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Pourquoi Sword Art Online: Ordinal Scale aurait pu être excellent (mais connaît son public)

Ah Sword Art Online, succès inattendu de 2012, qui s’est imposé depuis avec calme et sérénité comme un véritable blockbuster de l’animation japonaise, trouvant un public qui dépasse les limites habituelles du média pour devenir une véritable porte d’entrée à l’animation japonaise, qui continue de séduire, cinq ans après sa sortie, un public toujours plus large et nombreux. On peut détester l’oeuvre, et dieu sait que c’est pas déraisonnable tant SAO tend souvent le bâton pour se faire battre, mais nier son impact concret sur l’industrie contemporaine de l’animation japonaise serait au mieux manquer de recul au pire porter des œillères. 

Mon avis sur Sword Art Online, vous le connaissez peut-être déjà bien: j’ai une profonde affection pour l’univers et ses personnages, mais je suis constamment agacé par le fait de voir la série trop souvent se tirer des balles dans le pied pour briser son élan et s’effondrer aux moments clés. J’avais ainsi dédié deux longs articles à la question, le premier analysant qualités et défauts de la première saison 1, le second s’attaquait à la seconde saison, sans surprises 2 . Encore aujourd’hui c’est les deux articles les plus lus de l’histoire de ce blog, ils sont toujours fréquemment commentés, bref, le sujet anime encore beaucoup.

Du coup, voilà, on est en 2017, Sword Art Online II va quand même arriver sur ses 3 ans et beaucoup de gens attendent non sans désinterêt une adaptation de la suite du light novel, ce qui passera donc par le fameux arc Alicization. Arc qui débute sa parution en France pile ce mois-ci mais qui va en étonner plus d’un de part sa longueur puisque c’est ni plus ni moins que sur neuf tomes que tout cela va se dérouler, là où Phantom Bullet, par exemple, n’en durait que deux ! Si l’arc s’est conclut au Japon, permettant de démarrer l’adaptation, il restait important, vraisemblablement, de remettre Sword Art Online dans tous les esprits, ce qui va donc être l’objectif du premier film cinématographie de la franchise qui est, en l’occurrence, ce Sword Art Online Ordinal Scale. 

Ordinal Scale conte une histoire inédite, écrite pour l’occasion et censée se dérouler entre la fin de Mother’s Rosario et le début de Alicization. Les fans pourront en outre être rassurés car Reki Kawahara – l’écrivain du light novel – est crédité au scénario mais est accompagné, pour l’occasion, de Tomohiko Ito, assistant réalisateur de La Traversée du Temps mais, surtout, réalisateur des deux premières séries. Un homme qui connaît donc bien le sujet puisqu’il était aux premières loges pour le toujours délicat travail d’adaptation. Bref, si souvent on a toujours ce mauvais pressentiment vis à vis des « films de », qui peuvent certes parfois être excellents mais sont plus souvent négligeables voire abyssaux en terme de qualité. Car si ils reprennent une franchise à succès, le fait qu’ils n’auront jamais la moindre importance dans l’oeuvre qu’ils adaptent force les scénaristes à rester cantonnés à des limites claires, qui vont les empêcher de se lâcher ou de prendre le moindre risque: c’est certainement pas dans un film Naruto random que un personnage important va perdre la vie, ce qui va atténuer considérablement les enjeux.

Ajoutez à cela la souvent nécessaire contrainte d’insérer dans l’univers des personnages originaux et inédits qui donnent souvent l’impression d’être des rajouts artificiels au récit, et on a donc logiquement bien du mal à prendre au sérieux ces films d’animation qui, pourtant, sont souvent au Japon des non négligeables succès du box office local.

Bref, tout ça pour dire que j’allais voir ce film sans vraies attentes. J’avais pas vu les trailers, j’avais pas lu l’intrigue, j’y allais en aveugle total avec juste l’espérance d’avoir deux/trois scènes d’actions qui pètent un peu. A 13€ la place, c’est un peu bizarre comme investissement, vous l’avouerez. Dans tous les cas, ça m’a permis de découvrir la fameuse grande salle du Grand Rex et sa capacité de 2700 personnes – la salle était pleine. Je pensais pas un jour dans ma vie assister à un film depuis un balcon situé au second étage, et c’est une manière étrange de voir un film, mais le cadre superbe et, surtout, le public à fond, ajoute beaucoup au plaisir. Car, après tout, quoi de mieux pour voir un blockbuster que le voir avec des gens qui se chauffent à certaines scènes clés ?

Rassurez vous, je suis pas quelqu’un qui habituellement apprécie beaucoup les gens qui parlent au ciné mais dans ce cadre là – 2700 fans au garde à vous -, ça a paru souvent naturel et ça n’a apporté que des bons sentiments. Bon, ok, sauf si t’es mon voisin de derrière qui passait son temps à se plaindre fortement à chaque scène un peu fanservice parce que, là, bon, si t’es un peu cul coincé et que des plans décolletés te choque, qu’est-ce que tu fous devant SAO. 

(Photo issue du Twitter officiel du Grand Rex) (j’étais au second balcon) (tout en haut)

Un peu décevante, néanmoins, fut l’intervention des deux invités japonais en l’occurrence le chara-designer et animateur chef Shingo Adachi accompagné du producteur Shinichiro Kashiwada qui, en bons invités japonais typiques, ont sortis les banalités et la langue de bois car, évidemment, à quoi bon avoir une personnalité quand à la place on peut réciter froidement et à la virgule près le discours composé par l’équipe marketing japonaise comme l’impose la culture du pays. Instant un peu étrange où le producteur insiste sur le fait que le film a été réalisé avec l’objectif que « même ceux qui n’ont pas vu les deux séries puissent l’apprécier. » Spoiler alert: pas trop. 

Maintenant que le contexte a été posé, je vais donc parler en profondeur du film. A partir du prochain paragraphe, je vais donc spoiler.  Si vous voulez une opinion sans spoiler, la voici: en gros, le film remplit réellement ses objectifs. C’est une vraie oeuvre ultra fanservice, qui va s’appliquer à faire les bons clins d’oeils au bon moment, qui va tâcher de mettre sous le projecteur tous les personnages les plus appréciés et qui, surtout, met le paquet bien comme il faut sur ses scènes d’action, qui envoient vraiment du lourd avec des effets dans tous les sens tout en restant lisible, clair et en offrant quelques plans assez dingues. Rien que pour ces combats, le film vaut son pesant de cacahuètes, et ça se conclut même sur une baston finale qui en une poignée de minutes va déshydrater tous les fans de la franchise tant chaque seconde sera une ribambelle de références, de clins d’oeils et de moments forts. Après, vous vous en doutez, le film n’est pas non plus dénué de défauts: si il possède des vraies bonnes idées, le scénario ne s’empêche pas de partir dans certaines incohérences stupides et possède même quelques répétitions mal venues qui donnent parfois la vague impression que le spectateur est pris pour un con. 

En bref, c’est un « film de » qui fonctionne très bien, qui donne au fan ce qu’il a envie de voir sans le choquer mais qui se cogne la tête sur des trucs couillons et ne convaincra sans doute pas vraiment ceux qui méprisent déjà la franchise. Bref, ça donne du plaisir à ceux qui ont déjà un faible pour l’univers de SAO mais ça n’ouvrira clairement pas le cercle à un nouveau public. Je doute que ce soit vraiment un objectif visé.

Tous les screenshots proviennent du PV4, si vous vous posez la question (y’a des plans du film tellement cools que j’aurais adoré les screener pour illustrer l’article mais va falloir attendre, hélàs)

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  1. TLDR – Aincrad pose trop de questions auquel il ne répond pas et Fairy Dance est sympathique mais est condamné à rester dans l’ombre d’un premier arc beaucoup trop imposant
  2. Et autant je déteste Phantom Bullet qui s’ultra cassait la gueule en cours de route, autant j’avais adoré Mother’s Rosario qui redynamisait pas mal la série
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