Jonetsu 2.0 – Living Well is the Best Revenge

Jonetsu 2.0 – Living Well is the Best Revenge

Allez, tentons de parler peu mais de parler bien de Jonetsu 2.0, convention qui s’est déroulée y’a pile un mois le week-end du 8 et 9 Avril à Bourg la Reine, dans le sud de Paris. Si vous vous souvenez vaguement, j’avais écrit un article il y’a deux ans sur la première édition, article qui avait un twist dans ma formule habituelle des articles post-convention puisque cette fois-là je n’étais pas un simple visiteur ou associatif, je faisais alors partie des organisateurs. 

Pour cette seconde édition, je suis retourné au statut d’associatif et même si je fais toujours officiellement partie de Nijikai, l’association qui organise Jonetsu, je n’étais pas pour autant impliqué dans l’organisation. Surtout pour des raisons personnelles – c’est à dire que je n’aurais pas eu le temps et la motivation pour m’y impliquer énormément. Il faut dire aussi que l’entre-deux conv a été compliqué: la première édition avait été un bon succès, avec un public très satisfait, mais on était un peu déçu de la salle que nous avions, qui n’était que peu adaptée à nos besoins. Sauf que hélàs d’un point de vue financier cela restait très serré pour passer à autre chose. Si vous vous souvenez de mon article de ce début d’année sur la difficulté d’une conv associative de se développer, on était là en plein dedans et difficile de garder la motiv et le moral au beau fixe quand l’avenir est impossible à visualiser.

TLDR je fais plus partie de l’orga donc tout ce que je dis dans l’article ne sont que mes opinions, blablabla. 

Du coup il faut déjà signaler que l’existence même de cette seconde édition de Jonetsu est pas forcément un miracle mais sort un peu de beaucoup d’efforts. Vous m’auriez demandé y’a neuf mois pour Jonetsu 2.0, j’aurais un peu ri jaune parce que rien ne prévoyait que le projet ressorte de son cocon. Mais finalement un business plan bien mené, une salle trouvée au bon moment et l’engagement motivé et efficace d’une poignée d’individus auront permis à la convention de se créer et même de se mettre en place en un temps quasi record, presque pas six mois. Une bonne raison d’applaudir le noyau organisationnel de l’asso, principalement des personnes comme Kabu, Nobody, RdNetwork, Keul ou bien encore ricou, qui se sont saignés pour porter le projet à bout. Et ça c’est cool.

Cool car au délà de l’aspect « eh c’est des potes qui font cette conv », le lancement de Jonetsu me paraissait vraiment important en 2015 pour une simple et bonne raison: c’était un salon à taille humaine avec un vrai focus sur l’aspect créatif et culturel des cultures visuelles japonaise. Dans un monde de salons francophones qui n’existent qu’en deux formats – le salon professionnel un peu inhumain ou bien le salon associatif organisé par des écoles car ça fait des bons projets de fin d’année et y’a que les établissements scolaires qui proposent la place suffisante pour se développer -, Jonetsu prenait une route différente qui empruntait les meilleures choses de chacun des deux formats avec, du coup, un salon modeste qui allait se focaliser plus sur la qualité que la quantité. Qualité qui se trouvait dès le choix des stands marchands, avec une sélection admirable de créateurs amateurs qui ont un talent certain. 

Le petit coin dédicaces, avec ici Alice Orsat qui signe dur ! (Photo par Nautawi)

Du coup si vous alliez à Jonetsu avec l’idée d’être noyé sous le contenu et les choses à faire comme à Japan Expo ou à l’Epitanime des grandes époques, vous pouviez légitimement être déçu. Car si on schématise radicalement Jonetsu ne propose finalement que quatre choses: l’achat d’oeuvres et goodies auprès de créatifs amateurs, la possibilité de jouer à des jeux et quizz via le stand d’une asso (la mienne, lol), 2/3 stands professionnels et, le coeur de la maison, les conférences et tables rondes dans une salle dédiée à cela. La conv est petite, on en fait vite le tour, mais un ou deux de ces éléments vous intéressaient, vous alliez en avoir pour votre argent. Faire peu, mais faire bien.

Cette philosophie de Jonetsu 1.0, on la retrouve à l’identique dans cette seconde édition, qui va simplement ici se contenter de bien améliorer la formule. Ces améliorations, elles sont principalement rendues possibles par le changement de salle, qui offrent beaucoup plus de confort. Fini la salle totalement dans le noir, éclairée par des petits plafonniers, dites bonjour à une grande salle baignée par la lumière naturelle. Idem pour la salle de conférences, qui passait de la reconversion de fortune d’une salle de buffet à cette fois-ci une véritable salle faite pour ça, avec un grand écran pour projeter vidéo et powerpoints, afin que même le fond du public sache de quoi on parlait. Une salle bien trouvée donc, qui se paie en plus le luxe d’être à une distance minimale de la gare de Bourg la Reine qui est, faut-il en plus le dire, excellement bien desservie par le B. Une gemme cachée dans ce grand sud parisien encore trop inconnu des organisateurs de convention, il faut le croire.

Au niveau des stands créatifs il y’avait donc de quoi boire et manger. On y trouvait mes chouchoux habituels – Mi-eauSenriDoujin Style – mais aussi des noms qui commencent à être reconnus – Raynart ou Djiguto – voire même des bonnes surprises – le combo NekotsukiPellichi ou bien Tooi Kishibe. Dans une saison printanière chargée en nombreuses conventions parisiennes comme françaises, ce n’était évidemment pas les seules dates pour tous ces jeunes talents qui ont tout de même fait le déplacement jusque là. C’était un peu le best of et ça permettait de chauffer un peu son porte-monnaie en attendant le mastodonte Japan Expo où là ces mêmes artistes sortiront sans nul doute le grand jeu avec toutes leurs nouveautés de l’année.

D’un point de vue stand pro, c’était un poil plus contrasté puisqu’il y’avait trois stands pro qui ont tous fait une perf très différente: Wakanim ne semble pas avoir vraiment compris la conv dans laquelle ils se rendaient et c’était plutôt dommage. Le stand en général était très minimaliste, assez pauvre en décoration, peu attirant, peu accueillant, avec des prix très sporadiquement indiqués. Palme du peu d’effort, donc. De l’autre côté Japan’s Doors faisait un retour timide en convention avec une grosse sélection de trucs otakus et geeks, dont une partie hentai et doujin pas dégueulasse mais qui a subi une taxe import assez large. Il y’avait du Tony Taka, j’étais ouf, mais à 45€ j’étais ptet – un peu – moins ouf. A l’inverse, Hobby Addicts avait un stand plus attirant, assez fourni, où si évidemment tu payais tes nendos plus cher qu’au Japon, la marge me paraissait pas injuste. 45€ la nendo Gatchaman Crowds qui est autour de 4000 yen sur pas mal de sites, moi je me sens raisonnablement pas niqué, par exemple. 

Enfin, associativement parlant, en plus de l’espace Thalie sur lequel je reviendrais plus tard, je dois avouer avoir bien aimé l’espace de l’AEUG, l’association pour l’essor de l’univers Gundam, qui proposait initiations enthousiastes à l’art délicat du gunpla ainsi que atelier doublage qui met parfois bien l’ambiance dans le salon.

Et si vous enleviez le panneau, SURPRISE~

Pour l’espace Thalie je vais évidemment être biaisé donc je pourrais pas dire si c’était une qualité ou un défaut de la conv mais en vrai on a eu la chance d’avoir toujours été plein pendant l’ensemble de la conv, ça a plutôt bien tourné et le public semblait réceptif à nos quizz et bêtises. J’ai juste deux trois regrets qui sont que 1/ notre installation son n’était pas au niveau car nos enceintes meurent et on ne pouvait rien y faire ; 2/ on voulait pas faire trop de bruit mais j’ai quand même l’impression qu’on en a fait trop ; 3/ le fait que le stand était plus long que large rendait pas forcément l’installation et la navigation des joueurs confortable et enfin 4/ être sur une haute scène par rapport au public me mettait très mal à l’aise, d’autant que j’ai réussi à me déshydrater le samedi. En tout cas, on a pu faire péter les jeux un peu plus pointus que d’habitude, le public était au taquet malgré tout, et ça c’est cool. On espère donc que le stand a pu faire le taff qui était attendu de lui c’est à dire, concrètement, permettre aux gens qui n’étaient pas intéressés par les conférences de quand même se poser et jouer ou regarder à quelque chose pour pas trop s’ennuyer.

En tout cas niveau conférences, la convention a assuré un très beau travail. Mon seul petit regret est qu’il y’avait à mon goût un peu trop de conférences de 1h30: non seulement ça me paraît une durée un peu bâtarde (trop longue pour attirer un public qui ignore tout du sujet, trop courte pour développer en profondeur et rassasier ceux qui veulent de l’exhaustivité) mais on aurait pu raboter 2/3 confs de 1h30 pour pouvoir mettre une ou deux conférences supplémentaires, pour toujours plus de ♥ variété ♥. Maintenant notez ma grande hypocrisie parce que j’animais une « conférence » de 1h30 donc, eh, faites ce que je dis, dites pas ce que je fais.

Une photo avec un peu de flou qui montre la salle qui est un peu blindée

Blague à part et pour revenir au sujet, je n’ai pas pu assister à toutes les conférences, seulement à une partie d’entre elles. J’ai ainsi pu voir une petite partie la conférence-fleuve dédié à la fabrication de la série Lastman, qui aura couverte tout ce qu’il fallait grâce à des intervenants qui n’avaient pas peur de s’étendre ou d’être un peu technique. En règle générale, les intervenants des conférences ne prenaient pas le public pour des idiots, tout en sachant rester pédagogique et didactique, ce qui est toujours la bonne posture à adopter. En parlant de conférenciers qui ont pas la langue dans leur poche, la conférence Yapiko/Furansujin sur ces animateurs français qui travaillent avec le Japon vous offrait toute l’honnêteté et la franchise possible, surtout grâce à un Jean-Louis Vandestoc innarrêtable. Si il était un personnage de Danganronpa 3, la langue de bois serait sans doute son action interdite. 

Derrière, il y’avait une conférence qui m’intéressait énormément: celle sur la conception d’un titre pour le marché français. Comment choisit-il le titre d’une édition française, quelle créativité est donné aux éditeurs, quels sont les bons titres, etc ? Pour être honnête j’étais doublement intéressé, à la fois par l’intervention du toujours délicieux à écouter Fabien Vautrin (directeur graphique de Kurokawa) et aussi pour voir comment l’angle serait traité vu que… à la base… c’est moi qui avait voulu gérer cette conférence, que j’ai dû lacher faute de temps. Une conférence un peu maudite qui s’est en plus retrouvée dans la situation gênante ou un des intervenants prévus… n’a pas pu venir. Et n’a pas prévenu très à l’avance. Ooops. Du coup les deux conférenciers, ce bon vieux Fabien et ce tout aussi bon vieux Tetho, ont un peu du improviser mais heureusement le bagout de Fabien, la qualité des anecdotes et les exemples qu’il a apporté pour illustrer le débat ont permis de non seulement considérablement réduire les dégats, mais en bonus d’offrir une conférence qui comblait bien l’estomac, a permis d’apprendre plein de trucs. Plus légère, donc, mais pas moins passionnante.

Les télés qui diffusent des sakugas, ça satisfait toujours à donf mon esprit bébé zappeur

Ensuite il y’a le dimanche matin qui s’est ouvert sur le duo Yoka (MonoType) / Olivier Fallaix (Ex-rédac chef d’Animeland et désormais consultant Crunchyroll) pour une conférence sur la production d’animés, dont les infos ont été si claires et bien présentées que je les ai réutilisées pour mon article d’il y’a deux semainesHeist of the Century. 

Petit regret ensuite puisque j’ai loupé l’heure et demie consacré à la création amateur, avec une analyse aussi bien du microcosme français que de la mini-industrie japonaise. Pour le coup si y’a une des conférences que j’attends énormément en vidéo sur Youtube, ça sera celle-là. Du coup je suis arrivé à la moitié de la conférence suivante, sur le doublage de l’animation japonaise en France et elle était tellement biiiiiieeen. Les doubleurs avaient plein de choses à dire, y’a eu plein d’anecdotes, c’était fluide et animé, c’était du délice. Bon ok le présentateur avait l’air très stressé mais je peux comprendre à quel point parler devant une salle pleine avec l’envie réelle de faire un taf parfait c’est rude et c’est quelque chose qui s’estompera aisément les prochaines fois. Et c’était pour moi la dernière conf du week-end, ayant du voir les deux autres – le light novel et la traduction de manga et d’animé – par toutes petites bribes. Il y’a juste eu un souci technique un peu étrange durant la seconde traduction, sans doute un cas que l’équipe technique n’avait pas prévu.

Après la convention s’est conclu sur la remise des Prix Minorin et ok, what a ride. 

Yoka et moi en train d’essayer d’expliquer que ReZero c’est pas si mal. Photo de roiku-san

Salle pleine, public en feu (au point où finalement on nous entendait assez mal), le palmarès des Prix Minorin 2016 aura pas mal crée de réactions, et c’est le principal but. Une bonne raison d’être deg de pas avoir été là: Yoka et Apey qui ont refaits en live l’ending de Flip Flappers. Vous auriez du être là.

C’est cool de voir que la cérémonie a eu un tel succès car malgré l’orga parfois un peu yolo pendant l’événement, préparer cette simple remises de prix c’est beaucoup de temps, beaucoup de travail mais, eh, là très clairement ça a payé. J’étais un peu ému à la fin, et tout. Plus encore que après les deux cérémonies précédentes. On va continuer à peaufiner tout ça pour les prochaines années mais j’espérais que le public restera au rendez-vous et j’espère aussi que ça continuera d’être inclus au sein de Jonetsu tant la convention me paraît être l’endroit idéal pour ce genre de choses. 

Et tant qu’a parler de mes moments forts du week-end, j’ai animé le samedi matin une séance de projections en médiathèque et c’était genre la première fois de ma vie que je devais présenter des animés à des enfants de maximum 12 ans ! Je pensais être prêt et je me suis rendu compte que non, je ne sais pas encore très bien comment parler à des petits jeunes. En tout cas, sachez qu’ils ont adorés Yona la princesse de l’aube, et ça c’est cool. 

🙁

Bref le temps de la conclusion arrive et, évidemment, elle sera positive pour cette seconde édition de Jonetsu. C’est à peu près le même bilan qu’il y’a deux ans mais avec cette fois-ci le bonus très appréciable d’avoir une salle beaucoup mieux adaptée. Si on doit trouver des vrais défauts, il faut commencer à taper les détails comme par exemple le fait qu’on entendait médiocrement les conférences si on se mettait tout au fond de la salle. Ou alors la gestion un peu yolo des files de dédicaces. Ou le karaoké qui n’était pas au niveau, un peu trop blindé de privates jokes. Mais c’est des choses très facilement corrigeables donc, pour le coup, ça n’est pas un vrai souci. En tout cas, Jonetsu 2.0 est rentré dans ses chiffres, l’affluence a été meilleure que l’objectif prévu et les retours sont positifs. La troisième édition devrait donc être à attendre avec un vrai enthousiasme, et j’ai plutôt confiance dans l’idée que Jonetsu saura garder le bon cap et ne pas trop se dissiper vers des objectifs irréalisables. Qu’elle continue de faire bien les choses qu’elle veut faire, et tout ira pour le mieux. Il y’a plus désagréable comme situation !

 

ET UNE PHOTO DU LOOT YAAAAY. Des badges ! Des straps Macross F ! Un sticker Serena ! Un fanbook Sailor Moon ! Un réveil Vocaloid ! Une nendo Hajime ! 
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2 réactions au sujet de « Jonetsu 2.0 – Living Well is the Best Revenge »

  1. Pour les conférences d’1h30, il faut bien comprendre qu’on a essayé de contenter tout le monde et de faire au plus pertinent.
    Yapiko et Ofelbe ont tous deux demandé cette durée pour leur conférence. Je leur ai accordé bon gré mal gré parce que je voyais combien ils avaient taffé sur leur conférence.
    Lastman devait initialement durer 2h… et je me suis arrangé pour que ce soit le cas en squizzant la pause d’après conférence. Mais ça c’était à ma demande.
    Pour la création amateur on avait 4 intervenants dont un avec un interprète. Je me suis dit qu’une heure ça risquait d’être un peu short et qu’ils n’auraient pas le temps de tous bien parler. De fait, je pense avoir fait le bon choix parce que la conférence a très bien marché. Mereck a assuré le show comme un patron, encore merci à lui.
    Pour le doublage… bah idem. 4 intervenants, avec en plus Fantin qui était pas du tout sûr de lui, je préférais avoir un peu de marge. La conf était stratégiquement placée avant la pose de sorte à pouvoir faire de l’air si ça tournait court ou s’étendre à l’inverse si ca marchait bien. Et c’est ce dernier cas qui s’est produit. On a eu une bonne heure de question réponses avec que des interventions super pertinentes et intéressantes.

    Personnellement je suis assez fier du résultat dans l’ensemble.
    Cette réussite comble pas trop mal les regrets de ne pas avoir pu faire la conférence sur la Brigade SOS qu’on voulait faire avec Axel. Ce format de 90 minutes est certes à manier avec précaution, mais je ne le trouve pas si illégitime que ça. Il suffit de bien choisir à quoi il doit s’appliquer.

    Merci pour ce compte rendu plein d’enthousiasme sinon 😉

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