Avant toute chose, sachez que je n'ai vu ni Rebuild of Evangelion 1 & 2, ni Death & Rebirth, ni The End of Evangelion. Je garde ça pour plus tard, et donc je n'en parlerais que peu, et ne les inclurait donc pas dans l'équation, même si je sais à quel point il est important de voir The End, et à quel point on a insisté autour de moi pour que je le mate avant de taper un article dessus, mais je pars du principe qu'une série en tant que telle doit se suffire à elle-même - d'autant que là je parle de Neon Genesis Evangelion, la série, et pas Neon Gensis Evangelion, l'univers. Second point, ne comptez pas sur moi pour dire si NGE mérite son succès ou pas, où que je ne comprends pas l'enthousiasme populaire autour du titre, je laisse la notion de "mérite" et de "compréhension de l'enthousiasme" à d'autres personnes, j'ai personnellement moins "intelligent" à faire, donc on va laisser de coté l'espace d'un instant toute la pollution sonore et visuelle autour de l'anime pour ne parler que de lui.

Ceci étant dit, attaquons donc le vif du sujet, avec Neon Genesis Evangelion, la série originale de 1995. J'ai eu comme je l'ai dit à plusieurs reprises beaucoup de mal à véritablement m'y lancer, et ce n'est finalement que par une volonté héroïque, pour ne pas dire "oups j'ai rien d'autre à mater là" que je m'y suis mis. La première question que je me suis posé étant surtout "bon je commence par la série où par les deux premiers Rebuild of Evangelion", j'ai choisi la série, dieu m'en préserve.

Et donc après une semaine et demi, la vision est enfin terminée, et le constat s'impose: Neon Genesis Evangelion est un très bon anime.

Ho

Par où commencer au juste ? C'est assez difficile car pas mal de choses m'ont séduites. A commencer par le scénario, que j'ai trouvé très bien écrit. Alors le pitch de base est certes assez classique (une terre post-apocalyptique avec des humains qui doivent tout faire pour survenir à leur survie, avec le monstre de la semaine dans chaque épisode, bref, on connaît tout ça), mais c'est la narration, le déroulement des événements, la différence majeures entre chaque ennemi, entre chaque situation de combat, qui fait qu'Evangelion n'est jamais répétitif. C'était pourtant ma principale crainte en partant du principe que du début à la fin, l'humanité allait devoir se farcir 17 anges, mais finalement non, chaque ange a sa spécificité, est relou à sa façon, et nécessite à chaque fois une tactique différente pour se faire sodomiser la tronche. Je repense particulièrement à l'ange de l'épisode 7 ou à celui de l'épisode 11.

Tiens, je pense à l'épisode 11 là tout de suite maintenant, car c'est sans doute - et ça vous surprendre peut-être - l'épisode qui m'a le plus marqué.

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Le coup du blackout total en même temps que l'attaque d'un Ange était déjà pas mal, mais c'est très bien utilisé, avec un NERV qui se la joue à la débrouille, tout le suspens sur "arriveront-ils à prévenir le NERV avant qu'il ne soit trop tard ?", les Evangelion qui doivent monter à l'ancienne, la méthode d'attaque du dit Ange, qui force une vraie belle fraternité et confiance entre les trois pilotes...

Bref, j'ai retrouvé dans cet épisode tout ce que je cherchais, mais si je garde celui-ci en mémoire, cela ne veut pas dire que les autres épisodes sont moins bien.

Car ce qui m'a toujours bien fait plaisir dans chaque épisode d'Evangelion, c'est une inventivité de tous les instants et jusqu'au bout. Chaque épisode est vraiment différent du précédent, que ce soit au niveau ambiance, combat, et parfois même sur un plan technique. Cette impression de ne pas voir le même épisode encore et encore fait franchement plaisir, et au moins on ne peut pas retirer ça à NGE.

Muh

Mais tout ça ne serait rien sans les personnages, et ceux de cette série sont très intéressants, et pour la plupart arrivent à atteindre les objectifs demandés par la tour de contrôle. Évidemment, ma plus grande surprise viendra de Shinji, j'ai tellement vu ce personnage roulé dans la boue que je le croyais vraiment insupportable, et en fait je l'apprécie vraiment. Il est juste très bien écrit, et a su me toucher à plusieurs reprises. Je me suis vraiment attaché de plus en plus à ce personnage finalement très humain, et qui sert assez gentiment d'outil pour tacler un bon nombre d'otakus et autres asociaux. Je me suis hélàs trop souvent retrouvé dans ce personnage, et ça doit être pour ça que je l'apprécie, c'est un peu mon Shadow à moi. Bref, sur Néant Vert, on aime Shinji. On verra après The End of Evangelion si il sera continué à être aimé par contre (je sais qu'il y'a une scène avec une histoire de COMA ou il est pas très CLASSE...)

Rei Ayanami... Je n'en pense pas grand chose. Mais vraiment. Elle ne m'inspire pas grand chose, en fait, et j'ai l'impression que c'est ce que la réalisation voulait que je pense d'elle. Elle est certes chouette quand elle sourit, mais comme cela arrive une fois toutes les éclipses solaires, eh bien on la voit dans sa position la plus naturelle: la transparence. Rei est souvent absente de la zone de combat, ne parle peu, n'apparaît finalement qu'assez peu, son seul atout étant l'aura de mystère qui l'entoure au fur et à mesure que la série avance. Ce n'est rien de plus que le chainon manquant entre humanité et poupée, finalement. Et je n'ai pas des masses eu l'impression qu'elle évoluait tout au long de l'histoire, ce qui est assez frustrant.

Quant à Asuka, pitié. Ce personnage était écrit et interprété pour être horripilant, et il l'est. Mais alors complètement, au point que le trois-quart de ses apparitions donnent envie d'étrangler un moineau, elle gueule, elle gueule et quand elle ne gueule pas, elle parade vulgairement comme un paon, mais AU SECOURS. Mais là tout est contrebalancé, compréhensible. C'est un personnage terriblement humain et terriblement proche de ce que pourrait être une adolescente de 15 ans qui aurait pour responsabilité de sauver le monde et des Asuka en puissance j'en ai croisé tellement au collège que c'en est presque un trauma. Et puis, il y'a toute la fin de la série qui nous permet de voir au délà et d'expliquer ce comportement et, enfin, pour la première fois, de la prendre en pitié, ce qui n'est pas une mauvaise chose. Bref, si je ne suis pas un grand fan d'Asuka, je reste assez séduit par son développement.

Mais comme je l'ai dit jeudi dernier, ce qui me séduit encore plus dans Eva, c'est le casting de personnages secondaires, tous pour la plupart adultes et consentants, et franchement tous des bêtes de charisme en puissance, qui pour beaucoup ont la chance d'être développé et ne pas se cantonner à leurs fonctions dans le NERV ou dans l'école. Par exemple le trio Misato / Ritsuko / Kaji est vraiment génial, composé de trois personnages tous aussi attachants et, dans le cas de Ritsuko & Kaji, toujours auréolés d'une véritable brume de mystère autour d'eux qui les rendent en plus d'être charismatiques, véritablement intéressants et imprévisibles.
Mais Kaji reste vraiment mon préféré, quand je serais grand, je serais comme lui ! Je serais super fort, super beau, super intéressant, je saurais des tas de trucs nécessaires pour le monde entier, je serais le meilleur jardinier de tous les temps et en plus, je coucherais avec Misato, ce qui est pas trop mal !

Hum.

oh

Après croyez pas que j'oublie Gendo Ikari (ordure ? sauveur de l'humanité ? Je.ne.sais.pas.), Fuyutsuki qui lui aussi m'a bien plu (le pauvre type toujours mélé contre son gré à des trucs qu'il aurait préféré éviter, mais qui dégage une certaine sérénité en permanence, enfin je sais pas, j'ai toujours eu cette impression de sagesse avec lui), les camarades de classe de Shinji (à commencer par Kensuke) et surtout l'extraordinaire Kaoru dont j'ai été assez soufflé parce que ce personnage est 50% homme, 50% dieu et 100% CHARISME. Un personnage que j'avais hâte de voir à l'écran car il me plaisait déjà pas mal sur les artworks et autres avatars que j'ai pu voir, et d'ailleurs, passé un certain cap assez loin dans la série, j'étais convaincu qu'il n'apparaîtrait pas dans la série et qu'il devait être exclusif à The End ou à Death & Rebirth, et finalement il est enfin apparu, et quelle apparition. Ne perdez donc pas espoir.

Et mêmes les employés "mineurs" du NERV comme Maya où Shigeru sont attachants et, contrairement à pas mal d'animes avec des techniciens, non interchangeables, et ont une personnalité bien sentie. Ce qui est franchement... COOL.

Donc bref, le casting d'Evangelion est franchement top, avec des personnages bien écrits, qui ont tous une fonction et qui sembleraient tous amoureux de quelqu'un. Sauf Fuyutsuki parce que du Gendo X Fuyutsuki, NOTHX.

Bref, Evangelion ça se suit avec un véritable plaisir non dissimulé et...

muh

OW F-. La fin de la série, évidemment, est assez connue pour ça: elle est totalement... folle. Fini les Anges, on s'attaque désormais à l'introspection psychique des personnages, le tout dans une ambiance surglauque, très théâtrale et pas franchement joyeuse. Je l'avoue nettement: je n'ai pas super accroché à l'ensemble de l'épisode 25 et à la première partie de l'épisode 26, qui sont certes très dérangeants, mais je trouve personnellement que c'était vraiment trop long et répétitif. C'était déjà le cas pendant 2/3 épisodes précédemment (le 16 par exemple), avec la même sucession de mouvements qui repassent quatre ou cinq fois d'affillée, ce qui est extrêmement relou (le "chaaaance" d'Asuka mais je veux plus l'entendre quoi, ainsi que le "veux tu t'unir avec moi" mais stooo-), mais je pense que je n'étais tout simplement pas dans l'humeur: mater ça à 10h du matin avant d'aller enfin se coucher n'est PAS une bonne idée, surtout que bordel, pas mal de scènes et images des derniers épisodes sont capables de te foutre les pires cauchemards de ton existence (je plains ces enfants argentins qui, à cause d'une chaîne qui croyait que anime = pour gosses, ont eus le droit à Evangelion tous les matins avant de partir à l'école, ils ont du voir leur colonne vertébrale s'auto disloquer.) Par contre, toute la seconde partie du dernier épisode m'a bien plu, et assez déridé, et la dernière scène est franchement cool et fait lâcher une petite larmounette, en plus d'ouvrir nombre de théories potentielles,. Si on a le courage d'émettre des théories de tout ce bazar bien sûr, .

Car pour ma part, NGE ne m'apparaît pas nécessairement comme une oeuvre si philosophique que ça, mais plus comme le résultât d'un véritable exhutoire. Anno décrivait ça comme "un cri", je le plussoie lourdement. En tout cas, toute cette fin ne m'a pas semblée si complexe que ça, j'y ai plus vu qu'un développement final des personnages chargé d'expliciter ce qui jusqu'a présent n'était qu'implicite que de véritables réflexions, le tout dans un style vraiment théâtral. Alors oui ça amène à réfléchir un peu sur soi même, mais je ne sais pas si on peut nommer ça de la philosophie pour autant.

Bref, c'est une fin étrange, presque facultative en fait, qui ne dit pas grand chose sur la fin du scénario (mais que devient la planète, le NERV, Shinji, Misato, nos amis ? Tin tin tiiiin suspens), mais qui en soit me convient plutôt bien. Néanmoins ça reste quand même un poil du mindfuck mais allez, on va dire qu'en bon fan de The 07th expansion et de Serial Experiments Lain, j'aime ça.

huhu

Constat ? Neon Genesis Evangelion est un très bon anime, en permanence inventif, au casting exemplaire, à la technique qui mis à part deux ou trois exceptions (les dialogues, et un abus des plans fixes) n'a pas des masses à rougir face aux animes actuels, la musique est franchement top elle aussi et qui est surtout très bien écrit. Si vous n'avez pas encore vu cet anime, je vous engage à foncer dessus en faisant fi de tous vos préjugés, en les supprimant et en les éradiquant. Car oui, Evangelion est un anime au succès massif, un anime dont on parle beaucoup, un anime dont certaines élites en exigera la présence sur votre MAL/CV si vous voulez être pris au sérieux, un anime au fandom infiltré partout, mais c'est aussi et surtout une oeuvre jouissive, proprement excellente et de qualité, et c'est bien là tout ce qui compte.


Et attendez vous avant la fin du mois à un article sur The End of Evangelion - je ne l'oublie pas pour autant, mais chez moi, la doctrine est chaque chose en son temps. Maintenant, je vous laisse les commentaires, je sens que je vais regretter cet article. * fait sa tête de victime é_è *