Je pense qu'il est désormais commun d'admettre que ce qui a le plus marqué quiconque a vu Noir est bien sa bande son: combien de gens ont-ils découverts Yuki Kajiura grâce à Noir ? Signant ici une de ses plus emblématiques OST, avec des titres aussi mémorables que Canta per me, MelodyLes Soldats, il est probable que ce soit aussi une de ses meilleures. Le problème reste que, mis à part la bande son, je n'ai pour ainsi dire que peu de souvenirs de Noir, de son intrigue, de sa qualité et de ses défauts, alors que je l'ai vu deux fois (ce qui rarissime chez moi - je remate peu les choses.) Certes, cela fait près de cinq ans mais ça en dit sans doute plus long que n'importe quel discours. Haibane Renmei, ça fait cinq ans, c'est resté indélébile. PREUVE ULTIME.

Quand je repense à Noir, je peux aussi pas m'empêcher de repenser à ces scènes de gunfights quasiment surréalistes. On se moque souvent des gardes de films de série B qui seraient infoutus de toucher avec leurs armes un éléphant qui se tiendrait dans un couloir pas très large: c'était par exemple le cas dans Star Wars (qui n'est pas un film de série B, ok) où les gardes impériaux semblaient kiffer tirer des lasers dans des angles pas très conseillés dans l'optique de tuer quelqu'un. Dans Noir, c'est terriblement pire: les scènes de combats à coup d'armes à feu opposent des gardes définitivement aveugles (dans un des épisodes, y'en a un qui porte des lunettes noires en pleine obscurité, ça peut expliquer), qui jamais ne touchent les héroïnes même quand ta grand-mère parkinsonienne y arriverait et qui ont face à eux des héroïnes qui, au contraire, sont infoutues de louper quoi que ce soit. Pire, les ennemis meurent au bout d'une balle, donc inutile de dire que chaque scène d'action de Noir ressemble étrangement à la précédente: on fout Canta per me, les péons tirent dans tous les sens sans rien toucher, les héroïnes font un carton plein à elles toutes seules et hop, fin. C'est un peu comme dans Utena, voyez. Sauf qu'au lieu de l'escalade d'une tour phallique sur Zettai Unmei Mokushiroku suivi d'un combat à l'épée qui se finit sur le même coup final de la part de l'héroïne, bah là c'est le schéma Canta per me / les mecs tirent dans le vide / les héroïnes tuent tout le monde avec un chargeur et bam, problème réglé et l'épisode peut se conclure. Mais je suis un peu de mauvaise foi.

Noir_-_Episode_14_-_Un_bouquet_pour_Mireille_-_VOSTF.divx_snapshot_05.34__2011.07.31_18.31.09_.jpg Spoiler: ces péons vont mourir d'une seule balle après avoir été incompétents.

Quand on était un jeune adolescent de 15/16 ans, ce qui était sympa avec Noir aussi, c'était les petits sous-entendus lesbiens. Pas étonnant que quand j'ai enfin chopé une bonne adresse pour des doujinshi hentai, Noir était une de mes premières recherches. Eh, j'ai encore un dossier "Noir" dans mon disque dur externe uniquement dédié à l'aspect charnel de la relation entre Mireille, Kirika et la troisième laronne à la VF très agréable, Chloé. Grosso merdo, même si le sous-texte "yuri" est pas forcément très caché, il est en plus alimenté par un casting qui se révèle après tout extrêmement féminin. Le seul garçon à peu près nommé et "important" dans le scénario n'apparaît que peu et en plus il est PAS TRES SYMPA. Je parle du frère frère au père de Mireille, là. Quoique y'avait aussi Milosh, le garçon que Kirika rencontre et trouve super sympa, ce qui tombe mal puisqu'il va finir l'épisode les pieds dans le trou. Kirika sans famille.

C'est terrible de donner son avis sur une série six ans après l'avoir vu. J'ai revu un épisode à l'instant juste pour me remettre un peu dans l'ambiance. Techniquement, la série n'a pas tellement vieillie, c'est déjà une bonne chose, et l'OST s'impose d'autant plus maintenant (quand on l'a entendu en boucle pendant cinq ans, elle choque), et il y'a la prise de conscience de tout cet aspect lent, étiré. Noir est une série lente, qui raconte en un épisode de vingt minutes ce qu'elle pourrait dire en dix. Tous les dialogues sont lents, les plans s'étirent. Ce n'est pas forcément un défaut. Noir, je regardais ça en rentrant du lycée avec un petit gouter, avec des devoirs faits à l'arrache en même temps et la VF (plutôt bonne) à fond les ballons. Je trouvais ça divertissant parce que je faisais toujours quelque chose d'autre en même temps. Les rares fois où je me suis collé à l'écran juste pour regarder, je me souviens m'être plutôt ennuyé.

Noir_-_Episode_15_-_L_assassin_au_regard_froid_acte_I_-_VOS.divx_snapshot_21.28__2011.07.31_18.34.05_.jpg
Sauf quand y'avait Chloé.

Noir est l'archétype de la série difficile à marathoner, difficile à mater sur l'écran de son pc en pleine nuit. C'est une série qui semble devenir regardable que si elle est "en fond" - c'est une bonne série à regarder en mangeant, par exemple. Peut-être dans le train à la limite. Mais dans un tout autre contexte, ce n'est pas forcément... agréable. Ni optimal. Néanmoins, la fin de la série est elle plus riche en action, plus rapide dans son déroulement donc...

Oh

Après Noir, il y'a eu sa suite spirituelle: Madlax. Si Noir avait été un de mes premiers animes, Madlax est un de mes premiers animes découverts grâce aux pouvoirs du seigneur torrent. L'été 2006. Ha. Ca avait été dominé chez moi par la découverte de trois animes avec d'authentiques fansubs fr pour des séries de top qualitäy : Mai Otome, Bleach et... Madlax. Quitte à télécharger des animes, autant télécharger la suite spirituelle de Noir qui est (toujours) introuvable en France ! Que je me disais à l'époque !

Je partage sur Madlax une opinion beaucoup plus claire que Noir: c'est un anime à moitié bien. Son OST est fantastique et me paraît en tout point meilleure que celle de Noir. Ses personnages me paraissent un poil plus intéressants, le scénario est encore plus mystique et confus mais on y retrouve plus d'action et quelques scènes un peu émouvantes. Je dis à moitié bien tout simplement parce sur les 26 épisodes de la série, 13 m'ont foutus dans une léthargie quasiment communicative tandis que les 13 autres m'ont giga enthousiasmés. Lesquels sont bons, lesquels sont la peste me demanderez-vous alors, soucieux de savoir mon opinion ? Eh bien en fait l'histoire de Madlax est divisé en deux "arcs", quasi parallèles et chacun avec leurs propres héroïnes, leurs propres intrigues qui à la fin ne font plus qu'une. Il y'a l'arc de Margaret d'un coté - jeune bourgeoise anglaise un peu autiste - et l'arc de Madlax de l'autre - une mercenaire surpuissante -, fonctionnant en alternance...

Et oh putain mais autant j'ai kiffé les épisodes dédiés à Madlax, autant les épisodes de Margaret ooooooh... Seigneur dieu. Je comprenais à moitié rien, le rythme était gigaaaaaaa lent... Argh j'en ai que des mauvais souvenirs. Même l'OST y est moins bonne. C'est dire !
Mais de manière paradoxale et malgré ça, si on me demandait quelle est la meilleure série entre Noir et Madlax, mon choix se porterait sans doute au final sur Madlax. Peut-être parce qu'au final, quand les deux intrigues fusionnent - vers l'épisode 20 -, ça devient vraiment... très bien. Très confus mais très bien. Le méchant s'appelle Friday Monday (et pourquoi pas Twiggy Twoppy Run Run Drop), certes, mais c'était très bien. Je me souviens même avoir lâché une petite larme pour un des personnages qui laisse sa peau. Et puis au final, on a les mêmes codes de Noir (là Canta Per Me est remplacé par Nowhere) mais le rythme est moins lent, moins inutilement étiré, les scènes de gunfight sont plus fun, les "missions" de Madlax plus riches... Bon, si on excepte les épisodes de Margaret qui avaient tous les défauts de Noir sans en avoir la moindre qualité. Et on avait plus une parodie de Paris. Mais bref. Madlax, au moins, m'a laissé des souvenirs. Ce qui n'est pas forcément le cas de Noir.


Et puis il y'a le troisième opus de la saga "girls with guns" de Bee Train. El Cazador de la Bruja. Je vomis cet anime.
ElCazadorDeLaCaca.jpg

Quand Kaze a annoncé en 2008/2009 avoir licencié El Cazador de la Bruja mais pas Madlax, je vous avoue que j'étais à deux doigts de demander à des intégristes musulmans de lancer une fatwa sur leur tronche à ma place. Cet anime. Est. Ignoble. Il faut en plus imaginer le contexte: imaginez un Amo heureux de retrouver le troisième volet de la saga Bee Train. L'opening est sympa et l'inspiration un peu western vend du rêve. Et bam, on lance le truc, et what the fuck. J'ai lâché vers le neuvième où dixième épisodes, je sais plus trop lequel, c'était trop naze. C'est une des rares fois où je développe pour un anime une haine aussi profonde et irraisonnée. Me demandez même pas POURQUOI c'est nul. Je vous répondrais par exemple que les deux héroïnes sont des connes finies, dont leur maîtrise des armes n'est pas réaliste puisque vu leur niveau d'intelligence, la seule chose logique qui devrait se passer c'est qu'elles se tirent une balle dans la tête parce qu'un pistolet ça doit être trop chaud à utiliser pour eux. Putain. L'OST est médiocre, les personnages secondaires sont giga insignifiants, le scénario se la joue encore pseudo mystère et grosses corporations autour de trucs mystiques et anciens et on commence à en avoir ras la trompe surtout quand c'est terriblement mal raconté comme ça l'est. RAAAAH PUTAIN. Y'a que Persona Trinity Soul que je déteste plus que ce caca digne de Jar Jar Binks nommé El Cazador de la Bruja dont je vais stopper MAINTENANT de parler.


Bref. Noir et Madlax sont des oeuvres dont j'ai un avis au final assez contradictoire: ils m'emplissent tous deux d'une certaine forme de nostalgie mais force est de constater que ça reste deux choses très oubliables. Ils n'ont pas cette "aura" qui les rendent vraiment immortels. Si je m'en suis souvenu et que j'ai chroniqué ces deux oeuvres ici c'est parce que personnellement ces deux oeuvres symbolisent un certain "palier" dans ma découverte de l'animation japonaise. Et pour beaucoup, Noir et Madlax sont deux excellentes OST dont a oublié la série qui accompagnait. Pire, Noir pourrait limite être décrit avec un terme genre "cet anime de la Kaz qui était moins bien que les quatre autres" qui serait acceptable en société. Après, voilà, ça reste des séries qui ont des qualités, qui créent chez certains de mes confrères une certaine passion pas totalement sortie de nulle part donc ça reste un truc à tenter. Après comme je l'ai dit: ce ne sont pas des animes qui se matent quand on a rien d'autre à faire, surtout Noir. Mais si vous aimez le lent, l'étiré et le "contemplatif", ouais, why not.


Mercredi, on va sortir la lettre O. Et là gros spoiler: ça va parler sucré.