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The Promised Neverland – Hallowed Be Thy Name

 Death Note a définitivement une place particulière dans le Shonen Jump des années 2000. Dans un magazine qui encore alors ne proposait que des séries d’actions aux pouvoirs toujours plus fucked up, des comédies qui ne sortaient alors que peu de leur carcan ou des romances peu développées entre lycéens, inutile de dire que voir arriver une série qui mélangeait efficacement des codes fantastiques, policiers et psychologiques tout en mettant en scène un protagoniste aux intentions condamnables et en basant l’intrigue sur des plans tarabiscotés aux conséquences concrètes sur le récit, ça a eu un véritable impact. L’oeuvre elle-même n’est pas forcément dénuée de défauts mais cet ensemble aura séduit un très large public et aura permis au Jump de rappeler que, parfois, il peut produire des choses qui sortent du moule et bénéficient tout de même de la machine de guerre éditoriale et marketing dont peut s’enorgueillir le magazine.

Avec ce succès public et international, Death Note aurait pu créer un genre au sein du Jump et permettre de voir naître, dans le magazine, d’autres séries de mystères à la moralité ambiguë, susceptibles de parles à ces adolescents et jeunes adultes qui veulent lire plus de choses dans ce ton. Hélàs, ce n’est pas vraiment ce qu’il s’est passé et le Jump s’est maintenu dans cette ligne éditoriale qui privilégie le divertissement pur et un public type évident: les pré-adolescents, avant tout.  La fin de Death Note, en juillet 2006, n’aura donc rien chamboulé dans le magazine. 

Flashforward dix ans en avant, été 2016.  Période étrange pour le magazine: la fin de Bleach et de Nisekoi viennent d’être annoncés, et en réunion éditoriale, celle de la série quarantenaire Kochikame a été décidée. Trois oeuvres importantes du magazine et de son histoire vont donc nécessiter des remplaçants et c’est dans ce contexte bien précis qu’est annoncé une nouvelle série, gérée par deux auteurs jusque alors méconnus. Cette série c’est Yakusoku no Neverland et, trente chapitre après ses débuts, mon enthousiasme n’a toujours pas chuté d’un iota. Ca pourrait effectivement être le manga dont tout le monde va parler d’ici quelques mois et, honnêtement, ce succès serait loin d’être démérité tant l’oeuvre montre des qualités évidentes, se démarque vraiment du lot sous plein de bons aspects et sait, et c’est le principal, offrir un plaisir de lecture indéniable. 

Le premier chapitre avait su, à l’époque, marquer les esprits. Il nous présentait donc l’histoire de Emma, Norman et Ray, les trois enfants les plus agés d’un orphelinat idyllique où les enfants sont traités avec amour par la seule adulte de l’endroit, une femme nommée affectueusement Maman, qui sait leur offrir soin, écoute et gentillesse. Entre plusieurs jeux à l’extérieur du bâtiment, les enfants sont soumis à des tests de logique et de connaissance, qui leur permettent de ne pas laisser le cerveau s’ankyloser. Bref, un bel endroit et tant pis si un mur gigantesque entoure l’orphelinat, que les enfants portent tous le même uniforme blanc et qu’ils ont un chiffre tatoués sur le cou: pour nos héros, c’est un paradis, paradis qu’ils quitteront dès que des adultes souhaiteront les adopter. D’ailleurs, à la fin du premier chapitre, c’est une petite fille qui a été choisie et qui va avoir le droit de quitter l’orphelinat ! Mais hélàs, elle oublie son petit lapin en peluche , nos héros courent donc essayer de la rattraper pour lui rendre l’objet oublié et, cela va les amener à voir ce qu’ils ne devaient pas voir: la vraie destinée qui attend les enfants qui ont été choisis pour être « adoptés »…

La situation n’étant guère joyeuse et laissant songer à une fin tragique, les trois héros vont donc tâcher d’allier leurs forces – l’endurance et l’agilité pour Emma, la stratégie pour Norman, les connaissances pour Ray – pour tâcher de partir de l’orphelinat avec tous les enfants qui s’y trouvent afin d’empêcher la conclusion tragique qui point le bout de son nez pour tous ces joyeux garnements. 

On va donc suivre leurs errements, leurs découvertes, leurs tactiques et leurs frustrations dans cette quête de liberté qui ne sera pas tous les jours aisée.

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Bilan 2016 du Shonen Jump, l’heure du ménage

Après vous avoir fait le coup l’année dernière, on est reparti pour un second bilan de l’activité du Shonen Jump, cette fois-ci couvrant tout ce qui s’est déroulé en 2016 dans le magazine. Une grosse année car, vous le savez sans doute un peu si vous suivez l’actualité du monde du manga, l’actualité a été chargée pour le magazine qui s’est débarrassé de beaucoup de ses plus grosses séries ! Un changement radical par rapport à une année 2015 qui, souvenez-vous, avait été extrêmement tranquille et plaçait le Jump dans une situation bizarre où il y’avait peu de séries « inutiles », où toutes trouvaient le succès quelque part, et permettait au magazine de fournir à la Shueisha un bon paquet de titres vendeurs et populaires.

On aurait pu donc croire que le Jump allait rester à la cool, se contentant de se laisser porter par ses gros hits historiques sauf que non ils ont tout envoyés valser, ont mis fin à cinq grosses séries, se préparent également à conclure Gintama et après ça on va arriver à une situation étrange où les deux plus vieilles séries régulières du magazine seront One Piece (1997) et… Haikyuu (2012) ! Bref, la génération dorée des années 2000, qu’on pouvait résumer schématiquement par le quatuor Naruto/Bleach/Gintama/Toriko, est bel et bien terminée, et le Jump semble vouloir aller ailleurs ? Mais la vraie question c’est… où ?

Ce bilan reprendra plus ou moins le même plan que l’an dernier: on reviendra sur toutes les séries parues cette année dans le magazine, on commentera leur présent (popularité dans le magazine et ventes des tomes reliés)et on pronostiquera leur avenir. Sur ce, allons y !

Notes:

  • Rappel: j’ai écrit un article pour expliquer comment on juge la popularité d’une série dans le Jump en se basant sur les sommaires.
  • L’année 2016 éditoriale du Jump va de décembre 2015 à novembre 2016. Par exemple le dernier numéro en date, sorti la semaine dernière, c’était le 2017.2/3. 
  • Même si le dernier numéro de l’année est le 2016.52, il n’y a pas eu 52 numéros du Jump en 2015: il y’a aussi eu quatre numéros double. Ils ne sont même pas double en taille, juste qu’ils couvrent plusieurs semaines (c’est lié à Noël, au Nouvel An, à la Golden Week et à la première semaine d’août, qui correspond aux vacances d’été.) Ca fait un total de 48 numéros, en réalité. 
  • Changement par rapport à 2015: j’ai retiré les graphiques liés aux chiffres de ventes en première semaine. Ceux-ci m’apparaissaient finalement peu pertinents. Pour les ventes, désormais, je me contenterais de signaler les ventes en première semaine du dernier tome en date et, si la série est classée dans le top 30 annuel Oricon, je me chargerais de donner le nombre de volumes vendus dans l’ensemble de l’année.
  • J’ai décidé, également, pour les graphiques de popularité, de revenir à une méthode simple: celle de la place dans le sommaire. Pas de ranking « pure » comme l’année dernière, qui compliquait beaucoup les choses et ne me paraissait pas si pertinent que ça. Néanmoins vous noterez que certains chapitres sont en verts sur les graphiques: cela veut dire que le chapitre en question bénéficie d’une page couleur ou est en couverture du magazine, ce qui veut dire que le chapitre en question n’a pas un classement pertinent vis à vis de sa popularité mais qu’il est placé éditorialement à cette position (vu qu’on peut pas mettre des pages couleurs n’importe où dans un magazine papier et que les pages couleurs sont là pour « aider » un manga à se faire remarquer, donc c’est quelque chose que les éditeurs choisissent.)
  • Le plus important à retenir: la vraie « première place » est la seconde sur les graphiques. Car sur ces graphiques, la première revient toujours à la série qui est en couverture, ce qui ne témoigne pas – forcément – de la popularité concrète de la série. 
  • Toujours sur le code couleur des graphiques: Rouge veut dire que la série est clôturée à ce chapitre, Bleu veut dire que la série part en hiatus à partir de ce chapitre.
  • J’ai volontairement mis Boruto de côté dans l’article. La série est trop… particulière pour ça (publication mensuelle, toujours des pages couleurs, ventes irrégulières, statut de spin-off…)
  • Cliquez sur les graphiques pour les afficher dans leur taille réelle. Ca les rendra plus lisible, c’est fait pour ça !

Voilà, dit comme ça ça paraît indigeste et incompréhensible mais vous allez voir, on va commencer tout de suite et vous allez vite comprendre. 

 

C’est le top !

One Piece

Eiichiro Oda

Débuté en Août 1997 (1997.34)

couvertures pour un total de 10 numéros avec pages couleurs. La série a été absente de 9 numéros.

tomes sortis en 2016 (du 80 au 83)

Ventes en première semaine du tome 83: 1,631,659 exemplaires

Classement dans le top 30 Oricon de 2016: 1ère place avec 12,314,326 exemplaires vendus. (En 2015: 1er / 14,102,521 exemplaires vendus)

Rappel des prévisions 2015: « Toujours le n°1 en tout, vraisemblablement. »

Comment la série se porte ? Bon, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise. One Piece reste One Piece. Le mastodonte indéboulonnable. Populaire, adoré, qui se vend par palettes entières. Le film GOLD a été un succès, la série continue à cartonner à l’archipel et à l’international, n’en jetez plus, y’a rien de vraiment neuf à dire et la série va pouvoir aborder sa vingtième année d’existence le coeur léger car il est toujours le bateau-amiral de sa flotte.

Prévisions pour 2017: Toujours le n°1 en tout, vraisemblablement. 

 

Haikyuu

Haruichi Furudate

Débuté en Février 2012 (2012.12)

couvertures pour un total de 12 numéros avec pages couleurs. 

tomes sortis en 2016 (du 19 au 24)

Ventes en première semaine du tome 24: 282,363 exemplaires

Classement dans le top 30 Oricon de 2016: 5ème place avec 6,474,394 exemplaires vendus. (En 2015: 6e / 6,531,508 exemplaires vendus)

Rappel des prévisions 2015: « Ça devrait rester stable aussi bien en terme de ventes que de popularité. Avec un peu de pot, le match actuel PRENDRA ENFIN FIN. » 

Comment la série se porte ? Bah écoutez, toujours très bien. Les deux saisons de l’animé ont participés à maintenir la haute popularité de la franchise, et ce même si ça a été transféré à des horaires de nuit quand la première série était diffusée le dimanche après-midi. Le gros match a pris fin, on est passé sur un arc plus posé à base d’entraînement et de préparation, ce qui habituellement dans les mangas de sports amène un déclin en popularité, déclin qui ne se retrouve pas vraiment ici. En bref, Haikyuu s’impose bel et bien comme la série sportive forte des années 2010 pour le Jump.  

Prévisions pour 2017: 2017 devrait être la première année depuis 2014 où Haikyuu ne bénéficiera pas d’une adaptation animée, faute de contenu suffisant pour permettre une quatrième saison de 13 épisodes. Il faudra voir si ça entraîne une chute réelle des ventes mais vu le fandom très large de la série, les dégats devraient être largement atténués.

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Bilan 2015 du Shonen Jump, entre statistiques et modernité

Article pour clôturer l’année, en douceur et en sagesse, avec déjà le troisième article de l’année que je vais dédier au Shonen Jump. Promis, c’est le dernier avant un bon moment.

A ce titre, si vous n’êtes pas encore vraiment initié à la manière dont le succès d’une série est jugée dans le Jump, je vous invite à lire cet article de début octobre où j’explique comment on suit le classement d’une série et comment on peut facilement juger si il s’agit d’une réussite ou d’un échec. Enfin, si vous ignorez ce qu’est le Shonen Jump et quelle série on trouve dedans je pourrais namedropper des séries publiées dedans comme Dragon Ball, Naruto, Ken le Survivant, Hunter X Hunter, Bleach, Death Note ou My Hero Academia et linker un autre article qui est la retranscription d’une conférence de présentation du Jump en 2015 que moi et Yoka avons donnés à Japan Expo.

Cet article va être un bilan des séries du Shonen Jump qui ont été publiées pendant l’année 2015. On va donc tâcher de regarder comment cette année se sont débrouillées les différentes séries à l’affiches, voir les séries qui ont débutées, celles qui se sont terminées et souvent parfois qui ont fait les deux à la fois en 2015. Mais au délà de ça, comment les grands anciens du magazine se sont comportés, quelles sont les tendances, ce groupe de séries nées en 2011 et 2012 qui sont à l’affiche du magazine le sont-ils toujours, à l’affiche ? Comment le magazine a géré la fin de Naruto et Kuroko no Basket en 2014 ?

On va donc le voir, avec des stats, des graphiques, des présentations et des opinions subjectives parce que faut bien que je capitalise sur le fait que je lise (presque) tout. Le meilleur des mondes.

STRAIGHTENUPYAY

Points importants:

  • « Année 2015 » va des numéros allant de décembre 2014 à décembre 2015. Le Jump a cette numérotation bizarre. Par exemple celui sorti y’a deux semaine était le 2016.02, le second numéro de 2016, alors qu’il est sorti début décembre. Donc plus d’aisance, on va du 01.2015 au 53.2015.
  • Idem pour les chiffres de ventes puisque les classements Oricon annuels vont de mi-novembre à mi-novembre. Donc là les chiffres de ventes en première semaine que vous allez voir couvrent là aussi la période qui va de mi-novembre 2014 à mi-novembre 2015.
  • Même si le dernier numéro de l’année est le 2015.53, il n’y a pas eu 53 numéros du Jump en 2015: il y’a aussi eu quatre numéros double qui sont numéros, par exemple, 2015 04/05 ou 2015 06/07. Ils ne sont même pas double en taille, juste qu’ils couvrent plusieurs semaines (c’est lié à Noël, au Nouvel An, à la Golden Week et à la première semaine d’août, qui correspond aux vacances d’été.) Ca fait un total de 49 numéros, en réalité. 
  • Pour les graphiques de ventes: l’Oricon donne des chiffres détaillés… pour les séries qui sont dans des top hebdomadaires, mensuels, semestriels ou annuels. On peut donc avoir du mal à traquer, pour les « petites séries », les chiffres exacts. Pour les séries du Jump j’ai donc décidé de prendre les ventes en première semaine comme base des graphiques de ventes pour chaque volume. Ceux-ci sont assez pertinents pour mesurer les tendances d’une série, malgré leurs petites imperfections.
  • Pour le classement des chapitres et les graphiques j’ai choisi la méthode « Pure » c’est à dire que je ne COMPTE PAS les chapitres avec pages couleurs, qui sont aussitôt considérés comme hors classement. C’est pour ça que vous verrez dans les graphiques moins de chapitres qu’il en est sorti dans le courant de l’année.
  • Au passage, les couvertures sont TOUJOURS accompagnées d’une page couleur qui, donc, compte dans le total des pages couleurs. Donc quand j’indique: série présente 3 fois en couverture, 5 numéros avec pages couleurs, ça veut dire que sur les 5 numéros pages couleurs, les 3 fois en couvertures sont inclus dans le chiffre. 
  • Néanmoins, et c’est ma particularité, je continue à compter la série qui fait la lead color, c’est à dire est situé en premier dans le magazine. La première place ne veut donc rien dire sur la popularité de la série mais je continue à la mesurer parce qu’elle a un sens, éditorialement. Par contre je ne le met pas dans les graphiques.
  • Enfin pour les séries qui débutent: les 8 premiers chapitres ne sont pas comptés dans les graphiques puisque ce sont des chapitres qui sont placés non pas en fonction des sondages de popularité mais en fonction des choix éditoriaux.
  • Cliquez sur les graphiques pour les afficher dans leur taille réelle. Ca les rendra plus lisible, c’est fait pour ça !

En bonus, vous trouverez à la fin de l’article des statistiques plus globales sur le magazine: nombre de couvertures, de pages couleurs, d’absences, de première place, etc.

Bon, allons y.

C’est le top !

One Piece

IlluOnePiece

couvertures pour un total de numéros avec pages couleurs. La série a été absente de 9 numéros.

OnePiece

tomes sortis en 2015 (du 76 au 79)

VentesOnePiece

Total des ventes 2015 – 14 102 521 exemplaires – 1er du top 30 Oricon annuel

Comment ça se porte ? Bah très bien, hein. Tout le monde espérait l’an dernier à la même période qu’il se fasse enfin bouffer par l’Attaque des Titans ou Seven Deadly Sins dans le classement annuel mais au final One Piece reste plus largement devant et continue d’écouler minimum deux millions d’exemplaires de chaque nouveau tome. Ce qui lui est très avantageux cette année puisqu’avec un nouveau tome de plus par rapport à l’année 2014, ça booste pas mal les chiffres.

De manière intéressante, la série aura été éditorialement bien moins mise en avant que les années précédentes. Que 7 numéros avec des pages couleurs dont 5 duo couv/lead cover, ça fait bizarre quand on se dit que en 2013 elle aura fait 10 pages couleurs… dont 9 dûes à des lead colors !

Les gens vous diront que ça se vend moins bien qu’avant, et ils auront raison, mais dites vous que les 37 millions d’exemplaires vendus en 2011 ça reste un incroyable événement qui n’est sans doute pas près d’être répété. Alors dans un sens, c’est bizarre de se dire que One Piece est sur la « pente descendante » en terme de vente mais vu que ça empêche pas la série de continuer à casser tous les records, on le perçoit mal.

Ah, et je commente même pas la popularité du manga dans le magazine, c’est juste même pas drôle. La série va tranquillement avoir vingt ans et je peux vous compter le nombre de fois où elle a été placée au délà de la 5eme place dans le sommaire SUR UNE SEULE MAIN et je parle pas de 2015, je parle de depuis 1997. 

Finalement le seul truc un peu noir dans le bilan c’est ses « nombreuses » absences mais c’est à un rythme régulier et c’est moins triste que ça pouvait l’être il y’a trois/quatre ans. Oda se tue la santé pour nous mais il a l’air de tenir bon. Courage !

Prévisions pour 2016: toujours le n°1 en tout, vraisemblablement. Je serais vraiment surpris si soudainement ça se cassait la gueule parce que y’a aucun signe de mauvais santé devant nous. Si la santé d’Oda lâche l’affaire, ok, mais autrement…

Et sinon, tu en penses quoi ? Alors instant confession: j’ai laché One Piece autour du tome 45, et ça fait donc genre cinq ans que je me dis que faut que je me bouge et que je reprenne. J’ignore donc un peu ce qu’il se passe dans l’arc actuel…

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Le classement d’une série dans le Jump: bases, initiation, statistiques, effort et amitié

Encore ? Eh, oui. En juillet je vous parlais déjà de l’histoire contemporaine du magazine, dans un article récapitulatif d’une conférence que j’avais co-présenté avec Yoka.

L’article que je vais vous présenter ici est une initiation à l’art fort méta des classements de popularité dans le Jump. A quel point ça décide la vie et la mort d’une série ?

Le classement de popularité dans le Jump, c’est quoi ?

Chaque exemplaire du Jump possède en son sein un bulletin de vote à décrocher et à renvoyer au siège de la Shueisha. Sur ce bulletin de vote, l’électeur peut classer ce qu’il considère être ses trois chapitres préférés dans le numéro qu’il vient de lire et, optionnellement, en votant, il s’inscrit à une loterie/tirage au sort qui peut lui permettre éventuellement de gagner des petits cadeaux.

Ensuite ces bulletins sont comptés et permet de créer un classement interne à l’équipe éditoriale du Weekly Shonen Jump qui va pouvoir leur permettre de savoir quelles sont les séries préférées de leur lectorat…

Simple, non ?

SIMPLE, OUI ??
SIMPLE, OUI ??

 

En quoi la popularité est importante ?

Car elle décide de la vie et de la mort d’une série.  Le Jump est un magazine qui pratique une ligne éditoriale qu’on pourrait qualifier d’impitoyable: si une série n’est pas ou plus populaire, si elle a peu de lecteurs, elle jarte car elle ne participe plus vraiment à aider le magazine à se vendre et n’a à leurs yeux plus aucun interêt. Peu importe ce que l’auteur essaie de dire, peu importe la qualité concrète de l’oeuvre, si ça marche pas c’est la fin. Et quand c’est la fin c’est abrupt: c’est décidé en réunion éditoriale, l’auteur en est avisé et a entre trois et cinq chapitres pour conclure sa série.

Maintenant, la popularité est importante mais elle n’est pas tout. En effet, si les tomes reliés du manga se vendent bien voire très bien, il est considéré que la série a trouvé son lectorat. Deux exemples de séries impopulaires dans le magazine mais qui se vendaient vraiment bien en librairie: Medaka Box d’une part et To Love Trouble de l’autre. Le premier cas peut s’expliquer par son ton méta qui touchait un public visé  plus agé que le reste du Jump  (un public qui donc ne vote plus beaucoup mais commence à acheter) et pour le second cas il peut y’avoir une explication simple: la série étant une série coquine et érotique, peu de jeunes lecteurs osaient vraiment écrire le nom de la série de peur que les parents jugent fort.

En vrai la popularité est surtout importante pour les nouvelles sériesImportantes pour celles qui ont pas dépassées les deux ans, ULTRA importantes pour celles qui viennent juste de démarrer. Quand une série commence à être installée, quand les tomes se vendent bien, quand l’adaptation animée a débutée, c’est là qu’une série peut se permettre de commencer à souffler et de plus forcément avoir à s’inquiéter du classement hebdomadaire. Par contre, quand tu débutes, inutile de dire que si ton premier chapitre commence dans le fond du classement, t’es très très mal barré.

Et tu peux même pas te dire « allez, avec du pot la série se vendra bien en librairie et va me sauver les miches » parce qu’il n’est pas rare qu’une nouvelle série se fasse annuler avant même que le premier tome sorte. Regardez Lady Justice cette année: annulée début aout, le premier tome sorti début septembre. Pourtant, la couverture avait des sacrés atouts.

Néanmoins les vieilles séries restent pas invincibles et si vraiment les ventes s’effritent et la popularité est basse, la série n’échappera pas à ce qu’on nomme familièrement l’axing, le coup de hache fatal. Shaman King et Yu Gi Oh auront beau avoir eu leur heure de gloire, un an de ventes moins bonnes qu’avant et de stagnation dans le fond du classement de popularité auront eu leurs peaux…

Après c’est une méthode imparfaite car il peut y’avoir un cercle vicieux: une série jugée peu populaire et qui se montre moyenne au niveau des ventes ne sera pas forcément beaucoup mise en avant par la Shueisha, donc aura du mal à rencontrer un nouveau public, donc continuera d’être peu populaire et de faire des ventes moyennes. A l’inverse, un carton du Jump sera beaucoup mis en avant, donc continuera perpétuellement de renouveler son public, donc améliorera toujours ses performances…

Stealth Symphony: scénarisée par Narita (Baccano), malgré de superbes dessins et un univers original, la série sera annulée au bout d'une vingtaine de chapitres
Stealth Symphony: scénarisée par Narita (Baccano), malgré de superbes dessins et un univers original, la série sera annulée au bout d’une vingtaine de chapitres

Mais du coup, il est secret ce classement de popularité ?

Oui… et non.

Oui car on aura jamais le moyen de le connaître précisément, sauf si on bosse en tant qu’éditeur pour le Weekly Shonen Jump ou qu’on est employé de la Shueisha. On ne saura jamais combien de voix a une série chaque semaine, quelle place précise a fait tel chapitre, etc etc.

Non parce qu’on a une façon simple et light de le connaître: le sommaire du magazine.

Principe simple: la Shueisha met toujours les séries les plus populaires au début du magazine, et les moins populaires à la fin. A partir de là on peut commencer à se créer des classements « publics » et tâcher de voir les tendances d’une série. Ca paraît trop simple pour être vrai mais pourtant les chiffres ne mentent pas et la popularité d’une série se vérifie vraiment en suivant ses positions dans le sommaire du Jump.

Maintenant voyons voir comment ça marche ! Allez, Marcel !

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Le Weekly Shonen Jump en 2015 – 23 mangas pour les gouverner tous

J’ai donc animé à Japan Expo, en compagnie de Yokathaking, une conférence sur le Shonen Jump en 2015. L’idée était de présenter en 45mn le statut du magazine japonais. Comme 45mn c’est court, on est parti sur 10mn d’intro / mise en contexte et 30mn où on a présenté, un par un, tous les titres en cours de publication au sein du magazine. Parmi ces titres, quels sont les piliers du Jump, les forces sûres, les futurs hits ou bien les échecs prévisibles ?

Diapositive1
Regardez ce ppt, il est BEAU.

Du coup, comme ce léger travail de listing, de lecture et d’analyse et bah ça serait dommage de le perdre, voici rien que pour vous lecteurs de ce blog, une retranscription de la conférence. Comme ça vous connaîtrez sur le bout des doigts tous les titres publiés à l’heure actuelle dans le magazine phare du shonen moderne… Y compris ceux qui sont morts et terminés depuis que la conférence a eu lieu y’a deux semaines. Oui, deux semaines dans le Jump, c’est suffisant pour mourir, haha.

Du coup pour illustrer cet article, j’utiliserais les slides que je commenterais rapidement. Vous pouvez cliquer sur les slides pour les agrandir, ce qui est le nec plus ultra de l’Internet moderne d’aujourd’hui. C’est d’autant plus pratique que vraiment ces slides Powerpoint ont été la base de la conférence et étaient destinées au public le plus large possible. Le but du jeu était d’essayer de faire découvrir le maximum d’oeuvres au public, du coup on espère avoir réussi cet objectif et de pas avoir fait un truc trop « otaku. » Comme là vous êtes sur Néant Vert, je vais pouvoir du coup en plus tâcher d’être un peu plus détaillé.

0/ Intro

Avant de parler des séries du Weekly Shonen Jump, il est important de rappeller c’est quoi comme magazine, pourquoi il est important, quelles sont ses particularités. Le but de cette section était de présenter très rapidement le magazine pour ceux qui n’étaient pas forcément conscience de son existence et de son importance. On est pas forcément allé très en profondeur.

Diapositive3

Pour compléter: le magazine ressemble à un annuaire téléphonique, littéralement. Le papier est pas de très bonne qualité, ce qui explique le prix bas. C’est fait pour être lu puis jeté, pas collectionné.

Citation de Yoka: « Les japonais laissent des Shonen Jump dans le métro comme nous on laisse des 20 Minutes ou des Direct Matin. »

On trouve derrière ce magazine l’éditeur Shueisha qui fait partie du plus grand conglomérat de l’édition au Japon. Les autres magazines de prépublication shonen (Weekly Shonen Magazine pour la Kodansha, Weekly Shonen Champion pour Akita Shoten, etc) sont très loin d’atteindre sa popularité et son aura.

 

Diapositive4

Pour compléter: le magazine dépassait aisément les 6 millions de ventes hebdomadaire dans le milieu des années 90 mais traînasse un poil sous la barre des 3 millions de vente. Alors certes c’est pas aussi bien qu’avant mais au moins ces ventes restent d’une stabilité à tout rompre à une époque où le format papier est en rivalité constante avec la croissance du numérique.

En plus de Naruto et de Kuroko no Basket c’est pas mal de séries « longues » qui se sont terminées ces deux dernières années: Reborn, Beelzebub, Bakuman, Medaka Box par exemple. D’où la nécessité pour la Shueisha de trouver une relève solide.

Enfin le public féminin du Jump il est indispensable de le mentionner car il prend une place de plus en plus importante aux yeux des éditeurs. Dans un sondage récent, environ 60% des lectrices de mangas affirmaient que le Weekly Shonen Jump était leur magazine préféré. Quand 60% des femmes ont comme magazine préféré un magazine soit disant destiné aux adolescents mâles, inutile de dire que ça témoigne bien du public plus large que prévu pour le Jump.

Le magazine s’est développé internationalement via une édition anglaise, distribuée de manière numérique, et mélangeant les derniers chapitres d’une sélection de séries en cours avec des plus grands classiques comme Dragon Ball. Des représentants internationaux du magazine commencent à apparaître sur les réseaux sociaux comme Sasaki Hisaishi, ancien éditeur en chef du magazine et qui tweete en anglais sur son compte international.

TL;DR: les mangas Shonen Jump s’adressent de moins en moins aux adolescents masculins et de plus en plus à un public large, de sexe indéfini et pas limité au territoire japonais.

 

Important: chaque numéro contient un petit bon dans lequel on peut signaler ses trois séries préférées et l’envoyer à la rédaction du Jump. Ces sondages ont une importance CAPITALE et décident clairement de la vie ou de la mort des séries du magazine, surtout si elles débutent juste. En effet, si la série commence à avoir une certaine longevité, c’est surtout les ventes des volumes reliés qui vont être importantes.

Il n’y a l’heure actuelle aucune façon de connaître précisement le classement exact mais le sommaire et la position des séries dans le magazine est déjà un très bon indicateur: les séries les plus populaires sont souvent dans les 5 premiers, et vice-versa pour les séries les moins populaires. Ainsi, si vous voyez dans 5 numéros d’affilée une série squatter le début du magazine, elle est populaire, on ne peut pas s’y tromper !

Pour le reste vous avez ptet déjà lu Bakuman donc ça va donner l’impression de radoter mais dans le Shonen Jump, y’a pas de pitié. Si une série est trop impopulaire / vend pas assez de volumes reliés, son auteur va voir la série être interrompue et n’avoir le droit qu’a – souvent – trois chapitres pour la conclure. D’où des fins parfois abruptes.

Enfin « un système éditiorial exigeant et épuisant pour les auteurs », j’arrive pas à retrouver l’emploi du temps de la semaine d’un mangaka du Jump mais, eh, des nuits de 3h six jours de la semaine, est-ce que vous le voulez vraiment, huh.

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Pour compléter: Depuis la conférence, le chiffre a baissé à 22 – Naruto Gaiden et Ultra Battle Satellite se sont terminés, et Best Blue a fait son apparition dans les pages du magazine.

Le top 3 des mangas les plus vendus en 2014: One Piece en 1er, évidemment, suivi par l’Attaque des Titans et Haikyû. 

1/ Les « Piliers du Jump »

Durant la décennie précédente, l’expression « Piliers du Jump » désignait Naruto, One Piece et Bleach, les trois shonens qui dominaient les charts et les ventes du magazine. En 2015, quels sont les « Piliers » ?

 

One Piece

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Pour compléter: le manga n’a vendu « que » presque 12 millions d’exemplaires au Japon en 2014, loin de la trentaine de millions de l’année 2011. Ce n’est pas signe d’une popularité qui s’effrite puisque cela peut être expliqué par le fait que moins de tomes sortent chaque année, à cause de quelques absences pour raisons de santé qu’a pris Eichiiro Oda ces derniers temps.

Le record du monde battu par One Piece en 2015: être la « bande dessinée » la plus imprimée de l’histoire (avec 320 866 000 exemplaires depuis 1997.)

C’est un immanquable tout autour du monde. En France il a tout de même mis un peu de temps avant d’arriver en tête des ventes et a été un petit moment dans l’ombre de Naruto.

Lectorat extrêmement large: l’univers de One Piece peut séduire aussi bien des jeunes enfants que des Hell’s Angels barbus et virils.

Naruto Gaiden

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Pour compléter: Même si la popularité de Naruto s’est essouflé sur la fin, la série restait très facilement en tête des ventes et a su se terminer au bon moment. Le tome 72 (le dernier) s’est vendu à 875 000 exemplaires lors de la première semaine de vente, ce qui reste un score que peu de mangas peuvent se targuer d’avoir.

Très populaire en Occident.

2/ Les grands anciens

Ces mangas qui ne sont pas des « Piliers » pour diverses raisons mais qui accompagnent le Shonen Jump depuis maintenant de nombreuses années tout en maintenant leur popularité…

Continuer la lecture de Le Weekly Shonen Jump en 2015 – 23 mangas pour les gouverner tous 

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Boku no Hero Academia – Serious Sentai School

LES SUPER HEROS.

\\\ ٩(๑❛ワ❛๑)و ////

Je prétends pas être un gros lecteur de comics mais la mythologie autour des héros de l’univers Marvel et DC m’a toujours assez fasciné. Sans jamais ouvrir le moindre bouquin, j’ai toujours eu un malin plaisir à ouvrir des pages TVTropes ou des wikis dédiés à l’univers de certains héros et découvrir leurs histoires, leurs dynasties, leurs antagonistes. Alors, certes, je vais voir les films du MCU comme un geek lambda et j’attends Age of Ultron avec une impatience non dissimulée. Finalement j’éprouve envers les super héros le même attachement que Star Wars, dont j’ai découvert sans déplaisir l’univers étendu au fil de mes aventures sur Internet… et sans jamais en avoir lu les ouvrages centraux.

Par contre ce pour quoi je me prends de plus en plus de passion, ce que je dévore de plus en plus, c’est les mangas du Shonen Jump. Je vous ai déjà raconté mes passions récentes pour des ouvrages contemporains du magazine tels que Nisekoi, Haikyuu, Medaka Box ou Food Wars: Shokugeki no Sôma. Si j’avoue avec une légère gêne que je n’ai jamais été vraiment très intéressé par « l’âge d’or » du magazine – duquel finalement je ne connais que Saint Seiya sans jamais avoir vraiment réussi à me plonger dans Ken le Survivant, City Hunter voire même un Dragon Ball dont je n’ai jamais dépassé le centième chapitre -, la période beaucoup plus contemporaine me fascine et me passionne. Est-ce l’effet Bakuman ? Est-ce que c’est cette vague de changement qui souffle sur une publication qui met en avant de plus en plus de nouveaux auteurs et doit se démener pour trouver le successeur à Narutoalors même que One Piece n’est même plus publié à rythme régulier à cause des premiers signes de faiblesse d’un auteur qui ne s’est jamais vraiment reposé en plus de quinze ans.

Donc pourquoi je vous parle de comics et de Shonen Jump ? Car aujourd’hui je vais vous parler d’une série toute jeune du Jump – une trentaine de chapitres à peine – mais qui a l’air très bien parti pour en devenir une de ses locomotives. Un titre attachant, un shonen pur jus qui puise son univers visuel d’un amour sincère des comics américains: c’est Boku no Hero Academia. Aussi nommé sous son nom occidental My Hero Academia. 

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Boku no Hero Academia prend place dans un univers contemporain ou, pour faire simple, les humains naissent tous avec un pouvoir nommé « Quirk », qui est un pouvoir aléatoire qui peut changer selon la personne. Tous ? Non, une poignée d’irreductibles naissent sans quirk et sont donc la risée de la société. Notre héros, Deku, est un de ces quirkless. Ce qui le traumatisme évidemment énormément, d’autant qu’il est un fana absolu des super héros qui, évidemment, constituent quasiment à eux seuls une industrie. Parmi ceux là le plus connu est All Might,  la caricature même du Superman américain, beau, grand, fort, musclé et toujours souriant, digne de l’âge d’argent des comics..

Un beau jour, alors qu’il se lamente encore une fois de ne pas avoir de quirk et d’être la risée de ses camarades, Deku rencontre All Might… et lui sauve la vie face à un monstre étrangement puissant. Ayant une dette pour le jeune homme, All Might lui dévoile son secret: son pouvoir est limité dans le temps, commence à s’affaibilir et il vit la majorité du temps avec un corps malingre, chétif et terrorisant. Mais son pouvoir il peut le transmettre à Deku et c’est, après quelques événements, ce qu’il va faire. Dès lors, et possédant entre les mains un pouvoir ahurissant qu’il ne contrôle encore que peu, Deku va pouvoir rejoindre l’académie Yuuei, qui forme des héros en devenir…

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Les nouveaux héros !

 

Continuer la lecture de Boku no Hero Academia – Serious Sentai School 

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Double Arts – Shonen tactile

Encore un article manga, quelle débauche. Cette fois on va s’intéresser à une série courte et terminée, donc ça devrait être moins long que d’habitude. Donc ouais y’a pas si longtemps je parlais de mes sentiments compliqués pour Nisekoi genre « je sais que c’est pas génial mais l’auteur parvient à rendre ça extraordinairement fun » et du coup je m’étais jamais vraiment demandé qui était cet auteur, Naoshi Komi. Puis on m’a dit qu’il avait fait un autre manga dans le Jump avant, Double Arts. Ok. Et que c’était « bien. » Bon. Why not. Je venais de sortir de la lecture du tome 8 de Nisekoi donc j’étais à fond dans la confiance.

Le tome 8 de Nisekoi c'était surtout l'apparition de Drunk Onodera, ce qui place le manga directement dans le Panthéon des meilleurs Romcoms Ever.
Le tome 8 de Nisekoi c’était surtout l’apparition de Drunk Onodera, ce qui place le manga directement dans le Panthéon des meilleurs Romcoms Ever.

 

Bon y’a qu’une vingtaine de chapitres, trois tomes, ok on reconnaît les syndromes de la-série-abandonnée-par-le-Jump-au-bout-de-trois-tomes. Si vous avez lu Bakuman, vous savez comment ça se passe dans ce magazine de prépublication: si votre série est pas assez populaire ou ne vend pas assez (même si ok il est dur de vendre un manga en étant impopulaire), elle dégage. Donc Double Arts quand on s’y lance, on sait que ça va se terminer vite.

Les trois tomes dans toute leur splendeur
Les trois tomes dans toute leur splendeur

Et soyons francs: 90% des séries qui se terminent rapidement dans le Jump c’est souvent assez mérité. Soit parce que ça manque d’originalité, soit parce que ça se lance pas vraiment, soit parce que les personnages sont tartes. J’en avais déjà parlé y’a un an et demi avec Pajama na Kanojo, qui avait duré qu’une vingtaine de chapitres pour un bilan contrasté – du genre les 15 premiers chapitres sont vraiment biens mais soudainement on sent que l’auteur panique parce que les chiffres sont pas bons et il sort une multitude de tours de magie de sa manche pour essayer de redonner de l’interêt sauf que du coup il tue sa série. Il transforme un bon  pot au feu en mauvais hâchis, quoi.

Du coup je me suis lancé dans la lecture de Double Arts surtout dans un esprit d’analyse: j’allais lire ça pas pour voir ce que ça valait en tant qu’ouvrage (je partais avec peu d’espoir) mais voir si on y voyait les prémices de Nisekoi et le potentiel de son auteur. Après tout, Zombie Powder (le Kubo avant Bleach) est assez fun à lire et permet de remarquer plein de trucs qui seront utilisés plus tard dans Bleach.

Et j’en suis sorti dégoûté et frustré parce que, putain de merde, Double Arts c’est vraiment bien. 

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Elraine et Kiri, les deux héros, après avoir botté des popotins.

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Pajama na Kanojo – Oh my it’s a mirage, I’m tell y’all it’s sabotage

Bon insomnie au milieu de la nuit, donc conséquence logique pour mon entourage: un billet de blog.

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Depuis qu’on a tous lu Bakuman, le fonctionnement interne du Shonen Jump et son monde impitoyable, à base de séries qui disparaissent si mauvaises ventes de volumes reliés et mauvaises positions dans les sondages de popularité, nous est quasiment familier. On sait qu’une série commence et que n’importe quand, elle peut disparaître et son auteur être obligé de tout conclure en trois chapitres, tant pis si il est au milieu d’un plan à long terme.

Ce fonctionnement, qui force les auteurs à une rentabilité à court terme et à devoir rechercher la popularité, a finalement autant de défauts qu’il n’a de qualités. Mais au vu de l’histoire du magazine et les réussites indéniables qu’il a pu produire au court des quarante dernières années, force est de constater que c’est désormais un fonctionnement acquis et respecté. Et qui surtout permet une certaine assurance de qualité et d’efficacité. Puis, comme Bakuman le signalait, cela n’empêche pas un processus créatif et peut empêcher certains auteurs de dormir sur leurs lauriers.

Bon ça n’explique pas pourquoi cette daube infâme de Beelzebub est encore plebiscitée ni pourquoi Bleach arrive à s’en sortir avec des arcs médiocres depuis deux ans ni pourquoi Medaka Box arrive à rester en vie alors que le manga est dans le bas du classement de manière quasi permanente depuis un an et demi mais on va dire que je trolle un peu et que tout le monde doit y trouver son compte.

Du coup, le plus gros challenge pour un auteur qui entre au Shonen Jump, évidemment, c’est au final bien plus le fait de réussir à maintenir une série plus longtemps que dix chapitres que de juste pouvoir y entrer. Le nombre de séries qui débutent chaque année pour disparaître aussi vite qu’arrivé est toujours assez amusant à constater, d’autant plus que nous occidentaux n’entendrons que très peu parler de ces échecs parce qu’on sera bien trop concentré à focaliser notre attention sur les dix étendards du magazine. Rien qu’en 2012, ce sont 13 mangas qui ont débutés tout au long de l’année.

Sur ces 13:

  • 4 ont déjà été annulés et terminés façon arrache (dont un qui n’a duré que 12 chapitres, ce qui doit faire bobo à l’égo)
  • 1 n’était prévu pour ne durer que sur trois chapitres
  • 3 ont débutés en novembre donc possèdent tout l’avenir devant eux (même si pour l’instant ils sont pas super bien classés.)
  • 2 sont actuellement régulièrement dans le fond du classement, et jarteront probablement dans quelques mois
  • 2 sont régulièrement dans le milieu du classement
  • 1 s’affirme comme un putain de carton, trustant régulièrement le top 5, et possédant cette aura qui permet de dire qu’il risque de devenir à l’avenir un des piliers du magazine, si l’auteur parvient à rester sur cet élan. Je parle bien sur d‘Assassination Classroom, un titre qui, je l’avoue, a réussi à me séduire et à m’intriguer le peu que je l’ai lu et qui, effectivement, risque de devenir un GROS truc à l’avenir. Surveillez ce nom.

Et parmi les 4 annulés il y’avait donc Pajama na Kanojo que j’ai lu d’une traite hier soir. C’est en tout 26 chapitres… et est malgré tout un ouvrage extrêmement intéressant. A la fois parce qu’il parvient pendant un court moment à offrir une histoire intéressante et unique, mais aussi parce que ses dix chapitres finaux sont exactement l’illustration d’un des plus gros défauts de ce « système » Shonen Jump…

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Avertissement: je vais spoiler sans retenue le contenu du manga puisque le but de cet article n’est pas de vous faire découvrir l’ouvrage et de vous dire d’aller le lire mais d’analyser un poil ce qui s’est mal passé et pourquoi cette série en particulier s’est crashé lamentablement.

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Les gros seins de Medaka

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Bon Bakuman c’est fini. C’est assez dommage parce que la fin est super rushée. Il manque clairement un chapitre ou deux tellement tout reste frustrant. J’ignore si c’était la fin « prévue » ou pas (on ne sait jamais, peut-être que les deux auteurs ont été obligés de tout finir en cinq chapitres comme ça hop) mais ça reste assez triste de voir tout aller aussi vite sur la fin, d’autant plus pour un manga qui aime habituellement prendre son temps. Enfin bref, en l’état, Bakuman a su rester tout du long un excellent manga, avec des très bons chapitres sur la dernière partie. Dommage, donc, que cette fin abrupte, frustrante et mal amenée vienne un peu ternir le tableau. Mais là encore, au final, cinq chapitres speedés ne font pas l’intégralité qualitatif d’un manga.

En tout cas, j’avais peur de pas avoir ma dose hebdo de Shonen Jump mais j’ai su très vite lui trouver un remplaçant ! A coté de mon habituelle dose hebdo de Bleach (oui oui je continue, même pas peur), il y’aura désormais ma dose hebdo de Medaka Box.

Je ne vais pas parler de l’anime qui a débuté il y’a deux semaines (et dont l’opening est bof) mais du manga qui en est actuellement à son 143e chapitre, et est publié, donc, dans le Shonen Jump. Celui que j’ai dévoré en une semaine. Comment résumer rapidement Medaka Box ? Comme ça:

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Parce que Medaka Box c’est ce qui se passerait si Suzumiya Haruhi & Kyon était les héros d’un shonen aussi barré qu’Enfer & Paradis avec des dialogues décalés et parfois massifs à la Bakemonogatari. Le tout façon Shonen Jump. Et de toute façon, quant on voit que c’est Nishio Ishin à l’écriture, le mec qui fait les Monogatari, bah de toute façon, on sent bien qu’on va avoir affaire à un truc UN POIL différent de d’habitude.

Et c’est là que Medeka Box m’a emballé: c’est par sa personnalité. Tous les shonens de baston suivent le même schéma habituellement, non ? Après tout quelles sont au final les différences majeures entre Naruto, Bleach, Reborn & D-Gray Man, par exemple ? Ils utilisent tous les mêmes codes, les mêmes schémas hérités de titres déjà bien plus anciens quand on y regarde bien. Ok, disons que One Piece arrive à se différencier avec son importance accordée à l’aspect aventureux et son ambition bien plus démesurée que ses confrères bientôt terminés. Mais là ou Medaka Box tire son épingle du jeu c’est en assumant ces codes et en les détournant sans cesse.

Déjà le fait qu’il soit prépublié dans le Shonen Jump est une petite folie en soit alors que, je veux dire, ce shonen a pour héros une héroïne. Ca me paraît suffisamment rare pour être signalé ! Zenkichi est certes présent mais énormément en retrait par rapport à Medaka et jamais ne semble vraiment prendre la place du « réel » héros. Plus généralement, le casting de Medaka Box est très très féminin en règle générale, ce qui pour un manga de baston publié dans le Shonen Jump est encore plus inattendu !

Et là, oui, si vous avez vu les premiers épisodes de l’anime vous êtes sans doute en train de vous demander « attends, pourquoi tu nous parles de manga de baston ? » Parce que loin de vous spoiler, disons qu’a partir du second volume, on arrive dans du pur shonen de mandales et de dents qui tombent. Les quinze premiers chapitres ne sont tellement pas représentatifs du reste ! On commence avec un format un peu feuilleton du genre un chapitre = une aventure, puis très vite on gagne en enjeux et à la fin, cent chapitres plus tard, les héros se battent pour empêcher métaphoriquement le manga de finir et on commence à compter les personnages avec un boulier.
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Et ça c’est qu’après un an de prépublication.

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Saint Seiya – Five-Man Band

Après une lettre R qui a fini sur le facebook officiel des Rois de la Suède – wtf – et a donc indirectement battu toutes les statistiques de la saga alphabet estival, on va passer doucement au S en essayant de dégonfler la baudruche qui me sert d’égo. Retour aux mangasseries avec la lettre S ! Et on va voir SAINT SEIYA !

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Ohlàlà l’été 2005 c’était un gros été de merde vous pouvez pas savoir à quel point. J’avais pas de RPG à faire cet été là (ah peut-être Star Ocean 3… ouais, pas de bon RPG à faire cet été là), au début de l’été le pc de la famille se suicide, ce qui force grosso merdo à utiliser une situation « temporaire » avant de racheter un autre pc, et cette situation consiste tout simplement à utiliser le vieux pc. Celui encore sur Windows 98, au disque dur de 2,8 Go et aux performances tellement folles que quand on ouvrait firefox ET word, ça ramait. Du coup j’ai passé l’été sur un pc de merde, à juste pouvoir aller sur le net et à jouer à la PS2, tout en ruminant mon redoublement de seconde comme un échec personnel. Oh, j’aurais eu Twitter à l’époque, j’aurais été un putain de gros émo, ça aurait été insupportable.

MAIS BREF.
Cet été là, c’est celui où je commence à aller à la fnac lire des mangas et c’est cet été là où on m’initie à Saint Seiya. A l’époque ma culture anime était sans doute encore plus misérable que maintenant (là je fais de l’auto-dépréciation, c’est pour me donner un style humble et modeste, même si vous savez que c’est juste pas crédible) et ma culture manga se limitait à Card Captor Sakura, Love Hina et une expérience traumatisante sur 3×3 Eyes. Bref.

Saint Seiya est une sorte de mini-institution chez pas mal de fans francophones d’animes parce que ça reste un des animes les plus marquants du club dorothée, sans doute une de ses figures les plus emblématiques avec Dragon Ball, Sailor Moon et Olive & Tom – voire Ken le Survivant si on veut être un poil ironique mais pas trop. Aujourd’hui, Saint Seiya se fait à nouveau remarquer grâce à une excellente série abrégée en français, sans compter la pelletée de volets mangas « suppléments » de qualité allant de l’excellent (Lost Canvas) au jetable (Next Dimension) en passant par le « je tolère ça uniquement parce qu’il file à Aphrodite un rôle classe » (Saint Seiya G.)

Bref, dans cet article je vais juste filer une espèce de gros avis global sur la série animée et le manga original, celui qui va du « Tournoi-Galactique-Machin » jusqu’a « Hadès-wtf-cette-fin-fumée », sans prendre trop en compte G, ni Lost Canvas, ni Next Dimension, ni les films. Ca j’y reviendrais plus tard si vous voulez, même si mon avis sur Saint Seiya G serait insupportable à lire vu que je passerais mon temps à me contredire et à atténuer les défauts ignobles de ce manga qui se comptent comme le nombre de missiles dans un Itano Circus qui ferait péter le budget de tout un studio.

Bref, Saint Seiya c’est cinq jeunes garçons qui veulent protéger une déesse, sauver leur peau, buter d’autres dieux méchants et se battre jusqu’a la mort. Pitch simple pour une série dont j’ai au final une certaine affection même si je suis giga critique sur l’oeuvre dans sa totalité qui, eh, ne sait jamais sur quel pied danser niveau qualité.

SaintSeiya03.jpg
Et hop, un artwork de Future Studios au passage.

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