Cinq centimètres par seconde – Allons voir les cerisiers en fleur l’an prochain

Cinq centimètres par seconde – Allons voir les cerisiers en fleur l’an prochain

L’appréciation subjective d’une oeuvre est, au final, toujours une question de contexte. C’est un fait qui m’apparaît de plus en plus indiscutable. Si Persona 3 est un de mes RPG favoris, ce n’est pas simplement pour ses qualités objectives indéniables mais parce que j’y ai joué à une période ou j’étais réellement déprimé, frustré et inquiet vis à vis de très nombreuses choses. Le jeu avait alors réussi à me parler, à toucher certaines cordes et à m’envoyer les encouragements nécessaires pour me faire réaliser ce qui n’allait pas et me sortir de ce qui était alors un très mauvais pas. Étrange à première vue pour une histoire impliquant des étudiants combattant la nuit avec des esprits mythologiques parfois graphiquement douteux. Pourtant, c’est avec des petits détails, des petites histoires que le jeu avait réussi à me toucher et à m’aider à reprendre pied avec une « vie » que je commençais à voir de manière beaucoup trop détachée.

Ce que je vais dire est très personnel, et je m’en excuse, mais je traverse actuellement une période semblable à celle que je décrivais plus tôt. Mais à la différence de celle-ci qui avait été au final plutôt courte et facile à reprendre, je pense que je peux admettre que ça fait bientôt trois ans que je suis englué dans un sentiment très proche de la dépression, si cela n’en est clairement pas. Car cela fait trois ans que je peine à reprendre le fil d’une vie dont j’ignore quoi faire, et que j’occupe le plus que possible à éviter de penser et de me retrouver seul contre moi-même. Chaque nuit, je la décale à me coucher le plus tard possible pour rester le moins possible éveillé à chercher le sommeil et je l’occupe à dormir le plus possible parce que cela fait quelques heures de moins à être éveillé et à devoir s’occuper. La recherche du divertissement, la recherche d’une occupation constante d’activité que ça soit écrire, jouer, regarder des choses, lire reddit, participer à des débats de penis sur le net, sont devenus pour moi des priorités que je n’arrive pas à « déprioritisé. » Je n’ai plus de sentiments, d’envie pour quoi que ce soit d’autre. Et à chaque jour qui passe, j’ai l’impression que mes peurs les plus primaires prennent elles aussi une importance de plus en plus démesurée, à commencer par la peur de « gêner » mon entourage, mes proches. Cela fait que je m’isole de plus en plus socialement, que je me détache d’amis, de potes, de personnes que j’apprécie, par peur de les gêner, de les énerver, de les blesser, de les inquiéter. Et ça fonctionne ! Ce n’est pas le seul souci, loin de là, j’ai plein d’autres peurs mais je vais vous les épargner, le message est passé. La grosse joie dans ma tête, donc.

Bref, je réalise aujourd’hui de plus en plus de choses que je faisais naturellement il y’a encore six mois, et je saisis pourquoi je le faisais. Mais le problème, c’est que reconnaître avoir une déprime n’aide pas la déprime à s’en aller. Et là est tout le piège. Et depuis maintenant quelques semaines je lutte contre un mal que je sais identifié mais qui profite de la moindre baisse de garde pour me défoncer la rate façon fin de Rocky. Et dieu sait que je la baisse très souvent. Parfois même volontairement.

Donc voilà l’état d’esprit dans lequel je suis actuellement, et l’état d’esprit dans lequel j’ai lancé Cinq centimètres par seconde.

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Film d’une heure de Makoto Shinkai sorti en 2007. Il est en réalité composé de trois minis-films, qui racontent une histoire qui se suit. L’article qui suit va spoiler le film, désolé. Néanmoins, si vous n’avez pas vu ce film et que vous comptez le voir, ne fermez pas tout de suite l’onglet puisque je vais vous donner dès maintenant mon opinion rapide sur le film. Si vous voulez mon opinion objective, c’est très simple: c’est un excellent film. Peut-etre même, osons, un des meilleurs films d’animation japonaise que j’ai pu voir. Techniquement il est extrêmement soigné, une véritable beauté pour les yeux et pour les oreilles, avec des décors somptueux de part en part. C’est aussi et surtout une très belle histoire d’amour, très bien écrite, et qui sait se montrer extrêmement réaliste, quelque chose d’inattendu dans le milieu de la romance de l’animation japonaise. Enfin, le montage musical final est sans doute les trois minutes les plus émotionnelles que j’ai pu voir venant du Japon. Pour moi c’est très clair: c’est un authentique chef d’oeuvre que j’encourage vraiment à voir.

A partir de là, je vais décrire le film plus en longueur, balançant mes impressions, mes idées, mes théories, mes joies et mes frustrations. Ceux qui ont déjà vus le film y trouveront peut-être un avis semblable ou, au contraire, à contredire.

Déjà la première partie, oui, commençons par ça.

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Soyons clairs: je l’ai trouvée extraordinaire. Mais c’est sans doute celle sur laquelle je vais au final le moins en dire. Ce qui m’épate au final c’est à quel point Makoto Shinkai et son équipe arrivent à jouer avec nos émotions en se montrant le plus subtil possible. Subtilité. C’est ce mot qui résume sans doute le mieux la narration de l’ensemble du film, et c’est ce que cette première partie est. Subtile. Oh, je pense que certains d’entre vous me contrediront et il est facile de penser le contraire, en effet. La fin peut se voir venir comme un camion, on peut être agacé par ce long quart d’heure consacré à des trains qui se mangent de la neige dans la gueule. Mon avis reste celui-ci: c’est terriblement bien branlé. L’installation de la relation entre Tono et Akari, par exemple, est d’une qualité rare: on comprend très vite que les deux adolescents partagent des sentiments importants l’un envers l’autre, mais ce n’est pas pour autant clairement explicité. Ils tiennent l’un à l’autre, peut-être qu’ils ne comprennent pas encore, eux, très bien ce qu’ils ressentent mais nous on l’a compris pour eux et c’est là que ce voyage en train en devient d’autant plus poignant, frustrant et terrifiant. Dès les premières chutes de neige on comprend, à nouveau, aussitôt ce qu’il va se passer, quel obstacle cela va être. C’est à ce moment là que j’ai compris qu’on était à une autre époque, une époque sans téléphones portables, et là d’un coup j’ai eu peur pour le héros. Peur pour ce héros qui, impuissant de son retard, va se rendre dans une gare de Shroedinger, ou la certitude d’y être attendu n’est plus totale. Chaque plan sur la montre est d’autant plus cruel qu’on a tous connu un jour ce sentiment de désespoir d’être incapable d’être à l’heure à un rendez-vous ou à quelque chose d’important à cause d’un transport déficient. Quand le train se stoppe pour deux heures, on a envie de s’énerver plus que ce héros qui semble déjà s’être résigné, qui espère tout haut ne plus être attendu, pour ne plus inquiéter et gêner la personne que, pourtant, il aime.

La fin n’en est que plus belle. Elle l’attendait encore, même quatre heures et demie après, dans le froid d’une gare peu éclairée. Le soulagement, je peux vous assurer que je l’ai ressenti en même temps que le protagoniste principal, que je l’ai partagé avec lui. C’est un sentiment, une implication que je n’ai pas souvent eu devant un film ! S’en suit alors une scène extrêmement belle, qui tient lieu de confession, mais là encore préfère laisser parler les images plutôt que les dialogues. Une courte nuit entre les deux adolescents et, déjà, ils doivent s’en aller, rappelés à leurs obligations. Ils savent qu’ils ne sont pas prêts de se revoir dans l’immédiat, mais savent qu’ils tiennent quelque chose de solide, d’unique, de beau. Et on les encourage, et on y croit avec eux. J’ai trouvé ça triste, et je partageais ce sentiment terrible qu’est celui de dire au revoir à une personne de très proche sur le quai d’une gare, incapable de dire quand on va la revoir. Une petite larme sur ce passage, je le confesse. Mais le coeur chaleureux et plein de bons sentiments.

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Ce que je ne soupçonnais pas alors, c’est que mon coeur, ce film allait me le briser dans peu de temps.

La seconde partie commence alors. A nouveau confession: je n’avais pas immédiatement compris que le protagoniste masculin alors présenté était… le même que dans le premier épisode. Je n’avais alors pas retenu encore très bien son nom (ce foutu problème de mémoire pour les noms japonais) et son visage me paraissait un poil différent, même si j’ai du fumer la moquette en fait. Bref, changement de lieu, de temps, d’héroïne. Cette fois-ci, soucis de coeur pour une jeune lycéenne tombée amoureuse de notre héros mais qui ne sait pas comment le lui confesser alors qu’elle a construite toute sa vie autour de lui. Elle a choisie son école en fonction de son choix, elle gère son temps en fonction du sien… Mais se rend compte au dernier moment du mal qui le ronge et qui lui fera définitivement barrage.

Pour être franc, je n’ai pas été beaucoup touché par cette partie, ni très impliqué. Néanmoins plus je réfléchis dessus, plus je ne peux que m’agenouiller devant, là encore, une qualité d’écriture indéniable, toute en subtilité. Très vite, on ressent que le personnage de Takaki est super déprimé. Ca se sent vraiment à des tas de petits détails: son temps de réaction, son ton, son regard, ses envois de messages à des correspondants qui n’existent pas mais qui sont les seuls avec qui il peut réellement s’exprimer sur ses doutes, ses frustrations. On comprend très vite que la pauvre Kanae, malgré ses efforts, n’a pas l’ombre d’une chance. Sa seule erreur, au final, aura été de ne pas réussir à le faire parler, à le mettre en confiance. Mais aurait-elle pu le mettre en confiance tellement le garçon semble tout faire pour s’isoler, s’enfermer seul avec ses doutes ? C’est comme ça que je l’ai vu. Bon par contre, je parlais plus tôt de subtilité mais c’est vrai que la scène de confession de Kanae « ruinée » par une putain de fusée qui part dans l’espace c’est un peu un message gros comme un camion. Pas explicite, mais GROS comme un CAMION. Un camion qui serait en Arial size 788, c’est dire le gros. Mais ça passe. Même si là encore peu d’émotions ressenti de mon coté, même devant le désespoir évident de la pauvrette, qui voit ses espoirs être ruinés en une réalisation, une pensée. Et j’étais surtout inquiet pour Takaki, qui reste encore le véritable « héros » de cette histoire, même si il n’en est pas le narrateur.

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Enfin, la troisième partie, la plus courte, occupée à moitié par un montage musical sublime. C’est là que tout est définitivement mis en place et que le vent étant bien semé, la tempête peut être récoltée. Et quelle tempête dans la gueule putain. La dépression de Takaki est confirmée, tout comme la fin du couple Takaki/Akari. Takaki semble s’être donc fait jeté par une Akari certes toujours amoureuse mais qu’on comprend trop frustrée par la distance qui les sépare et qui ne supporte plus une telle situation. Tragédie donc pour un Takaki donc Akari était vraisemblablement la seule chose « importante » dans une vie de déprime et de désintérêt pour tout ce qui l’entoure. S’enfermant dans le travail pour ne plus y penser, partant dans une longue relation avec une autre jeune femme et dans lequel il ne semble pas tirer le moindre bonheur, il n’arrive pas à vivre sa vie sans son amour de jeunesse, hanté par un mail de rupture qu’il ne semble, pourtant, pas vouloir retirer de son téléphone. De son coté, Akari s’est fiancée avec un autre homme et semble heureuse. De ce que je dis là, une fois encore, rien n’est expliqué mais c’est l’histoire qui semble être racontée en à peine six minutes d’indices et d’un montage musical impeccable.

Et la fin. Ah la fin.

Extrêmement frustrante cette fin. Ces deux personnes, très importantes l’une pour l’autre, semblent enfin se retrouver, peut-être même pour la première fois depuis cette nuit d’hiver qui a vu ce couple se créer. Et là, on ne peut qu’admirer la beauté de cette scène, de ces trains qui se croisent, de ces deux âmes longtemps séparées mais qui n’ont plus qu’a attendre quelques secondes pour enfin se retrouver… et elle n’est pas restée. Elle n’est pas restée. Là j’ai vraiment été sous le choc. C’était pourtant ce qui devait arriver, ce qu’on voulait qu’il arrive, une happy end, ou deux âmes qui se sont longtemps perdues enfin se retrouvent, enfin sont récompensées d’une longue patience, de nombreuses épreuves. Non. Ce n’est pas ce que Makoto Shinkai a voulu nous offrir. On peut penser qu’il se montre là juste sadique. Pourtant, au fond, je savais que c’était la meilleure chose. Que Takaki ne supporterait pas, justement, de la revoir, de découvrir qu’il n’avait vraiment plus aucune chance avec elle, de briser peut-être cette image qu’il avait d’elle. Mais, et c’est là que la scène est très belle, il s’en sort finalement avec un sourire. Il sort heureux. Parce qu’il a enfin pu effectuer avec elle cette promesse qu’ils se sont faites quand ils étaient enfants: celles de revoir les fleurs de cerisiers éclore ensemble, au moins une fois. Ils n’avaient pas pu remplir cette promesse à cause de la neige, et là ils y arrivent, même si ils ne se regardent pas dans les yeux. Mais ils sont là, un court instant, au même endroit, sous les cerisiers en fleurs, ces mêmes cerisiers qu’ils s’étaient promis de voir. Et Takaki peut, peut-être, enfin commencer à s’en sortir. D’ailleurs on sent qu’il commençait juste avant à commencer à s’en sortir: son appartement était enfin rangé, il semblait travailler, son regard était moins vite. Peut-être que la personne qui l’avait précipitée dans la déprime sera celle qui l’aidera définitivement à s’en sortir, même en ne restant pas à ses cotés.
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En écrivant ce paragraphe, quelques larmes me sont montées aux yeux, ce qui témoigne peut-être un peu de la grande émotion de cette troisième partie, de cette émotion qu’elle m’inspire. J’en fais peut-être un peu trop dans le pathos ce soir, désolé, vraiment, mais oufff ça le mérite vraiment je pense. Car encore une fois je veux vraiment souligner toute cette clarté dans les émotions et les sentiments que ce film veut nous faire ressentir. Il est loin d’être aussi tire-larmes que je peux le faire penser. On est loin d’un épisode 8 de Clannad et ses violons de partout avec ce message « faudrait que tu pleures » un peu en boucle à chaque scène. Là tout est tiré toujours très subtilement et il est indéniable que mes émotions actuelles y jouent beaucoup car pendant ces dix minutes, je me suis senti comme Takaki, je me suis retrouvé en lui, j’y ai retrouvé nombre de mes doutes, de mes frustrations actuelles. Et j’y vois, là aussi, un message, un symbole. Ce genre de choses auxquelles je suis très attaché.

D’ailleurs j’ai découvert que le Blu Ray contenait un montage « long » faisant office d’AMV avec l’ensemble de la chanson. Pas facile à revoir immédiatement après s’être pris cette claque qui est la fin, mais oufffff c’est bon.

Bref, inutile de dire que Cinq centimètres par seconde est une oeuvre qui me rend admiratif et pour laquelle je viens de tomber instantanément amoureux. Je suis admiratif de la qualité technique, sonore et narrative de ce petit bijou d’une heure. Et, surtout, j’aime quand quelque chose arrive à autant me toucher, à me laisser groggy, à me faire réellement réfléchir sur des choses importantes. C’est claque émotionnelle assez différente des Enfants Loups qui m’avait marqué pour des tas d’autres raisons. Là c’est vraiment ce sentiment d’avoir face à quelque chose qui me parle personnellement. Je l’aurais vu il y’a deux ans (aux Utopiales de 2010, par exemple) j’aurais moins apprécié, parce que je n’aurais pas forcément… « tout compris. » J’aurais moins été investi, moins impliqué, j’aurais moins ressenti ce film.

Enfin voilà, ma conclusion est: merci Makoto Shinkai et merci à toute son équipe pour un travail aussi époustouflant. Merci.

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8 réactions au sujet de « Cinq centimètres par seconde – Allons voir les cerisiers en fleur l’an prochain »

  1. Un film magnifique certes mais totalement vide pour moi. Shinkai, comme toujours, privilégie la forme au fond. En résulte un ennui profond, j’ai du le regarder en 3 fois (si je l’avais vu d’une traite, je crois que je serais encore en train de dormir à l’heure actuelle)

  2. J’aurai aimé arriver avec la solution au sens de la vie, tout ça, mais les conseils de mémé, c’est 100% de masochisme et aucun miracle. Fréquenter des gens outrageusement énergiques et de bonne humeur, se lever le matin, fuir les batailles de pénis, de deux solutions toujours choisir la plus chiante. Tant que tu te rapproches des idéaux que tu te fixes, la vie m’a l’air assez intéressante pour ne pas être flinguée.

    Quoi qu’il en soit, oeuvre ajoutée à la longue liste des choses à voir un-jour-prochain-indéterminé. Cela-dit, vu l’état dans lequel m’a laissé Voice from a distant star, j’imagine que ça vaut son Madame détective et essaierai vraiment de ma la procurer.

  3. Salut Amo

    Ca fait un petit bout de temps que je suis ton blog, découvert sur aggregator sama à l’époque où je regardais des animes. Je n’en mate plus depuis longtemps, mais ton blog reste dans ma barre de favoris ;). Enfin voilà ton intro m’a fait sortir de mon lurkage, tant ce que tu racontes se rapproche de ce que je vis (http://i.imgur.com/CPq0b.png). Existence un peu vide et sans but, rythme de vie complètement décalé, divertissement sans passion (reddit, jeux, youtube, j’en passe), chômage qui dure. Pour ma part je ne parlerait pas de dépression, plutôt de grande lassitude. Ma copine me sauve un peu j’imagine, ainsi que dans une moindre mesure les amitiés que j’ai réussi à entretenir. D’après quelques discussions que j’ai pu avoir, c’est un sentiment des plus courants chez nous les « jeunes ». Et avoir un job ou une copine n’y mettra pas fin.
    La plupart des personnes résolvent cette épineuse question du sens de leur vie en faisant des gosses, c’est un peu triste à dire mais c’est vrai. On peut sinon se chercher une vocation, dans son travail par exemple (en call center ça ne le fera pas je te l’accorde, en revanche monter sa propre boîte peut être un rêve qui en vaut la peine), en politique (quid de ton aventure au front de gauche? Au fait je te conseille vivement les conférences de Franck Lepage et Etienne Chouard si t’es en mal de pensée politique), dans les arts (je me remets péniblement au piano, pour mon plus grand bien), voire dans l’aide de son prochain (je me suis inscrit dans une association enseignant l’informatique aux habitants de la ville, c’est très gratifiant). Et n’oublie pas que ton blog a de fervents lecteurs, même si certains sont un peu lents à se manifester!
    Voilà, quelques idées qui semblent marcher pour moi, et, qui-sait vu nos similitudes, pourraient s’appliquer à toi. En tout cas soit fort dans cette période sombre.

    Sinon je plussoie bienévidemment « 5cm per Second », l’ayant fort apprécié à l’poque où j’étais en plein spleen romantique. Le film a l’air de fonctionner tout pareil en situation de spleen existentiel, good good donc. A regarder seul je dirais, pour un maximum de sensations.

  4. Et fait, je crois que j’ai arrêté de regarder des animés à temps plein après avoir vu 5cm/sec. C’est peut être bizarre de dire ça, mais il y a eu pour moi, un avant et un après 5cm/s. J’était à l’époque un peu dans la même situation que Tataki. Le train, la neige et les cerisiers en moins.

    En juillet je suis monté à Paris uniquement pour lui à la Japan Expo, pour lui dire merci pour son film.

    Comme tu dis, on apprécie les films selon l’humeur du moment. Et bien pour l’instant, rien ne m’a plus touché que cette scène finale. Rien.

    (par contre, les bonus du blu-ray sont quand même pas mal, son interview et ses prises de vue et « La fille et le Chat »)

  5. Alors que tout film est fait / présenté en sorte que le spectateur se sente redevable de l’avoir vécu, le minimum serait une prise de distance avec l’oeuvre. Encore plus quand il faut émettre une analyse, en décryptant les mécanismes qui jouent ou non dans la réalisation. Voir simplement s’aviser d’émettre la moindre critique (qui n’en serait pas une), car sentimentalement trop impliqué, au risque hélas de produire un chiffon dégoulinant de niaiserie, même volontaire.

  6. Merci pour les petits messages de soutien (j’en ai aussi reçu quelques uns par mail, c’était assez chaleureux.)

    @vrille :
    Ce genre de « chiffon » émotionnellement impliqué, beaucoup plus personnel, j’avoue que c’est ce que j’aimerais voir plus régulièrement sur les blogs personnels, si possible mieux écrit que les miens, parce que je suis pas forcément le type le plus doué au monde pour exprimer avec le vocabulaire nécessaire mes sentiments et rendre hommage à des choses que j’apprécie. Ce que tu as l’air d’honnir, j’ai envie que ça devienne une norme. Pas forcément aussi extrême que ce billet qui est aussi pour moi un grand cri du coeur.

    Sur les sites à l’ambition plus professionnelle, nous sommes d’accord que cela n’aurait pas sa place. Et encore heureux, ce site n’en a pas réellement. Il reste aussi pour moi un laboratoire. Dans ce contexte là, je ne trouve rien de choquant à vouloir retranscrire les sentiments ressenti devant un film vu une heure avant l’écriture du billet. Chacun ses envies et sa came.

    @Faust : Justement, j’affirme clairement que ce « fond » est présent, et qu’il est excellemment bien raconté. Pour une fois qu’un auteur arrive à raconter une histoire d’amour de manière intelligente et bien ancrée, ça sera bête de ne pas le reconnaître, amha.

    1. Entièrement d’accord.

      Le principe du blog est totalement mort quand les gens ont commencé à s’en servir pour vouloir donner une image « parfaite » d’eux. Au final, rien n’est aussi beau et agréable à lire que les blogs qui savent rester « vrais » et donner leurs émotions en pâture aux lecteurs.

      Bref, j’ai adoré cet article, autant que le film. Mais si je peux relire cet article mille fois, je doute de jamais revoir « 5 centimètres par secondes », Makoto Shinkai a forcé et imprimé trop d’émotions en moi pour que je puisse le revoir sans pleurer. Mais merci pour l’article qui m’a permis de revivre ce film avec un moindre cout émotif 🙂

      red

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