Les génériques à retenir, édition Hiver 2018 ♪

Les génériques à retenir, édition Hiver 2018 ♪

Y’a un an je lançais donc ces articles saisonniers avec le but avoué de vous faire partager ma passion pour les openings d’anime, vous proposer ma sélection, en parler, en discuter, bref faire découvrir des bons trucs et après tout ça un terrible constat m’a envahi: est-ce que je suis pas devenu un gros blasé de la vie ? Parce que ça fait genre deux ou trois saisons où je débute par « argh, cette saison était pas folle niveau génériques mais j’ai quand même réussi à en dégoter huit qui sortent du lot. » Est-ce vraiment le Japon qui peine à surprendre sur ce terrain là depuis un an ? Est-ce que ça a pas toujours été comme ça et que devoir faire une sélection trimestrielle ne m’a qu’aidé à en prendre conscience ? Est-ce mes attentes qui se sont surélevées ? 

Tout ça pour dire, donc, que cette saison d’hiver 2018 est terriblement médiocre en terme de génériques. Et encore, médiocre est un terme fort. Y’a beaucoup de bons génériques. Mais juste bons. Ceux que tu regardes tu fais « ça va » mais que tu serais infoutu de replacer dans un blind-test à peine une heure après. Des trucs bien foutus mais qui te donnent pas forcément envie de mater la série, de découvrir l’univers. Des chansons sympas sur des visuels classiques. Peu de prises de risques, peu de surprises, ça roule à rythme réduit et plus que jamais j’ai vraiment galéré à faire ma sélection. Vous allez donc vite le voir, je vais parler d’openings que j’aime bien MAIS y’aura toujours un mais. Un peu bizarre, donc.

 

A Place Further Than The Universe

Sora Yorimo Toi Basho

Chanson: « The Girls Are Alright » par saya

Studio: Madhouse

Le retour de Atsuko Ishizuka aux séries télévisées fait pas de mal à l’animation japonaise et après seulement quatre épisodes, A Place Further Than The Universe et ses lycéennes qui rêvent d’aller visiter l’Antarctique détonne déjà pas mal et offre cette bonne dose de comédie dramatique qui nous rempli l’estomac. Mais les qualités de la série, vous allez les voir dès l’opening qui prend le parti pris intéressant de nous emmener en Antarctique… dès le refrain ! Là où le voyage vers le pôle est loin d’être démarré dans la série, nous y voilà déjà en quelques paires de notes et montré sous les aspects les plus funs et attractifs qu’il soit, comme une vidéo de voyage pleine d’entrain et de bonne humeur. Le tout avec un visuel superbe, à la hauteur de ce que nous propose la série, y’a donc du caractère là dedans, on le ressent très bien et cela ne nous donne qu’envie de les rejoindre dans leur épopée vers les glaces. 

MAIS.

La chanson est un peu nulle. Enfin, je la trouve un peu molle pour ce que ça veut montrer. Y’a un plan précis que je déteste dans ce générique c’est le plan en 3D sur le gigantesque bateau avec le « la alright na alright ♪ ». Je trouve ce passage exact de la chanson totalement mou par rapport à la grandeur de la scène qu’il veut exprimer. C’est comme si, je sais pas, tu illustrais le décollage d’une navette avec un titre de blues totalement dépressif. Y’a un truc qui colle pas. La tâche de gras sur la chemise impeccablement repassée. Tant pis.

 

Kokkoku

Chanson: « Flashback » par MIYAVI versus KenKen

Studio: Geno

YO C’EST QUOI CETTE CHANSON DE OUF. Ca me fait penser à du Gorillaz mais tu vois au Gorillaz qui me faisait tripper quand j’étais ado, celui sur lequel je remuais la tête juste PARCE QUE LA BASSE ÉTAIT BONNE et que les VOIX ÉTAIENT PUISSANTES. Tu m’étonnes que derrière les mecs étaient chauds pour faire un bon gros clip musical sur le thème du temps avec des symboles en veut tu en voilà, des transitions fluides et travaillées,  des plans cools et le titre qui apparaît AU MEILLEUR MOMENT. Voilà un opening qui sait utiliser sa musique de manière optimale.

MAIS.

J’ai rien contre l’idée de vraiment dédier des écrans complets aux crédits et aux noms du staff car tout travail mérite salaire et reconnaissance mais je trouve qu’ils prennent vraiment trop de temps à eux seuls dans le générique et qu’ils hachent considérablement le rythme. Surtout dans les trente premières secondes. C’est dommage, et j’espère que y’aura pas de version creditless parce que là du coup ça serait le pire des mondes.

Et je voudrais vraiment faire mon râleur j’aurais eu aussi envie de dire qu’on a aucune idée, juste en matant l’opening, de quoi parle Kokkoku ? C’est qui les personnages principaux ? C’est quoi le thème ? Le temps est méga mis en avant dans ce générique mais est-ce que le temps est un composant de la série ? C’est flou. Mais là c’est de l’ordre du mineur et c’est juste parce que j’ai cette foutue obsession du fait qu’un opening doit vendre sa série.

 

Yuru Camp

Chanson: « SHINY DAYS » par Asaka

Studio: C-Station

YO C’EST QUOI CETTE CHANSON DE OUF. Ca me fait penser à du Jackson 5 mais tu vois au Jackson 5 qui est un groupe… auquel… j’ai jamais… vraiment… accroché… maintenant que j’y pense…

Blague à part, Yuru Camp et Kokkoku partagent pas mal de points communs: ils ont une musique qui sort des canons habituellement et qui en plus défonce (merci Asaka qui avait déjà chanté l’excellent Open your eyes de Occultic;Nine et Edelweiss pour Centaur no Nayami), et ils font vraiment un très gros effort pour mettre en avant le nom des personnes qui ont participées à concevoir le projet. Si on m’avait dit en 2010 que je verrais des animés où les crédits des génériques sont intégralement en anglais… Mais là où Kokkoku était ultra bourrin avec ses intégrations de noms, Yuru Camp va se montrer plus imaginatif et moins intrusif, les mettant en scène dans des décors parcourus par nos héroïnes. Du coup ça ruine moins le rythme et ça fonctionne généralement bien mieux…

MAIS.

Je trouve que c’est un générique qui s’effondre sur sa fin. Les vingt dernières secondes – quand on a quitté la première partie du refrain pour passer sur le « ♫listen to my melody♫ » sont proprement inintéressantes. C’est dommage car jusque là on avait quelque chose de tout à fait solide ! Si près ! 

Mais la musique reste bonne bonne bonne, et c’est ça le plus important tant tant, j’imagine ?

 

Pop Team Epic

Chanson: « Pop Team Epic » par Sumire Uesaka

Studio: Kamikaze Douga

Je me rends brutalement compte que ça fait trois fois d’affilée que dans le champ « studio » je met un studio dont j’ignorais complètement l’existence jusque là. J’imagine que vu à quelle vitesse les studios font faillite au Japon, il vaut mieux passer son temps à en fermer pour en rouvrir des nouveaux derrière, eh ?

Je vais être honnête avec vous: j’avais d’emblée beaucoup d’espérances vis à vis de ce générique car pour moi Pop Team Epic est un terreau parfait pour permettre à des esprits créatifs de jouer avec. Genre comme des enfants de 5 ans quand tu leur files un pot de Play Doh. Et évidemment, ça part vite en délire complet et délicatement posé avec une hystérie toute somme saine et tranquille. Des écrans qui se font péter, des héroïnes incarnées dans des tubes de dentifrice ou découpées au rythme des beats effrénés, c’est évidemment ça qu’on voulait depuis le début. Et c’est une vraie belle explosion d’idées.

MAIS.

Comme Yuru Camp, ça se relâche dans sa fin. Genre c’est un opening qui donne tout dans ses cinquantes premières secondes. Dès qu’on arrive au refrain, ça devient moins créatif. J’ai rien contre les héroïnes qui tournent ou qui marchent dans des décors qui changent, mais quand tu sors d’une débauche d’idées jusque là tu aurais aimé que ça dure plus longtemps. Bref, l’opening Pop Team Epic il se fait traiter de précoce dans la cour de recré et on peut pas vraiment lui donner si tort.

Mais après même cette partie à quand même ses qualités: la représentation de la France par une pluie de baguettes et un mec à monocle devant le Mont Saint Michel, c’est suffisamment rigolo pour être amusant. C’est juste que… tu bailles la quatrième fois.

 

Après la Pluie

Koi wa Ameagaari no You ni

Chanson: « Nostalgic Rainfall » par CHiCO with HoneyWorks

Studio: WIT

Concept simple derrière celui-là: l’héroïne s’endort et passe l’opening à rêver de son amour de manière très enfantine, un peu à l’image de son caractère et de sa manière de percevoir l’amour. C’est sans doute le générique qui, cette saison, parle le mieux de sa propre série, et c’est pas une qualité qu’il faut particulièrement sous-estimer ! Et, surtout, vous noterez cette direction artistique extrêmement léchée, avec pas mal de jolis plans, une belle transition entre les différentes scènes et une bonne mise en avant des deux personnages principaux.

MAIS.

Non ça va en fait, j’ai pas de vrais défauts à lui reprocher. Je trouve peut-être l’intro un peu longue ? Ca met du temps avant de nous montrer l’héroïne ? Bref, faut pas que l’opening de Après la Pluie et celui de Pop Team Epic se mettent en couple parce que ça veut dire que l’un des deux va jouir avant même l’autre soit un peu humide. C’est comme ça que tu finis avec une facture à cinq chiffres en visites annuelles chez le sexologue.

 

Et là normalement on devrait passer au sixième opening sauf que les openings cette saison ils m’ont tellement saoulés que je vais préférer parler de trois endings car, voilà, les endings eux ILS FONT LE TAF cet hiver. PRENEZ EXEMPLE.

 

March Comes In Like A Lion Saison 2 ED2

Chanson: « I AM STANDING » par RUANN

Studio: SHAFT

En vrai, j’aurais très bien pu classer l’opening 2 dans une sélection de 8. Sans problèmes. Ca aurait même pu être un des meilleurs openings de cette saison. Sans problèmes. Sauf que d’une j’en ai marre de parler des génériques d’ouverture de March Comes In Like A Lion à chaque saison, de deux c’est du Unison Square Garden et j’en ai marre d’eux et de trois l’ending est tellement ouf que je préférais le mettre en avant.

Mais eh les bons endings dans March Comes In Like A Lion c’est évidemment pas une nouveauté: souvenez-vous de Fighter, le premier de la première saison, qui réussissait déjà l’exploit de nous faire oublier l’opening qui l’accompagnait. En règle générale, tous les génériques de la série sont ultra soignés et on est assez gâtés. Mais ce I AM STANDING me paraît aller loin et réussir tout ce qu’il veut entreprendre: c’est beau, le style visuel est époustouflant, y’a une vraie composition, des plans superbes, on est entraîné par ce truc. Utilisation parfait des crayonnés, de l’aquarelle, de tout. 

Vraiment somptueux. Et l’un de mes endings favoris pour une série de 2017.

 

Violet Evergarden ED

Chanson: « Michishirube » par Minori Chihara

Studio: Kyoto Animation

L’opening ? Il est d’une terrible et confondante sagesse. Je ne dis pas qu’il est morne, hein, je dis juste que j’ai vu des choses plus joyeuses à l’enterrement de mon arrière grand père. 

L’ending de Violet Evergarden est pas forcément plus animé et plus joyeux mais, sans conteste, il dispose de beaucoup plus de vie. On y retrouve un peu la même magie qu’à l’époque de l’ending de Kyokai no Kanata, où tu poses juste une musique forte, une poignée d’images fortes et paf magie tu dégages une ambiance et une poésie sans égales. Bref, le rappel que tu peux faire un générique efficace avec un minimum d’élements, juste en sachant bien les mettre en avant.

 

Cardcaptor Sakura: Clear Card ED

Chanson: « Jewelry » par Saori Hayami

Studio: Madhouse

Encore une fois, l’opening de Cardcaptor Sakura Clear Card est sympathique, jouait pas mal sur la fibre nostalgie (Maaya Sakamoto, juste like in 1998 ! When The France was Championne du Monde and we can finally die tranquille !) mais parvenait à ne pas se baser que là dessus, offrant un truc toute somme agréable mais aussi mémorable que de l’eau. 

L’ending, de l’autre côté ? Qu’il est vivant ! Qu’il est joli ! Storyboardé et dirigé par Norimitsu Suzuki , l’homme qui a non seulement réalisé les endings de la série originale Fullmetal Alchemist.mais avant en plus déjà réalisé les endings de la première série Cardcaptor Sakura et il semble heureux de retrouver la magical girl chasseuse de cartes car il lui offre là un petit clip d’une minute trente extrêmement soigné, où chaque détail est minitieusement pensé, et où l’animation se met au service de rendre vivant chaque fibre et chaque cellule des personnages. Le petit moment où Sakura punche Keroberos dans l’air ? C’est délicieusement mignon. Sakura et Tomoyo qui font balancer leurs bras ? Awwww. La petite danse de popotin de Kero ? Eeeeeeh bon ça passe. Ajoutez à ça un très beau choix de couleur et on a là un ending aussi joli que capable de réchauffer nos coeurs.

Petite anecdote d’ailleurs: la chanson est interprétée par Saori Hayami, qui a aussi écrite elle même les paroles… et a elle même composée la chanson. Donc la meuf elle double déjà parfaitement une tripotée de personnages, elle sait chanter, elle sait écrire et maintenant elle sait composer genre elle est pas déjà assez pétée comme ça. Ouf.

 

 

Mentions honorables

  • Si j’étais resté dans l’idée de garder 8 openings, bah vous auriez été surpris: j’aurais cité l’OP2 de Black CloverJe l’aime… bien ? Il a un bon rythme, une bonne transition, il vend un peu de rêve en tant que série d’action. Même si tristement la succession de personnages au début met vraiment en exergue le fait que le chara-design de cette série est foutrement nullasse. Héroic-fantasy-tête de pet.
  • L’opening de Darling in the FranXXX m’est aussi pas antipathique. Je trouve même que c’est sans doute un des meilleurs openings de Trigger. Après Trigger n’a toujours pas sorti le moindre bon opening en cinq ans mais ça c’est un autre souci1.
  • Et toujours dans les séries d’action, l’OP de Basilisk fait le taf. Gentiment.
  • Prix de la chiasse musicale de l’année: comme d’habitude ça va au groupe Fear and Loathing in Las Vegas pour leur attentat aux tympans commis dans le cadre de la série Houshin Engi. Le pire c’est que visuellement ça suit bien, j’imagine la douleur des animateurs et storyboarders qui ont du écouter cette ignominie en boucle pour ça. Moi j’aurais pas tenu j’aurais fait un bonhomme baton et je serais parti.
  • Vous allez me dire « Amo t’es hypocrite quand même tu passes ton temps à chier sur Fear and Loathing in Las Vegas alors que tu ultra kiffes MYTH&ROID » mais, écoutez, Tom-H@ck lui a maîtrisé l’art du drillage musical de cerveau et est intouchable. Comme le prouve l’ending de Overlord II qui continue à jouer avec les limites, prouve que le changement de chanteuse a pas forcément tué MYTH&ROID et continue de nous permettre d’avoir des illustrations par so-bin. Le meilleur des mondes.
  • Je passe mon temps à dire que Seven Deadly Sins c’est fait par un mec coincé dans les années 90 pour des mecs coincés dans les années 90, l’opening de cette nouvelle saison le prouve même si y’a un twist: en faisant appel à FLOW et Granrodeo, on a là des mecs coincés dans les années 2000 qui veulent ptet parler à ceux qui musicalement sont coincés dans les années 2000 ?
  • C’était chaud de passer après le très bon et très sous-estimé générique de la première saison mais Dagashi Kashi 2 y arrive… presque. C’est juste moins beau. On est passé de Haribo à Sugar Land. Même diabète, emballage moins soigné.
  • J’aime bien l’opening de Beatless mais je sais pas si c’est à cause des images ou juste parce que je suis content de ravoir du Garnidelia ?
  • Enfin vous allez me dire « où c’est Devilman Crybaby » et, non, désolé, j’aime pas l’opening plus que ça. Même si je reconnais à la chanson un beat entraînant qui donne envie d’aller en Sabbat pour bouger son booty (si possible en enfilant des pattes d’elf en kevlar avant d’y aller.)

 

Voilà j’ai été bien ronchon et grisonnant, j’espère que le printemps réglera le problème mais je préviens juste que si Unison Square Garden REVIENT ENCORE faire une ENIEME FOIS la MEME PUTAIN DE CHANSON ça va barder. 

  1. Kiznaiver ça compte pas c’est pas un opening, juste un kaleidoscope.
♪ Vous avez aimé ? Partagez cet article ♪
Facebooktwittergoogle_plustumblr
~~Suivez l'auteur sur les réseaux sociaux~~
Facebooktwittertumblr
Envie de soutenir Néant Vert et son auteur ? Retrouvez Amo sur Patreon:

3 réactions au sujet de « Les génériques à retenir, édition Hiver 2018 ♪ »

  1. Si je n’étais pas spécialement d’accord avec toi pour dire que les saisons précédentes étaient fade niveau op/ed pour celle-çi je suis plutôt d’accord en revanche et y a rien qui m’a marqué encore ni en op, ni en ed et même pas en insert song. C’est d’autant plus dommage qu’il y a pas mal de séries sympas pour une saison d’hiver je trouve.

    1. J’étais en train de me faire le meme constat en réécoutant le premier op d’Higurashi comme ça, ça faisait longtemps. Après je me.suis demandé si c’était pas aussi moi qui faisais pas trop l’effort d’écouter vraiment les chansons mais merde ! J’ai l’impression que ça fait déjà quelques temps que les génériques sont banals et se ressemblent. Sinon une AMV de A place further than the universe sur paradis Blanc de Michel Berger ça donnerait quoi ? (La révélation.)

  2. Je me permets un petit ajout quand à l’opening de Yuru Camp, ou plus précisément, à son style graphique : les décors dans lequel évoluent les héroïnes ne sont pas exactement ceux de la série qui sont plus photoréalistes et moins éclatants en terme de couleurs.
    Ici, le parti-pris du générique, c’est de retranscrire dans le générique le style visuel des couvertures du manga. Un choix que je trouve plutôt sympa, puisque j’aime bien les-dites couvertures. (cf la page du manga sur le site du MTK http://www.dokidokivisual.com/comics/book/past.php?cid=1370)
    Ça n’en fait pas un grand générique, mais c’est un petit clin d’œil sympa pour les amateurs de ce manga bien sympathique.

N'hésitez pas à commenter l'article~