Promare

Le feu au lac

Le pitch: Trente années se sont écoulées depuis l’apparition des Burnish, humains mutants capables de générer des flammes. Mis au ban de la société, une résistance se met en place, les Mad Burnish, qui terrorisent les cités humaines en les faisant brûler. Mais une équipe anti-Burnish, les Burning Rescue, va s’opposer à leurs méfaits…

  • Un film de: Hiroyuki Imaishi
  • Sorti le: 24 Mai 2019 (Japon) ; 31 Juillet 2019 (France)
  • D’une durée de: 1h51

Douze ans après Gurren Lagann et six ans après Kill la Kill, on peut dire que TRIGGER a su nous faire patienter longtemps pour le nouveau projet original du studio chapeauté par l’un de ses fondateurs, Hiroyuki Imaishi. Et dès les premières annonces, on pouvait s’attendre au même degré de grandeur et d’excentricité que les deux oeuvres pré-citées, avec du feu partout, un héros Kamina-esque extrêmement théâtral et ce bon vieux Hiroyuki Sawano à l’OST, prêt à faire péter les trompettes, les violons et les chants en langue étrangère. Du sang bouillonnant jusqu’à en faire cuire nos organes à point, voilà la promesse, et voilà ce qu’on aime chez TRIGGER.

Le résultât final est… conforme aux attentes, du coup. On nous a promis du TRIGGER, on a eu du TRIGGER, et quelque chose pleinement dans la continuité de ces oeuvres aussi folles que maîtrisées que furent Gurren Lagann et Kill la Kill. Des références ? Il y’en a par paquet entier: que ce soit par cette arme nommée Matoi, par ce personnage portant un uniforme bleu & blanc charactéristique ou par ces drilles subtilement amenées dans l’intrigue, TRIGGER s’auto-référence sans complexe, satisfaisant le fan du studio sous toutes ses pores. Au point qu’on en arriverait presque à être agacé par cette mauvaise habitude du studio à constamment se regarder le nombril.

Car Promare semble finalement parfois juste vouloir se contenter de remplir un cahier des charges pour répondre à toutes les attentes de ce qu’un spectateur affûté attends d’un « Trigger. » Alors les scènes s’enchaînent avec fluidité, les combats deviennent de plus en plus imposants au fur et à mesure du film, brisant les échelles pour gagner en grandiloquance. Hiroyuki Sawano débarque pour faire du Sawano très typique, qui va faire péter les BPM qui vont faire battre notre coeur. Les personnages sont eux simples mais attachants: Gelo est votre héros bourrin et bruyant habituel, tandis que son rival est le sublime Lio, dont son chara-design nous vole le cœur à chaque apparition. L’antagoniste est quant à lui évident dès le début du récit, mais maintient cette tendance de TRIGGER à poser des antagonistes « raisonnées », qui ne font que franchir le portail des enfers via un chemin pavé de bonnes intentions, chemin cimenté par leur orgueil.

Visuellement et graphiquement, oui, c’est le sakugafest tant promis. Les animateurs les plus talentueux du studio sont arrivés, se sont déchaînés. Ils s’amusent avec la 3D, s’amusent avec les flammes omniprésentes, leur donne forme, vie et âme. Les combats en imposent, la caméra virevolte, tout est clair, tout est bien montré, on apprécie.

A petite dose, néanmoins.

Car le véritable souci du film est au final de n’être qu’un enchaînement permanent de combats, avec un nombre très minimal de pauses. Quand le film prend une petite minute pour essayer de raconter son intrigue et son univers, le héros s’endort, ce qui en dit relativement long d’un point de vue symbolique. Au bout d’une heure et demie, ce qui devrait être un combat particulièrement épique n’est plus que le septième ou huitième combat d’une grande liste, et plus rien ne semble vraiment avoir de valeur ou de sens: à quoi bon s’enthousiasmer pour un power-up, quand on sait pertinemment qu’il y’en aura encore deux ou trois derrière ? C’est comme si de Gurren Lagann, Trigger ne semblait avoir retenu que les batailles à coup de galaxie, en oubliant que ce que tu nous avais à l’époque fait accrocher au final c’est aussi que l’écriture de la série nous avait fait nous investir en la cause défendue par les personnages, en leurs sacrifices. Ici, tout semble n’être que prétexte pour voir les héros taper des trucs, et ça crée un léger sentiment de gavage sur le final.

Je pense sincèrement que Promare aurait été meilleur si cela avait été 3 OAV de 40 minutes, ce qui aurait permis d’espacer les différents combats et de ne pas créer cet embouteillage indigeste d’action sur la fin. Un membre de Trigger disait fièrement sur Twitter « c’est du pur divertissement, vous prenez pas la tête » et c’est une intention noble, mais c’est dommage d’avoir autant de combats épiques, autant de plans iconiques et autant d’excellentes idées visuelles pour autant les gâcher à cause d’un manque de… modération dans l’écriture. Serais-je en train de reprocher à Trigger de pas savoir faire preuve de retenue ? Ça me paraît bizarre.


Promare

3 out of 5 stars (3 / 5)
Bien

Claque visuelle et technique avec des personnages principaux extrêmement attachants, Promare aurait néanmoins gagné à parfois prendre le temps de se reposer, afin de mieux nous faire apprécier ses nombreuses qualités artistiques.

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