Pajama na Kanojo – Oh my it’s a mirage, I’m tell y’all it’s sabotage

Pajama na Kanojo – Oh my it’s a mirage, I’m tell y’all it’s sabotage

Bon insomnie au milieu de la nuit, donc conséquence logique pour mon entourage: un billet de blog.

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Depuis qu’on a tous lu Bakuman, le fonctionnement interne du Shonen Jump et son monde impitoyable, à base de séries qui disparaissent si mauvaises ventes de volumes reliés et mauvaises positions dans les sondages de popularité, nous est quasiment familier. On sait qu’une série commence et que n’importe quand, elle peut disparaître et son auteur être obligé de tout conclure en trois chapitres, tant pis si il est au milieu d’un plan à long terme.

Ce fonctionnement, qui force les auteurs à une rentabilité à court terme et à devoir rechercher la popularité, a finalement autant de défauts qu’il n’a de qualités. Mais au vu de l’histoire du magazine et les réussites indéniables qu’il a pu produire au court des quarante dernières années, force est de constater que c’est désormais un fonctionnement acquis et respecté. Et qui surtout permet une certaine assurance de qualité et d’efficacité. Puis, comme Bakuman le signalait, cela n’empêche pas un processus créatif et peut empêcher certains auteurs de dormir sur leurs lauriers.

Bon ça n’explique pas pourquoi cette daube infâme de Beelzebub est encore plebiscitée ni pourquoi Bleach arrive à s’en sortir avec des arcs médiocres depuis deux ans ni pourquoi Medaka Box arrive à rester en vie alors que le manga est dans le bas du classement de manière quasi permanente depuis un an et demi mais on va dire que je trolle un peu et que tout le monde doit y trouver son compte.

Du coup, le plus gros challenge pour un auteur qui entre au Shonen Jump, évidemment, c’est au final bien plus le fait de réussir à maintenir une série plus longtemps que dix chapitres que de juste pouvoir y entrer. Le nombre de séries qui débutent chaque année pour disparaître aussi vite qu’arrivé est toujours assez amusant à constater, d’autant plus que nous occidentaux n’entendrons que très peu parler de ces échecs parce qu’on sera bien trop concentré à focaliser notre attention sur les dix étendards du magazine. Rien qu’en 2012, ce sont 13 mangas qui ont débutés tout au long de l’année.

Sur ces 13:

  • 4 ont déjà été annulés et terminés façon arrache (dont un qui n’a duré que 12 chapitres, ce qui doit faire bobo à l’égo)
  • 1 n’était prévu pour ne durer que sur trois chapitres
  • 3 ont débutés en novembre donc possèdent tout l’avenir devant eux (même si pour l’instant ils sont pas super bien classés.)
  • 2 sont actuellement régulièrement dans le fond du classement, et jarteront probablement dans quelques mois
  • 2 sont régulièrement dans le milieu du classement
  • 1 s’affirme comme un putain de carton, trustant régulièrement le top 5, et possédant cette aura qui permet de dire qu’il risque de devenir à l’avenir un des piliers du magazine, si l’auteur parvient à rester sur cet élan. Je parle bien sur d‘Assassination Classroom, un titre qui, je l’avoue, a réussi à me séduire et à m’intriguer le peu que je l’ai lu et qui, effectivement, risque de devenir un GROS truc à l’avenir. Surveillez ce nom.

Et parmi les 4 annulés il y’avait donc Pajama na Kanojo que j’ai lu d’une traite hier soir. C’est en tout 26 chapitres… et est malgré tout un ouvrage extrêmement intéressant. A la fois parce qu’il parvient pendant un court moment à offrir une histoire intéressante et unique, mais aussi parce que ses dix chapitres finaux sont exactement l’illustration d’un des plus gros défauts de ce « système » Shonen Jump…

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Avertissement: je vais spoiler sans retenue le contenu du manga puisque le but de cet article n’est pas de vous faire découvrir l’ouvrage et de vous dire d’aller le lire mais d’analyser un poil ce qui s’est mal passé et pourquoi cette série en particulier s’est crashé lamentablement.

De base, Pajama na Kanojo prenait le risque de prendre un créneau osé du Shonen Jump c’est à dire la comédie romantique un peu coquine mais en même temps un poil sérieuse, où globalement le but du jeu sera de savoir avec qui le héros finira. Ce n’est pas un créneau trèèès populaire auprès des lecteurs qui, depuis Ichigo 100%, se font tous un malin plaisir de descendre les tentatives une par une – on pense par exemple à des tombés au combat comme Hatsukoi Limited ou Anedoki. La dernière réussite du genre aura été To Love Ru mais c’est très différent puisque c’était NETTEMENT une comédie délirante au fanservice ultra assumé et que y’avait un peu de baston quand même.

D’ailleurs le premier chapitre de ce Pajama no Kanojo met beaucoup de temps à nous surprendre puisqu’on possède tous les gros clichés du genre: le héros un peu con incapable de saisir une opportunité ou de réfléchir en moins de quarante secondes, la plus belle fille du lycée qui va immanquablement tomber amoureux de lui, ce qui tombe bien puisqu’on a aussi l’amie d’enfance dans le ring, qui elle aussi aurait bien envie de se farcir le héros de manière physique et romantique. Pour le reste, en 55 pages, on a nos petites culottes, nos quiproquos, notre fanservice, des dessins plutôt jolis mais il faut bien attendre la dernière page et la révélation du fait que l’amie d’enfance est devenue un fantôme pour que ayé, on tienne quelque chose.

Car voilà une situation originale et riche en potentiel: l’amie d’enfance est tombée dans une sorte de « coma mignon » (en fait elle dort comme la Belle au Bois Dormant, ce qui est un coma choupi comme tout), seul le héros peut la voir et interagir avec elle, et en même temps il commence à développer des sentiments pour la jolie fille du lycée, ce qui rend son amie d’enfance jalouse d’autant qu’elle doit un peu assister à ça impuissante. Il y’a une vraie dynamique, du coup, pendant quinze chapitres, avec un apogée autour du quinzième chapitres, où justement, on ne peut que se féliciter de voir que la série évite de trop perdre dans le blabla et les quiproquos inhérents au genre puisque les deux filles se sont, à ce moment là, déjà déclarées au héros. On espère alors voir la série partir dans un univers original, et espérer que l’aspect fantastique continuera d’être développé. Sauf que ça ne sera absolument pas le cas, comme on va le voir, et que c’est là que débute l’énorme sabotage que va devenir Pajama na Kanojo.

Mais avant de voir ça il faut également signaler que, en outre d’un contexte original et finalement intéressant, la série s’offre des passages… réellement étranges pour une oeuvre du genre. On pense ainsi au chapitre 9 et SA TENTATIVE DE VIOL. Ouais, du viol dans le Shonen Jump. OUAIS OUAIS. Enfin ça ne reste que tentative mais les quelques pages que ça dure (avant le sauvetage in extremis de la fille par le héros… et la police parce qu’il est pas trop con non plus) mettent sacrément mal à l’aise. Très inattendu pour du Shonen Jump, donc, et très bizarre que l’éditeur ait laissé passer ça parce que la violence et tout c’est ok, mais les violences sexuelles, d’habitude, c’est pas spécialement le genre de la maison. Surtout que c’est pas amené très subtilement ! Bref, le fabuleux train du calvaire charnel avait un autre arrêt en 2012 que le jeu Tomb Raider.

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Bref résumé de la série après une quinzaine de chapitres: l’amie d’enfance est toujours dans le « coma » mais roule une pelle au héros via sa forme spectrale après avoir passé cinq chapitres à se demander si elle doit aider le héros dans sa quête à queuter la fille populaire. De son coté, la fille populaire s’est déclarée au héros et celui-ci est totalement enthousiasmé à l’idée de sortir avec MAIS de l’autre coté se demande si il a pas des sentiments pour son amie d’enfance alors décide de prendre du temps pour réfléchir. Enfin, l’aspect fantastique commence à être mis en exergue puisqu’on apprend que si l’amie d’enfance ne résout pas « son voeu » sous peu, son coma deviendra une mort pure et simple. Ah, et on découvre qu’avant elle, une autre jeune fille a déjà connu un souci similaire, et le héros a pour ambition de la retrouver afin de pouvoir la sauver.

Bref beaucoup d’éléments intéressants: en plus de l’aspect romantique, il commence a y avoir une véritable intrigue sur le plan fantastique et on peut envisager beaucoup de moyens d’utiliser une telle situation où le héros se retrouve « coaché » par son amie fantôme qui sait elle même pas trop ce qu’elle veut faire de cet avantage stratégique. Rajoutez à ça un joli dessin et voilà, ça PEUT marcher et on peut se retrouver devant une comédie romantique plus proche en interêt d’un Video Girl Ai que d’un Ichigo 100% qui est, d’ailleurs, un manga biiiiiiien naze.

Sauf que là, soudainement, ça devient n’importe quoi et on sent que l’auteur et l’éditeur tentent tous deux tout et n’importe quoi pour sortir le manga du fond du classement où il avait commencé à s’installer. Eh, changer totalement de genre et de scénario, ça avait marché pour d’autres mangas: Medaka Box, par exemple, ne doit son salut qu’a son changement total de genre à partir du dixième/onzième chapitre où il avait transité de la comédie lycéenne au manga de baston totalement craqué. Donc là, Pajama na Kanojo a saisi le message porté par la vente médiocre des volumes reliés et les scores misérables récupérés au sondage de popularité. C’est d’ailleurs très triste mais il est probable que ça soit le contrecoup de la scène super creepy du viol qui a pas mal repoussé de personnes, mine de rien, ainsi qu’oeuvrer dans un genre de moins en moins populaire au sein du Shonen Jump.

Du coup en un chapitre, l’amie d’enfance sort de son coma.

Ok.

Oui.

D’accord.

Comment ? Pourquoi ? Prout. On sait pas. C’est LE postulat du manga, c’est SON originalité, et il part à la benne. Comme si au bout de quinze chapitres de Bleach, Tite Kubo s’était dit « bon cette histoire de shinigami, c’est naze, je vais foutre Rukia dans un bus, et Ichigo va se mettre à se focaliser sur une collaboration avec Kan’Oji et tout le reste du manga sera dédié à cette émission télé. »

Il reste le suspens de savoir si elle se souvient de sa période en tant que fantôme mais, bon, au final on s’en tape.

Le personnage de la « fille populaire » devient sacrément en retrait, et sa confession n’est quasiment plus évoquée, comme si elle n’avait même pas eu lieu.

Et de surcroît, le manga applique très mal une règle pourtant classique pour redonner de l’interêt à un manga souffrant: il injecte plein de nouveaux personnages. Le souci, c’est qu’ils sont tous nuls, et qu’ils sortent tous de nulle part. Puis soudainement le héros et ses potes décident de monter un club d’astronomie, puis en fait le focus passe sur un tournoi de softball qui dure un chapitre et… on passe finalement à une comédie romantique lycéenne méchamment classique, méchamment banale. Même le fanservice disparaît peu à peu.

Puis arrive le moment où on voit que l’auteur a trois chapitres pour conclure, donc il décide d’envoyer l’amie d’enfance dans un pays étranger, mais le héros va la poursuivre et, bon, voilà, la fin.

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Grosso merdo, les dix derniers chapitres de ce manga sont tellement mauvais qu’on a l’impression TERRIBLE que c’est intentionnel. Que l’auteur a perdu toute confiance en lui avec l’impopularité de sa série, qu’il cafarde et que du coup il se met à faire n’importe quoi pour se débarrasser de cet échec. Peut-être même qu’il a été encouragé à tout envoyer foutre en l’air et à euthanasier une série avant même que le Shonen Jump se décide à le faire.

C’est relativement tristounet, donc. On a beau être habitué à voir des fins baclées, parfois frustrantes, mais Pajama no Kanojo tient le ponpon avec ce grand suicide général. C’est choquant de voir un ouvrage sympathique de part ses idées soudainement se mettre à les jeter sans ménagement et devenir quelque chose de terriblement classique. Terrible impression de voir le manga être VENDU. La fin brusque en 3 chapitres apparaît très vite comme un soulagement. Non mais sérieusement, qui en 2012 peut encore penser sérieusement que c’est une bonne idée de rajouter soudainement encore plus de filles au harem d’un héros de comédie romantique ? L’auteur a perdu foi, et c’est totalement terrible parce qu’il aurait pu améliorer nettement les choses en restant sur son idée de base. On sent qu’il n’a pas eu envie de se battre.

Et c’est là la destinée de beaucoup d’ouvrages du Shonen Jump. Pour un Toriko ou un Beelzebub qui commence à bien fonctionner, c’est cinq ou six Pajama no Kanojo. Cinq ou six mangas qui partent sur des idées intéressantes mais qui se barrent en couilles dès qu’il y’a plus de filets parce que les auteurs et les éditeurs se chient dessus. Ceux-ci entrent alors dans une mode damage control parce qu’ils ont pas forcément pensés leur ouvrage sur le moyen terme. C’est la jungle, c’est la loi du plus fort, et dans ce monde, la force c’est de la volonté et de la capacité d’adaptation, du talent peut-être… et c’est étrangement ça qui fait du Shonen Jump quelque chose de fascinant.

Post-scriptum: Je profite du titre de l’article pour vous refoutre cette chanson des Beastie Boys dans la tête.

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6 réactions au sujet de « Pajama na Kanojo – Oh my it’s a mirage, I’m tell y’all it’s sabotage »

  1. C’est paradoxal que tu diabolise Beelzebub dans cet article et après tu fais tout un pataquès sur comment Pajama na Kanojo a été saboté par les sondages… Parce que Beelzebub c’est justement un manga qui est pas controlé par les sondages et qui est ultra formaté, le pitch de base vient d’un pauvre assistant qui délirait avec son auteur au détour d’une beuverie, ca donne un résultat totalement décomplexé, qui part un peu dans tous les sens comme dans les shonen des années 80 est c’est ce qui fait son succès je pense. C’est concon et bourrin et c’est avec ces qualités là qu’il a su se faire une place dans le JUMP et j’espère bien qu’il y restera et qu’il saura en inspirer d’autres justement pour éviter les dérives du système Shueisha que tu décris très bien, puisque Beelzebub est un manga qui est tellement en roue libre qu’on a vraiment du mal a sentir ce coté formaté des shônen des dernières années, peut-être trop improvisé même quand on est habitué a des trucs ultra formatés, mais personnellement ça a réveillé des sentiments enfouis de l’époque de Dragon Ball ou je savais pas ou le manga allait, ou y’avait quasi zero scenario et tout reposait sur les idées de l’auteur, son humour et l’identité qu’il insufflait à l’oeuvre.

    Tu remarqueras que tu te plains sur Beelzebub en disant que c’est a cause des sondages qu’on a des mangas comme lui qui survivent au dépend de mangas comme Pajama No Kanojo qui partent en couilles alors que Beelzebub est loin d’avoir des résultats très brillants dans les sondages. Beelzebub c’est un manga decomplexé qui est un véritable vent de frais dans le JUMP, c’est ce genre de manga qu’il faut pour sauver le magazine de sa crise de ces dernières années. J’ai pas vu assez de Toriko pour me prononcer, mais ça a l’air dans la même veine, personnellement je vois plutôt d’un bon oeil la nouvelle vague qui est en train de se créer dans le magazine et j’attends avec une certaine impatience la fin imminente des pilliers ( a part One Piece ) pour voir le magazine vraiment se bouger le cul et changer.

  2. Etrangement je savais que j’allais avoir de ta part ce pavé sur Beelzebub :p.

    Non mais c’est juste mon running gag de chier sur Beelzebub dès que je peux parce que putain j’ai lu les cinq premiers tomes et je me suis vraiment forcé (alors qu’au contraire, Toriko c’est passé comme une lettre dans la poste, même si ça m’a pas spécialement plus attiré que ça.) Si la série est encore là c’est que des gens kiffent, évidemment. De toute façon c’est pas comme si y’avait dans le Shonen Jump 19 autres mangas.

    Mais on va dire que j’ai vraiment laché la crédibilité à partir des blagues d’urine (et nom de dieu qu’est-ce que le design est moche en général.)

    « Tu remarqueras que tu te plains sur Beelzebub en disant que c’est a cause des sondages qu’on a des mangas comme lui qui survivent »

    Mes propos sont pas aussi complexes, je disais juste de manière carrément pas subtile que je comprenais pas pourquoi des gens kiffaient Beelzebub, surtout :’D.

    Et encore une fois: Pajama na Kanojo c’est pas tellement les sondages en eux-même qui l’ont tués, c’est surtout l’incapacité de l’auteur (et de son éditeur) à s’adapter à des résultats décevants, et on a l’impression de le voir paniquer en live et de chercher tout et n’importe quoi pour sauver son truc, quitte à juste écrire un nouveau manga au bout de 15 chapitres. C’est pas Beelzebub qui a tué Pajama na Kanojo. Après, oui, je pense que les quinze premiers chapitres auraient mérités une meilleure position mais faut avouer que, comme j’ai dit, le genre de la comédie romantique est loin d’être plebiscité dans le SJ.

  3. Les joies des mangas sabordés au bout de même pas un an… Toute cette frustration pour le lecteur qui avait placé des espoirs dans ces titres…

    Sinon le viol c’est quand même un poncif de ces comédies romantiques. Katsura s’en est servi dans leur modèles à tous, Video Girl Ai et l’a réutilisé dans I »s. Et depuis ça se retrouve souvent, c’est un bon moyen de créer une crise pour le couple principal avec le héros qui en sort grandi puisqu’il a su protéger la vertu de son amie.
    Non en fait ce qui serait couillu ça serait que l’héroïne se fasse violer, et que le couple principal doive surmonter ça sans que ça devienne l’enjeu central de l’histoire, car après tout le viol est quelque chose de tellement banal…

  4. nan mais faut pas chercher midi à 14 ans, si Beelzebub a du succès c’est simple, il fait clairement penser à Dragon Ball quand tu le lis.
    n’importe qui ayant lu Dragon Ball s’en rendrait compte.

    Assassination Classroom c’est plutôt sympa et c’est original.
    la fin de l’arc des chimera ants est tellement belle, pourtant çà ne l’a pas empécher les fans nippons de classer HxH dernier pendant 20 semaines d’affilé à 4 exceptions près.

  5. Ouais fin les classements, c’est pas tout non plus. Faut pas forcément prendre ça comme une vérité absolue ou un message divin.
    Au final, plus que les classements, ce qui compte, c’est la vente des mangas. HxH au fond du Jump, tout le monde s’en tamponne le coquillage parce que derrière le manga vent par cartons entiers. Ne nous cachons pas les choses, le 30e tome d’Hunter X Hunter a dépassé le millions de ventes et est le 10e manga le plus vendu au Japon en 2012. A côté, le manga peut finir dernier du classement, tout le monde s’en fout. C’est similaire pour Medaka Box qui dépasse systématiquement les 100 000 ventes, c’est à dire globalement autant que Beelzelbub ou Sket Dance. Ce sont des mangas qui marchent et qui, même s’ils n’ont pas des chiffres de ventes hors du commun, ne dégageront pas quelque soit leur popularité.

    Il faut savoir que c’est en grande majorité les enfants/adolescents qui renvoient le questionnaire parce que les adultes achetent le Jump, le lisent et le jettent sans conserver le carton. Le classement n’est donc en rien une vérité absolue puisqu’il ne prend pas en compte la majorité des acheteurs. Et c’est malheureusement une réalité que le Jump a tendance a oublié. Pour rester dans le contexte, Pajama no Kanojo a vendu 32 000 exemplaires pour son tome 1 la première semaine, ce qui est à peine 5000 exemplaires de moins que le tome de 1 de Kuroko no Basket et je pense que le succès de cette série n’est plus à prouver. Le Jump avait déjà eu le problème avec Double Arts qui était très bas dans le classement et a été annulé au bout du 25e chapitre alors que le volume 1 avait dépassé les 50 000 ventes.

    Et au final, c’est ça le vrai problème du Jump. Les mangas ont tendance à être jugés uniquement sur leurs classements alors que celui-ci est le résultat de la voix d’un échantillon non représentatif des lecteurs, et surtout des acheteurs. Dans sa recherche de nouveaux talents, le magazine est en train de sacrifier immédiatement une série qui ne marche pas, perdant là des mangaka qui, même s’ils n’ont de talents monstrueux, sortent des séries suffisamment solides pour trouver leur lecteur et le fidéliser.

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