Le puzzle Hanebado!

Le puzzle Hanebado!

Hanebado! a donc débuté sa diffusion il y’a un petit mois et demi et, jusqu’à présent, ce que l’animé m’a offert m’a plus que convaincu, mettant en scène de manière vraiment excellente des matchs aux enjeux prenants et avec un casting de personnages intriguants. Mais avant cela, je vais pas vous cacher que ça fait un petit moment que je m’intéresse de près à Hanebado: fin 2016 environ je lisais déjà le premier tome du manga original, que j’appréciais pas mal mais qui a été, à ma grande tristesse, victime d’une traduction amatrice réussie mais… très irrégulière. Avec un chapitre par an, difficile de se passionner pour l’histoire racontée, quand bien même elle pouvait être intéressante. L’annoncé de l’animé était donc pour moi le bonheur de me dire que j’allais enfin pouvoir voir la suite.

Ce que j’ignorais, évidemment, c’était à quel point l’animé et le manga vont se révéler très différent. Cet article va donc charger de vous expliquer de manière assez détaillée les modifications qui ont été faites, d’expliquer le pourquoi de ces changements, faire un comparatif, bref, s’amuser un peu. 

Note: on analyse le contenu de l’animé et du manga, parfois de manière détaillée. Cette analyse va jusqu’au chapitre 26 du manga et jusqu’à l’épisode 7 de l’anime (le dernier sorti à l’heure où je vous parle.)

Déjà une présentation de l’oeuvre de base, je pense que ça va aider: Hanebado! est un manga publié depuis juin 2013 dans le magazine good! Afternoon, aux côtés donc de séries comme Ajin, Grand Blue ou bien encore Witch Craft Works. L’auteur est tout aussi intéressant car il s’agit de Hamada Kousuke qui est, disons le clairement, un de ces auteurs a avoir réussi à faire ses débuts dans le Weekly Shonen Jump… mais à se faire jeter de la machine. On lui devait ainsi deux séries, rapidement mortes: en 2008 il tentait un manga sportif-avec-un-lycéen-loser nommé Dogashi Kaden, suivi quelques années plus tard de Pajama na Kanojo, une comédie romantique avec quelques éléments fantastiques qui proposait, au choix, une héroïne sombrant dans le coma et une autre manquant de se faire explicitement violer par des loubards. J’avais chroniqué la série sur Néant Vert début 2013, reprochant pas mal le fait que arrivé à quinze chapitres, la série abandonnait son intrigue pour devenir une comédie romantique « classique », ce qui le rendait inapte à la survie alors que en parallèle commençait à bien marcher un certain Nisekoi.

Mais si Pajama na Kanojo avait quelques défauts dans l’intrigue, le style visuel était sympa, et on sentait que Kousuke commençait à développer une bonne patte, surtout pour les illustrations en couleur, comme vous pouvez le constater:

 

Un an après la fin de Pajama na Kanojo, voici donc notre jeune auteur parti sous un nouveau projet qui, ça tombe bien, va fusionner les deux thèmes principaux des deux séries qu’il a fait au préalable avec d’un côté du sport, de l’autre des jolies lycéennes et ça donne, donc, Hanebado. Une série qui va nous raconter l’histoire de Hanesaki Ayano, lycéenne timide toujours collées aux basques de son amie Elena et qui est embauchée, un peu contre son gré à la suite d’un match perdu, dans un club de badminton moribond et géré par un coach aux ambitions un peu trop élevées. Dans ce club, elle va retrouver Nagisa, une joueuse très très douée mais moralement détruite depuis une défaite gargantuesque lors d’un tournoi.

Le twist ? C’est Ayano qui avait été celle ayant explosée Nagisa. Ayano qui, depuis, avait complétement laché le badminton pour essayer de devenir une « lycéenne normale. » Et surtout parce que, bon, y’a quelques traumatismes familiaux liés au badminton genre, par exemple, sa mère, ancienne décuple championne de badminton, qui a abandonnée le foyer en réaction à une défaite de Ayano. Bref, y’a du trauma sous jacent mais dans le manga on va dire que… ça apparaît tard ? 

Car Hanebado, le manga, surprend pas mal lors de ses premiers chapitres. La raison ? Il bouffe à tous les râteliers. On trouve dans les six ou sept premiers chapitres, pèle-mèle, des matchs, de la tranche de vie lycéenne, de l’humour, du drame, des histoires familiales, des matchs très sérieux, des matchs pas du tout sérieux, du fanservice… Ca teste plein de tons, plein de directions potentielles, c’est assez déstabilisant, déroutant. 

Mais pas de panique, comme beaucoup de prépublications qui laissent le temps à l’auteur d’expérimenter, arrive un moment où la série trouve la voix qu’elle veut suivre. Ca arrive tardivement, vers le quatorzième ou quinzième chapitre, mais la série le trouve enfin, ce ton.

Et les couvertures en parlent mieux que moi, déjà voilà la couverture du tome 1:

C’est mignon, c’est coloré, l’héroïne est souriante, avenante: on va bien s’amuser avec elle ! On va passer du bon moment à suivre les efforts d’une équipe de badminton sans doute ultra feel good et qui aime l’esprit sportif ♪.

Puis arrive la couverture du tome 5:

Est-ce que le badminton nous paraît toujours autant comme un sport fun, accueillant, rempli de bons sentiments ? Difficilement. Et quand on continue à regarder les couvertures, ça devient de plus en plus… INTENSE.

Et si vous vous dites « woh ce n’est que les couvertures, est-ce que le contenu change », je ne vais pas spoiler mais cette comparaison côte à côté entre la Ayano du chapitre 1 – ronde, au trait clair, aux yeux brillants, avec pas mal de reflets – et cette Ayano issue du chapitre 65 – qui a perdue… pas mal d’aspect vivant dans son chara-design – vous montrera que le changement dans Hanebado, il a pas attendu François Hollande:

Bref, je n’ai presque pas besoin de mots pour accompagner mon propos mais vous le voyez bien: Hanebado décide de partir vers le versant intense/bestial/dramatique du sport, et va commencer à s’en foutre vaguement de concepts comme « le fair-play », « le travail et l’effort », « c’est bien de participer » car ici le court de badminton va être un champ de bataille dans lequel les rêves et les espoirs meurent, souvent parce que tu as commis le crime de ne pas être la meilleure. On ne rigole plus !

Mais ce ton, cette volonté de poursuivre cette voie, le manga va mettre beaucoup de temps à l’accepter, et tâtonnera longtemps. Ainsi dans le chapitre 3 sont séparés de quelques pages à peine, cette case d’une Ayano toute guillerette, retrouvant un sourire innocent béat et enfantin car elle a enfin retrouvée le goût du badminton :

Et puis cette Ayano qui, à peine quelques pages plus tard, trouve une autre forme de plaisir dans le Badminton:

Bref, Hanebado a longtemps hésité mais est un manga qui a su enfin trouver sa voix, s’y tenir et être récompensé: à partir de ce qu’on va nommer le « switch définitif d’ambiance », la série va commencer à fonctionner, aussi bien auprès du lectorat du good Afternoon que dans les ventes, avec enfin des apparitions dans le fameux top 50 Oricon. Ce passage à une ambiance plus sombre, plus intense, plus sérieuse il va non seulement être apprécié mais il va devenir « l’image de marque » de la série, ce pour quoi il est reconnu et ce que pour quoi il attire l’interêt d’un public qui, comme je l’avais expliqué dans mon article sur Uma Musume, a sans doute du mal à trouver dans le seinen et le josei contemporain des vraies séries de sport avec des héroïnes. Alors si en plus elles se font aucun cadeau et que le badminton y est traité avec sérieux et rigueur, porté par des doubles pages magnifiques et dynamiques, c’est encore mieux.

Donc imaginez: vous devez porter Hanebado en anime. Problème: comme la majorité des séries animées de votre temps, on vous file pas plus de 13 épisodes pour une première saison. En gros vous allez pouvoir adapter convenablement quatre tomes, cinq tomes à la limite. Sauf que la chose pour laquelle le manga est reconnu c’est son ton, et que ce ton il apparaît pas vraiment avant le quatrième tome. Donc en gros si vous faites une adaptation case par case, les « qualités » du manga débarqueront pas avant les trois quarts de la série, d’autant plus que comme le manga a passé ses trois premiers tomes à tout le temps changer de ton, y’a un risque à ce que le spectateur néophyte soit baladé et paumé, tandis que le fan du manga râlera car on perdra du temps à mettre en avant la partie peut-être la plus faible de l’oeuvre.

Donc si t’es malin tu fais quoi ? Tu refais tout.

Dans l’anime Hanebado, tout le début du manga se déroule différemment et les personnes chargées de l’adaptation ne vont avoir aucune pitié afin de rendre l’ensemble plus cohérent, assistés pour l’occasion de l’auteur du manga qui, semble t-il, s’est pas mal impliqué dans le redécoupage  L’objectif est donc simple: faire en sorte que tout le début de Hanebado soit aussi dramatique, intense et impitoyable que le manga l’est à partir du vingtième chapitre.

Ainsi on va déjà supprimer pas mal de trucs. Par exemple, dans les chapitres qui vont du 6 au 10 on sent une augmentation soudaine du fanservice, comme si l’auteur s’était dit « ptet que Hanebado sera plus populaire si je met les poitrines en avant. » Un plan osé, mais sans effet, qui du coup amène des cases un peu… étrange.

C’est viré sans ménagement. Vous pouvez comprendre pourquoi: ces éléments de fanservice disparaissent aussi dans le manga à partir du tournoi inter-lycées, donc ils n’ont rien à faire dans un animé qui a pour objectif de recréer un début cohérent avec le reste de l’oeuvre.

Exit donc aussi les passages un peu plus comiques, comme tout ce chapitre où Ayano commence à flipper de pas assez s’entraîner donc se crée un « entraînement de la mort » très cliché qui implique d’aller affronter des ours dans une forêt. Ça se termine par elle qui essaye de fuir Nagisa en… sautant d’un pont.

Cet humour très exagéré il ne sera plus vraiment dans la suite donc, pareil, on jette.

Une fois le « gras » viré, qu’est-ce qu’on fait de ce qui reste ? Déjà, on le modifie ou on le réarrange. Dans le manga, le coach découvre le « talent » de Ayano en la regardant… escalader un arbre… en courant dessus… comme Naruto… Est-ce que c’est cohérent, encore une fois, avec ce que le manga va devenir ? Non. A la place on trouve un truc plus réel, avec Ayano qui sauve Elena d’une balle perdue lors d’un entraînement de tennis. Ca permet de témoigner des réflexes ahurissants de l’héroïne, ça permet au coach d’avoir une raison logique d’être là, et ça alimente la relation entre Ayano et Elena qui va rester centrale au reste du récit. 

Modifier le déroulement des événements pour qu’il colle mieux au ton donc ça c’est fait. Que faire après ? Et si on modifiait l’ordre des événements, pour avoir un meilleur flow ? 

Dans le manga, Ayano partait au camp d’entraînement d’été très vite et donc rencontrait Connie dès le deuxième chapitre. 

Connie c’est un personnage extrêmement important car elle va être la rivale ultime de Ayano: aussi bonne qu’elle, vengeresse et, surtout, liée à Ayano par le personnage de maman-Ayano. Sauf que d’un point de vue narratif, la révélation du fait que Connie est « liée » à la mère de Ayano c’est un gros truc… qui n’a pas beaucoup d’impact émotionnel au moment où on l’apprends dans le manga. En effet, à ce moment-là, on ne sait rien sur la relation entre Ayano et sa mère, puisqu’on nous expliquera « que » dix chapitres plus tard que notre pauvre petiote a été abandonnée par elle à la suite d’une défaite contre une joueuse nommée Kaoruko. 

Du coup on fait quoi ? On intervertit l’ordre des rencontres. Kaoruko débarque dans l’épisode 3, on nous explique qu’elle a battue Ayano quelques années plus tôt et on en profite pour nous expliquer que suite à cette défaite – obtenue dans un contexte peu glorieux très vicieux – la maman d’Ayano est alors partie. Donc déjà c’est pas cool mais quand, du coup, on rencontre Connie deux épisodes plus tard et qu’à son caractère de merde on adjoint la révélation que elle est la « remplaçante » de Ayano dans le coeur de sa mère, ça fait plus d’effet sur tous les points.

Enfin, un autre point sur lequel l’anime met beaucoup plus d’emphase que le manga, et apporte là pour le coup ce qui me semble être une vraie différence avec la suite… c’est à quel point Ayano n’est pas intégrée au sein de son club. Là ou les chapitres fanservice/comique du manga ont au moins servis à montrer l’intégration de notre héroïne auprès de ses camarades, dans l’anime tout est au contraire fait pour séparer Ayano de Nagisa et, par extension, du reste du club. Par exemple, de toute la série, Ayano n’est jamais celle qui lance une discussion avec ses camarades, tout le monde vient toujours vers elle. Ses seules relations c’est justement avec Elena et quand celle-ci s’absente même un bref instant, notre héroïne le vit médiocrement. Là ou la Ayano du manga parvient à s’intrégrer, celle de l’anime… n’essaie même pas. 

Dans l’épisode 7 ça devient encore plus criant puisque, dévorée par la vengeance et par une rage intérieure, Ayano, après avoir taunter l’adversaire qu’elle vient de battre, envoie carrément Elena bouler, avec des propos pas très Coubertin. A ce moment, Ayano invoque l’esprit mauvais de sa mère, et semble se foutre des conséquences. 

Pourquoi ce changement ? La série animée n’étant pas terminée, je ne peux que supposer mais si je regarde l’opening de la série (super-méthode-d’analyse™) et la manière dont le personnage de Nagisa est développée en parallèle, il me paraît évident qu’on part, pour conclure la saison, sur un « combat final » entre Nagisa et Ayano. On aurait d’un côté une fille qui en a chiée niveau efforts, qui s’est enfermée dans sa rage, a dégouté les membres de son club, a été à deux doigts de tuer le badminton au sein de son lycée mais qui a su apprendre de ses erreurs, retrouver le plaisir de jouer et trouver redemption face à une fille qui elle a toujours été dotée de talent naturel, motivée par un mélange étrange entre le plaisir de jouer et celui de retrouver sa mère, qui perd toute humanité sur le terrain et se fout à la fois de son club, mais aussi de l’esprit sportif car seul le résultat compte. Un grand choc qui, allez, devrait permettre à Ayano de comprendre ses erreurs, de reprendre pied et d’enfin saisir la main que lui tend son équipe. Bref, de sortir de l’ombre de sa mère pour créer sa propre voie.

Et ça serait à partir de là un excellent moyen de se connecter au manga puisque attention léger spoiler, le match Nagisa/Ayano se déroule dans le manga autour du tome 6 ou 7, et c’est le clou final sur le « changement de ton » dont je parlais plus tôt. Limite à partir de là y’aura plus que deux/trois détails à rajouter – entre autres réintroduire des personnages qui ont été « oubliés » par l’anime jusqu’ici- mais on pourra partir sur une saison 2 qui sera une adaptation elle fidèle du manga. Et ce de manière transparente. 

Bref, il faut que Ayano devienne la méchante de la série. C’est pour ça que encore une fois des détails ont été modifiés dans son match contre Kaoruko. Ainsi le match est majoritairement raconté du point de vue de Kaoruko, on suit ses stratégies, ses pensées, ses réactions, bref on est dans sa tête et on comprend les difficultés qu’elle doit affronter, on la voit s’y adapter, en gros on la voit agir en sportive et on se rend compte que c’est une joueuse bien plus intéressante qu’on le pensait. Et, surtout, elle devient très vite l’underdog du match. C’est elle qui doit faire les efforts et tout donner pour l’emporter. Du coup on la voit peu à peu réussir à s’imposer, réussir à mettre en application ses idées… et face à un jeu bulldozer, vicieux et robotique comme celui d’Ayano, ça nous paraît un peu plus sexy. Et du coup au final, Kaoruko perd, mais on n’empêche pas de se dire que, au moins, elle aura eu « une belle défaite » face à Ayano qui gagne de façon… un peu moche.

Et ça c’est malin car ça joue avec ce sentiment qu’on a tous devant du sport où, quoi qu’il arrive, on va toujours s’incliner en faveur de celui qui propose du « beau jeu » et des « beaux efforts. » Ce sentiment qui fait que dans un PSG – Les Herbiers on va tous vibrer un peu pour les Herbiers. Que en Formule 1 voir un pilote habitué au milieu de classement soudainement passer en tête nous exhalte. Et ce sentiment, Hanebado l’exploite pour nous faire oublier, dix minutes, que Kaoruko reste quand même une très moche humaine, qui considère ses coéquipiers comme de la merde (comme Ayano) et a indirectement foutu la vie de Ayano en l’air en la contaminant peu avant un match, match qui a amené à l’abandon de celle-ci par sa mère (des conséquences qu’elle pouvait pas vraiment prévoir.)

Dans l’anime, donc, Naoruko perd de peu. Genre 21-19 et 21-17.

Dans le manga ? 

Elle se fait exploser en un chapitre. Elle a jamais eu le moindre espoir.

Et comme dans le manga Ayano est plus proche de son équipe, le propos suivi par ce match est différent: ici on était surtout là pour voir Kaoruko se faire défoncer. Qu’elle paie pour ses agissements, son caractère. C’était un match avant tout cathartique pour le lecteur, et une revenge jubilatoire pour Ayano. Là ou dans l’anime, ce sentiment cathartique on le ressentait pas mal au début mais plus le match avançait et plus on se rendait compte que quelque chose commençait à casser chez l’héroïne.

C’est donc encore une fois un changement intéressant qui amène du jus au propos que l’animé veut suivre. Et c’est à mon sens une bonne chose. 

Car il est temps pour moi d’enfin dire où je veux en venir, depuis le début. J’ai lu plusieurs fois sur Internet, du coup, que Hanebado était une « mauvaise adaptation » car il commettait le crime de trop se démarquer de la source. Et comme je viens de longuement vous le dire, ce fait là il est indéniable, les modifications sont nombreuses au point où il est limite plus compliqué de trouver les similarités que les différences. 

Sauf que là où je suis en désaccord c’est qu’une adaptation qui change des choses n’est pas, par automatisme, une mauvaise adaptation. Et j’irais plus loin même en signalant que le fait qu’il y’aie des changements c’est, souvent, un bon signe. Et Hanebado en est justement la preuve: le manga de base propose, comme je l’ai dit, un début qui est très fouilli et, justement, inadapté à ce que l’oeuvre va devenir. Ce début de manga peut avoir son charme mais, en l’état, il est problématique sur pas mal de niveaux. Que des personnes débarquent pour repenser, avec le patronage de l’auteur original, toute cette introduction afin qu’elle colle avec le manga c’est justement la chose qu’il fallait faire pour éviter une catastrophe. 

Donc non seulement tout le début de Hanebado est désormais mieux raconté et plus cohérent, mais en plus il ajoute des propos et des enjeux qui n’existaient pas à la base. Là ou dans le manga l’affrontement entre Nagisa et Ayano était cool car c’était l’occasion d’enfin voir les deux héroïnes tout donner l’une contre l’autre, dans l’anime tout est construit pour que cet affrontement soit non seulement « attendu » par le spectateur mais en plus nécessaire pour « libérer » le personnage d’Ayano de tous les poids qu’elle a accumulé sans rien dire au fil des années. Et clôturer une partie de son arc narratif sur cette saison.

Inutile donc de dire que si ce match parvient à garder la qualité technique et la qualité de mise en scène qu’on a eu jusque là pour nous offrir un final riche en émotion qui permettra enfin à Ayano de trouver une lueur d’espoir, ça va être plus fort que tout ce que le manga aurait pu faire. En plus d’offrir une excellente conclusion à la saison 1, conclusion qui permettrait à cette saison de se « suffire à elle-même. »

Bref, je suis épaté par le travail d’adaptation sur Hanebado, j’aimerais que toutes les adaptations fassent autant l’objet de soin et de réflexion mais, évidemment, c’est rarement aussi simple et y’a parfois pas mal de contraintes qui l’empêche. Mais si déjà on pouvait de dire tous comme des perroquets que les adaptations qui divergent c’est forcément le diable, on retirerait peut-être un bon poids sur le dos des studios. Rendons donc à César ce qui est à César, applaudissons le travail du réalisateur Shinpei Ezaki et de l’écrivain principal, Taku Kishimoto, qui ont réussis tous deux à porter Hanebado en série en le réinventant et en le permettant de s’approcher au maximum de l’esprit de l’oeuvre d’origine, en tout cas de l’esprit que cette oeuvre porte maintenant. Et ça, c’était pas facile.

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3 réactions au sujet de « Le puzzle Hanebado! »

  1. Super article !
    Je découvre Hanebado avec la série animée et la superbe mise en scène des matchs de badminton me donnent envie de reprendre ma raquette à chaque fois (mention spéciale aux bruitages tout au long du match dont le timing et la qualité sont impeccables).
    Je pense que ça ne m’aurait pas dérangé de voir Kaoruko se faire exploser pendant son match. J’ai encore du mal à considérer Ayano comme la « méchante » de l’histoire vu ce qu’elle a pris dans la tronche par le passé. Pour le coup, j’avais plus envie de voir Kaoruko se faire humilier en réponse à la manière dont elle a gagné par le passé (qui est sacrément plus laide que de gagner parce que ton adversaire n’arrive pas à renvoyer le volant sur le point final) et ses pics incessantes à Ayano. Et j’ai trouvé ses états d’âme pendant le match assez mal venus. C’est une garce, une garce tsundere qui veut être amie avec Ayano peut être, mais une garce quand même.
    Et sinon j’ai un peu du mal avec les membres secondaires du club d’Ayano qui me donnent l’impression d’être restés bloqués au stade Nagisa des deux premiers épisodes. A savoir, ils comparent tout le temps leurs efforts au « talent inné » d’Ayano et bon, on bout d’un moment ce serait bien de passer à autre chose.
    Encore merci pour l’article !

  2. Un bon article et je suis d’accord avec toi sur le principe. Cela dit le problème pour moi c’est que le drama est pris de manière beaucoup trop bourrine et pas toujours appropriée. Par exemple, la mère qui s’en va après la défaite d’Ayano (en réalité c’est plus compliqué), le problème c’est pas le badminton c’est la mère pourrie qui lâche son gosse du jour au lendemain sans explication. Ou encore le fait qu’en enchaînant Kaoruko-flashback mère-Connie ça fait beaucoup d’enculés d’un coup, on peut pas reprocher à Ayano de se défendre à ce stade quand elle ne fait que rendre la monnaie de leur pièce aux salauds. Ils ont la main lourde et ça coince un peu, ça me rappelle les parties un peu faibles d’Hibike Euphonium. Tant qu’à faire du drama sur le sport ou un protag « méchant » je préfère la version papier de Scorching Ping Pong Girls qui gère ces thèmes avec plus d’équilibre.

  3. Je suis très peu captivé par le manga de sport (ne pas être fan de sport tout court n’aide en rien les choses). En plus, Hanebado parle d’un sport qui m’énervait beaucoup au collège et où j’étais mauvais. Reste que ton article a su vraiment me captiver, évidemment, n’étant pas intéressé par l’œuvre, je ne connaissais pas toute l’histoire d’adaptation qu’il y avait derrière. C’est assez hallucinant, et je te rejoins sur les choix d’adaptations, c’est vraiment bien joué d’après ce que tu en dis. Des adaptations qui modifient autant son support original pour essayer de capter au mieux l’essence de l’œuvre, ça a le mérite d’être salué.
    Je vais peut-être m’y essayer finalement…

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