20th Century Boys, le film – I wanna be your boy

20th Century Boys, le film – I wanna be your boy

De 20th Century Boys, je n’ai maté que le premier tiers en manga (tome 7 ou 8, après l’ellipse temporelle quoi.) Ce qui est dommage, mais je tente de me rattraper le plus vite possible, l’oeuvre étant pleine de qualité et l’enquête franchement intéressante – Urasawa oblige. Du coup quand on me propose après la Japan Expo de jeter un oeil au film adapté de ce premier tiers que j’avais vu et lu, c’est intéressé que je tente l’expérience, le tout prélassé au fond d’un lit, digérant un sandwich Subway au fromage, à la viande et à l’ognon. Des conditions parfaites donc… pour un film qui lui l’était moins. Mais qui n’était pas dénué de bonnes idées pour autant ! Ce qui est toujours plus intéressant…

Déjà ce film ne couvre que le premier tiers du manga, ce qui est donc plutôt pratique car je n’ai pas lu plus loin que… le premier tiers en question. Rappelons également que pour 20th Century Boys ce ne sont pas qu’un seul film mais bel et bien trois films couvrant et adaptant le manga qui sont prévus, et qui sont d’ailleurs déjà sortis au Japon ! C’est donc le premier film, disponible chez nous dans une étrange édition collector, que j’ai pu voir dans des conditions de glandouillage absolu.

Bouh.

Donc vis à vis du manga, je dois avouer que j’adore vraiment l’oeuvre, mais pas forcément au point de me plonger vraiment dedans comme j’ai pu le faire avec Monster, par exemple. Mais je ne vais pas nier non plus être assez admiratif vis à vis de la narration et de la manière dont Urasawa raconte son histoire, ce qui est là aussi une qualité assez habituelle chez lui et qui ne surprend plus quand on a lu Monster ou Pluto, et par conséquent voir l’enquête se dérouler sous nos yeux, avec mystères, flashbacks, retours vers le passé est toujours un délice.

Et enfin autre « habitude » avec Urusawa: l’homme n’aime pas trop qu’on adapte ses oeuvres n’importe comment. Lors de l’adaptation animée de Monster il avait ainsi mis un point d’honneur à vouloir que l’animé soit une simple adaptation case par case du manga et refuser la moindre prise de liberté par qui que ce soit. Une décision assez sage dans le cadre d’un manga où chaque case pouvait se révéler plus tard d’une importance capitale, mais qui fait de la série animée Monster un bonus un peu encombrant pour ceux qui ont déjà savourés le manga. Et du coup, j’imagine que cela fut aussi le cas pour 20th Century Boys le film. Sauf qu’on part déjà dans une petite problématique: Monster était une série, ainsi Madhouse se permettait d’avoir 74 épisodes pour adapter 18 tomes, donc environ 24h40 au total pour tout adapter, donc la possibilité de prendre un rythme lent qui permette au téléspectacteur de digérer chaque révélation et de ne pas subir retournement de situation sur retournement de situation, et donc d’éviter de ressortir d’un épisode l’esprit concassé…

Par contre le film 20thCentury Boys, lui, doit adapter 22 tomes, sur simplement trois films donc sur six heures maximum. Et là on a envie de dire bon courage pour tout caser, pour ne rien oublier, pour laisser chaque scène vivre et respirer. Et le problème ? Le premier film n’est pas très encourageant sur ce fait. Mais alors pas du tout. Car c’est cet aspect best of qui est de très très loin son plus gros défaut…

Ce qui fait pleurer Mio
Ce qui est triste.

Soyons même très clair: si vous n’avez pas une solide mémoire vis à vis des noms japonais et des visages asiatiques, ce 20th Century Boys le film vous semblera super confus et vous risquez d’être très souvent perdu, pour peu que vous avez pas lu le manga. J’ai eu deux ou trois moments où même en ayant lu le manga récemment, je me suis retrouvé à me demander ce qu’il se passait (dans la seconde partie du film particulièrement, dans le compte à rebours pour l’an 2000.) Certes on sortait de quatre jours de Japan Expo avec des levers quotidiens à 7h30 du matin et des nuits de six heures, mais je crains que même à fond la forme, l’ensemble fasse confus. Chaque scène avait le droit à son petit cliffhanger, on nous reparlait de personnages parfois oubliés depuis une heure (et dont on ne s’était pas étendu particulièrement), on a un nouveau personnage toutes les dix minutes, chaque scène est étouffée par la précédente et au final toutes les révélations perdent de leur impact pour cause de « banalité »… Vraiment une impression de trop. Comme si chaque scène avait soudainement un putain d’enjeu et ne pouvait pas se conclure sans un putain de TWIST ou une scène dramatique. Et c’est très vite pesant, voire indigeste. D’autant plus indigeste que ça demande une concentration de tous les instants, la moindre seconde loupée à faire autre chose que lire le sous titre (parce que la VF est indigeste de toute manière) peut être assez fatale. Et c’est dommage !

Dommage parce que le film n’est pas dénué de bonnes idées. L’idée que je trouvais la plus intéressante est dans la mise en scène. Bon déjà un mot sur la mise en scène: je suis pas un expert dans ce domaine, mais même en gros béotien, on savait qu’il y’avait un truc. Les personnages étaient souvent coupés par les plans, t’avait même souvent des plans « pas propres », la caméra change beaucoup d’angle et pas forcément pour des bonnes raisons…. après je sais pas si c’est « habituel » dans un cinéma asiatique que je regarde très peu (le seul film asiatique que j’ai du mater, c’était Crazy Kung Fu… c’est du moins le seul dont je me souviens) mais techniquement c’est « autre ». Mais là où c’est sympa c’est qu’ils utilisent la musique un peu comme des malades. Vous voyez, chez nous on a l’habitude du « TIN TIN TIIIIIIIIIN » quand il se passe quelque chose de surimportant à l’écran. Bref plus c’est important, plus la musique te fait CRISER. Bah là eux dans le film ils ont pris à contre pied: tout au long de la scène une musique s’installe, devient de plus en plus forte, REVELATION… et la musique se stoppe NET pour le souligner ! Ca arrive cinq ou six fois pendant tout le film et à chaque fois ça donne un sentiment étrange.

Enfin on notera que le film dispose d’effets speciaux assez dégueulasse. Je suis pas non plus un expert mais sérieusement, les explosions de la scène de l’aéroport, ooouch…

Mais de l’autre coté, il y’avait aussi souvent pas mal de plans qui faisent plutôt mouche dans ce gros bordel (les plans sur Ami sont, en général, franchement mémorables) et au moins ils n’ont pas loupés le coche au niveau des flashbacks, c’est à dire que chaque époque possède sa « couleur » (ocre pour les années 60, sombre pour 2000, plus « blanc » pour le peu qu’on voit de 2015 à la fin du film…), mais globalement la mise en scène et la technique est… aléatoire. Parfois ça fonctionne TRES bien, parfois TRES étrangement. Bizarre !
Dingdingding

Et pour être franc, je ne suis pas convaincu non plus par la direction des acteurs. Globalement dans l’ensemble du film, ils se débrouillent bien, et ils sont putains de ressemblants avec les personnages du manga (Manjume particulièrement) mais il y’a quand même deux ou trois scènes où ça racle un peu le fond, où on en arrive à des trucs aussi « naturels » que des acteurs qui se stoppent en pleine marche pour attendre que l’autre acteur le rejoigne et puisse lancer un dialogue. Et ça, ça te nique facilement une scène et l’attention que tu accordes. ERREUR FATALE.

Bref, dit comme ça, les défauts s’accumulent mais néanmoins quelque chose fait que ça n’est pas non plus un mauvais film. Est-ce grâce au scénario, toujours aussi parfait que le manga ? Les personnages ? Les retournements ? Le combat « final » riche en suspense, en enjeux et qui fonctionne à la perfection tout au long du quart d’heure qu’il dure ? Impression un peu étrange au final: le plus gros point fort du film est le plus gros point fort de ce qu’il adapte, tout ce que le média tente de rajouter à cette oeuvre échoue. Je ne vais pas nier avoir aimé les deux heures que j’ai passé devant le film même si hélàs il témoigne objectivement du défaut chronique des adaptations, surtout quand on veut à tout prix coller le plus possible au support original sans pouvoir avoir les mains libres au niveau du scénario. En l’état, avec le même casting, les mêmes moyens, ce 20th Century Boys aurait été une excellente série d’une bonne centaine d’épisodes. Mais ils ont tentés d’en faire trois films. Et dès lors le rubik’s cube des adaptations commence, et il est sérieusement emmelé…

Je suis dès lors curieux de voir comment fonctionne les deux autres films, et surtout bien plus curieux de lire la suite dans le manga. J’ai deux tomes d’avance sur cette fin de premier film, profitons en…

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Une réaction au sujet de « 20th Century Boys, le film – I wanna be your boy »

  1. J’suis globalement d’accord : Bon film, mais condensé de best-off des meilleures cases adaptées au millimètre près. Pas tellement d’intérêt si on adore le manga (c’est mon cas), pas tellement abordable pour les autres (sans spoiler : la toute toute fin de 20th/21th century Boys contient un twist qui renvoie de manière assez complexe au tout début du manga. Vu le nombre de persos et la complexité de la trame, il n’y avait aucune chance de faire ça bien sans changer l’intrigue, ce que les adaptateurs n’ont pas fait).

Les commentaires sont clos.

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