Stunfest IX – S’en sticker partout

Stunfest IX – S’en sticker partout

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J’ai une relation assez amusante avec le Stunfest: chaque année depuis 2010 je veux y’aller, et finalement je trouve toujours mieux à faire que d’aller à Rennes quand ça a lieu. L’an dernier j’avais la bonne excuse du « je peux pas je bosse et en plus j’ai pas de thunes » et y’a deux ans j’avais la bonne excuse du « je peux pas je dois aller voir ma copine en plus j’ai pas de thunes. » En 2010 je sais plus ce que j’avais sorti. Peut-être pas de thunes. Et bah vous savez quoi ? J’avais pas de thunes cette année et j’y suis quand même allé. HA. Ca fait quand même beaucoup de printemps d’affilée ou j’ai pas de thunes. Je devrais commencer à me poser des questions.

Qu’est-ce que le Stunfest vous demandez vous peut-être ? Situé à Rennes, ce festival occupe une partie du gigantesque campus de la ville (en l’occurrence un gymnase) et s’occupe de remplir tout l’espace qu’on leur alloue avec des bornes d’arcade, des consoles de jeux vidéo, des transat et des files d’attente. Ouvert de 10h à 1h le vendredi, de 10h à 3h le samedi et de 10h à 20h le dimanche, le salon est donc dédié aux gens qui veulent jouer. Tout le temps. Sans s’arrêter. Mais si le salon possède une large gamme de jeux rétros et de bornes d’arcades funs, le principal attrait reste surtout ses compétitions de jeux de baston, qui attirent les principaux joueurs français… et pas mal d’étrangers tant qu’a faire. En l’occurence, c’est souvent le meilleur moment en France pour voir du haut niveau et en prendre plein les mirettes.

Donc voilà, j’y étais, et je m’apprête à vous offrir ce fantastique compte-rendu. Heureux ?

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L’entrée du festival le samedi midi. Plus tard dans l’aprem la queue deviendra vraiment folle de quantité, et des gens seront recalés à l’entrée, faute de place dans la conv (1800 personnes max selon les critères de sécurité.)

 

Je suis donc arrivé le vendredi soir à Rennes, après 4h de covoiturage un peu awkward ou tout le monde était un peu timide, mais peu m’en importait puisque j’ai fini par dormir pendant deux heures. Et c’est à peine réveillé que j’étais déjà dans le très mignon métro de la ville, suivi d’un changement pour prendre un bus, et à 21h30 j’étais au Stunfest, prêt à… observer tout ce qui se passait. Initialement j’étais surtout venu au Stun pour observer des tournois, regarder des superplays et assister à des conférences, puis éventuellement jouer un peu. J’avoue aussi que j’étais parti totalement en mode kéké et que j’avais envisagé de participer au tournoi Tekken Tag 2 avec ma paire magique Lilly / King mais quand j’ai vu qu’en fait il fallait payer pour participer aux tournois j’ai aussitôt décidé de mettre fin à mes ambitions de guerrier de l’e-sport. Non pas que le fait de payer me dérangeait, juste que payer 8€ pour se faire détruire au premier tour n’était pas quelque chose qui me motivait extraordinairement. Parce que je suis nul à Tekken Tag 2, en fait.

 

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Finale du tournoi Melty Blood tard le vendredi soir. Ici Aryth de BloodHeat.fr (à gauche) se faisant fesser.

 

Ce qui m’a surpris en arrivant c’était au final la petitesse de l’endroit. Je dis pas qu’on se marchait dessus (à part le samedi après-midi ou c’était la galère à deux ou trois endroits clés, en général ça circulait de manière fluide) mais juste que j’avais du festival une image plus imposante. En réalité, ça reste un gymnase scolaire plutôt grand dans lequel on colle une zone tournoi (à l’entrée surveillée – seuls les arbitres, les participants et une poignée de visiteurs limités en nombre avaient le droit d’entrer) d’un coté et tout le reste de l’autre. Le tout dans une ambiance relativement sombre puisque la lumière du soleil étant la pire ennemie des écrans, les fenêtres étaient recouvertes de bâches. Et le vendredi n’ayant vraisemblablement pas été aussi aéré que les deux autres jours, j’arrive ce soir là et je découvre un Stunfest qui sent l’homme, la saucisse (merci les stands bouffe), et qui fait un peu grotte obscure illuminée par des projecteurs colorés qui te niquent les yeux façon Blanka. Dans tous les cas, on se sent un peu chez soi malgré tout.

Par contre du coup je reste suspicieux sur la disposition des deux scènes. La scène « principale » et la scène « superplay » étaient beaucoup trop proches l’une de l’autre, ce qui faisait que la scène principale empêchait finalement la scène superplay d’être audible passés les deux premiers rangs devant les enceintes. Ce fut particulièrement criant lors d’une démonstration d’un superplay Tortues Ninjas ou le commentateur était juste inaudible (d’autant qu’il ne semblait pas vraiment faire d’effort pour parler fort, mais pour sa défense, il n’a pas vraiment de retour.) Par contre, pas de soucis de son pour la scène principale, ce qui est plutôt logique compte tenu du fait que c’est la fuckin scène principale avec les fuckin finales de tournoi et que les mecs gueulent et qu’ils sont assistés par des enceintes et des micros qui pètent.

Le passage ou il speedrun le niveau aquatique est dégueulasse parce qu'il BOURRINNE :'D.
Le passage ou il speedrun le niveau aquatique est dégueulasse parce qu’il BOURRINNE :’D. Notez le très joli mur d’escalade,qui nous rappelle où on est.

 

J’ai du coup passé beaucoup de temps à observer les superplays live proposés par la Team SuperPlay Live. Majoritairement des speedruns, ceux-ci étaient réalisés en live devant nos yeux ébahis (comme le nom de la team l’indique), commentés par des guests divers et variés et accompagnés de la sainte possibilité de pouvoir s’asseoir devant et se poser en ayant l’air gaga. Étant moi-même assez féru de speedruns, j’y ai trouvé de quoi passer des très longs moments. S’asseoir par terre pendant 2h10 pour observer A-M commencer et finir Resident Evil 4 en mode pro est un vrai plaisir, seulement un peu gaché par quelques remarques parfois insupportables d’un BobLennon parfois trop enclin à couper la parole de ses petits camarades pour dire des banalités (« ho regardez Salazar a un robot de lui lolololol c’est trop ridicule lololol ».) Bon heureusement il n’a pas toujours été insupportable, parfois même très riche en bonnes informations, et il y’avait dans tous les cas un vrai plaisir à tirer de ce speedrun tout à fait propre d’un jeu qui m’est, en plus, très cher. Surtout qu’il utilise parfois des techniques de fou qui surprennent et valent le détour. Pour le reste j’ai également assisté à un très impressionnant speedrun des Tortues Ninjas, à un plus classique speedrun de Duck Tales 2 et un autre bien plus impressionnant sur le premier Resident Evil fini en une petite heure à peine. Il paraît que le vendredi il y’avait du Metal Gear Solid 3 en live et en 1h30. Là par contre je suis triste de l’avoir loupé. Tout comme le fait que je rage d’avoir été trop timide et de pas avoir abordé Banana Master pour lui dire que grâce à lui et son superplay Monkey Ball je me suis abonné à Nolife en 2009 :(.

En attendant, j’ai hâte de les retrouver à Epitanime ou, semble t-il, ils auront une place. En fait le seul vrai défaut du stand, en plus de son acoustique, c’était ces longs moments de creux entre chaque run alors que je suis convaincu que si ils avaient faits du non stop (quitte à rediffuser des vieilles runs dans le creux) je serais resté collé sur le stand tout le temps, en permanence.

 

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Un conférencier qui réfléchit et un Pampa qui veut se barrer

 

 

Les conférences étaient un aspect qui m’intéressait également beaucoup. Hélas les plus intéressantes pour moi étaient soit le vendredi, soit tot les samedi et dimanche matin. Et moi je dormais à ces moments là parce que je suis une grosse faiblasse. Ou parfois ça se chevauchait avec le superplay: la conférence sur le rapport entre le jeu de société et le jeu vidéo me filait une trique pas possible mais c’était à la même heure que commençait le superplay live de Resident Evil 4 et j’ai du faire un choix. Enfin c’est loin d’être un reproche, c’est même une très bonne chose quand tu te retrouves dans un salon à devoir faire un choix entre deux trucs qui te filent la trique. Du coup, attristé de pas pouvoir assister à la conférence sur le jeu vidéo militaire, je me suis posé le temps d’une heure et demi dans une conf sur le jeu indépendant que j’ai pu observer d’un air méprisant de type qui chie sur Fez (cejeuestchiantcommelamortputainyapasdémotions) et ou j’ai pu caser une question sur le jeu indé japonais. Plus sérieusement, c’est une conférence agréablement de qualité, principalement grâce à ses intervenants qui se sont décarcassés pour éviter un certain manichéisme et à se montrer franc sur certaines questions (un bon jeu est un bon jeu, qu’il soit labellé comme indépendant ou non.) L’autre conférence, sur la « préhistoire » du jeu vidéo, était tout aussi solide et bien documenté, mais peut-être plus académique et donc moins passionnante que prévu. Je me suis éclipsé avant la fin, sans respect et sans honneur.

En attendant cet espace conférences prouve deux choses: la première, c’est qu’il est possible de faire trois jours de conférence sur le thème du jeu vidéo et en abordant des thèmes variés. La seconde, c’est qu’il y’a un public pour ça et que ça aurait vraiment sa place au sein de « vraies » conventions. Je rêve vraiment de voir le panel à l’américaine être démocratisé au sein des salons francophones et voir que ça réussit bien au Stunfest m’encourage.

 

Je prends toujours Mishkin en multi. Pourquoi ? Je sais pas, je kiffais son bouc quand j'étais gosse.
Je prends toujours Mishkin en multi. Pourquoi ? Je sais pas, je kiffais son bouc quand j’étais gosse.

L’espace jeux était globalement riche en contenu là aussi. Je tiens d’ailleurs vraiment encore une fois à m’excuser auprès de mes compagnons de jeu que j’ai éclaté à GoldenEye sans le moindre honneur et management mais, eh, j’ai joué à ce jeu en boucle pendant des années. Je sais que dans Facility le Golden Gun il est dans les toilettes et nulle part ailleurs, eh. Enfin bref à part ce Goldeneye sur vidéoproj, il y’avait pas mal de jeux musicaux mais hélas limités au duo DDR/Project Diva, et un peu de Pop N’Music, mais Guitar Hero est définitivement mort et enterré, j’en suis révolté et attristé. On trouvait également l’asso Nantes no Otaku qui faisaient des quizz animes et jv. Bizarre d’ailleurs de les voir faire des quizz anime quand le public ne s’y prête pas forcément. Mais c’est bien d’avoir tenté. On avait également une école qui venait présenter divers projets étudiants, dont un simulateur d’hôtesse de caisse et un jeu qui fonctionne grâce au « leap » c’est à dire un engin ou il suffit de promener son doigt devant. Pas spécialement facile à prendre en main mais relativement fun au bout de quelques minutes.

Pour le reste, pas mal de bornes d’arcades de tous poils (du Time Crisis, du Outrun à 4, du 24 Heures du Mans, des jeux de motos etc etc) et finalement beaucoup de consoles Nintendo (la Gamecube continuant de se révéler très populaire pour le multi, avec pas mal de parties de Melee ou bien de Mario Kart Double Dash.) On pouvait également essayer de speedrunner Donkey Kong Country ou Sonic 2 dans son coin si on en avait le courage, avec le matériel d’époque. C’est toujours bon à prendre et j’avoue que ça faisait trop longtemps que j’avais pas touché une manette de Megadrive.

COMMENT CA POSE.
COMMENT CA POSE.

Mais le centre du Stunfest c’est les TOURNOIS. J’étais venu à la base accompagner Jaerdoster et Kzimir, qui eux mêmes venaient pour tâter du stick. L’un était plutôt Soul Calibur / Marvel vs Capcom, l’autre King of Fighters. Et c’est vrai que toute la section jeu de baston est carrément folle. J’ai carrément découvert tout un nouveau monde ce week-end. Un monde ou ça se pose, ou ça se joue, ou chaque jeu possède sa propre communauté qui a ses propres histoires. Tout le week-end, par exemple, a été l’heure de gloire des « Réunionnais. » C’est à dire qu’une petite bande de réunnionnais avaient décidés de faire le déplacement de leur île jusqu’a Rennes, et ont créées la grosse surprise… en éclatant quasiment tout le monde sur certains jeux à la communauté pourtant bien ancrée, comme King of Fighters. Les mecs personne les connaissait avant parce qu’ils vivent dans le DOM le plus difficile d’accès du pays, ils arrivent, ils bottent des culs, tout le monde en parle, la vie normale quoi. Pareil pour les marocains qui défoncent tout le monde sur KOF « parce que dans leur pays y’a pas de consoles, y’a que des bornes avec KOF 98. » Plus que jamais, la scène jeu de baston, tu sens que t’es pas là pour rigoler, que y’a des niveaux et que y’a des gens qui font le déplacement pour être sérieux. On avait l’anglais Ryan Hart par exemple, ou bien tout un petit groupe de japonais.

Et autant toute cette scène jeu de baston s’est révélée passionnante à suivre « de l’intérieur » pour le profane que j’étais, autant elle s’est révélée tout aussi passionnante quand il s’agissait de passer à l’action. Dimanche après-midi je me suis posé tranquillou dans un des transats en face de la scène (transats qui avalent ton âme, vraisemblablement), j’ai maté les finales Virtua Fighter 5 et au secours comment c’est beau. Les finales de jeu de baston j’en avais déjà regardées quelques unes sur le web, ok c’était sympa à mater mais je me sentais pas concerné. Là c’est différent. Tu fais partie d’un public, t’as le truc en live devant toi. Quand y’a un truc joli tu fais « ooooh », quand le match se gagne au poil de cul, tu applaudis. On est transporté par l’ambiance et on commence à devenir supporter. Ce qui était génial au final c’est que les commentateurs étaient pas si différents des commentateurs habituels, avec le bon commentateur français qui va favoriser le bordelais face à l’anglais, ce genre de trucs qui fait que tu t’attaches très vite à ce qu’il se passe. Virtua Fighter 5 est d’autant plus sublime à regarder que c’est un jeu qui va très vite et que la moindre erreur se paie genre méga cash. Du coup c’était artistique. Pareil pour le tournoi KOF auquel j’assisterais plus tard dans la soirée, qui là par contre avait l’avantage de matchs plus longs (dû au format 3 contre 3) mais tout aussi intéressants à regarder (quand tu vois un mec n’avoir plus qu’un seul perso contre trois et réussir à tous les démonter un par un, tu fais wow.) Même si je reprocherais aux top joueurs de pas assez jouer Mai. Mais ça c’est perso.

Donc là c'est des mecs qui déconnent plus et qui jouent leurs vies.
Donc là c’est des mecs qui déconnent plus et qui jouent leurs vies. Et qui jouent Mr.Karaté un peu tout le temps.

 

Pour le reste que rajouter ? La nourriture sur place était bien grasse mais peu onéreuse (et parfois bénéficiait à des causes humanitaires.) Il faisait un temps relativement médiocre. Mon hôtel était pas trop mal. J’ai pu enfin croiser Neithan de Basgrospoing et partager nos ondes caennaises. J’ai vu Usul et le Joueur du Grenier (qui étaient en civil) se dire bonjour en se faisant la bise. J’ai vu Pipomantis mais je l’ai pas reconnu immédiatement. J’ai croisé des visages familiers. J’ai encore eu des gens qui me disent bonjour et qui me disent pas qui ils sont et dont j’ose pas leur demander qui ils sont de peur d’être impoli. J’ai acheté un t-shirt Stunfest pour pouvoir avoir du swag. Et Rennes est toujours une ville agréable mais c’est dingue qu’il ait fallu que j’aille en Bretagne pour croiser mes premiers militants jeunes FN très bruyants dans le bus. Le FN. En Bretagne. Fou ça.

Bref, une bonne expérience, que je renouvellerais sans doute l’année prochaine (si j’ai les thunes haha) et qui me tient prêt chaud bouillant pour l’Epitanime, son équivalent otaku, on va dire.

En attendant, galerie de photos avec des super légendes parce que c’est ça de passer à WordPress, yeah:

Battle Fantasia, le seul jeu de baston sur lequel j'ai battu quelqu'un de tout le week-end :'(.
Battle Fantasia, le seul jeu de baston sur lequel j’ai battu quelqu’un de tout le week-end :'(.
Ne vous asseyez pas sur ces transats, ils dévorent votre âme
Ne vous asseyez pas sur ces transats, ils dévorent votre âme
Stunfest11
Une image peu claire de gens jouant à KOF de manière compétitive
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Surprise du week-end: Bastien Vives dessine super bien quand il en a l’occaz.
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3 réactions au sujet de « Stunfest IX – S’en sticker partout »

  1. Très bon article sur lequel je suis tombé par hasard. Étant fan de Mario kart, j’aurais quand même ajouté la présence de LAN de Mario Kart à 8 ce qui n’est carrément pas commun et ca, ca été le pied. D’autre part la présence de Tennis For Two le 1er jeu vidéo connu. Il était jouable et plutôt impressionnant compte tenu de son grand âge (1958). Sinon, encore une foi bon résumé de la situation 😉

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