Kouya no Kotobuki Hikoutai

Le manche dans le béton

Le pitch: Dans un monde alternatif où le contact entre les différentes villes est compliqué, nous y suivons l’escouade Kotobuki, une escouade de pilotes de vieux appareils issus de la Seconde Guerre Mondiale et chargé de protéger toutes sortes de clients contre de nombreux pirates de l’air…

  • Studio: Gemba
  • Réalisation: Tsutomu Mizushima
  • Date de début de diffusion: 13 Janvier 2019
  • Nombre d’épisodes: 12
  • Adaptation ? Non
  • Disponible en France ? Non ?

Vous me dites « Tsutomu Mizushima » et « engins de guerre », qu’est-ce que vous croyez que mes attentes vont être ? Hautes ? Bah oui, car quand le réalisateur de Girls und Panzer prend la tête d’une série dédiée aux avions de guerre, on va pas bouder son plaisir et on va partir en totale confiance. On lui laisse le guidon les yeux fermés. Et disons le tout de suite: comme dans Girls und Panzer, on retrouve un soin inouï dès qu’il s’agit de recréer les différents engins de guerre qui parsèment le récit. Que ce soit au niveau fonctionnement, modélisation 3D ou même sound design, rien n’échappe aux équipes de chez Gemba et les différents coucous sont respectés comme jamais, avec un vrai sens du détail qui mérite une réelle admiration.

Maintenant, contrairement à Girls und Panzer, Kotobuki a un souci majeur: il ne sait jamais vraiment très bien sur quel pied danser et passe son temps à ne jamais déterminer qui il est vraiment. D’un point de visuel, les héroïnes et la plupart des personnages sont modélisés en 3D, certains personnages secondaires le seront en 2D. Si d’un point de vue technique, on peut comprendre cette très inédite intention, cela sert pas mal d’exemple sur l’incapacité de la série à prendre de réelles décisions artistiques et à chaque fois se contenter de tout essayer sans jamais se cantonner à un choix.

Car cette indécision permanente, elle se retrouve aussi au niveau de l’écriture: parfois une comédie, parfois une série d’action, parfois un drame, parfois une histoire politique, les épisodes se suivent à chaque fois avec un nouveau ton, un nouvel angle. Parfois c’est une série romantique sur la liberté du pilote seul avec sa machine, parfois une sur la necessité de prendre position dans une situation, parfois une morale sur la vie en communauté… Si cela assure une certaine forme de variété, l’incapacité de la série à assumer quoi que ce soit – ne serait-ce que d’assumer qu’elle n’a pas un ton fixe – décontenance à chaque nouvel épisode, et empêche réellement de s’immerger dans le pourtant très large univers qu’on veut nous dépeindre.

Enfin, le dernier souci que je relèverais avec Kotobuki, c’est ses héroïnes, qui ne m’ont jamais vraiment convaincues durant les six premiers épisodes de la série. Malgré un joli chara-design (qu’on doit au très bon illustrateur Hidari), le caractère de ces héroïnes ne promet jamais de dépasser vraiment les archétypes qu’on leur rattache, et malgré un petit twist autour du personnage de Kirie, cette bande d’héroïnes ne nous donne jamais vraiment envie de suivre leurs aventures, développant très peu leurs caractères et se révélant avare en matière de backstory.

Tous ces petits défauts d’écriture font que Kotobuki peine à intéresser sur le long terme même si il n’est jamais un visionnage désagréable. La série brille ainsi pas mal pour la qualité de ses combats aériens, qui offrent des gunfights d’une vraie belle qualité, avec des effets de mises en scènes un peu neufs et, encore une fois, un sound-design travaillé. On a tout simplement pas eu dans les animes d’aussi bons gunfights depuis Sky Crawlers qui a quand même presque quinze ans !

Enfin, l’humour de la série fonctionne bien et s’intègre bien dans l’univers, lui donnant une personnalité indéniable ! Avoir comme antagonistes sur les premiers épisodes une bande de pirates-entrepreneurs qui parlent « d’investissements » quand il s’agit d’aller piquer des trucs, c’est le genre de bonnes idées qui parvient à rendre la série sympathique. C’est donc au final d’autant plus dommage de voir la série passer sa première moitié totalement incapable de savoir ce qu’elle veut être car il est indéniable que si elle avait su se choisir un axe, un angle bien précis, tous les talents présents auraient pu faire que ça soit encore meilleur.


Kouya no Kotobuki Hikoutai

2 out of 5 stars (2 / 5)
Meh
Critique basée sur le visionnage des six premiers épisodes.

Souvent sympathique, Kouya no Kotobuki Hikoutai est hélas trop bordélique, dans le mauvais sens du terme, pour être une série qu’on peut raisonnablement qualifier de réussie. Les bonnes idées ne manquent toutefois pas, il faudra juste plus d’un effort de votre part pour vous immerger dans l’univers de la série car la série, elle, ne vous aidera pas !

La galerie:

1 thought on “Kouya no Kotobuki Hikoutai

  1. Je trouve que la seconde moitié de l’anime est la plus réussie : des combats beaucoup plus fous et créatifs, des situations plus variées, un univers plus développé, …
    Je ne saurais que trop te recommander de le finir à l’occasion ou le cas échéant d’aller jeter un œil aux scènes de bataille.

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