Comment j’ai appris à aimer à nouveau Sonic et à ne plus avoir peur du cycle (Sonic Generations)

Comment j’ai appris à aimer à nouveau Sonic et à ne plus avoir peur du cycle (Sonic Generations)

Bon, on avait vu ça ensemble en début de mois: Sonic 4 Episode I n’est pas forcément un jeu de merde et Sonic & Sega All-Star Racing est un jeu qui se révèle agréable mais pas aussi fanservice qu’attendu et souhaité. Maintenant attaquons nous enfin au plat principal, et le jeu Sonic qui est actuellement au centre de toutes les attentions: Sonic Generations. Et je suis heureux de pouvoir annoncer qu’il s’agit là d’un très bon jeu. Pas encore parfait. Encore jonché de deux ou trois défauts assez insupportables. Mais vraiment enfin le Sonic sur consoles de salon que j’attendais depuis presque dix/quinze ans.

Tout d’abord je rappelle le contexte: je hais tous les Sonic en 3D. Que ça soit le premier ou le second volet je suis incapable de concevoir en quoi les Adventure peuvent être des bons jeux, particulièrement le 2 que je considère comme un véritable affront au plaisir de jouer, avec ses bugs à la pelle, ses niveaux jumeaux, les formidables niveaux relous de Knuckles/Rouge ou bien la maniabilité absolument aléatoire qui fait qu’une fois sur six, votre homing attack ira se loger totalement ailleurs que ce que vous avez prévu. Enfin, ça reste moins pire que Heroes ou 2006 (et ses loadings en plein niveau) mais pour autant je reste incapable de l’adorer autant que certains. J’ai ensuite laissé passer Unleashed et Colors – ce dernier tout simplement parce que pas de Wii.

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J’ai accueilli Sonic Generations avec énormément de méfiance à son annonce, assez convaincu que Sega allait parvenir une nouvelle fois à faire exploser le pétard entre leurs mains et parce que je dois avouer que l’annonce faisait doublon avec Sonic 4 Episode I, qui lui aussi reprenait à sa sauce des niveaux « cultes » des deux premiers volets Megadrive. Mais là où d’habitude le Sonic Cycle fait que le jeu devient de plus en plus décevant au fur et à mesure des annonces, ici on avait un Sonic Cycle inversé: plus les annonces tombaient, plus le jeu se révélait prometteur et enthousiasmant. Et à la fin, le jeu est de la bonne. Mais attention: uniquement pour ceux qui veulent s’impliquer un chouia dans le jeu !

L’histoire ? Sonic fête ses 20 ans avec ses amis et tout ses amis se font aspirer par un vortex temporel. Dès lors les dimensions sont mélangées et c’est la rencontre entre deux Sonic – celui de la Megadrive et celui des opus plus modernes. Ils vont devoir sauver leurs amis et, si possible, découvrir d’où vient ce vilain vortex et tout ce gros bordel. Soyons très clair: l’histoire est tellement accessoire que je ne prendrais pas vraiment la peine de la critiquer. C’est simpliste et ridicule mais ce n’est pas gênant.

Le jeu est donc divisé en trois parties, chacunes représentées par deux boss et trois niveaux représentant une période précise de l’histoire de Sonic: la période 16-bit (Sonic, Sonic 2, Sonic 3 & Knuckles), la période 128-bit (nommée « Dreamcast Era » dans les trailers, ce qui fait rire quand on voit la présence de Sonic Heroes) et la période contemporaine (donc Sonic 2006, Unleashed et Colors), chaque niveau étant divisé en deux actes – l’acte 1 nous permettant de jouer Classic Sonic donc de se la jouer 2D Megadrive style, et l’acte 2 nous permettant de jouer Modern Sonic avec un gameplay très proche d’Unleashed et de Colors. Ca fait en tout dix-huit niveaux et effectivement je peux confirmer qu’on en aurait bien voulu un peu plus.

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Soyons très clairs: la première partie de Sonic Generations n’est pas la plus plaisante. C’est celle où on découvre les niveaux, où on se perd, où on se traîne et où on se tape un level-design étrangement sadique. On finit les niveaux en six ou huit minutes, on tombe dans les pièges et on râle contre les boss qu’on est obligé de se taper. J’aurais posté mon article aussitôt après avoir fini le jeu, j’aurais été nettement moins enthousiaste. Oui, le jeu est de toute manière court – je l’ai fini en six heures, dont une heure sur les deux derniers boss, pour une raison que j’évoque plus tard – et le finir n’est PAS compliqué, tout le monde peut le faire, ai-je envie de dire dans un grand élan de généralisation. C’est une fois le jeu fini qu’il dévoile tout son potentiel, à l’instar d’un Bayonetta.

Déjà les niveaux sont GRANDS. Si vous voulez vous lancer dans le scoring, ce jeu est très généreux. Déjà parce qu’il donne une grande place à l’exploration avec énormément de passages cachés et de sauts pointilleux à enchaîner, mais aussi parce qu’une fois un niveau « connu », le plaisir et les sensations de rusher un niveau sont véritablement là, et elles sont jouissives. On notera par exemple la quête des « red rings », ces anneaux rouges présents dans chaque niveau et à retrouver, qui sont souvent planqués dans les raccourcis ou les lieux intéressants, nous permettant – via leur recherche – de mieux assimiler les spécificités du niveau et de mieux le mémoriser. On a aussi les défis, séries d’épreuves plus ou moins intéressantes qui nous offrent souvent un effort de « redesign » du niveau (rajout de pièges, de murs, changement graphique – tel niveau pourra passer en mode nocturne par exemple.) Parcourir tous les défis prendra là aussi du temps – comptez à nouveau entre trois et cinq heures. Enfin, il y’a la possibilité de s’affronter avec des amis à coup de temps et de chrono ce qui est bien plus addictif que je le pensais, malgré un aspect très simpliste.

Au niveau maniabilité, Sonic Classique est impeccable et on ne peut qu’applaudir Sega qui a réussi à retrouver le feeling des épisodes Megadrive. Quant à Sonic Moderne si il faut avouer que c’est parfois très confus (on fonce tout droit avec X sans trop réfléchir un peu trop souvent) mais je n’ai eu réellement que peu de soucis de maniabilité pure – deux/trois homing attack dans le vent, certes, mais en une vingtaine d’heures de jeu c’est vraiment négligeable (alors que dans un Sonic Adventure j’en avais 20 dans le vent en trois heures.) D’ailleurs, je me suis vraiment surpris à adorer les passages modernes, très riches en sensations, très fluides, très jouables et riches en scènes assez spectaculaires – surtout dans les derniers niveaux.

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Quant au choix de niveau, évidemment en tant que fan de Sonic on est évidemment insatisfait de ne pas retrouver tous ses niveaux préférés et on peut regretter un choix beaucoup trop « urbain/industriel » au détriment de niveaux plus naturels (entre Chemical Plant, Speed Highway, City Escape, City Crisis, Rooftop Run et Planet Wisp, soit 6 sur 9, on peut dire qu’on bouffe de l’usine et de l’urbain) et l’absence totale d’un niveau casino (à part dans un DLC bonus et négligeable.) Mais on ne peut pas vraiment reprocher à Sega de taper sur des valeurs sûres et de nous offrir les niveaux emblématiques de chaque épisode. Le choix manque réellement de couilles mais il reste efficace. D’autant que des efforts sont vraiment faits pour donner à chaque niveau une réelle personnalité et éviter l’aspect redondant des décors urbains.

Là aussi ma plus grande surprise fut l’interêt des niveaux relatifs aux épisodes que j’avais pas fait: les niveaux issus de 2006 et Unleashed (Crisis City et Rooftop Run) sont deux excellents niveaux et qui ont en commun une bande sonore assez magique. Mais pour être franc il n’y a pas vraiment de mauvais niveaux dans ce Sonic… à part – et c’est très subjectif – Planet Wisp qui pour le coup est vraiment ultra-long et ultra-chiant, nous forçant à passer le niveau à alterner entre la mode Sonic et la mode Wisp, ce qui rend le niveau pas aussi agréable qu’il pourrait l’être. Ironiquement, jouer à Sonic Generations m’a presque donné envie de jouer à 2006 et Unleashed, mais m’a pas giga emballé sur Colors.

Quant à l’OST elle est fantastique. Là aussi c’est pas très étonnant car c’est une OST fainéante, qui se contente de reprendre les titres phrases de la saga, dans un grand élan de fanservice que nous enlaçons comme si il n’y avait pas de lendemain. Mais force est de constater que les remixs sont tous très bons (même celui de City Escape, si si) et que le choix des titres déblocables (et utilisables en plein) est plutôt inspiré – même si je regrette deux ou trois doublons dans les choix des chansons Megadrive (pourquoi mettre une deuxième fois le thème de Green Hill et de Chemical Plant alors que ces deux jeux possèdent des chansons bien plus intéressantes ?) et, je l’avoue, l’absence de E.G.G.M.A.N. mais ça, c’est mes goûts personnels. Pour le reste on a des chansons issues de la quasi-totalité des épisodes (excepté les opus Master System & Game Gear, boudés comme des crottins), que ce soit Sonic Advance, la série des Riders, Shadow the Hedgehog, Sonic 4… ciel on a même une chanson de Sonic 3D Blast ! Et puis, merde, y’a Super Sonic Racing !

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Par contre énorme défaut du jeu: ses boss. Oh mon dieu quelles purges. AUCUN boss n’est bon. Tous se font dans une réelle douleur. Soit parce que le boss est INJOUABLE (le Perfect Chaos qui est le seul moment de tout le jeu où j’ai eu des bugs d’homing attack), soit parce que la manière de le défaire est clairement OBSCURE (Shadow), soit parce que l’interêt réel du boss est nul (Silver ?) Le dernier boss est vraiment ce qui représente le plus l’incroyable médiocrité de ce point du jeu: imaginez un boss dont le seul moyen de le vaincre est de marteler X, dont la manière de la vaincre et de se rapprocher de lui n’est jamais vraiment expliqué et imaginez qu’en plus de ça les « amis » de Sonic passent leur temps à vous gueuler des ignobles évidences qui tournent EN BOUCLE. C’est un missile téléguidé ? Utilisez Y pour intervertir de personnage ? C’est un missile téléguidé ? QUOI C’EST VRAIMENT UN MISSILE TELEGUIDE ? J’EN DOUTAIS PAS. Sérieusement, les deux derniers boss du jeu sont des véritables hérésies qui n’ont sans doute pas été testées par les équipes de Sega, vu le nombre absolument effarants de bugs et d’erreurs qui s’y trouvent. Alors on bloque, on jette sa manette de rage et on espère secrètement qu’on aura plus jamais à se les retaper. Et dieu merci, sauf si on veut un succès A LA CON on peut s’épargner ça. Mais c’est quand même chaud de nous rappeller que si y’a bien un point sur lequel la saga peine depuis 1999 à faire aussi bien que sur Megadrive, c’est au niveau de ses boss, tous plus inintéressants et buggués les uns que les autres depuis Sonic Adventure. Enfin, bon, j’espérais mieux.

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Sonic Generations est-il donc le jeu fanservice ultime ? Presque. Il aurait pu aller plus loin mais en l’état c’est amplement satisfaisant. Il m’a remis à une époque où je kiffais jouer à Sonic et c’est tout ce que je lui demandais. Bref essai réussi et j’en redeviens tout palpitant à l’idée de goûter à un nouveau Sonic HD. Bien bien bien.

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2 réactions au sujet de « Comment j’ai appris à aimer à nouveau Sonic et à ne plus avoir peur du cycle (Sonic Generations) »

  1. C’est vrai que le boss de fin est relou, mais Perfect Chaos ne m’a pas posé de problème d’homing attack (contrairement à crysis city, qui est bizarrement le seul niveau où j’ai des problèmes de gameplay… Hommage à 2006 ?) ; ce que moi je reprocherai au soft (et encore) c’est qu’il n’existe pas de possibilité de faire les niveaux à la chaine sans une interruption (le retour sur la carte), un mod comme ça m’aurait bien botté pour les niveaux classiques.

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