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dimanche 25 septembre 2011

Dans le Château de Cagliostro, il y'a des putains de héros

Cagliostro02

Bon, j'assume plutôt bien la plupart de mes opinions, car ça serait autrement un peu hypocrite mais pourtant, encore aujourd'hui, y'a toujours une opinion que j'ai du mal à assumer et que je vis un peu comme une grande frustration: je n'aime pas Porco Rosso. Je l'ai vu à deux reprises: la première fois je me suis tellement ennuyé que j'ai coupé le DVD au milieu, je suis allé me coucher et je me suis forcé le lendemain soir à mater la fin. Deux ans plus tard je l'ai revisionné en espérant que la première fois était une erreur, que j'étais de pas bon poil ou trop mélancolique je ne sais quoi et non, rebelotte. J'ai au moins vu le film en entier mais il m'a paru étrangement long.

C'est le seul film de Miyazaki que je n'aime pas. Je suis comme tout le monde un admirateur du travail de ce réalisateur et je n'oublierais JAMAIS ce dimanche de juin 2002, où après avoir passé la matinée à regarder du football, je suis allé au cinéma voir le voyage de Chihiro, et où je n'oublierais jamais la semaine que j'ai passée ensuite à revisionner le film dans ma tête, à chérir chaque souvenir, à en exiger une suite, deux heures de plus, ce genre de choses-là. Et tous les films de Miyazaki, je les ai dévorés, je les ai aimés et appréciés, quand ce n'était pas de l'amour pur et simple, que l'héroïne du film s'appelle Nausicaa, Ponyo, Sophie ou Sheeta. J'ai mis du temps à voir Mononoke et Mon voisin Totoro - j'ai attendu jusqu'a l'année dernière pour ça - car je restais un peu effrayé par ma réaction à Porco Rosso, qui était la première fois qu'une oeuvre de Miyazaki me décevait, je savais que c'était subjectif, je savais que ça venait de moi, mais j'avais peur d'être deçu considérablement par deux oeuvres - Totoro et Mononoke - qui avaient, tout de même, un pedigree, une réputation. C'est Arte qui, en quelque sorte, m'a forcé la main et, oui, je ne regrette pas d'avoir affronté cette peur de la déception car ces deux films m'ont alors montrés que je flippais pour rien et que je pouvais avoir confiance en Hayao.

Et très vite je me suis rendu compte de quelque chose d'assez frappant: mis à part, justement, Porco Rosso, je ne choisissais jamais quand je voyais un Miyazaki. Tous les films je les ai vus soit de leur ressortie au cinéma - dans cette période magnifique où on avait quasiment un Miyazaki par an au cinéma, le distributeur puisant dans ses réserves -, dans une salle sombre et accueillante, où je n'avais d'yeux et de concentration que pour ce film, soit - pour les deux derniers - quand ils sont passés sur Arte. Porco Rosso, c'est le seul où j'ai acheté le DVD, et je l'ai regardé un peu "pour occuper ma soirée." Je n'étais pas concentré, peut-être pas "préparé", il n'y avait pas cette aura en me levant le matin "aujourd'hui, tu vas voir du Ghibli."

Et puis du coup il restait ce dernier film. Le "fameux" premier film de Miyazaki. Celui qui n'était toujours pas passé au cinéma et celui, je l'avoue, que j'aurais peut-être oublié si Kaze n'avait pas cet été ressorti une édition. Pourquoi l'aurais-je oublié ? Ok, de base j'avais des préjugés, le plus important était le fait que ce Château de Cagliostro était un film à licence. Attention, ce n'était pas un préjugé sur la qualité ! C'était surtout une autre peur, celle de voir un film avec un univers déjà posé, que je ne connais guère et qui du coup serait peu développé, peu présenté, et dans lequel peut-être je me serais perdu.

Mais voilà, DVD dans la main, salle un peu sombre, canapé confortable, télé à écran géant, sous-titres français, voix japonaises. J'ai pas réfléchi des masses en le lançant, je ne m'attendais à rien. A la fin du film, j'avais des étoiles dans les yeux et, ouais, définitivement, le Château de Cagliostro est un excellent film, et un des meilleurs divertissements que l'animation japonaise ait pu me proposer.

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samedi 20 juin 2009

Ponyo sur la falaise - omgwtfbbq.


Ce qu'il y'a de bien avec Miyazaki c'est qu'on peut bien souvent économiser une critique sur ses films: ça sera globalement toujours très bon, toujours un chef d'oeuvre, tout ça. Le Voyage de Chihiro avait été un de mes premiers véritables films d'animation japonaise et je ne m'en suis jamais véritablement remis, Porco Rosso ça tue, Kiki la Petite Sorcière aussi, Nausicaa aussi, même le Chateau Amb... non ok je me souviens plus du tout du Chateau Ambulant. MAIS BON TANT PIS.

Et donc ce Ponyo est effectivement très bien, très bon. Cela brasse comme toujours le thème si précieux à Miyazaki de l'écologie, sans être aussi relou qu'un donneur de leçons à Yann Arthus-Bertrand, et sans omniprésence, Ponyo est choupie comme tout, quelle que soit sa forme, le film a globalement peu de dialogues, c'est drôle, c'est léger, ça invoque toutes les émotions possible et inimaginables, bref c'est très bon, et l'histoire est plaisante à suivre.

Mais le principal truc dont je me souviendrais toujours c'est que, plus qu'un Voyage de Chihiro déjà bien envoutant, ce Ponyo sur la falaise est particulièrement... trippant. Au sens propre de tripper. Très souvent les événements se succèdent, c'est complètement what the fuck, complétement psychédélique et parfois même totalement flippant (les vagues ont des YEUX putain), pour ne pas dire carrément surréaliste. Ca me rappelle constamment ces histoires illustrées que je lisais comme j'étais môme, et c'est finalement assez logique vu que Ponyo est complètement fait pour eux (les mômes), quitte à nous exclure un peu, nous autres élites du monde moderne.



C'est donc vraiment, et plus que jamais, un film pour enfants (d'1h40 quand même), et si nous y sommes conviés, il se peut que certains d'entre nous fasse la tronche, devant un dessin animé finalement très très simple, fait sans artifices, à l'ancienne, des personnages attachants, une histoire d'amour toute simple et, comme je l'ai signalé, un voyage sous acides. AVEC DE LA COULEUR PARTOUT. Et ça aussi c'est rafraîchissant. Bref on y découvrira pas le sens de la vie, mais finalement on en a rien à faire.

Non mais les vagues avec des yeux je m'en remettrais juste jamais. JAMAIS.

Note: Sakae Esuno, auteur du génial manga Mirai Nikki qui est sorti mercredi chez nous, sera en conférence à la Japan Expo le samedi de 15h à 16h. J'y serais, bien évidemment. En attendant la fameuse carte (et je fais confiance aux blogchaniens pour la recolorier et nous montrer ou aller et qu'éviter) et le planning global. Youhou joie.