôme Noir, c’est dire le haut niveau. Et de l’autre coté on avait Donaldville ! Donald le héros irascible, susceptible et loser ! Les neveux qui ont toujours raison mais font parfois des grosse betises ! Les Rapetou ! Fantomiald ! Gontran ! Grand Mère Donald ! Et surtout PICSOU.

Picsou est l’archétype parfait du gros richard un peu rendu fêlé par l’argent, qui était radin comme l’enfer, nageait dans des piscines de pièces et semblait détenir la totalité du monde – en plus d’être constamment la cible des vilains Rapetou où bien de Miss Tick. La mythologie autour de Picsou, dans les BD francaises/italiennes du Journal de Mickey, a toujours été quasiment la plus étoffée de l’univers Disney: on sait qu’il a fait fortune au Klondike en « péchant » une pépite d’or d’une taille astronomique, on sait qu’il tient comme sa vie à son sou fétiche, qu’il est responsable de l’essor de Donaldville et qu’il est écossais. Eh, c’est léger mais c’est déjà plus que Daisy qui, par exemple, à comme univers « elle a des nichons et passe son temps à naviguer entre Donald et Gontran. »

Du coup, logiquement, quand Don Rosa (le meilleur illustrateur Disney en activité) décide de faire un comics basé sur les origines de la fortune de Picsou, sur sa jeunesse, et bah voilà, ça donne un truc tétra extraordinairement génial. Et le mieux ? C’est découvrir ça quand on a onze ans et qu’on se doutait pas une seule seconde que l’intégrale de la Jeunesse qu’on a acheté pour 2€ dans une brocante était le meilleur rapport qualité/prix de toute une vie. Quasiment.

Attention: de base cet article ne parle que du premier tome de la Jeunesse de Picsou, celui avec les 10 chapitres « de base » + deux chapitres bis et le chapitre zéro. Pour résumer, il existe deux intégrales françaises de la jeunesse de Picsou, toutes deux étant sorties en « hors-série » de Picsou Magazine durant des étés qui commencent un peu à dater maintenant (été 2006 et 2007.) Par conséquent inutile d’aller demander à un libraire des tomes de la Jeunesse: il ne les trouvera sans doute pas. Il existe bien une édition anglaise mais celle-ci est devenu rarissime et les prix atteignent parfois la centaine d’euros bien tassé. Donc oui, la Jeunesse n’est sans doute pas une oeuvre très abordable. Peut-être avec du pot on peut en trouver un exemplaire dans une bibliothèque. Peut-être.

C’est assez triste du coup et je ne peux que supplier Hachette où quiconque d’autre de tenter un jour de faire une vraie belle édition reliée et française de la Jeunesse, comme récemment a été édité une quasi-intégrale Carl Barks. Et je précise bien « en français » parce que, de toute façon, la traduction française de la chose était à la hauteur des traductions Disney habituelles: c’est à dire de très haut niveau. Tout collait parfaitement, certaines blagues étaient accentuées, rien ne tombait à plat. Un véritable petit bijou d’adaptation et de traduction qui transpire le travail bien fait. C’est BIEN.

Vous n’avez pas lu la Jeunesse de Picsou et vous vous demandez pourquoi ça mérite autant d’attention ? C’est un comics Disney après tout, et vous avez raison du coup d’être suspicieux. Mais c’est un TRES GRAND COMICS. Don Rosa est un dessinateur scénariste assez fantastique, qui focalise ses œuvres de telle façon à être véritablement « grand public » dans le sens où TOUT LE MONDE y trouve son compte. L’oeuvre n’est pas débilisée pour les gosses qui comprendront de toute façon tout ce qui se passe… et les adultes aussi ! C’est une oeuvre quasi universelle ! Et déjà pour quelque chose étiqueté « BD Disney » ça surprend dans le très bon sens !

Hop
La jeunesse de Picsou est en outre une véritable odyssée. On y suit « la vie » d’un homme, une cinquantaine d’années autour du monde, à revivre l’histoire (bien que la première guerre mondiale soit un peu esquivée), à vivre des aventures, à rencontrer des gens… Chaque chapitre est une véritable aventure, avec ses rebondissements. Sur ce plan là, on ne peut que louer l’inventivité de Don Rosa qui nous fait en permanence des véritables changements d’ambiance à chaque chapitre, certains étant extrêmement légers et positifs, d’autres beaucoup plus… lourds niveau ambiance. Il y’a un monde entre le chapitre 2 – où Picsou travaille en tant que matelot sur le bateau de son oncle et part à la recherche d’un trésor sur le Mississipi qui est, d’ailleurs, extrêmement boueux – et le chapitre 9 où Picsou découvre qu’il n’est plus adapté à son Ecosse natale et que, euh, la fin nous fait pleurer des wagons salés. Car oui, la Jeunesse est un comics qui se révèle à une où deux reprises très émouvant. Et il nous prend à chaque fois par surprise !

Et c’est aussi HILARANT. Certains chapitres sont 100% comiques (le chapitre bonus où Picsou aide le cirque de Buffalo Bill à récupérer leur argent, volé par les Daltons) et ça rend extrêmement bien. Même dans les chapitres les plus sérieux, il y’a toujours au moins un gag par page et ceux-ci fonctionnent toujours – même après des passages plus… compliqués. Cela fonctionne surtout grâce au talent de dessin de Don Rosa qui offre des expressions assez fantastiques à ses personnages, capable d’exprimer tout et n’importe quoi mais surtout ce qui compte pour faire rire.

Bref, article court juste pour rappeler ces trois choses: Don Rosa est un génie, la Jeunesse de Picsou un chef d’oeuvre et il en faut une réédition reliée.

Picsou01.jpg

Et maintenant on se retrouve jeudi pour le M… Qui sera… une surprise !

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14 réactions au sujet de « Alphabet Estival – La Jeunesse de Picsou – Because Destiny Says So »

  1. La jeunesse de Picsou c’est une des meilleurs BD qui soit, y’a pas à chier la dessus. Et je me souviens de certaines histoire qui paraissaient dans Picsou mag ou dans les SPG, dont celle du rêve (avec la route alternative de Goldy :awe:), qui y étaient intimement liés (flashback ou allusions à la jeunesse de Picsou et à son clan, ou de l’histoire de Donaldville. D’ailleurs la BD de l’histoire de Cornelius Coot est énorme aussi !).

    Y’a une paire d’année (2004 il me semble), y’a eu une réédition de l’intégrale de la jeunesse de Picsou, qui trône fièrement dans ma bibliothèque, et ouai elle valait aussi clairement le coup !

  2. En commençant le post je me suis laissé aller à une grosse confusion : j’ai cru que je m’étais gouré tout ce temps et que Don Rosa était en fait, plot twist… Francais. Ou Italien.

    Donc après avoir derpé un peu je peux qu’approuver… n’ayant eu la chance que de lire le premier, le dernier (pouet pouet Citizen Kane) et un chapitre en bonus, j’ai toujours fantasmé sur la lecture de l’intégrale. Ce trait, cet esprit… ne serait-ce que les autres BD de DR qui sont assez marquantes, inventives et qui SAVENT installer une mythologie, c’est raaah lovely

  3. Je me souviens de ma graaaande pile de Mickey Parade, Journal de Mickey et SPG. Je suis pas forcément d’accord avec toi sur Mickey : certaines aventures de la souris sont vraiment sympas. Mais j’aprouve : Picsou est juste génial. Je me souviens des deux aventures du cycle « Tralla-la », une histoire de capsules qui reste mon histoire préférée…

  4. C’est ça le plus gros problème de Disney: de la même manière que les histoires qui paraissent périodiquement, celles qui plaisent ressortent du placard qu’une fois tous les dix ans et si tu loupes le coche, bah tant pis pour ta poire. J’ai lu une tonne d’histoires avec Picsou et beaucoup réalisées par Barks ou Rosa, seulement je suis sur que j’en ai loupé de superbes à cause de leur système moisi…

    Sinon, j’ai la chance d’avoir le recueil de la jeunesse de Picsou, donc consultable n’importe quand, et c’est vrai que les histoires sont justes géniales, pour la simple raison que, comme tu l’as dit, elles ne s’adressent pas qu’aux gosses. Je rachète parfois les derniers Super Picsou ou Mickey Parade, et à part les Powerducks qui commencent déjà à dater, on retrouve plus cette qualité dans les histoires et c’est franchement dommage -_-

  5. Pour avoir relu l’an dernier la totalité de ma collection de Super Picsou Géant – qui va de 1986 à 2002 -, je peux t’assurer que la qualité des bandes dessinées publiées dans SPG n’a pas évolué d’un iota depuis 1986 ! Les BD qui y sont publiées sont souvent d’origine européenne, comprendre par là surtout françaises et italiennes. C’est un milieu assez triste à lire parce qu’on sent que les auteurs ne prennent aucune liberté. Ils se contentent de mettre les personnages dans des contextes parfois déjà vus ailleurs (je me souviens d’une histoire de Mickey & Donald a base de lapins roses et de clones robots qui était un plagiat case par case d’une histoire de… Pif & Hercule, ça choque quand on remarque ça à neuf ans), avec peu d’inspiration que ce soit au niveau dessin où scénario. On sent que c’est alimentaire.

    Y’a bien un où deux auteurs qui ont essayés d’aller un peu plus loin… Mais ça a donné des « choses » comme Michel Souris.

    Mais bref, Don Rosa et Barks ne sont de toute manière publiés que dans Picsou Magazine :). Je n’ai jamais vu une seule de leurs BD dans SPG, Mickey Parade où dans le Journal de Mickey

  6. Tout est tellement vrai dans ce post. Don Rosa n’a pas à rougir face au papa de Picsou et Donald (i.e. Carl Barks), et même, il me semble que Barks le lui a dit de vive voix avant de trépasser. Un de mes objectifs de vie, en ce moment, c’est de réunir toutes les aventures de Picsou dessinées par le monsieur et publiées dans Picsou Magazine. J’en ai déjà plus d’une trentaine, et chaque nouveau chapitre est une pépite d’intelligence, d’humour et parfois d’émotion. Ce type est trop fort.

  7. C’est bien simple: cette intégrale, c’est ma bible personnelle. Balthazar Mac Picsou est mon modèle dans la vie (si si c’est vrai!) et aucun dessinateur/scénariste travaillant pour Disney n’est arrivé à produire plus belle œuvre.
    Le rêve serai d’avoir un long métrage d’animation basée sur cette série; mais Disney est trop coincé du **L pour assumer les passages lourds en émotions. Je pense que les connaisseurs auront compris de quoi je parles.

    Je pense aussi dire, au nom des fans du monde entier: ON VEUT LA VÉRITÉ SUR DELLA DUCK !!

    Sur ce, je retourne à ma prospection.

  8. Je suis d’accord, cette compilation de la Jeunesse de Picsou mériterait une réédition ! Quoi qu’il en soit j’ai encore celui-ci bien au chaud dans l’une de mes bibliothèques, joliment dédicacé par le grand monsieur Rosa lors d’un salon de BD de Contern au Luxembourg il y a une dizaine d’années de cela. <3

  9. Ha putain ma jeunesse ma vie. Oui j’ai suivie Picsou et Mickey pendant plus de 16 ans *v*. J’ai vite perdu la patience de les lires. Mais je dois reconnaitre que la jeunesse de Picsou reste la seul aventure que je me lasserais jamais de relire *v*

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