Mangas & Animes

Mangarama de la romance légère

La Saint-Valentin c’était hier et sans toute ma timeline Twitter qui est célib je vous avoue que je l’aurais sans doute pas remarqué tant je me fous de cette fête. Du coup je m’en fous tellement que me voilà le vendredi 15 février à vous faire un article sur trois mangas romantiques qui m’ont tapés dans l’oeil récemment, dans la plus pure tradition des mangaramas de ce blog. Encore une fois je vais vous parler de trois séries et comme souvent dans cette rubrique ça sera du manga qui a des chances… euh… réduites de sortir en France. Je veux dire, j’ai sorti un tableur et j’ai fait le bilan de mes lectures de mangarama:

Je suis désolé, je condamne vos titres à ne pas avoir de version française. Quoique je pense que tout ça a abouti, sans que j’en aie conscience, à un sacrifice rituel qui a abouti à la sortie de Mai Ball au détriment de tous les autres titres. Worth it ? Worth it, ouais.

Tout cela étant dit, et maintenant que vous savez que ces trois mangas resteront à jamais loin des étals de vos librairies, on peut lancer ce mangarama.

Kanojo, Okarishimasu

Un jour je ferais un putain de livre de 300 pages dédié uniquement aux comédies romantiques du Weekly Shonen Magazine. A chaque fois elles me font rager, à chaque fois elles sont toutes ubër-dramatique pour rien, à chaque fois ça dure 30 tomes dont au moins quinze de trop mais à chaque fois ça baise à la fin donc écoutez, j’imagine que parfois la destination est mieux que le voyage. Je pourrais vous en citer des tonnes de séries construites sur ce même schéma, que je me lis pourtant sans déplaisir: A Town Where You Live, Love X Dilemna, Soredemo Boku wa Kimi ga Suki, Yamada-kun & The 7 Witches, Wagatsuma-san wa Ore no Yome, Good Ending, Again!! ou, bien évidemment, le papa du magazine, Love Hina. Damn, même Tsuredure Children et Seitokai Yakuindomo ça colle.

Donc voilà aujourd’hui déjà je vais vous parler de deux nouvelles romcoms du magazine (qui en contient, genre, six à l’heure actuelle ??) et encore une fois c’est pareil: c’est basé sur des dramas souvent très exagérés, y’a un goût du rebondissement qui invoque parfois des coïncidences abusées ou des incompréhensions débiles, les héroïnes tombent toutes amoureuses d’un héros finalement un peu nullard mais mais mais mais… damn, j’aime bien.

L’intrigue elle est relativement simple: on suit un étudiant nommé Kazuya qui vient de se faire larguer par sa petite copine et qui le vit médiocrement alors que, bon, tout le monde autour de lui savait que ça allait pas durer. Pour tromper son seum, il décide de faire appel à une application afin de louer des « petites amies de location », en gros des jeunes filles qui viennent passer la journée avec toi faire un faux rendez-vous, écouter tes soucis, bref une hôtesse mais uberisée. Il rencontre donc Chizuru, petite amie professionnelle, le courant matche bien, il décide de faire appel à ses services de temps à autres et, attention, damn, au bout d’un moment il découvre que c’est sa voisine ! Et pire, son entourage commence à être convaincu que c’est sa vraie petite amie, y compris sa grand-mère malade ! Du coup, il doit essayer de camoufler ce mensonge tout en sachant qu’il sort pas vraiment avec, et qu’en plus plein de meufs vont débarquer dans sa vie genre une autre petite amie de location qui elle a grave un crush sur lui ou, tout simplement, son ex qui semble… euh… ptet avoir encore des sentiments pour lui, on sait pas, elle traîne trop dans son entourage c’est zarb ?

Le tout est écrit et dessiné par Reiji Miyajima qui est pas nouveau au sein du Weekly Shonen Magazine puisqu’il a passé cinq ans à dessiner la série AKB49, une série ou un mec déguisé en fille se faisait engager au sein des AKB48 et devait cacher sa vraie identité. Il y arrive pendant 29 tomes. Yo.

C’est terrible parce que j’aime vraiment lire Kanojo Okarishimasu mais je serais vraiment incapable de vous dire les qualités de la série qui me font y accrocher. Je dirais simplement que c’est facile à lire. Je me souviens ainsi m’être tapé genre 40 chapitres d’un coup un après-midi ou j’avais des gros soucis de concentration et de moral, ça m’a aidé à me remettre sur les rails et j’ai pas décroché une seconde. C’est la romcom dans sa forme la plus simple et la plus conne, qui adopte clairement des codes de feuilleton à l’eau de rose: chaque chapitre se termine sur un cliffhanger, le chapitre suivant gère ça de manière plus ou moins réussie, et y’a pas mal de petites sous-intrigues qui viennent se rajouter au récit. Les relations entre les personnages évoluent à pas de fourmi, parfois y’a des trucs qui avancent et dix chapitres plus tard ça recule à nouveau, ça rend fou mais… y’a quand même envie de savoir ce qu’il se passe.

Puis j’aime bien le style visuel du manga, honnêtement. Rien de très flamboyant, c’est des traits assez simples mais les personnages sont très expressifs, parfois adorables, parfois sexy, ça marche à chaque fois. Et puis bon, l’auteur a aussi compris que parfois, l’attrait d’une bonne romcom ça reste d’avoir un bon casting et j’aime ainsi pas mal la plupart des personnages. L’héroïne, Chizuru, est pas mal complète, loin d’être conne, a des rêves, des aspirations, des principes sur lesquels elle ne déroge que rarement, bref elle est clairement établie dès les premiers chapitres et dépasse tous les archétypes qu’elle pourrait représenter au premier contact. J’aime aussi pas mal l’ex du héros, assez mystérieuse, bonne en répartie et toujours prompte à quelques petits coups fourrés incongrus. Et puis y’a évidemment la grand mère du héros, ultra otaku, best perso.

Même le héros loser, au final, je le déteste pas. Il reste un pur gland, je vais pas le mentir, qui est infoutu de dire les choses avec franchise ou certitude et du coup il se conduit un peu comme un bâtard (mec, si une meuf te dit qu’elle t’aime, réponds lui non si elle t’intéresse pas au lieu de la faire patienter comme une courge), mais au moins il essaie de réparer ses erreurs et il réagit à tout de manière très expressive donc, parfois, il est drôle. Même si comme d’habitude c’est le cast féminin qui reste l’atout principal d’une romcom, au moins le héros il est pas nul à 100%. Rep à sa, Seo Kouji.

Donc voilà pour Kanojo, Okarishimasu, qui sera idéal si vous cherchez une romcom simple, bête et méchante, qui se contente juste d’adapter les clichés de la romcom lycéenne à un contexte universitaire ce qui veut aussi dire que le héros vit dans un taudis mal rangé, qu’il se murge la gueule tous les dix chapitres et qu’il a le droit légal de faire autant de baito. Ca change tout.

The Quintessial Quintuplets / 5toubun no Hanayome

Un autre manga issu du Weekly Shonen Magazine, et lui est en plein boom de popularité suite à son adaptation animée donc je pense que vous visualisez ça mieux que Kanojo Okarishimasu. Ici, une nouvelle fois, une intrigue simple: Uesugi est un lycéen super pauvre mais super bon à l’école, n°1 dans tous les classements, et du coup un mec riche nommé Nakano débarque lui dit « mec je te file PLEIN DE THUNE si tu deviens prof de mes filles », le mec il fait ok, il débarque dans l’appart et twist de malade: il va devoir gérer ces cinq filles qui ont toutes le même âge car ce sont des quintuplettes. Et hélàs pour lui non seulement les cinq sont nulles en études mais en plus les cinq veulent pas vraiment de lui comme prof parce que, vous allez le voir, non seulement il a un caractère de cochon, non seulement y’a deux ou trois soeurs dans le lot qui ont aussi un caractère de cochon mais en plus l’ambiance familiale de la famille Nakano elle est généralement nulle de ouf.

4 > 1 > 5 > 3 > 2 btw

Je vais pas vous mentir, j’ai mis beaucoup de temps à entrer dans 5-Toubun, la faute déjà au fait que l’intrigue est putain de trop similaire à celle de We Never Learn: un pauvre qui devient prof de filles aux caractères très marquées ? Non seulement la coïncidence est malheureuse mais en plus je peux pas m’empêcher de faire constamment des comparaisons. Et, hélàs, le casting de We Never Learn est mille fois plus fun et attachant que celui de 5-Toubun.

Après… les deux oeuvres visent pas vraiment la même chose. Dans 5-Toubun, dès les premières pages tu sais que le héros va se marier avec l’une des cinq soeurs. Donc y’a un vrai focus sur l’aspect romantique que n’a pas We Never Learn, qui lui est beaucoup plus comique. Et à côté de ça, 5-Toubun va pas mal se centrer sur le développement de ces cinq héroïnes qui vont devoir, toutes, sortir de la coquille dans lesquelles elles se sont enfermées suite à un « terrible événement » de leur passé. C’est à la fois par les actions du héros mais aussi par leurs propres prises de décision que ça va se dérouler et, là dessus, 5-Toubun est convaincant.

J’avais aussi pas mal de problèmes au début avec le héros, que je trouvais quand même un peu chiant, vaguement moraliste et un peu incapable d’un contact social de qualité. Puis j’ai compris que c’était voulu et que lui aussi grandissait avec le récit donc, ok, ça va.

Du coup au final c’est après une trentaine de chapitres que je suis finalement rentré dans 5-Toubun et là aussi on retrouve à nouveau les qualités et les défauts des romcoms du Weekly Shonen Magazine: c’est facile à lire, y’a des bons rebondissements et les personnages sont bons mais derrière on continue à avoir une myriade de coïncidences débiles pour pimenter l’action et tous les rebondissements ne sont pas forcément bien assumés. Après je trouve que y’a une bonne nouvelle et c’est que 5-Toubun atténue pas mal ces défauts habituels: les développements sont bons, l’intrigue avance remarquablement vite par rapport aux autres séries du magazine et certaines scènes « choc » ont une vraie conséquence sur le reste du récit. Bref, ça ne tourne pas trop en rond, ça ne se disperse jamais trop en dehors de l’intrigue et l’auteur sait rester concentrer sur son cast principal, un truc que n’avait pas forcément bien compris des séries comme Fuuka ou Love X Dilemna. Bref, rep à sa Seo Kouji.

Bref, c’est pas une mauvaise surprise et, comme souvent avec les séries du magazine, les couvertures sont en plus vraiment chouettes. Je recommande presque et j’espère que, contrairement à moi, vous allez pas mettre 20 chapitres à différencier Itsuki et Nino parce que je suis désolé, deux soeurs aux cheveux longs et au caractère injustement agressif comment vous voulez pas que je confonde ?

Looking Up To You

Ca a commencé l’an dernier au sein du magazine Evening, c’est donc toujours du Kodansha, mais c’est vraiment tout chaud et y’a qu’un tome et demi de sorti jusqu’à présent, messieurs dames voici Miageru to Kimi wa, alias Looking up to you, un truc qui m’a fait fondre au bout de pile trois chapitres. Intrigue encore une fois concise puisqu’on y suit un lycéen nommé Yuuki qui est tout petit tout mignon et ce physique est la raison pour laquelle il s’est pris un gros râteau de la part de la fille qu’il aimait. Il a donc le coeur brisé, est convaincu que jamais aucune fille ne voudra sortir avec quelqu’un comme lui jusqu’à ce qu’il rencontre Chikako, une fille super cool, qui aime bien faire de la guitare dans les coins les plus improbables, qui fait genre 1m90… et les deux vont rapidement développer une relation à part.

(De l’amour, ouais.)

Là encore une fois rien de compliqué ou de révolutionnaire, juste l’envie de l’auteur (Makoto Kobori, qui a aussi fait une histoire beaucoup plus comique qui raconte le mariage d’une femme avec un mec ULTRA MEGA MUSCLE) de proposer à chaque chapitre un maximum de bons sentiments. Ca se fait très simplement avec un style mine de rien assez épuré, aux décors peu envahissants, et en se concentrant sur l’expression de ses personnages. Autant le héros va être ultra expressif, autant l’héroïne va rester cool dans toutes les circonstances, et c’est ce décalage qui rend ce couple extrêmement adorable.

En somme, c’est pas aussi complet que peut l’être, sur le même sujet, un Lovely Complex mais ça va direct à l’essentiel. Chaque chapitre a sa case, parfois sa page, parfois même sa double page forte, celle qui est juste trop cool, trop mignonne, trop adorable ou trop intense. L’auteur a que vingt pages par chapitres, et il en tire à chaque fois le maximum. Ca va donc direct à l’essentiel, c’est beau et réconfortant, ça me permet de me redonner confiance en moi, ça m’ouvre à un petit kink sur les filles qui ont une mèche devant l’un de leurs yeux, j’aime beaucoup, excellent moment.1

Et voilà, comme annoncé, Mangarama un peu plus court que d’habitude, je suis pas mal sous le feu des bombes en ce moment entre Japan Expo Sud à préparer (vous m’y retrouverez pour une conférence « popculture jap et montagne », d’ailleurs) , le début des préparatifs pour les Prix Minorin, les différents podcasts, les tentatives de survivre plus de deux minutes dans Apex Legends et plus encore. Mais on y survit ! En attendant, tchuss~.

  1. Rep à sa, Seo Kouji.
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8 commentaires

  • Setsky

    Bonjour Amo, question très bête : pour quelle raison es-tu sûr que les trois mangas que tu viens de citer auront peu de chance de sortir en France ?
    Je demande car j’aime beaucoup Gotobun no Hanayome, du coup j’avais espoir qu’il sorte chez nous assez rapidement :/

    • Amo

      C’est une boutade liée au fait que quand je parle d’un manga dans la rubrique « Mangarama », historiquement c’est rare qu’il soit sorti en France derrière, haha.
      Honnêtement, 5-Tobun c’est très probable que ça sorte chez nous: y’a une adapt animée et c’est une romcom du Weekly Shonen Magazine, ce qui sort souvent chez nous, au minimum chez Pika ou chez Delcourt-Tonkam-Soleil (Love X Dilemna, Fuuka, A Town Where You Live, Yamada, Good Ending, etc.)
      Kanojo tant que y’aura pas eu d’anime je retiendrais mon souffle mais les couvs sont suffisamment jolies pour qu’un éditeur tente le coup, I guess.

  • fuutarou

    Pour Go Toubun no Hanayome, vu ton classement tu risques d’être déçu, tout tend vers une victoire de celle que tu aimes le moins pour l’instant ^^

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