Archives mensuelles : avril 2017

3 idées reçues sur les studios d’animation japonaise

Article qui ne mérite pas une intro de fou car son principe va être très simple: essayer de mettre à mal quelques préjugés et idées reçues sur le fonctionnement de l’industrie de l’animation japonaise. On a beau en France tous consommer de l’animé à foison, c’est vrai qu’on a encore qu’une idée très vague de comment un animé est fabriqué et qu’on sous-estime peut-être un peu trop le travail humain nécessaire et les finances requises pour produire ne serait-ce qu’un seul épisode. 

L’idée de cet article est donc d’essayer d’éclaircir de la manière j’espère la plus concrète possible quelques points encore assez troubles, qui mènent à des phrases qui sont souvent assénées sur les forums et réseaux sociaux dès qu’il s’agit de parler d’animé, et plus particulièrement quand on évoque les studios d’animation, dont leurs rôles sont encore trop souvent fantasmés. On va donc se la jouer façon Décodeurs du Monde, je met la phrase et j’explique pourquoi elle n’est pas spécialement exacte !

Mais avant de commencer, rendons à César ce qui est à César: cet article récupère pas mal de ses infos de la conférence « La production d’anime », conférence organisée à Jonetsu 2.0 il y’a deux semaines par Yoka et Olivier Fallaix, ainsi que d’articles anglophones, particulièrement sur Sakugabooru. Bon et y’a l’anime Shirobako aussi, qui amène plein de vrais bonnes infos sur le milieu de l’animation.

Comme vous m’êtes sympathiques et qu’il faut bien illustrer l’article pour aérer un minimum, j’ai choisi de ponctuer cet article de gifs tumblr avec des personnages doublés par Kana Hanazawa. Parce que c’est comme ça que je roule.

1/ « Si l’animé est raté c’est à cause du budget »

NON.

En 2016, une interview a lieu avec Shingo Natsume et Chikashi Kubota, respectivement réalisateur et chara-designer de One-Punch Man, un des animés les plus techniquement impressionnants de ces dernières années. Au cours de cet interview les deux hommes sont formels: le budget des séries animées sont tous dans la même fourchette, « certains un peu plus, certains un peu moins, mais les différences ne sont pas imposantes. » Natsume renchérit: si One-Punch Man a pu avoir la qualité qu’il possède c’est car le projet a « eu la chance » d’attirer des « gens talentueux » qui n’étaient pas « motivés par l’argent » et qui ont « sacrifiés leur vie personnelle » pour pouvoir contribuer à l’animé.

Là on parle de One-Punch Man en guise d’exemple mais c’est un exemple qu’on peut généraliser à une grande majorité des animés. On estime qu’aujourd’hui le coût de production d’une saison de 13 épisodes est, en moyenne, autour des 250 Millions de yen, ce qui correspond grosso merdo à 2 Millions d’euros, donc environ 150 000€ par épisode. Cela peut sembler beaucoup mais compte tenu de la quantité personnel recruté pour la réalisation d’un seul épisode, c’est en réalité relativement peu. A titre de comparaison, un épisode des Simpsons coûte à produire autour des… 2 Millions d’euros. Oui vous avez bien lu: un épisode des Simpsons coûte autant qu’un cour d’animé 1 .

Et, plus pragmatiquement, si un show n’est techniquement pas au niveau c’est souvent plus un souci de planning. Sans rentrer trop dans les détails, disons simplement que pour produire une série animée, un studio va se diviser en 3 ou 4 équipes qui travailleront parallèlement chacun sur un épisode: dans le cas d’une division en 4 équipes, par exemple, l’équipe 1 s’occupera de l’épisode 1 puis de l’épisode 5 et 9, l’équipe 2 de l’épisode 2 puis de l’épisode 6 et 10, et ainsi de suite. 

Seulement il suffit qu’une des équipes accumule du retard – et vu les délais parfois très serrés, c’est loin d’être improbable – pour que tout le projet prenne l’eau. Si l’équipe 2 prend du retard, des membres de l’équipe 1 ou 3 devront venir les aider, ce qui va en retour eux même les faire prendre du retard, donc devoir bâcler pour rendre dans les temps… Bref, un cercle vicieux !

Là vous aurez peut-être trois remarques:

1/ « Ils n’ont qu’a travailler plus ! » => Il y’a un mois mourrait Kazunori Mizuno, animateur et réalisateur vétéran. Pourquoi je mentionne ça ? Il est mort d’épuisement à cause de la charge de son boulot. Dans une interview en 2015, Thomas Romain – designer et animateur d’origine française travaillant au Japon, entre autres sur des séries Satelight comme Macross Delta ou Symphogear – mentionnait que les animateurs travaillaient « 10 à 12 heures par jour, y compris les week-end » ce qui est un rythme, vous en conviendrez, déjà très intense.  Ne leur demandez pas de bosser plus, s’il vous plaît, sinon je met vos noms sur le Phan-site et vous allez avoir un changement de cœur, fissa.

2/ « Ils n’ont qu’a s’y prendre plus à l’avance ! » => Evidemment souvent impossible car les studios sont dépendants de nombreuses contraintes. Ainsi, le délai entre le moment où ils ont la confirmation qu’ils allaient s’occuper de l’adaptation et le début de la diffusion peut parfois être bien plus serré qu’on le croit, sans compter que parfois le studio doit parvenir à terminer un projet pour en débuter un nouveau. Peu de studios ont la chance de pouvoir s’y mettre à l’avance !

3/ « Ils n’ont qu’a recruter plus d’animateurs ! » => L’idée reçue principale sur le budget est que, en gros, plus il y’a de budget et plus on peut recruter d’animateurs pour bosser sur le projet. En théorie, why not. En pratique ? D’une il faut des sacrés talents à la tête du projet pour gérer une série avec de plus en plus de gens impliqués à sa réalisation, de deux recruter plus d’animateurs est… très dur. Pourquoi ? Car il y’a une pénurie d’animateurs à l’heure actuelle. De plus en plus de séries sont produites mais, pour différentes raisons, le nombre d’animateurs n’a pas suivi cette croissance, rendant aujourd’hui overbookés des animateurs souvent déjà surchargés.

En somme, retenez donc cela: ce qui aujourd’hui fait la qualité technique d’un animé, ça va être deux éléments très concrets: la gestion rigoureuse d’un planning qui permet aux équipes de prendre le temps de travailler convenablement et, surtout, le talent couplé à la motivation des membres de son staff. Le budget est, finalement, mineur dans cette équation.

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  1. Même si l’exemple est très extrême: les Simpsons est un show qui rapporte énormément, et par conséquent le staff qui travaille derrière est extrêmement bien rémunéré, à commencer par les doubleurs.
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Bilan annuel Cinéma ~2016/2017~

L’an dernier j’inaugurais le premier bilan cinéma de l’histoire de Néant Vert qui reprenait la formule habituelle des bilans annuels de ce blog, avec une division qui correspond aux douze mois de l’année écoulée et où j’attribue à chacun de ces mois une oeuvre que j’ai lu / vu / joué, et j’en parle. Le bilan cinéma ne s’attribue néanmoins pas à tous les films que j’ai vu cette année mais uniquement à ceux que je suis allé voir en salles. 

Un bilan un peu plus court que l’an dernier car, hélàs, la vie a fait son chemin, j’ai eu un printemps et un été très serrés, je ne suis pas allé voir autant de film que je l’aurais aimé et quand est venu la fin d’année, les programmations des salles ne m’attiraient pas plus que ça et/ou je n’avais pas le temps de pouvoir m’y déplacer. Mais qu’importe, voici les douze films de mon année ♪. 

 

Avril 

Captain America: Civil War

J’ai profondément détesté Avengers 2 qui était le best of du pire de ce que pouvait être le MCU: un blockbuster interminable, inutilement compliqué, qui est plus motivé à l’idée de poser un univers que raconter une histoire qui se tient en un seul long métrage. Ma déception était haute, d’autant que, à l’inverse, le premier Avengers cristallisait tout ce que j’aimais dans cet univers. Du coup j’avais pour ainsi dire aucunes attentes particulières autour de Civil War si ce n’est un maigre espoir que ça soit « moins chiant. » Et la bonne nouvelle c’est que j’ai beaucoup aimé ce que j’ai eu et que Civil War est ce qu’aurait du être Avengers 2 dès le début: une vraie réunion de héros, avec un objectif clair, des personnages bien utilisés et, surtout, des scènes avec des vraies conséquences sur l’intrigue et sur les personnages. En outre, le film se posait ce défi assez compliqué d’introduire deux nouveaux personnages importants (Black Panther et Spider-man) mais y parvient vraiment bien, comme pour montrer qu’on est pas forcément obligé de tout faire avec des films origin story 

Bref, y’a évidemment les défauts habituels des prods MCU – les combats sont pas toujours lisibles, les antagonistes sont honteux – mais l’intrigue de ce Civil War est sans doute le haut du panier. 

Vu aussi ce mois-là: 

  • Midnight Special – Relativement pénible, malgré des beaux plans.
  • Le Fantôme de Canterville – J’ai du mal à être négatif envers des films où y’a Louis Astier, Michael Youn et Audrey Fleurot. En vrai ça reste un film pour enfants, pas spécialement mal réalisé, pas malveillant, eh why not.
  • Les Visiteurs 3 – Pire nuit américaine de l’histoire du cinéma, pires figurants, pire running gag pour l’incompréhensible « y’a plus de lait » et pire interprétation du personnage de Robespierre. Film en outre terriblement interminable, qui passe 15mn à suivre nos héros en France occupée alors qu’on s’en bat en fait ???
  • Grimsby: Agent trop spécial – Si vous aimez les comédies ou des mecs se planquent dans des vagins d’éléphants, c’est pour vous (et c’est donc pour moi.)
  • Hana & Alice mènent l’enquête – Léger et détendu, Hana & Alice est du bon feel good made in Japon, avec deux personnages portés par des actrices très motivées et très passionnées.

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Mark Hard

Après un article où j’évoquais mes souvenirs de l’époque où je jouais à Persona 3, voici donc un article très original où j’évoque mes plus grands souvenirs de fan de catch. Promis juré craché les prochains articles redeviendront moins personnels ! 

Donc voilà, courte intro car le but de cet article sera, tout simplement, de vous partager quels sont les dix plus beaux moments de ma vie de fan de catch. Je suis ce noble art avec beaucoup d’attention depuis 2007, donc il y’a évidemment bien plus de choses que ça mais eh, l’article est déjà un poil long donc n’exagérons rien.

Commençons, donc !

10/ Wrestlemania 32 avec des potes

J’ai toujours eu vis à vis du catch une consommation assez solitaire. Si j’ai, je pense, pas mal bourré le mou aux gens avec ça via ce blog ou via les réseaux sociaux, ça reste une passion que je ne partage que peu, et ce même si au départ j’avais l’habitude de mater du catch et d’en discuter avec une amie en parallèle sur MSN. Une fois MSN mort je matais ça vraiment totalement en solitaire, sans jamais en parler à qui que ce soit et, même aujourd’hui, il reste dur de m’en faire parler en public. J’ai beau avoir une vraie passion pour ça, soit je le cache, soit je pars d’un terrible principe que ça n’intéressera de toute façon pas grand monde. 

Wrestlemania 32 je l’ai donc vu deux fois: la première fois seul, la seconde fois avec des amis dont l’un découvrait purement et simplement le catch. Du coup malgré la longueur ahurissante de ce WM32 (près de 5h30), c’était vraiment une des premières fois où je pouvais exprimer cette passion au maximum, expliquer des choses, initier, aider des gens à adorer ce qu’ils voyaient. Donc oui, ce premier « moment fort » est très niais, très bienveillant mais il est l’aboutissement d’une longue frustration, dont je suis, j’avoue, le premier responsable.

Ceci étant dit, passons à des choses plus concrètes.

 

9/ Le début de la Nexus

Avant que NXT soit la vraie fédération de développement que le monde adore, c’était une real tv vaguement médiocre, où 8 catcheurs devaient prouver au public qu’ils méritent d’être là et qu’ils sont l’avenir de la WWE. Wade Barrett gagne la saison 1 dans une relative indifférence, après avoir passé une douzaine d’épisodes à faire des choses aussi incroyables que porter des barils, embrasser des moches et faire du Taboo sur le ring. Bref, un succès dur à porter et qui aurait pu tuer dans l’oeuf la carrière de huit catcheurs, dont le très aimé alors Daniel Bryan, catcheur à la carrière indépendante connue et reconnue. 

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