Little Busters 22 – We’ve entered an endless recursion of time

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Kyousuke en a un peu marre que Riki lui vole la vedette donc il vient rappeler à quel point il est viril et mystérieux <3

SuryceÉpisodes précédents : 17181920, 21

Cet épisode était génial ! Cet anime est génial !

Non, je ne suis pas ironique ou sarcastique, je pense vraiment que cet anime a de loin surpasser mes rêves les plus fous pour une adaptation animée de Little Busters. Malgré mon fort pessimisme originel, je suis maintenant très content que la licence eut été confiée à J.C. Staff, car son équipe de scénaristes a parfaitement compris où résidait l’intérêt du jeu et l’a très bien sublimé, là où un KyoAni aurait sûrement été beaucoup plus fidèle alors que cela n’était pas la meilleure option.

Mais bref, passé l’introduction du précédent épisode, on attaque donc maintenant la phase de développement de la route de Kud et en seulement vingt minutes, l’anime parvient à traiter la mélancolie de l’héroïne avec plus de justesse que jamais, et se donne même le luxe de mettre les bouchées doubles sur les indices concernant la continuité de l’histoire.

Little Busters! // Studio J.C. Staff // Débuté en octobre 2012 // Prévu pour 26 épisodes // Réalisateur: Yoshiki Tamakawa

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Malgré le bienfait de sa présence pour le scénario, Maman Kud ressemble toujours autant à une grande gamine, même à côté de véritables enfants…

L’épisode précédent se terminait sur l’annonce du dysfonctionnement de la fusée de Maman Kud (fusée qui a carrément EXPLOSAY, mais au moins l’étendue des dégâts explique que le secours de l’équipage prenne du temps), et Kud se voit maintenant offrir la possibilité par l’ambassade locale d’être rapatriée à Tebwa (aucun fansubbeur n’avait deviné la bonne orthographe, mais on peut pas vraiment leur en vouloir) en avion pour rejoindre sa mère. Mais Kud hésite à accepter l’offre, pour une raison qu’elle explique à Riki et Rin : elle a honte de ne pas avoir réussi ses études pour devenir cosmonaute comme sa mère et de s’être enfuit au Japon sans rien lui dire.

Cette question du départ ou non de Kud est la poutre centrale dans la construction de cette épisode. Cela instaure tout d’abord un suspens qui parvient à tenir en haleine le spectateur, malgré une réponse finale évidente, grâce à un retournement de situation très inattendu (on y reviendra plus bas) et qui rend la tâche de convaincre Kud de partir particulièrement ardue pour Riki (qui y parvient quand même parce que son quotient de leader viril explose d’épisode en épisode).

Mais surtout, cette question nous amène au conflit intérieur de Kud, qui est présenté avec une extrême efficacité. Maman Kud continue d’être fréquemment portrayée dans des flashbacks avec sa fille, à très juste titre car cela cimente le développement d’une Kud qui ne sent pas à la hauteur de sa mère, et ses déboires sont liés à des éléments qui ont déjà été présentés auparavant dans la série : Kud échoue à devenir une astronaute à cause de sa très mauvaise maîtrise de l’anglais, mais ses connaissances et ses essais sur l’espace nous montre que son talent et sa passion pour ce sujet peuvent peut-être s’exprimer autrement. La conclusion est extrêmement pertinente : Kud n’a pas besoin d’imiter quelque d’autre pour poursuivre son rêve, elle peut se contenter d’être elle-même. Et ayant surmonté ce poids, Kud fond finalement en larmes (les mêmes qu’elle cachait à Riki et Rin au début de l’épisode) et admet qu’elle veut revoir sa mère. J.C. Staff m’a véritablement touché avec ce passage (qui à mon souvenir n’est pas dans le jeu), là où le mélodramatisme de Key a souvent tendance à donner un aspect un peu trop artificiel à leurs drames.

Et quand finalement vient le départ, on a nouveau le coeur serré parce qu’il s’agit d’une décision qui a été prise difficilement et qui sonne comme un adieu, d’une certaine manière les Little Busters perdent un de leurs membres pour la première fois.

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J.C. Staff a montré qu’ils n’hésitaient pas à prendre des libertés avec le jeu originel (et je les remercie très fort pour ça), mais cet épisode était particulièrement surprenant pour une personne ayant joué au jeu. Les indices sur « le secret du monde » ont été jusque ici assez discrets, mais le studio semble décider à profiter de la route de Kud pour faire définitivement passer le message que quelque chose de louche se trame (un choix qui est assez approprié pour une raison dont on parlera la semaine prochaine). L’anime ne peut pas reproduire le système de cycle du jeu (on rejoue sans arrêt depuis le début pour débloquer une à une les histoires des héroïnes) et à la place offre une continuité logique et intéressante, construite grâce à une ré-utilisation intelligente des routes pour leur donner une vraie raison d’être par rapport à l’intrigue finale (ce qui n’est pas le cas dans le jeu). Par contre, comme Key en a pris l’habitude depuis Clannad, ce système de cycle joue directement un rôle dans l’intrigue et on pouvait se demander comment J.C Staff allait s’en sortir avec ça. Une inquiétude visiblement inutile puisse que le studio est parvenu à intégrer le thème naturellement dans le déroulement de la route de Kud, intriguant aussi bien les spectateurs de l’anime seul que les connaisseurs du jeu (après tout, quel intérêt pour eux si l’anime était un copier-coller du jeu ?).

Toujours dans le domaine de la continuité, même si elle ne fait pas partie des Little Busters, Futaki continue de jouer un rôle auprès d’eux et d’apporter son soutien, ce qui reste agréable à voir. Mais ce qui intrigue une nouvelle fois, c’est l’attitude de Rin, qui semble réagir de manière très empathique à la mélancolie de Kud mais refuse d’en dire un mot. Cela m’a laissé assez perplexe au départ mais je pense avoir une vague idée de où J.C. Staff veut en venir avec cela. Dans tous les cas, il semble clair à la vue du travail du studio sur la continuité de l’anime que l’on se dirige vers un final qui va beaucoup jouer sur ce mystère du « secret du monde » et fort probablement aussi sur des évènements liés à Rin, le tout de manière à nous intriguer pour la seconde saison déjà officieusement annoncée (et scénaristiquement nécessaire).

Je ne sais pas pour vous, mais moi je suis impatient de voir ce que J.C. Staff nous réserve.

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2 commentaires sur “Little Busters 22 – We’ve entered an endless recursion of time

  1. Mian Mian dit :

    Soit, JC Staff a intelligemment adapté l’œuvre. Maintenant, si tu devais convaincre un Béotien que l’œuvre en l’occurrence est plus qu’une histoire de lycée moée et larmoyante à l’occasion, image par défaut que ledit Béotien se fait de toute production Key; en d’autres termes, si tu devais me convaincre d’y goûter, quels points forts avancerais-tu le plus?

    Bawi, c’est ce qui arrive quand le pourfendeur de complots planétaires sur fond de club de robot commence son article par « génial ».

    • Suryce Suryce dit :

      Je crains de ne pouvoir répondre à ta demande car le truc, c’est que je ne contredis en rien que Little Busters est une oeuvre qui joue à fond sur le moe et le larmoyant comme les autres Key.
      Ma critique repose principalement sur la pertinence des moyens employés pour présenter les thèmes et remplir les objectifs de l’anime, mais pas tellement sur l’intérêt des thèmes et objectifs eux-mêmes (c’est le style sur lequel repose tous mes articles : je questionne surtout le « comment » et non le « quoi »). Je n’hésite pas à exprimer mon goût personnel pour Little Busters mais je ne vois que peu d’intérêt à discuter les goûts et les couleurs.
      La seule chose que je peux te dire, c’est que j’apprécie personnellement cette oeuvre pour ses thèmes centraux, à savoir l’amitié et le deuil, mais que cela ne l’empêche pas d’être un Key plein de moe et de larmoyant. Si ce n’est pas le genre d’animes qui te branchent, ce n’est pas moi qui vais essayer de te convaincre de le mater.

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