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The Promised Neverland – Hallowed Be Thy Name

 Death Note a définitivement une place particulière dans le Shonen Jump des années 2000. Dans un magazine qui encore alors ne proposait que des séries d’actions aux pouvoirs toujours plus fucked up, des comédies qui ne sortaient alors que peu de leur carcan ou des romances peu développées entre lycéens, inutile de dire que voir arriver une série qui mélangeait efficacement des codes fantastiques, policiers et psychologiques tout en mettant en scène un protagoniste aux intentions condamnables et en basant l’intrigue sur des plans tarabiscotés aux conséquences concrètes sur le récit, ça a eu un véritable impact. L’oeuvre elle-même n’est pas forcément dénuée de défauts mais cet ensemble aura séduit un très large public et aura permis au Jump de rappeler que, parfois, il peut produire des choses qui sortent du moule et bénéficient tout de même de la machine de guerre éditoriale et marketing dont peut s’enorgueillir le magazine.

Avec ce succès public et international, Death Note aurait pu créer un genre au sein du Jump et permettre de voir naître, dans le magazine, d’autres séries de mystères à la moralité ambiguë, susceptibles de parles à ces adolescents et jeunes adultes qui veulent lire plus de choses dans ce ton. Hélàs, ce n’est pas vraiment ce qu’il s’est passé et le Jump s’est maintenu dans cette ligne éditoriale qui privilégie le divertissement pur et un public type évident: les pré-adolescents, avant tout.  La fin de Death Note, en juillet 2006, n’aura donc rien chamboulé dans le magazine. 

Flashforward dix ans en avant, été 2016.  Période étrange pour le magazine: la fin de Bleach et de Nisekoi viennent d’être annoncés, et en réunion éditoriale, celle de la série quarantenaire Kochikame a été décidée. Trois oeuvres importantes du magazine et de son histoire vont donc nécessiter des remplaçants et c’est dans ce contexte bien précis qu’est annoncé une nouvelle série, gérée par deux auteurs jusque alors méconnus. Cette série c’est Yakusoku no Neverland et, trente chapitre après ses débuts, mon enthousiasme n’a toujours pas chuté d’un iota. Ca pourrait effectivement être le manga dont tout le monde va parler d’ici quelques mois et, honnêtement, ce succès serait loin d’être démérité tant l’oeuvre montre des qualités évidentes, se démarque vraiment du lot sous plein de bons aspects et sait, et c’est le principal, offrir un plaisir de lecture indéniable. 

Le premier chapitre avait su, à l’époque, marquer les esprits. Il nous présentait donc l’histoire de Emma, Norman et Ray, les trois enfants les plus agés d’un orphelinat idyllique où les enfants sont traités avec amour par la seule adulte de l’endroit, une femme nommée affectueusement Maman, qui sait leur offrir soin, écoute et gentillesse. Entre plusieurs jeux à l’extérieur du bâtiment, les enfants sont soumis à des tests de logique et de connaissance, qui leur permettent de ne pas laisser le cerveau s’ankyloser. Bref, un bel endroit et tant pis si un mur gigantesque entoure l’orphelinat, que les enfants portent tous le même uniforme blanc et qu’ils ont un chiffre tatoués sur le cou: pour nos héros, c’est un paradis, paradis qu’ils quitteront dès que des adultes souhaiteront les adopter. D’ailleurs, à la fin du premier chapitre, c’est une petite fille qui a été choisie et qui va avoir le droit de quitter l’orphelinat ! Mais hélàs, elle oublie son petit lapin en peluche , nos héros courent donc essayer de la rattraper pour lui rendre l’objet oublié et, cela va les amener à voir ce qu’ils ne devaient pas voir: la vraie destinée qui attend les enfants qui ont été choisis pour être « adoptés »…

La situation n’étant guère joyeuse et laissant songer à une fin tragique, les trois héros vont donc tâcher d’allier leurs forces – l’endurance et l’agilité pour Emma, la stratégie pour Norman, les connaissances pour Ray – pour tâcher de partir de l’orphelinat avec tous les enfants qui s’y trouvent afin d’empêcher la conclusion tragique qui point le bout de son nez pour tous ces joyeux garnements. 

On va donc suivre leurs errements, leurs découvertes, leurs tactiques et leurs frustrations dans cette quête de liberté qui ne sera pas tous les jours aisée.

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Bilan 2016 du Shonen Jump, l’heure du ménage

Après vous avoir fait le coup l’année dernière, on est reparti pour un second bilan de l’activité du Shonen Jump, cette fois-ci couvrant tout ce qui s’est déroulé en 2016 dans le magazine. Une grosse année car, vous le savez sans doute un peu si vous suivez l’actualité du monde du manga, l’actualité a été chargée pour le magazine qui s’est débarrassé de beaucoup de ses plus grosses séries ! Un changement radical par rapport à une année 2015 qui, souvenez-vous, avait été extrêmement tranquille et plaçait le Jump dans une situation bizarre où il y’avait peu de séries « inutiles », où toutes trouvaient le succès quelque part, et permettait au magazine de fournir à la Shueisha un bon paquet de titres vendeurs et populaires.

On aurait pu donc croire que le Jump allait rester à la cool, se contentant de se laisser porter par ses gros hits historiques sauf que non ils ont tout envoyés valser, ont mis fin à cinq grosses séries, se préparent également à conclure Gintama et après ça on va arriver à une situation étrange où les deux plus vieilles séries régulières du magazine seront One Piece (1997) et… Haikyuu (2012) ! Bref, la génération dorée des années 2000, qu’on pouvait résumer schématiquement par le quatuor Naruto/Bleach/Gintama/Toriko, est bel et bien terminée, et le Jump semble vouloir aller ailleurs ? Mais la vraie question c’est… où ?

Ce bilan reprendra plus ou moins le même plan que l’an dernier: on reviendra sur toutes les séries parues cette année dans le magazine, on commentera leur présent (popularité dans le magazine et ventes des tomes reliés)et on pronostiquera leur avenir. Sur ce, allons y !

Notes:

  • Rappel: j’ai écrit un article pour expliquer comment on juge la popularité d’une série dans le Jump en se basant sur les sommaires.
  • L’année 2016 éditoriale du Jump va de décembre 2015 à novembre 2016. Par exemple le dernier numéro en date, sorti la semaine dernière, c’était le 2017.2/3. 
  • Même si le dernier numéro de l’année est le 2016.52, il n’y a pas eu 52 numéros du Jump en 2015: il y’a aussi eu quatre numéros double. Ils ne sont même pas double en taille, juste qu’ils couvrent plusieurs semaines (c’est lié à Noël, au Nouvel An, à la Golden Week et à la première semaine d’août, qui correspond aux vacances d’été.) Ca fait un total de 48 numéros, en réalité. 
  • Changement par rapport à 2015: j’ai retiré les graphiques liés aux chiffres de ventes en première semaine. Ceux-ci m’apparaissaient finalement peu pertinents. Pour les ventes, désormais, je me contenterais de signaler les ventes en première semaine du dernier tome en date et, si la série est classée dans le top 30 annuel Oricon, je me chargerais de donner le nombre de volumes vendus dans l’ensemble de l’année.
  • J’ai décidé, également, pour les graphiques de popularité, de revenir à une méthode simple: celle de la place dans le sommaire. Pas de ranking « pure » comme l’année dernière, qui compliquait beaucoup les choses et ne me paraissait pas si pertinent que ça. Néanmoins vous noterez que certains chapitres sont en verts sur les graphiques: cela veut dire que le chapitre en question bénéficie d’une page couleur ou est en couverture du magazine, ce qui veut dire que le chapitre en question n’a pas un classement pertinent vis à vis de sa popularité mais qu’il est placé éditorialement à cette position (vu qu’on peut pas mettre des pages couleurs n’importe où dans un magazine papier et que les pages couleurs sont là pour « aider » un manga à se faire remarquer, donc c’est quelque chose que les éditeurs choisissent.)
  • Le plus important à retenir: la vraie « première place » est la seconde sur les graphiques. Car sur ces graphiques, la première revient toujours à la série qui est en couverture, ce qui ne témoigne pas – forcément – de la popularité concrète de la série. 
  • Toujours sur le code couleur des graphiques: Rouge veut dire que la série est clôturée à ce chapitre, Bleu veut dire que la série part en hiatus à partir de ce chapitre.
  • J’ai volontairement mis Boruto de côté dans l’article. La série est trop… particulière pour ça (publication mensuelle, toujours des pages couleurs, ventes irrégulières, statut de spin-off…)
  • Cliquez sur les graphiques pour les afficher dans leur taille réelle. Ca les rendra plus lisible, c’est fait pour ça !

Voilà, dit comme ça ça paraît indigeste et incompréhensible mais vous allez voir, on va commencer tout de suite et vous allez vite comprendre. 

 

C’est le top !

One Piece

Eiichiro Oda

Débuté en Août 1997 (1997.34)

couvertures pour un total de 10 numéros avec pages couleurs. La série a été absente de 9 numéros.

tomes sortis en 2016 (du 80 au 83)

Ventes en première semaine du tome 83: 1,631,659 exemplaires

Classement dans le top 30 Oricon de 2016: 1ère place avec 12,314,326 exemplaires vendus. (En 2015: 1er / 14,102,521 exemplaires vendus)

Rappel des prévisions 2015: « Toujours le n°1 en tout, vraisemblablement. »

Comment la série se porte ? Bon, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise. One Piece reste One Piece. Le mastodonte indéboulonnable. Populaire, adoré, qui se vend par palettes entières. Le film GOLD a été un succès, la série continue à cartonner à l’archipel et à l’international, n’en jetez plus, y’a rien de vraiment neuf à dire et la série va pouvoir aborder sa vingtième année d’existence le coeur léger car il est toujours le bateau-amiral de sa flotte.

Prévisions pour 2017: Toujours le n°1 en tout, vraisemblablement. 

 

Haikyuu

Haruichi Furudate

Débuté en Février 2012 (2012.12)

couvertures pour un total de 12 numéros avec pages couleurs. 

tomes sortis en 2016 (du 19 au 24)

Ventes en première semaine du tome 24: 282,363 exemplaires

Classement dans le top 30 Oricon de 2016: 5ème place avec 6,474,394 exemplaires vendus. (En 2015: 6e / 6,531,508 exemplaires vendus)

Rappel des prévisions 2015: « Ça devrait rester stable aussi bien en terme de ventes que de popularité. Avec un peu de pot, le match actuel PRENDRA ENFIN FIN. » 

Comment la série se porte ? Bah écoutez, toujours très bien. Les deux saisons de l’animé ont participés à maintenir la haute popularité de la franchise, et ce même si ça a été transféré à des horaires de nuit quand la première série était diffusée le dimanche après-midi. Le gros match a pris fin, on est passé sur un arc plus posé à base d’entraînement et de préparation, ce qui habituellement dans les mangas de sports amène un déclin en popularité, déclin qui ne se retrouve pas vraiment ici. En bref, Haikyuu s’impose bel et bien comme la série sportive forte des années 2010 pour le Jump.  

Prévisions pour 2017: 2017 devrait être la première année depuis 2014 où Haikyuu ne bénéficiera pas d’une adaptation animée, faute de contenu suffisant pour permettre une quatrième saison de 13 épisodes. Il faudra voir si ça entraîne une chute réelle des ventes mais vu le fandom très large de la série, les dégats devraient être largement atténués.

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