Bully: Scolarship Edition – Oldschool of the dead

Bully: Scolarship Edition – Oldschool of the dead

Y’a un truc qui m’agace un peu et que j’entend tout le temps, c’est le fait que tous les jeux Rockstar se retrouvent à un moment où à un autre irrémédiablement titulaires de l’étiquette « par les créateurs de Grand Theft Auto ». qu’ils se nomment Red Dead Redemption, Manhunt, Table Tennis ou bien encore The Warriors. Le problème, et vous le savez sans doute déjà, c’est qu’il existe plusieurs studios Rockstar éparpilles à travers le monde. Ainsi il est toujours très étonnant d’apprendre que le studio Rockstar North, responsable des GTA est basé… à Edinbourg, en Ecosse ! On doit la saga des Red Dead à Rockstar San Diego (là par contre ça surprend moins) a qui on doit également le très sous-estimé Smuggler’s Run ou les Midnight Club ; The Warriors est dû à Rockstar Toronto et Rockstar Vancouver est donc le responsable de  »Bully’ !

Et après cette introduction tout en didacticiel qui n’a aucun rapport avec le sujet et qui est juste là pour vous apprendre des trucs que vous savez sans doute déjà, on va pouvoir parler de Bully. Le jeu a déjà 4 ans dans les pattes mais on ne lui en veut pas tellement, il est tellement… unique. Des défauts, des qualités, une personnalité, une ambiance. Pas le genre de jeu qu’on voit tous les jours, et c’est tout à son honneur.

Notez qu'il regarde dans les yeux

Bully raconte donc l’histoire de Jimmy Hopkins, un jeune adolescent de 15 ans qui après s’être retrouvé viré de plusieurs établissements, fini abandonné par sa mère (et son tout frais beau-père) dans le pensionnat Bullsworth, dernière étape avant la maison de redressement et toutes les autres joyeusetés. Dans ce pensionnat, Jimmy pense pouvoir refaire sa vie et repartir du bon pied, sauf que très vite il se fait racketter et se rend compte que cette école est sérieusement pourrie de l’intérieur. Les racketteurs, les caïds, les gangs… Il va falloir un homme héroïque pour s’élever et leur montrer le chemin de la justice: cet homme sera Jimmy.

Bully est un jeu qui possède, de manière surprenante, un héros fondamentalement bon. Certes un peu bourrin et adepte de la méthode du cassage de trogne, il reste un personnage non dénué d’un certain don d’observation, et qui veut vraiment pacifier le collège sans trop d’arrières pensées. Et dans les jeux sandbox comme celui-ci, c’est au final plutôt rare ! De la même manière, l’univers de Bully se montre très vite gras, caricatural et un peu grotesque mais jamais véritablement violent: c’est un jeu où personne ne meurt, on ne peut pas tuer et où le crime le plus haut du jeu c’est taper une petite fille. Mais cela évidemment, n’empèche pas de pouvoir tabasser des membres de gang, rouler à fond en vélo dans les rues de la ville et jeter des bombes puantes sur tous les nerds que vous pouvez croiser.

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Et l’univers de Bully est surtout extrêmement riche. En plus des missions scénaristiques et des missions annexes, on vous propose vraiment de faire énormément de choses en parallèle, et cela est amplifié par le fait que votre personnage doit avoir un rythme de vie particulier. Il ne peut ainsi pas rester debout toute la nuit (il s’évanouit vers 2h du matin et se réveille constamment vers 8h du matin, peu importe l’heure à laquelle on se couche), il doit respecter le couvre feu (si un flic ou un pion vous voit après 23h, ça barde), si possible aller en cours… Bref à certains moments j’ai eu certains souvenirs assez tendres de Persona 3 où on devait aussi se coller sur un rythme et bien profiter de nos heures libres pour les exploiter au maximum. Sauf que Bully est, bien entendu, bien plus libre. Ainsi comme j’ai dit, en dehors des missions, on vous proposera des pelletés de mini jeux, un concept de cours assez génial (dix cours à suivre, chaque cours ayant son propre mini jeu, le cours de biologie vous demandera ainsi de dissequer des animaux le plus vite possible, le cours de musique vous offrira un jeu de rythme, le court d’art un mini-jeu semblable à un vieux jeu des années 80 dont le nom m’échappe…), des jeux d’arcades, des mini jeux de foire, des courses de vélo, de kart… On y retrouve vraiment toute une richesse comparable à un GTA Vice City mais dans un pensionnat anglais et une minuscule ville d’inspiration nord-ouest des Etats Unis.

Et là je me dois de saluer les succès du jeu, qui savent mettre en valeur tout ce contenu, encourageant le joueur à tout tester et à tout faire au lieu de rusher les missions comme un bourrin. Comptons en plus le fait que la plupart des succès font rapporter une petite récompense en joueur, et vous obtenez un très beau travail sur les succès. Bon il reste 2/3 trucs assez débiles (le succès où on doit arracher 50 fleurs, j’ai encore pas tellement compris le trip) mais qu’importe.

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On note également la jolie transposition du système de gang dans la vie scolaire. Là où les jeux sandbox classiquent proposent des gangs souvent basés sur des origines éthniques, Bully ne pouvait évidemment pas se le permettre. Du coup les gangs correspondent tous à un cliché des lycées américains: on retrouve ainsi pèle mèle les caïds (habillé comme des loubards des années 50 et tout droits sortis de Grease), les nerds (peureux, usant de stratégies pour compenser leur faiblesse physique et considérant le jeu de rôle comme la chose la plus importante au monde), les bourges (consanguins, hautains, détestables et un peu à coté de la plaque) où bien encore les sportifs (forts mais cons.) Ca ne tente pas d’être subtil et on a presque envie de dire que c’est tant mieux tant ce coté caricatural et exagéré fonctionne impeccablement. Chaque gang étant en plus considérablement développé puisque chaque chapitre du jeu est plus où moins dédié à un gang. Et ça offre de bons moments.

Cependant, je serais plus critique envers le scénario du jeu, et sa narration: le jeu est très loin d’être passionnant sur ce coté là. Forcément très prévisible, le jeu est dénué du moindre rebondissement avant le dernier chapitre, et les cinématiques sont loin d’être un must. J’ai pas mal peiné à m’intéresser à ce qu’il se passe pour être franc, et je crois même avoir skippé quelques cutscènes. Les personnages sont en fait loin d’être très attachants. Jimmy, le héros, me semble ainsi être globalement assez banal. Il manque de véritables signes distinctifs, d’un véritable caractère, semble parfois incohérent d’une cinématique à l’autre, n’a jamais de caractère vraiment fixé. Et même le grand méchant du jeu, Gary, échoue car on ne le voit au final que… très très peu. Et que son machiavélisme n’est jamais très OUF. Il nous en faut plus pour nous faire bander sur ce plan là. Globalement, à part Russell (« Russell love hurting people FOR PEACE »), aucun personnage ne me laissera un souvenir impérissable, même si je dois saluer Rockstar qui fait en sorte que chaque personnage antagoniste ne soit pas vraiment totalement une ordure… à part Gary bien sûr.

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Mais le plus gros défaut de Bully – même si il est loin d’être insurmontable – c’est le fait qu’il a… vieilli. Le jeu est ressorti il y’a seulement deux ans sur 360 et Wii mais les graphismes sont tout juste agréable (on ne s’en plaint pas mais on est pas sur le cul non plus), pas mal de mécaniques de jeu sont quand même assez inacceptables pour un jeu sorti un mois après GTA IV (pas pouvoir recommencer directement la mission après un échec, et être obligé d’aller rebouger son cul a l’endroit où la mission est donnée, tant pis si faut se taper toute la map ; PAS. D’AUTO.SAVE.), la jouabilité est purement et simplement la même que GTA San Andreas et on a de gros problèmes de frame rate ici où là qui fait que le jeu rame un peu de temps à autre. Ce n’est pas des défauts terribles, et ils sont faciles à oublier, mais il faut juste être au courant et en avoir conscience. En tout cas pour ma part, ils n’ont pas gaché le plaisir global que j’ai eu à jouer à ce jeu. Et encore une fois, des très bons points à son ambiance. La carte est franchement sympa à parcourir – ni trop grande, ni trop petite -, le fait que la ville soit un peu dans toutes les époques, son architecture, le fait que la ville fasse quand même très vivante, ses quartiers distinctifs…

Et ouais, j’ai pris mon pied sur Bully. Le jeu se révèle un des sandbox les plus « uniques » qu’il m’ait été donner de faire, un jeu dont on est assuré de ne pas l’avoir vu avant et qui a sa propre personnalité, denrée rare, et qui du coup se révèle extrêmement attachant du début à la fin. Il n’est certes pas parfait, mais au prix où je l’ai payé (15€), il les valait TRÈS LARGEMENT. Le jeu est disponible très facilement à petit prix, donc si vous avez peur de vous ennuyer pour la fin de l’été, ce jeu peut très bien faire l’affaire.

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3 réactions au sujet de « Bully: Scolarship Edition – Oldschool of the dead »

  1. Tiens le jeu qui m’a valu de perdre un paquet de points au quizz PS2!…

    C’est ça s’avoir en même temps la bonne réponse et l’impatience d’attendre son tour…

    Sinon de mémoire je me dirais que le plus grand exploit de ce jeu à réussir est de voler un scooter sans se faire prendre…parce que le policier qui apparait deux mètres derrière toi dès que tu commence à essayer, là c’est vraiment abuser (surtout que tu ne peux même pas garder le véhicule après coup dans ton garage).

  2. Hum je passe par là juste pour préciser que pour ce qui est du gameplay etonnament le passage sur Wii change tout, les combos à la wiimote changent la donne de façons considérable.

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