Mangarama désopilant

Mangarama désopilant

Eh, dans une semaine je vais découvrir Marseille et la Japan Expo Sud, petite hype au fond du coeur – surtout pour le voyage et pour la conférence, la conv en elle-même m’intéresse moins vu que contrairement à 2013 y’aura pas Ikuhara . En attendant, malgré tout, cette première fois provençale, je vous propose un article court, léger, qui ira directement au point, avec un Mangarama qui sera dédié à quelques mangas comiques que je lis ces derniers temps. Allez savoir pourquoi spécifiquement je lis masse de comédies en ce moment, mais j’imagine que le quota action / baston est comblé par ma découverte de Naruto qui avance relativement sereinement (j’en suis au moment ou Gaara et ses potes reviennent pour aider Naruto à sauver Sasuke) (la première fois) (parce que ça se trouve ça arrive plein de fois après.)

Mais bon, allons y ♪

Kaguya-sama wa Kokurasetai

Kaguya Wants To Be Confessed

Il est le président parfait du conseil des élèves d’un lycée ultra-prestigieux malgré ses origines modestes, elle est sa vice-présidente parfaite venant d’une famille extrêmement influente et importante du Japon, les deux s’aiment, les deux savent que l’autre l’aime mais il y’a un seul problème: ils ont une fierté colossale. Du coup ils refusent tous deux d’être celui qui va faire le premier pas et se confesser à l’autre, car pour eux se confesser ça veut dire prendre le rôle du faible du couple. Ils vont donc commencer à manipuler les événements et les personnes autour d’eux pour faire en sorte que l’autre personne soit celle qui va faire l’effort de se confesser.

Tarabiscoté, donc, et la couverture du tome 1 donne le sentiment qu’on va lire un truc à base de manipulations sales, de coeurs brisés et d’absence totale d’honneur, où tous les coups seront permis. Surprise, c’est en fait… absolument adorable.

Publié dans le Young Jump, magazine seinen respecté, Kaguya-sama se pose donc rapidement comme une sorte de Code Geass de l’amour, où tous les personnages commencent à prévoir plusieurs coups à l’avance et à se prendre la tête même si le plus ridicule des détails. Très drôle de part cet aspect over-the-top, le manga se permet même de rajouter des personnages en plus, comme la très libre trésorière, qui vont dynamiter à leur façon le manga à rythme régulier pour ne pas le faire sombrer dans une routine certaine. Plus malin encore, certains chapitres vous feront passer des rires aux larmounettes, avec des passages plus jolis, plus émouvants, qui rendront grâce aux sentiments réels des personnages, qui sont tout de même traités avec un vrai sérieux. Ah, et il y’a un narrateur à la Kaiji dans tout ça, qui raconte les événements AVEC BEAUCOUP D’ENTRAIN ET DE POINTS D’EXCLAMATION !! Y’a du coup parfois un petit côté Delphine 1 – Yvan 0 et tout ce qui fait référence, même sans le vouloir, à des travaux dans lequel est impliqué Dominique Farrugia, moi, écoutez, j’y suis totalement favorable.

Ce n’est pas un exercice facile que celui dans lequel s’était lancé Kaguya à la base car au moindre détail loupé, l’ambiance peut s’effondrer et passer du drôle au ridicule, voire au gavant. Mais après une cinquantaine de chapitres, ça continue de bien se tenir et chaque semaine voit venir de nouveaux plans foireux absolument hilarants tout en réussissant à développer les personnages et les relations entre eux. C’est mon conseil sincère du mois, et je l’ai ajouté entre Straighten Up, Again!! et Helck dans mon autel des œuvres dont je rêve d’une édition française de qualité dans mon étagère. J’ai même libéré un peu de place, en prévoyance, je le mettrais entre mes Your Lie In April et mes Genshiken.


Mousou Telepathy

Un jour promis je m’intéresserais aux webtoon sud-coréens qui ne sont pas des trucs de cul mais en attendant je vais déjà lire les webcomics japonais qui ont la chance de sortir en anglais quelque part sur les interwebz. Vous connaissez sans doute déjà Tomo-chan wa Onnanoko ou ReLIFE qui sont les stars du genre mais un groupe de trads anglophones motivés se sont lancés récemment dans la grande quête de venir apporter Mousou Telepathy auprès du grand public. 150 strips plus tard, on ne peut que les remercier, tant c’est une oeuvre pas dénuée d’intérêt.

En gros on a une héroïne qui est télépathe et lit involontairement, et en permanence, les pensées de son entourage. Vous le sentez venir, évidemment, ce « don » est loin d’en être un: personne ne la croit jamais sur l’existence de ces dons, beaucoup sont dérangés quand maladroitement elle dit des infos qu’elle est pas censée savoir et, surtout, savoir les pensées réelles de personnes peut être extrêmement blessant. Elle s’est donc isolée et poursuit sa scolarité en essayant de ne jamais se faire remarquer jusqu’à ce qu’elle rencontre son nouveau voisin de classe… qui non seulement est grave amoureux d’elle mais est en plus ultra lubrique. 

Du coup, le manga va alterner entre pas mal de scénettes humoristiques liées autour du fait que le mec va toujours penser des trucs lubriques à la moindre connerie, ce qui va de moins en moins gêner une héroïne qui n’a pas peur d’être très critique ou très pragmatique… dans ses propres pensées en tout cas. Au délà d’un humour qui, on va pas se mentir, peut parfois être un chouia répétitif, ce qui est surtout intéressant dans Telepathy c’est la manière dont l’oeuvre utilise le format web pour sortir des codes habituels du manga. Ici les pensées des personnages prennent parfois toute la place et, surtout, pour bien montrer que l’héroïne ne peut pas en échapper, sont colorisés alors que habituellement le manga reste en noir & blanc et les dialogues restent dans des bulles tout à fait classique. Exemple avec une planche jap d’origine:

Du coup tout ça à un style très simple et si les thématiques ne sont pas forcément originales, c’est frais, simple à lire et les 150 strips (qui équivalent à peu près à deux volumes et demi) se parcourent très vite. Une jolie petite curiosité, en somme.


Chio-chan no Tsuugakuro

HOLALA CE TRUC.

L’héroïne, Chio, est une pure gamer, passe son temps à se coucher à 5h du matin après avoir passé des nuits entières sur des jeux à la Assassin’s CreedMetal Gear Solid ou bien encore Call of Duty et du coup cela une légère incidence sur sa vie quotidienne. A partir de là vous avez le mélange parfait entre Watamote et… euh… je sais pas trop. Car Chio elle va se mettre constamment dans des situations gênantes et pas possible, duquel elle se tirera toujours à l’aide de plans ultra inutilement compliqués qui vont souvent se baser sur ses connaissances vidéoludiques. Mais si y’avait que ça ! Elle est super-méga-pote avec une meuf aussi bizarre qu’elle, elles passent leur temps à se taper des délires chelous ou à se tirer dans les pattes, et finissent toujours, à nouveau, dans des situations… compliquées à décrire.


Par exemple, là, Chio a décidé de faire une blague à sa pote en traversant un pont accroché au rebord, à-la Metal Gear Solid mais elle arrive pas à remonter et, well, sa pote est d’une grande aide 

Oui, voilà, j’ai bien fait de citer Watamote plus tôt car niveau humour jaune là c’est vraiment le Watamote sous stéroïdes, qui outrepasse toutes les limites, qui va toujours trop loin mais le fait avec une inventivité toujours assez remarquable. C’est dur d’en dire plus sans avoir l’air con parce que, honnêtement, on lit des trucs parfois assez wtf là dedans. Mais, là aussi, niveau bonnes grosses barres forgées dans des usines japonaise qui répondent à toutes les exigences en terme d’Humour-Débile-Nippon, Chio-chan mérite le prix d’artisan de l’année.


Level E

Yoshihiro Togashi est un génie mais aussi un homme qui aime un peu ne pas se faciliter les choses: après avoir dû bâcler la fin de Yu Yu Hakusho et s’être engueulé au passage avec la direction du Shonen Jump dont il n’appréciait guère les interventions éditoriales, il revient  malgré tout à peine un an plus tard dans le magazine pour balancer Level E, qui va être publié à un rythme très irrégulier et le fera encore une fois croiser le fer avec ses responsables éditos. Et dire que après ça y’a encore Hunter X Hunter.

Bref c’est pas forcément l’oeuvre la plus connue de Togashi mais elle a été remise pas mal en avant au début de la décennie avec une adaptation animée en 2011 par un certain studio nommé David Production, qui ira plus tard s’occuper de Jojo, devenant de facto les expert en adapt de vieilleries made in Jump, et une sortie du manga en France, chez Kazé. Et là je pourrais dire que, du coup, on part dans de la SF vu son intrigue – l’histoire parle d’un alien très extravagant, héritier d’un empire galactique local qui squatte chez un lycéen et lui cause plein d’ennuis – mais en fait c’est un tel mélange des genres que vaut mieux pas s’amuser à mettre Level E dans un tiroir.

Ainsi un arc entier parle d’un alien serial-killer qui bouffe des personnages un par un, dans deux chapitres qui invoquent les meilleures tensions du style slasher. Pourtant pas super ragoûtant, cet arc se conclut sur une bonne chute qui permet au lecteur jeune du Jump de se raccrocher aux wagons et de pas finir la tête pleine de cauchemars donc, eh, tout va bien. Et c’est sans compter la folie douce de Togashi qui en a, comme souvent, rien à foutre des règles et fait ce qu’il veut comme il veut. Ce moment extra à la fin du tome 1 où on tourne une page du manga pour tomber… sur deux pages de textes, ni plus ni moins. Comme ça, au calme. On a ainsi fait le shift d’un manga à un roman avec un naturel désarmant, comme si de rien n’était. PAS MAL.

Dommage que ça soit si court mais, avec le recul, un Level E plus long aurait pu empêcher l’existence de Hunter X Hunter donc eh, ce sacrifice n’aura pas été vain. En attendant, ça a beau avoir vingt ans dans les dents, je vous le conseille pas mal si vous êtes à la recherche d’un… OVNI. Sans jeux de mots.


Bokutachi wa Benkyou ga Dekinai

We Can’t Study / We Never Learn

Jolie purge en ce moment dans le Shonen Jump avec 6 nouvelles séries prévues pour février et mars: c’est donc peu ou prou un tiers du magazine qui va changer. Et la première des six à débarquer est sans doute l’oeuvre qu’on attend le moins à voir survivre c’est ce We Can’t Study qui porte une marque dure à porter: celle d’être une comédie romantique dans le Shonen Jump, où on ne compte que sur les doigts d’une seule main les succès du genre depuis quinze ans (allez cadeau: Ichigo 100% ; To Love-ru ; Nisekoi ; Yuragi-sou no Yuuna-san.) A l’heure, donc, où Yuuna-san cartonne, est-ce qu’une autre romcom peut s’en sortir ? La réponse est oui… si la série n’essaie pas d’affronter frontalement l’autre série sur son terrain.

Et ça tombe bien, We Can’t Study choisit de partir sur un autre terrain: celui de la romcom à la Nisekoi. Cette vision d’une romcom qui met l’accent sur ses personnages, sa bonne humeur et son esprit comique plutôt que sur son intrigue ou le fanservice. Une vision presque un chouia oldschool, qui peut frustrer et aliéner des lecteurs désireux d’autre chose, qui fait sens quand on comprend que l’homme derrière ce manga, Taishi Tsutsui, a bossé sur Nisekoi en tant que dessinateur (et auteur ?) de Magical Patissière Kosaki, le spin-off débilo-érotique centré sur la version magical girl de la best girl préférée des français.

Donc ici on a une intrigue fun: un garçon pauvre comme Job mais pas nul en études décroche une recommandation pour une université méga côtée… enfin y’a une seule condition à ça: il doit aider deux élèves, Rizu et Fumino, à améliorer leurs notes et leur permettre d’accéder à l’université de leur rêve. Rizu est une génie des mathématiques, capable de résoudre instinctivement et en un temps record des problèmes d’algèbre extrêmement compliqués, quant à Fumino, c’est une génie littéraire, capable de rédiger en 10mn une rédaction incroyable qui remplira d’émotions tous ses lecteurs. Facile, donc ? Non: Fumino rêve d’accéder à une université scientifique et Rizu a une université spécialisé littérature et sciences humaines. Et, c’est là le twist, elles sont nulles à iech dans le domaine de spécialité de l’autre ! C’est là que notre héros va devoir les aider…

De manière fun, ça a beau se présenter comme une comédie romantique, pas d’amour dans les deux premiers chapitres et un fanservice limité à une traditionnelle page de bain. On va donc voir l’amour littéralement naître entre les protagonistes et rien que ce petit détail va être assez rafraîchissant, d’autant que poser une bonne ambiance et des bons sentiments semble être le vrai focus de la série qui pourrait devenir le nouveau manga feel good du magazine, alors que Straighten Up vient de se conclure. Oh, et j’aime beaucoup le Fumino mais les personnages de littéraire endormi, c’est un gros kink perso.

Honnêtement, je sais pas si le manga durera. Avec une telle purge dans le mag et une telle concurrence en matière de nouvelles séries (un truc de golf par l’auteur de Kuroko no Basket, les débuts de Boichi dans le mag), il faudrait un gros élan pour qu’il trouve sa place. Mais là en deux chaps, je suis étrangement séduit par ce manga qui reste, pourtant, gentiment classique. 

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