Mangas & Animes

We Are Between (presque 100 films – part IV)

Je me demande parfois si je suis pas trop gourmand. Si je m’engagerais pas trop souvent sur des concepts qui sont bien sur le papier mais qui sur le long terme sont vraiment nocifs. Là par exemple mon principal enseignement après cinq mois de chômage c’est que effectivement je fais beaucoup trop de trucs et autant c’était ok de parvenir à gérer ça quand j’avais un taf où la moitié du temps je n’avais rien à faire (donc du coup je me lançais dans mes projets divers et variés pour passer le temps et “rentabiliser” les moments passés coincés sur un bureau) autant maintenant étrangement c’est plus chaud de trouver l’équilibre entre “je fais ça par hobby” et “ça devient une sorte de taf pas payé.” Donc est-ce que se donner l’objectif de mater 100 films dans un tel contexte, alors que je parviens à m’overbooker dans une période où je suis censé être inactif, c’est pas se tirer une balle dans le pied?

Effectivement !

Du coup je sais pas si je verrais 100 films en 2022, mais je continue d’avoir une grosse liste de films que j’ai envie de voir et de tester et, malgré une réduction brutale mais attendue du rythme à ce printemps, le matage de films continue ! Pour ce 4e article, ça va être pas mal de films très récents qui vont être au programme. Donc ne patientons pas plus et allons-y !

Vous pourrez retrouver les articles de cette série sur ce tag !


#023

Mobile Suit Gundam: Hathaway’s Flash

2021 – Sunrise – Réalisé par Shukou Murase

Damn je l’ai vu début avril ça commence déjà un peu à dater. Faudrait que je trouve un réflexe genre j’écris mon avis juste avoir vu le film, un truc comme ça.

Du coup assez simplement: c’était un excellent moment ! Je suis content de m’être replongé un peu dans l’UC juste avant – même si c’était les horribles films Zeta – car ça m’a permis de me remettre en mémoire quelques noms, et comprendre plus vite certains enjeux. Je reste néanmoins assez satisfait des efforts qui sont fait dans l’écriture du film (qui adapte un roman du début des années 90 si j’ai bien compris ?) pour remettre tout bien en contexte comme il faut, ce qui en fait un film mine de rien beaucoup plus accessible et bien plus accueillant pour un large public qu’on pourrait y songer. Surtout qu’il est esthétiquement superbe et avec un bon rythme dans la manière de dépeindre son intrigue, ce qui n’est pas malvenu !

Deux choses surtout vont marquer mes mémoires de ce film: la première, c’est le personnage de Gigi Andalucia qui est effectivement très… magnétique. Tous les personnages principaux de ce film semblent avoir une étrange fascination pour elle, ce qui est retranscrit dans le film par une mise en scène qui la met incroyablement en valeur à chacune de ses apparitions. Que ce soit via le soin apporté à l’animation de ses forts nombreux cheveux, ses expressions, son dynamisme… Même si sur le papier c’est toujours un peu compliqué de comprendre exactement l’importance du personnage, on voit très bien et on comprend très bien pourquoi les héros ont un truc pour elle. Parce que nous aussi, on a vite un truc pour elle.

La seconde chose c’est toute la scène de bataille urbaine qui se déroule au milieu du film, et qui nous fait jongler entre plusieurs points de vue, y compris et surtout celui des civils au sol qui assistent impuissants à un combat entre deux Gundam au sein d’une ville pleine à craquer. Les explosions, les rayons lasers qui partent s’abattre dans des bâtiments, les très nombreuses victimes collatérales, le chaos de la bataille… C’est une scène vraiment forte, particulièrement efficace dans sa manière de dépeindre la cruauté et la violence des guerres sur les populations civiles, et qui se conclut paradoxalement par une des scènes les plus esthétiquement belles du film, avec un combat mano à mano entre deux méchas qui se fait tout en lumière et en jeu d’ombre.

Bref, j’y ai pris pas mal de plaisir et j’ai plutôt hâte de pouvoir regarder la suite – même si manifestement sa production a été très impactée par le COVID donc c’est pas forcément pour tout de suite. J’imagine que ça me laisse le temps de m’attaquer à Unicorn ou à Char’s Counterattack ? Yolo, comme on dit.

PS: le Xi Gundam il est trop cool <3.

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#024

Chuunibyou demo koi ga Shitai! – Take on me

2018 – Kyoto Animation – Réalisé par Tatsuya Ishihara

Ah Chuunibyou… Je me souviens que j’avais un peu laissé tomber la saison 2 parce que la tendance qu’avait la série a sans cesse retourner au status quo m’avait un peu trop gavé. La bonne nouvelle c’est que manifestement j’ai pas loupé grand chose en ne matant pas la fin de la saison 2 parce que le film est tout à fait compréhensible sans l’avoir vu.

Et il est… honnête. Ouais c’est ça, plutôt honnête. C’est du Kyoto Animation donc c’est beau, c’est dynamique, les décors sont bien faits, le rythme fonctionne… Y’a des gags qui ont un bon timing comique donc c’est un peu drôle par moment… La relation entre les deux héros est mignonne… Y’a un enjeu dramatique qui arrive à la fin même si ok il est désamorcé de manière aussi abrupte qu’il démarre…

Mais j’ai grosso merdo pas grand chose à en dire et pas grand chose à en penser, pour être honnête. Ce n’est clairement pas le plus remarquable des films de Kyoto Animation comme Chuunibyou n’est pas la série la plus remarquable du studio. C’est gentil, c’est rigolo, mais ça reste assez prudent dans ses propositions. C’est un film un peu sage, quelque part, qui plaira aux fans de la série mais ne conquérera certainement pas un public de non-convertis, qu’il ne cherche même pas vraiment à toucher. Bon bah oui tous les films KyoAni ne peuvent pas être faits par Yamada et encore plus sublimer les séries qu’ils concluent, c’est des choses qui arrivent, faut que je l’accepte.

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#025

Le Roi Cerf

2022 – Production IG – Réalisé par Masashi Andou

La promotion autour du film nous donnait le sentiment d’être revenu en 2015: mise en avant sur le passif Ghibli de son réalisateur, comparaisons nombreuses à Princesse Mononoke dans la com et dans les médias, concentration de tous les beaux plans comportant nature et animaux… Je suis à peu près certain que quelque part à du être écrit “un film dans la lignée de Miyazaki”, et en même temps qui suis-je pour jeter la pierre parce que cette phrase est… vraie.

Le Roi Cerf est bel et bien dans un film dans la lignée de Miyazaki…

… mais Goro Miyazaki.

Parce que c’est clairement un film très similaire aux contes de Terremer.

Comme les contes de Terremer, on met en scène un univers d’heroic fantasy aux nombreux enjeux: des empires qui se font la guerre, un mystérieux virus-malédiction qui se transmet aux habitants d’un empire mais pas à ceux du royaume, un empereur qui arrive lentement en direction de la capitale du royaume créant une sorte de menace indiscible, l’histoire d’un héros qui va se trouver une nouvelle famille, héros qui a lui-même un passé lourd et prestigieux… Il y’a énormément d’histoires dans l’histoire sauf que, comme les contes de Terremer, aucune de ces histoires n’est convenablement bien développée. Certaines ses finissant même complétement en eau de boudin – pendant 2h on nous fout la pression autour de la mystérieuse figure de l’empereur, qui détruit nature et relies pour faire avance son gros dirigeable, tout ça pour que le gars apparaisse 2s à la fin, fasse littéralement coucou et reparte, sans rien résoudre ni rien amener.

Comme les contes de Terremer, le film n’est pas trop moche mais il ne possède aucun moment vraiment marquant, vraiment fort. Les scènes s’enchaînent en automatique, aucune n’est vraiment plus intense ou plus travaillée que la précédente, ça ronronne sans jamais vouloir tant nous épater, nous époustoufler. Comme les contes de Terremer, les héros semblent valdinguer d’un coin de l’univers à un autre sans vraiment que leur progression nous paraisse naturelle, logique.

Alors oui du coup y’a des loups comme dans Mononoke mais non, vraiment, ce film a tous les défauts des contes de Terremer sans même trop nous montrer en retour les qualités: ici pas de superbe OST, ni même de première scène un peu choc à base de parricide. Juste un film assez plat, qui n’est pas ridicule mais qui ne décolle tout simplement pas. Heureusement que la chanteuse millet débarque à la fin du film claquer une super chanson sinon je n’aurais eu tout simplement rien de vraiment positif à dire sur un film qui me rappelle vraiment l’époque des films IG chiants des années 2000. Un tel projet en 2022 me rend très circonspect tant, vraiment, Le Roi Cerf semble être sous tous les points un film d’un autre âge, qui aurait été acceptable il y’a vingt ans mais qui aujourd’hui n’est juste… pas intéressant.

(Mention spéciale pour la gamine absolument horrifiante, y’a aucun plan où elle est pas juste ultra-creepy et je suis pas sûr que ça soit voulu.)

(Pas de galerie de screenshot pour ce film !)


#026

Code Geass: Lelouch of the Re;surrection

2019 – Sunrise – Réalisé par Goro Taniguchi

Ok je commence à capter le délire des trips nostalgiques parce qu’on commence à arriver au moment où ça concerne des trucs qui ont marqués mon adolescence. L’autre jour par exemple je me suis surpris à écouter un live acoustique de Kyo enregistré cette année en mode “ah quand même c’était fun Kyo.” Bon bah ce Lelouch of the Re;surrection on est exactement dans ce genre de très sale délire vraiment très peu enrichissant mais qui satisfait une partie très précise du cerveau qui regrette cette période de la vie où j’avais pas à gérer un budget mensuel pour mon foyer.

J’ai pris un certain plaisir, du coup, à mater ce Code Geass Lelouch of the Re;surrection, suite non pas aux séries originales mais aux films récap de la série originale, avec quelques élements qui ont changés de ci de là. Cela implique donc la possibilité pour Lelouch bah oui de re;ssuciter comme le titre du film l’implique. Et pour lui de partir dans une nouvelle aventure avec tous ses amis (?) à base de royaume random qui vient troubler la paix mondiale et qu’il va falloir châtier (surtout parce qu’ils ont kidnappés LE perso qu’il fallait pas, pour être honnête.)

En vrai avoir ainsi ce shot concentré de Code Geass en 1h50 est à la fois sympathique parce qu’on y retrouve effectivement certaines des qualités de la série originale – le cast large mais très connecté les uns aux autres, le goût du rebondissement enivrant, les plans pétés finement exécutés – qui en font un visionnage globalement peu ennuyeux mais du coup, en contrepartie, c’est aussi une expérience très diluée: l’intrigue doit se poser extrêmement rapidement, les antagonistes de ce film sont inédits à celui-ci donc il manque clairement un passif personnel entre les héros et les antagonistes qui auraient pu pimenter les choses et, oui, la science du cliffhanger pété à la Code Geass marche pas aussi bien en film, quand la résolution au rebondissement arrive dans les minutes qui suivent.

Du coup je suis mi-figue mi-raisin: d’un côté j’y retrouve bien le Code Geass que j’ai aimé ado, de l’autre je suis assez frustré car en série ça aurait pu être bien plus intéressant. Tu auras pris la même intrigue mais sur 12 épisodes et tu aurais utilisé tout le temps en plus pour introduire et approfondir encore plus les antagonistes, mieux amener certaines scènes ou certains rebondissement ou mieux utiliser certains personnages secondaires (genre y’a un des lieutenants des antagonistes il a un Geass mais celui-là sert à keud pendant tout le film, c’est quoi son délire, pourquoi il existe ?), t’aurais eu un truc très canon et très solide, que je pense on aurait été nombreux à apprécier…

… enfin en tout cas, qu’aurait pu apprécier toutes les personnes ayant conscience qu’une telle série n’aurait jamais pu être aussi bien que les souvenirs et surtout l’image qu’on s’est crée des Code Geass originaux, ceux qu’on s’enfilait quand on avait 16 ans, haha. En tout cas, à défaut, ce film est tout à fait acceptable, et j’aime bien sa conclusion finale donc allez écouter, ça me suffira.

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#027

La chance sourit à madame Nikuko

2021 – Studio 4°C – Réalisé par Ayumu Watanabe

Vu en avant-première à l’UGC des Halles, en présence du réalisateur qui était très loquace durant la Q&A qui a suivi, ce qui était assez rafraichissant ! Son exploitation démarre à priori le mois prochain.

Le film en lui-même était assez sympathique: racontant l’histoire d’une mère (la fameuse madame Nikuko) et sa jeune fille, Kikuko, qui vivent ensemble dans un petit bateau amarré dans un port après avoir vécu de ville en ville au gré des mauvaises rencontres qu’a pu faire madame Nikuko qui est certes très sociale, très enjouée mais n’est pas forcément… très éclairée. Tout l’inverse de sa fille qui est plutôt cultivée, plutôt maligne, mince comme une aiguille, très sportive mais pas forcément très douée à très à l’aise avec le contact vers les autres.

On suit donc leur histoire dans un petit village marin du Japon, leurs rencontres, leurs évolutions, leurs dilemmes, le tout dans un film que je qualifierais gentiment d’un peu bordélique, qui va naviguer entre plusieurs petites histoires qui vont se raconter en parallèle pour se rejoindre dans une conclusion assez jolie. Sachant que ne vous fiez pas au titre: Nikuko n’est pas vraiment au centre du récit – c’est bien Kikuko la réelle héroïne, qu’on ne va quasiment pas lâcher du film.

Comme souvent avec les œuvres réalisée par Ayumu Watanabe, y’a une direction artistique qui est au top: nous avons là encore une fois des décors et des couleurs absolument somptueux, cette fois-ci utilisés pour entretenir un style visuel qui est un peu entre plusieurs âges, entre les œuvres modernes et les oeuvres plus comiques et plutôt à l’ancienne comme Doraemon – qui est clairement une des inspirations principales pour les expressions des personnages. C’est un mélange qui marche bien, et comme souvent on continue parfois d’expérimenter avec des scènes aux couleurs et à la mise en scène complétement modifiés. Comme Les Enfants de la Mer c’est un très beau film, mais dans un style radicalement différent.

Mon vrai reproche sera en réalité surtout vis à vis du rythme un peu étrange du film, qui alterne les histoires et changent trop souvent abruptement de scènes, créant des changements de tons, de rythme et d’ambiance qui parfois ne fonctionnent tout simplement pas. C’est un film assez bordélique, comme je l’ai dit, et ce bordel ne bénéficie à mon sens pas vraiment à l’histoire ou à l’ambiance que le film va poser: on a trop souvent l’impression d’avoir plusieurs films en un seul, et ils ne sont clairement pas tous du même interêt.

Mon autre reproche, vous l’attendez peut-être: en tant qu’obèse j’ai été mis… très mal à l’aise par la manière dont le personnage de Nikuko est mis en scène. Là pour le coup le film nous fout en plein dans la gueule la vision qu’ont les japonais et le Japon des gros, qui sont dépeints soit comme des moches dont personne ne veut (mis à part les exploiteurs) (car les obèses sont systématiquement très cons), soit des personnes dont le moindre geste est proprement hilarant. Regardez c’est marrant quand elle ronfle ça fait trembler le bateau !! Regardez quand elle court elle s’essouffle au bout de 10s et elle est bonne dernière !! Elle mange tout le temps, c’est hilarant ça !!! Regardez, elle ressemble à Totoro, haha c’est marrant hein ? Tous les clichés et les vannes sur les gros que le monde entier fait depuis des décennies sont là, et même moi qui pense être assez patient et relativement pas chiant là dessus, j’en suis arrivé à un point où j’ai fait une pure surdose.

Dans sa présentation du film Eurozoom essaie de dépeindre Nikuko comme une femme “joviale, bien en chair, qui se fout des canons de la beauté patriarcale” mais j’ai l’impression que le distributeur essaie de sauver les meubles: le film n’est clairement pas là pour dénoncer les “canons de beauté du système patriarcal”, loin de là ! Nikuko est même pas vraiment dépeint comme un être humain, finalement ! Elle est souvent dépeinte soit de manière monstrueuse, soit comme un genre de Totoro ! Mais jamais comme une… personne !?

Et le pire, c’est que y’a tout ce message censé être bienveillant à base de “t’es grosse mais je t’aime quand même” mais au final ça paraît juste ultra condescendant, ultra à côté de la plaque. Nikuko elle a pas besoin de votre pitié, elle a peut-être besoin… d’aide ? Y’a personne dans ce foutu village qui se demande pourquoi elle mange tout le temps ? Pourquoi elle est grosse ? Tout le monde se contente de la considérer comme un monstre de foire, et tout le monde – y compris sa fille – à l’air de trouver ça normal ? Personne veut vraiment l’aider ?

Plus j’y réfléchis, plus ça me saoule, d’autant qu’en plus à la séance y’avait un gars (et je lui en veux pas, le pauvre) qui avait un rire super audible et qui riait très fort à quasi toutes les vannes impliquant le surpoids de la meuf (et y’en a pas mal) donc moi j’étais là et ce rire je le prenais un peu pour moi, par proxy. Du coup ça a été une séance parfois un peu compliquée. Et il se pourrait que ça le soit aussi pour vous si vous êtes également concerné par ça – donc allez-y avec ça en tête.

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#028

Lupin III: Le Complot du Clan Fuma

1987 – TMS – Réalisé par Masayuki Ozeki

“Enfin un film du 20e siècle” dirons les fans d’archéologie, qui en ont sans doute assez d’avoir lu mes opinions sur 5 films très récent. Et un film Lupin III, en plus !

(Bon ok techniquement c’est pas réellement un film puisqu’il a été distribué directement en OAV d’après ce que j’ai compris. Je vais choisir de la considérer comme “film” au sein de cette collection parce que, eh, ça reste un long-métrage quoi.)

Bref, historiquement Le Complot du Clan Fuma est le quatrième film et marque le début d’une série de films Lupin distribués annuellement soit en OAV soit en format téléfilms, téléfilms dont certains seront plus tard réalisés par Osamu Dezaki – ce qui m’attire un peu, je vais pas vous mentir. Ici, Lupin III voit son compagnon de toujours Goemon se marier à l’héritière d’un grand clan japonais. Pendant le mariage des ninjas débarquent pour voler un vase précieux, normalement destiné à l’héritier du clan, vase qui pourrait être la clé vers un somptueux trésor…

Pur film d’aventure, comme souvent chez Lupin III, donc pas de surprise ici. L’intrigue est simple mais se suit sans déplaisir, faisant surtout la part belle aux scènes d’actions et là attention dans cet OAV y’a une des meilleures courses-poursuites en bagnole que j’ai jamais pu voir dans l’animation japonaise ! Voyant Lupin tentant de fuir une nuée de bagnoles de police, cette course-poursuite ultra-variée et au rhytme halentant va le voir essayer de les semer aussi bien dans une forêt que dans une auberge traditionnelle que les voitures vont essayer de parcourir tant bien que mal en détruisant tout sur son passage. Toutes les scènes impliquant des bagnoles sont méga funs dans ce film, et rien qu’elles valent le coup de mater les 1h10 du long-métrage. Je ne peux hélàs par contre pas en dire autant des scènes de combat plus classiques qui sont pas aussi dynamiques ou époustouflantes que les scènes d’action en véhicule mais écoutez, faut bien un équilibre dans les choses, j’imagine.

Bref, un bon ptit film Lupin que voilà. Pile ce que j’en attendais, avec derrière le bonus de voir Lupin démolir un onsen avec sa Fiat 500. Et damn, je veux paraître trop horny sur ce blog mais qu’est-ce que je kiffe le design de la Fujino des années 80. Y’a ce petite charme qu’on retrouve plus dans sa représentation actuelle (même si en contrepartie on a gagné Miyuki Sawashiro donc !)

(Note: les fans de Lupin III signaleront d’ailleurs que c’est un des rares films ou tous les doubleurs ont été modifiés suite à des soucis contractuels donc on ne retrouve pas les voix “classiques” de la franchise – qui reviennent normalement à partir du film suivant. Je ne m’en suis tout simplement pas rendu compte pendant le visionnage donc j’imagine que les remplaçants font un bon taf mais voilà ça vous fera une anecdote à caser en soirée.)

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#029

Summer Ghost

2021 – Flat Studio – Réalisé par loundraw

Projeté cette soirée au Grand Rex, dans une salle bondée mais où personne n’a retiré son t-shirt en hurlant à la moitié du film. Etait-ce du coup une bonne ou une mauvaise ambiance ? Je vous laisse du coup en débattre sur Twitter, ptdr. Dans tous les cas c’est l’une des premières réalisations de loundraw, artiste issu de toute cette génération un peu née sur pixiv, qui après avoir passé dix années à claquer des putains d’illu, a commencé à se lancer dans l’animation et la réalisation. Via d’abord des mini-clips (comme COSMOS par exemple) et puis ensuite via ce Summer Ghost, moyen-métrage de 40mn sur lequel il gère énormément de postes même si attention c’est loin d’être un projet solo – beaucoup d’animateurs et de superviseurs au générique.

Avant toute chose, pour moi Summer Ghost est quelque part exactement le film que j’attendais venant d’un tel contexte. Si tu me dis “un mec de 30 ans venant de pixiv et semblant kiffer faire des music video dans la scène amatrice japonaise décide de créer et réaliser un film” c’est presque ce Summer Ghost que j’attendrais derrière. Il est quelquepart le représentant “logique” de cette scène qu’est celle de l’animation amatrice et musicale made in Internet qui a pu se développer entre autres via la scène Vocaloid ou Utaite – on m’a par exemple cité aujourd’hui sur Twitter Harumaki Gohan et c’est vrai que c’est une comparaison très juste avec le style montré et dépeint dans Summer Ghost. Perso, quelques plans du film ont pu me faire penser à des MV comme Lower ou bien encore Gunjou Sanka mais c’est ptet aussi parce que je suis désormais trop impliqué dans Project Sekai.

L’animation du film est ainsi très brute, très grossière: y’a pas mal de scènes où clairement y’a des intervalles qui sont zappées, où ça recherche clairement pas la fluidité. C’est d’ailleurs une tendance assez “marrante” que je constate chez les jeunes animateurs amateurs issus du web ou soit ils vont être dans la recherche de l’ultra-fluidité, soit au contraire ils vont refuser cette “obligation” de la fluidité, avec un style où les intervalles seront moins présentes mais où l’idée est que derrière les images-clés soient plus “riches en sens.” Comme si l’animation devait s’extirper de cette nécessité d’être fluide pour être à la place plus enrichissante. Après, ça peut aussi être parce que la prod a été vraiment compliquée et que les animateurs se sont chiés dessus sous les deadlines mais vu que ce style “rugueux” est aussi présent dans certains mv de loundraw, j’aurais tendance à penser qu’il fait partie intégrante du style que le réal veut poser – Il expliquait durant la Q&A qu’il cherchait volontairement à faire le style le plus minimaliste possible.

Après c’est effectivement un style et une esthétique qui peut être déconcertante mais qui, une fois qu’on l’accepte, peut déboucher sur des très belles scènes – celle par exemple du déterrage de la valise, que je trouve vraiment forte. En réalité les vrais reproches qu’on pourrait faire au film sont plus sur son intrigue qui, à mon sens, met un peu de temps à démarrer: la narration dans les dix premières minutes n’est pas toujours d’une grande fluidité, et je me suis surpris à pas mal me perdre entre les différents points de vues présentés. En contrepartie, quand le film trouve son rythme et son élan, il marche bien – la fin m’a eu par surprise, et m’a bien eu. Je regrette simplement que les personnages de Aoi et de Ryou soient bien moins développés que Tomoya, ce qui peut donner l’impression que les thématiques lourdes que ces deux personnages portent passent un peu en second plan par rapport à ce que vit et traverse Tomoya.

C’est en somme un moyen-métrage pas désagréable qui, pour moi, malgré une intrigue simple qui va invoquer des thématiques déjà bien explorées (même si je soupçonne que loundraw en profiter pour raconter beaucoup de lui-même via le personnage de Tomoya) possède une patte et une personnalité assez forte, qui a un réel charme. Faut rentrer dans ce genre de proposition en terme d’animation, mais ça ne me paraît pas être une proposition illogique compte tenu de son créateur, de son équipe et du milieu dans lequel beaucoup de ces personnes ont baignées.

Quelque part j’aime ce film aussi parce qu’il est le représentant d’une nouvelle génération d’artistes, d’une jeunesse au sein de ce milieu et je suis très excité pour voir où est-ce que tout ça va nous emmener et comment ces personnes qui ont grandies dans le monde des clips, de pixiv et du post 11-septembre vont continuer à développer leur style, leur vision, leur manière d’utiliser et d’envisager l’animation, le design, les codes établis. J’ai hâte d’en voir plus.

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Et voilà pour ce 4e article de films ! On reprend un bon rythme, d’autant que là le nouveau Detective Conan vient de débarquer dans les salles, et j’ai quelques soirées tranquilles qui s’annoncent donc ça sera sans doute l’occasion de continuer à regarder quelques ptits trucs. Idéalement, j’aimerais enfin partir en direction de Je veux manger ton Pancréas et, qui sait, enfin me lancer ces DVD des films Cardcaptor Sakura qui attendent d’être ouverts depuis presque dix ans. On y croit, du coup ?

(Et oui, dégouté: j’ai loupé les séances de Free du coup. J’aurais pu aller voir du KyoAni dans des salles CGR vides, trop dégouté.)

(Comme Haru quand il est à plus de 2km d’une baignoire.)

Bref, allez on met à jour le très inutile classement des 29 films vus jusqu’à présent cette année, et on se dit à la prochaine, let’s go:

  • 29/ Zeta Gundam A New Translation film 2: Love is the Pulse of the Stars
  • 28/ Zeta Gundam A New Translation film 1: Heir to the Stars
  • 27/ Saint Seiya: Eris et la légende de la pomme d’or
  • 26/ Zeta Gundam A New Translation film 3: Lovers
  • 25/ Le Roi Cerf
  • 24/ Tropical-Rouge! Precure Yuki no Princess to Kiseki no Yubiwa
  • 23/ My Hero Academia World Heroes Mission
  • 22/ Jujutsu Kaisen 0
  • 21/ Detective Conan: The Scarlet Bullet
  • 20/ Kimi no Koe wo Todoketai
  • 19/ Golgo 13
  • 18/ Chuunibyou demo koi ga suitai: Take on Me
  • 17/ Princess Principal: Crown Handler – film 2
  • 16/ Detective Conan: Le Gratte-Ciel Infernal
  • 15/ Girls und Panzer das finale part III
  • 14/ Code Geass: Lelouch of the Re;surrection
  • 13/ La chance sourit à Madame Nikuko
  • 12/ Ride your wave
  • 11/ Lupin III: Le complot du clan Fuma
  • 10/ Sword Art Online Progressive: Aria of the Starless Night
  • 9/ On-Gaku: Notre Rock!
  • 8/ Summer Ghost
  • 7/ KonoSuba: Legend of Crimson
  • 6/ Mobile Suit Gundam: Hathaway’s Flash
  • 5/ Nos mots, comme des bulles
  • 4/ Looking for Magical Doremi
  • 3/ Pompo the Cinephile
  • 2/ Josée, le tigre et les poissons
  • 1/ Revue Starlight the Movie
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