[Néant Sept #19] Le Grand Classement des Quinze Films Japonais d’Animation Qu’on Pouvait Voir Dans Les Cinémas De France En Cette Année 2017

[Néant Sept #19] Le Grand Classement des Quinze Films Japonais d’Animation Qu’on Pouvait Voir Dans Les Cinémas De France En Cette Année 2017

Okaaaaaaay, tradition bizarre de ce blog: je publie toujours un article le jour du réveillon. Au départ je l’écrivais en soirée, quand j’étais seul chez moi au lieu de réveillonner, mais comme ça va je vais mieux depuis, je me contente aujourd’hui de les programmer pour qu’ils soient publiés le jour du 31 décembre. Par contre y’a aucune cohérence dans les thématiques abordées, vous l’avez bien compris.

Cette année, on va donc faire un classement. 

Vous l’avez remarqué, mais le cinéma d’animation japonais a été ultra actif cette année. Au Japon déjà, évidemment, mais surtout en France avec masse de sorties en salles et une quantité vraiment appréciable d’avant premières diverses et variées. On pouvait voir beaucoup d’animés dans nos UGC, Pathé et autres cinémas de quartier, et ça c’est beau. Du coup je vous propose de classer tous les films qu’on a pu voir cette année en salles. Que ce soit dans le cadre de sorties « classiques » ou dans celui, plus précis, des avant premières en festivals. Films récents, bien entendu. 

On va donc y’aller dès maintenant, et on commence par les oubliés. Ceux qui font que le titre de cet article est profondément mensonger.

ET CA C’EST TRES MAL

Article mis à jour le 3 Janvier pour rajouter Fireworks au classement.

Les oubliés de cette liste

 

Genocidal Organ

Toujours vu aucun des films de la trilogie « Project Itoh » – ni /harmony ni Empire of Corpses – et comme j’avais un LOLJAPON à enregistrer lors de l’avant première de ce film au Grand Rex, well. Tant pis. 

 

Pokémon: Je te choisis

Fun fact: je ne savais pas que ce film passerait dans certains cinémas. Je l’ai littéralement appris en voyant des gens tweeter le fait qu’ils y sont. Mmm ok. 

 

 

13/ Mazinger Z Infinity

Exploité en salles 

Y’a un truc très très cool avec Mazinger Z Infinity et c’est le simple fait qu’il soit sorti en France en novembre 2017. C’est très très cool pour la simple et bonne raison que le film sort dans les salles japonaises en janvier 2018. Seuls les italiens l’auront vus avant nous, ce qui est un très joli cadeau. Certes, c’était justifié par le fait que la franchise Mazinger prend une grande place dans le cœur des italiens et des français (même si ceux-ci sont plus connaisseurs de UFO Grendizer que de Mazinger) mais c’est quand même très sympa de se poser dans le siège de ce ciné en se disant qu’on est les premiers. Ça flatte l’égo. C’est pas le premier (Jin-Roh était sorti d’abord en France) mais, ouais, on aime.

Bon après, hélàs, le film est vraiment pas bon. 

En gros on a un truc qui se veut être avant tout un film d’action mais il ne sait rien faire de bien: les scènes de combats sont illisibles, la faute à un Mazinger qui occupe beaucoup trop l’écran, du coup il tape des choses qu’on voit pas, dans une frénesie illisible qui fait que rien n’a d’impact, rien n’a d’effet: il n’y a là que le bruit. Ces scènes de combats elles sont nombreuses, mais moins nombreuses que les très lentes scènes d’exposition où des personnages dialoguent de manière ininterrompue pour ne jamais rien dire. On passe donc tout le film à naviguer entre des bastons qui foutent la migraine et des discussions qui foutent le sommeil, sans que jamais rien ne semble vraiment soigné. Seul le combat final brille un peu dans cet ensemble, apportant enfin le ton baroque et un message un tant soit peu inspirant. C’est déjà ça.

Puis au final c’est super con de faire un film pour l’anniversaire de la franchise Mazinger, mais de rendre le film pas du tout ouvert aux personnes qui profiteraient de Infinity pour découvrir la franchise. Rien n’est expliqué, présenté, on part du principe que vous avez déjà vu toutes les séries dans les années 70, démerdez vous. 

Beaucoup de questions, donc. 

 

12/ Nanoha the Movie 3rd: Reflection

Projeté au Grand Rex en août 2017 

 

Je pense que le pire aspect de ce film c’est que pour le mater j’ai du me taper les deux films précédents, qui réecrivent et re-racontent les événements des séries Magical Lyrical Nanoha et Magical Lyrical Nanoha A’s. Deux films proprement ennuyeux, écrits à la truelle, qui ne m’ont inspirés qu’engourdissement et vague mépris pour un univers qui ne m’avait déjà pas inspiré grand chose à l’époque de la première saison. Dites vous que le film Nanoha A’s fait deux-heures-quarante et que arrivé à une heure dix de film les héroïnes débutent le foutu combat final. 

Le troisième film il a du coup la qualité d’être court (que 1h50), et d’avoir la possibilité de créer sa propre intrigue, sans devoir coller aux événements des séries télévisées. Du coup on a un film largement mieux rythmé, où les personnages apparaissent plus régulièrement, et avec des combats un minimum ambitieux. Néanmoins, on continue d’avoir un vrai problème de personnages, avec des héroïnes incroyablement tartes, qui agissent et réfléchissent comme des adultes de trente ans alors qu’elles n’en ont que huit, et ne disposent d’absolument aucun développement tout le long du long-métrage. Long-métrage qui ose en plus se conclure sur un cliffhanger absolument pas naturel, voire même carrément insultant. 

Je pense que le problème de Nanoha c’est que ça reste une licence du milieu des années 2000, qui avait un vrai intérêt et un vrai rôle à jouer dans cette période, mais qui y est beaucoup trop ancrée. Entre temps, le genre des magical girls « d’action » a bien évolué, et on veut ptet plus que deux gamines très sages qui combattent des ennemis vaguement maléfiques, aux motivations assez bateau.

 

11/ Yo-kai Watch le film

Exploité en salles

 

Ecoutez, ouais, c’est pour les gosses, clairement. L’intrigue pisse pas très haut, l’humour est parfois envahissant et c’est aussi inoffensif qu’un escargot avec un couteau à beurre mais ça, vous avez sans doute pas eu besoin de moi pour le savoir. Le film reste néanmoins pas dépourvu de qualités: la localisation est au top, avec une excellente VF et, ok, y’a du coup quelques blagues qui font mouche. Ca reste un film assez classique, sans surprises, avec un combat « final » qui prend la moitié du film et quelques décalages culturels un peu zarb (le village typiquement japonais qui a un nom de village de l’Orne, c’est très déstabilisant), mais rien qui m’aie profondément choqué. 

On s’y ennuie juste un peu quoi.

 

10/ The Irregular at Magic High School the Movie: the girl who calls the stars

Projeté au Grand Rex en août 2017

 

J’ai lâché la série au bout d’un épisode et le light novel français très exactement à la page 109, donc j’allais vers ce film Irregular totalement à l’aveugle et, oh boi, qu’est-ce que ce film est stupide. Le héros reste toujours aussi antipathique et toujours aussi pété ce qui fait qu’on observe pendant tout le film les actions d’un vague connard dépourvu de toutes émotions et incapable de prononcer des phrases naturelles faire des trucs ultra badass sur le papier sans que jamais on se sente particulièrement investi en ses actions et en les raisons qu’il a pour les faire. On passe du coup son temps à rigoler bêtement devant les trucs totalement abusés en mode « ah il peut aussi faire ça ? » Evidemment qu’il peut faire ça, c’est le héros de Irregular. 

Alors on s’accroche vaguement aux pourtant assez sympathiques personnages secondaires: la tomboy rousse qui botte des culs, le copain sympa, la binoclarde à gros seins… Même la petite soeur au design 10/10 (qui ne dit « Onii-sama » que 22 fois en 1h20, excellente perf) elle est là, elle fait des trucs mais à quoi bon se péter le cul quand à la fin, monsieur le héros sauve tout le monde tout seul sans l’aide de personne. 

C’est un film qui a sa brièveté comme avantage, qui compresse soixante-quinze minutes de scènes d’actions débiles, du coup on s’emmerde jamais vraiment. Mais qu’est-ce qu’il confirme à quel point cet univers est tarte et inattractif.

 

9/ Kizumonogatari III

Projeté au Grand Rex en janvier 2017 , puis à Nantes et Lyon en février.

 

Là aussi j’y suis allé en YOLO genre j’ai pas vu les deux premiers, j’y vais quand même, c’est quoi le problème. La bonne nouvelle, c’est que le film remet bien le contexte, du coup on est finalement assez peu perdu, d’autant que comme d’habitude avec Monogatari, l’intrigue reste simple malgré ses apparences de fausse complexité. Après on y retrouve exactement les qualités et les tares de la franchise: les dialogues et la mise en scène en font beaucoup trop, ça digresse beaucoup… Néanmoins y’a quelques scènes qui réveillent et qui font preuve d’un véritable soin – ici la très érotique scène du gymnase et la très intense baston du stade. Le reste, je l’ai pas mal oublié.

Donc voilà, c’est une formule décidément bien huilée, sans surprises, dont, ok, je n’accroche plus vraiment depuis une demie-décennie. 

 

8/ Hirune Hime: Rêves éveillés

Exploité en salles

 

Au fond, on a tous envie d’aimer Hirune Hime et de lui garder une place dans le top 5 des films animés de cette année mais, hélàs, le film est beaucoup trop inégal pour qu’on y parvienne ! Pourtant y’a des scènes visuellement hallucinantes, des petites idées d’intrigues qui méritent d’être creusées, une héroïne qui étincelle… mais derrière, le film se révèle parfois trop brouillon, chasse trop de lièvres scénaristiques à la fois, n’en attrape aucun, et par conséquence il nous arrive parfois de regarder la montre.

Bref, un film pétri de bonnes attentions, qui va surtout rester dans les mémoires pour son design et son visuel, mais qui est beaucoup trop creux pour derrière véritablement nous happer. C’est dommage, car c’était vraiment la période idéale pour un film tournant autour des JO et des voitures autonomes, mais celui-ci ne sera jamais plus qu’un « film sympa » même chez les plus gentils. 

 

7/ Fireworks

Projeté dans le cadre du Carrefour de l’Animation, puis exploité en salles (en janvier 2018.)

 

Je vais pas mentir, j’arrivais devant Fireworks avec peu d’attentes, vu à quel point le film s’était fait exploser par un peu tout le monde. Le film se paie d’ailleurs à l’heure où j’écris ces lignes un cinglant 4,2 de moyenne sur Senscritique – un point de moins qu’une daubasse comme Epouse-moi mon pote – ce qui est quand même catastrophique, même quand on prend en compte la large quantité de culs serrés qui ont un compte sur ce site.

Et en même temps je peux comprendre qu’on haïsse ce film car il est peut-être… un peu trop artistique pour son propre bien ? SHAFT est un studio bien connu pour parfois privilégier le style à la substance, et ce film peut s’attirer ce reproche. Il faut dire que visuellement il est beaucoup trop proche des premières saisons de Monogatari: mêmes tics de réalisations, mêmes mises en scène des dialogues, mêmes plans typiques… et même foutu chara-design. C’est pour moi le point noir du film, où j’ai passé mon temps à voir une jeune Hitagi dans l’héroïne et un jeune Araragi dans le pote du héros. Je veux pas reprocher à Akio Watanabe de pas s’être foulé – car il est peut-être responsable mais non coupable – mais ça m’a profondément distrait. 

En bref, Fireworks est un film visuellement plus proche de Bakemonogatari que pouvait l’être Kizumonogatari. 

Mais le truc c’est que je n’ai jamais passé un seul mauvais moment devant le film. J’ai été porté par l’histoire et même si les personnages ont une caractérisation très limitée, je me suis investi dans leur très jeune et estivale histoire d’amour, et j’ai beaucoup apprécié le twist fantastique qui s’installe au milieu du long-métrage. Même la fin je la trouve profondément jolie et j’apprécie le fait que le film ne perde pas son temps à essayer de nous expliciter des choses, nous laisse vraiment le luxe de comprendre par nous même – et l’intrigue en elle-même n’est pas si compliquée que ça – et de nous laisser interpréter la fin de la manière qu’on souhaite.

Si vous cherchez un film pragmatique et cartésien, tentez même pas vous allez être deçu, c’est un film qui montre plus qu’il n’explique. Mais je ne nierais pas que c’est aussi un film qui a parfois le cul entre deux chaises: on sent qu’il veut tenter des choses, prendre quelques risques, mais il accumule quelques clichés et poncifs pour quand même rester prudent, ce qui désamorce beaucoup de choses.

Enfin, dans tous les cas, c’était une vision intéressante. Je la déconseille pas. 

 

 

6/ Sword Art Online: Ordinal Scale

Exploité en salles

 

On pourrait crier à l’hypocrisie car, c’est vrai, Sword Art Online Ordinal Scale est pas moins con que peut l’être le film Irregular, et possède une intrigue peut-être même plus blindée d’incohérences diverses et incompréhensibles. Mais disons que contrairement à Irregular… bah les protagonistes sont beaucoup plus sympas. Le film a par exemple le bon goût de ne pas tourner constamment autour de son héros, Kirito, qui, si il sauve le cul de tout le monde à la fin, passe tout de même la première heure dans l’ombre d’Asuna. A part ça, le film remplit le contrat en terme de scènes d’actions excitantes, ne baisse jamais son rythme, offre un combat final astronomiquement fun et se permet même de teaser une adaptation animée de l’arc Alicization. 

C’est un peu le bon exemple à suivre en terme de film « fanserv », qui est clairement là pour contenter les fans de la série, comprend ce que ces fans recherchent, et leur donne sans réserves ni pièges, avec les moyens qui permettent un résultat à la hauteur des attentes. Les qualités sont amplifiées, les défauts essaient d’être gommés même si ça reste présent car oui l’intrigue peut être très stupide: sérieusement les mecs si vous avez peur de perdre vos mémoires de SAO, retirez votre casque de RA avant de vous manger des coups, je sais pas moi ? 

 

5/ Lou et l’île aux sirènes

Exploité en salles

 

Spoiler: l’écart qualitatif entre le 6e et le 5e il est LARGE. Aussi large que mince est l’écart entre les 5 films du top 5.

Riche année pour Yuasa et son nouveau studio, SARU, qui se permet la sortie de deux films en à peine deux mois. Si Lou aura été un four dans les salles japonaises (et aussi françaises, hélàs), il restera tout de même important dans cette vague 2016/2017 du cinéma japonais d’animation car avec son prix à Annecy, il montre que cette vague elle est reconnue internationalement. 

Quant au film, bah ouais, c’est une explosion de couleurs. Je crois pas que j’utilise souvent le verbe que je vais utiliser, surtout pour décrire un film, mais Lou est un long-métrage qui swingue. On se laisse facilement entraîner par le rythme qui s’en dégage, les scènes de danse sont aussi endiablées que mignonnes en diable, on navigue de scènes funs en scènes funs, les bons sentiments sont constants mais on oublie pas pour autant de poser des rebondissements, des enjeux, une intrigue. 

Lou c’est un très bon film pour enfants. Contrairement à Yo-kai Watch ça peut même être vu sans problèmes en famille, c’est jamais un supplice pour l’adulte qui accompagne. D’autant que la VF est particulièrement soignée. Alors les esprits chagrins vous feront noter que ce film n’est peut-être qu’une réecriture évidente d’un Ponyo (qui lui-même réécrivait la petite sirène donc pensez qu’on est pas sorti de l’auberge) et ce n’est pas une remarque tout à fait fausse mais quand le film est si bon et, surtout, n’a pas peur de proposer sa propre vision, on prend ça avec un grand plaisir.

(Surtout quand Lou est finalement peut-être meilleur que Ponyo.)

 

4/ A Silent Voice

Sélectionné au festival d’Annecy et projeté dans le cadre du Carrefour de l’Animation

 

Un an et demi que le film est sorti au Japon, y a cartonné comme jamais, et nous pendant ce temps là, si on voulait le voir en France, fallait être à Annecy en juin ou au carrefour de l’animation en décembre. Et pendant ce temps, toujours aucune putain de date pour la sortie du Blu Ray ou du DVD. Excellent travail. Tu vois, à la limite, qu’il soit pas exploité en salles, bon, tant pis, ça me frustre mais je pourrais y survivre. Mais TOUJOURS PAS SAVOIR QUAND JE POURRAIS LE CHOPER EN FRANCE alors que ça fait NEUF MOIS qu’il est sorti au Japon en DVD/BR et TROIS MOIS que je peux me payer l’édition BRITANNIQUE, ça me rend FOU. Le manga a été un carton indéniable en France, il est dirigé par le studio le plus talentueux de cette décennie, avec la réalisatrice la plus prometteuse de la nouvelle génération, qu’est-ce-qui-t’empêche-de-le-sortir-dans-des-délais-corrects-putain-de-merde ? A quel moment les PUTAINS DE ROSBIFS et leur culture anime RACHITIQUE ont le droit d’avoir une édition BluRay avant même que nous on sache QUAND ça sortira chez nous la France, DEUXIÈME FOUTU CONSOMMATEUR DE TRUCS JAPS WHATEVER ?

CA. ME. REND. FOU.

Le film va sortir dans un anonymat complet en 2018, quand tout le monde en aura plus rien à foutre, et ça n’a aucun sens car A Silent Voice est un film EXCELLENTISSIME. J’adore le manga de base, vraiment, mais le film a compris les faiblesses de l’oeuvre de Yoshitaki Oima et a décidé de les éviter. On écarte tout l’arc du film, on réécrit toute la seconde moitié, on emphase les scènes fortes, on baigne le tout dans une débauche totale de beauté visuelle, avec des doubleurs à fond dans leurs rôles et un vrai bon sens de la mise en scène. C’est émouvant, mais sans être exagéré, ça a su trouver le bon équilibre. Allez, y’a limite peut-être cinq minutes en trop à la fin, mais là on entre dans du bon vieux chipotage des familles, le reste du film il est intouchable. 

Bref chacun sa rage, chacun sa cause, j’exagère peut-être trop de choses, mais c’est un film qui me tient vraiment à coeur et je pardonnerais jamais le traitement qui a été fait au film dans notre pays. 

 

3/ The Night is Short, Walk on Girl

Projeté dans le cadre du Carrefour de l’Animation

 

Si Lou était du gros fun pour les familles, Night is Short c’est du gros fun pour les adultes. 

Avant de développer, je tiens à dire que j’ai abordé le film avec un double handicap: le premier c’est que j’ai jamais dépassé le second épisode de Tatami Galaxy et le second c’est que j’ignorais que le film se déroulait dans l’univers de Tatami Galaxy. La bonne nouvelle, c’est que ça ne gêne à aucun moment et que c’est juste du bonus car disons juste que si vous avez vu Tatami Galaxy vous croisez pas mal de visages connus, ce qui va pas mal vous faire plaisir. 

Night is Short Walk on Girl on est presque proche du film à sketchs, on sent que le film est divisé en quatre voire cinq actes, et que chaque acte à sa propre ambiance, son propre rythme, son propre humour. Comme si ils avaient été écrits par des personnes différentes (spoiler: non.) Et le film a du coup le très bon goût de démarrer par sans doute le plus dynamique de tous, avec cette héroïne qui part boire des kilotonnes d’alcool dans tout Kyoto. Et déjà on note à quel point ce film est incroyablement hédoniste. Quand les persos boivent, leurs corps s’étirent, grossissent, chaque gorgée est exagérée, tout le monde a l’alcool heureux, les coeurs s’ouvrent, les personnages dansent. Ca rigole, ça papote. On a envie d’être avec eux, de découvrir ces petits troquets, boire ces alcools rares et extravagants. Mais à peine notre gorge est sèche qu’on change d’ambiance, qu’on se pose, qu’on part dans un autre lieu de ce Kyoto nocturne décidément si remuant.

C’est aussi un film qui a l’excellente idée de poser des éléments et de s’en resservir toujours aux moments les plus inattendus, les plus surprenants. On rigole beaucoup, on est souvent surpris, on ne sait jamais vraiment où on va mais on sait que le conducteur est suffisamment talentueux pour qu’on lui fasse confiance. La fin est jolie, charmante, en dit long. Kana Hanazawa est impériale en jeune fille désinvolte. Y’a même une longue phase de comédie musicale qui s’étire sans lasser, remarquable exploit.

Ca devrait sortir rapidement en DVD / BR. Je peux comprendre pourquoi il n’est pas exploité en salles, on est loin du public familial habituellement recherché, et c’est un peu dommage car visuellement le film est un régal mais, eh, au moins il pourra être maté chez nous avant Silent Voice, lol. 

 

2/ Your Name.

Exploité en salles

Techniquement le film a commencé son exploitation à la toute fin du mois de décembre mais j’ai quand même souhaité l’inclure, ne serait-ce parce qu’il fait partie de cette vague 2016/2017 qui est au centre de cet article.

Classer Your Name a été pour moi un petit défi car au départ je me disais « il devrait pas être dans le top 3, ça va en surprendre plus d’un, héhé » sauf que plus l’écriture avançait plus je me suis rendu compte que… il est quand même sacrément bon ce film, non ? Le vrai problème que j’ai c’est que j’ai déjà écrit trois fois sur ce film ici même donc ça risque de devenir un peu répétitif si vous lisez tout ce que je tape (RIP.) En gros, Your Name c’est à mon sens le film le plus facile à voir de tout le top. C’est un film tu rentres dedans facilement, t’y restes facilement, t’y retournes facilement. C’est si bien rythmé, découpé, qu’on te laisse jamais le temps de penser à autre chose, ton attention elle est sans cesse appellée. Une fois qu’on a connaissance du twist, les visionnages suivants on passe notre temps à chasser les moindres détails et on en ressort jamais bredouille. C’est un film un peu gratifiant pour son spectateur. 

Puis oui: c’est foutrement beau. Oh, et c’est pas mal drôle aussi, ce qui est inédit pour Makoto Shinkai. Y’a peu de faiblesses, c’est un film qui tient bien sur lui-même et qui est en outre une porte d’accès vraiment bien huilée à l’animation japonaise. C’est un film qui mérite son succès, qui fait passer un vrai bon moment, qui donne beaucoup de plaisir, c’est une totale et définitive réussite. 

 

1/ Dans un Recoin de ce Monde

Exploité en salles

Traiter du sujet de la seconde guerre mondiale en animation japonaise ça reste compliqué car il faut accepter d’être dans l’ombre de deux monuments, c’est à dire Le Tombeau des Lucioles et Gen d’Hiroshima. Dans un Recoin de ce Monde choisit de prendre une approche radicalement différente, et de plutôt se focaliser sur la vie quotidienne d’une jeune femme rêveuse, dans une période mine de rien assez allongée – de 1935 à 1945. La tragédie attendue – puisque ça se déroule dans la région d’Hiroshima – elle arrive donc très tard dans le récit, et avant que les avions américains arrivent, on a eu une heure de film focalisé sur la vie quotidienne d’une famille basée dans le Kure impérial, vie quotidienne qui ne cache rien des manques et des sacrifices des populations civiles, mais qui traite le sujet avec pas mal de pointes d’humour, qui nous aide à tenir le coup. Puis arrivera les bombes, les morts… mais l’humour ne disparaîtra pas pour autant. C’est salvateur !

En dehors de ses vraies qualités d’écriture, qualités qui nous permettent de nous immerger pendant deux heures avec cette famille d’un autre temps, ce qui tue avec Dans un Recoin de ce Monde c’est ce charmant et impeccable style visuel. Reprenant la patte de Fumiyo Kouno au sourcil près, c’est un film extrêmement agréable à l’oeil, avec un nombre assez impressionnant de plans dont la composition fait mouche. 

Inratable, et un film que j’espère voir accéder au rang de culte

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Une réaction au sujet de « [Néant Sept #19] Le Grand Classement des Quinze Films Japonais d’Animation Qu’on Pouvait Voir Dans Les Cinémas De France En Cette Année 2017 »

  1. Bonjour je post 6 mois après car je découvre à peine ce site \o/
    Sinon je serais intéressé de découvrir ton avis sur la licence et surtout les films Nanoha que j’ai trouvé vraiment très bons (3e pas vu encore)
    Autant je suis d’accord pour dire que les dernières saisons ne sont pas exceptionnelles autant les films…

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