L’homme invisible et sa future épouse – Always Love
Je pense qu’on peut dire sans trop se tromper qu’on est sur une bonne saison d’hiver en terme de nouveautés anime – évidemment les très nombreuses grosses suites font l’affiche et se font remarquer (Frieren, Oshi no Ko, Hell’s Paradise, Jujutsu Kaisen) et y’a surtout pas mal de nouveautés qui ont réussies à sortir du lot et s’imposer auprès de leurs publics. Sentenced to be a Hero (du studio Kai mon pooooote) réussit à s’imposer comme une production d’action fantasy ambitieuse et sincère, Entre les Lignes séduit ceux à la recherche d’une animation plus intimiste et apte à commenter de manière juste les troubles & les traumatismes qu’on traverse en tant qu’humain, Tani & Suki You and I Are Polar Opposites offre une excellente comédie romantique aux personnages & designs riches en couleurs, quant à Fate/strange fake c’est là pour balancer la sauce en permanence afin de faire kiffer les fans hardcores d’une franchise tentaculaire. Beaucoup de choses, donc !
Mais dans tout ça, un de mes animés favoris de la saison est finalement un projet un peu plus modeste, loin du flamboyant et de la grandeur de pas mal des animés que j’ai cité. Adaptation discrète d’un petit manga romance – en l’occurrence L’homme invisible et sa future épouse, c’est rapidement devenu une de mes séries de coeur, un rendez-vous du jeudi soir que je ne loupe presque sous aucun prétexte. Donc allez, avec 7 épisodes de diffusés et une demie-dizaine encore en réserve, je vais essayer de vous dire très vite les charmes et les qualités d’une série plus riche et généreuse qu’il n’y paraît !

L’homme invisible et sa future épouse est donc à la base un manga de Iwatobineko, publié depuis peu en France au sein du noeve grafx relevé d’entre les morts, désormais adapté au sein du studio Project n°9. Le studio Project n°9 est un studio à l’historique que je trouve relativement intéressant parce que globalement vous aurez chez aux jamais des adaptations techniquement et visuellement impressionnantes, mais par contre y’aura pas mal de petites expérimentations et d’idées pour faire en sorte que ça reste intéressant à regarder. J’ai par exemple pas mal de bonnes choses à dire sur leur adaptation de Senpai wa Otokonoko – tu sens qu’ils n’ont pas les « moyens » des grands studios mais qu’ils font souvent de leur mieux avec ce qu’ils ont.
(Après, encore une fois, un studio est juste un studio: c’est à dire une structure qui entoure un staff, et c’est ce staff qu’il faut surtout surveiller – mais je n’ai hélas pas forcément beaucoup de choses à dire sur celui de L’homme invisible donc je vais passer cette partie !)

Bref, tout cela étant dit, le pitch de la série il est simple: c’est une romance entre un homme invisible et… bah… sa future épouse. Mais derrière ça on trouve plein de petits twists: déjà sa future épouse est aveugle de naissance. Ensuite, c’est une romance en milieu professionnelle car lui est détective professionnel et elle est sa secrétaire. Enfin, on est dans un monde qui est semblable au nôtre mais en étant radicalement différent sur un point: il n’y a pas que des humains dans celui-ci ! On croise ainsi régulièrement des personnes-animales, des elfes, des extraterrestres… Tout ce beau monde cohabitant dans la paix et la sérénité !
… Bon y’a des petits criminels et des histoires d’adultères qui permettent à notre héros détective de gagner sa croûte mais dans l’ensemble, tout se passe bien dans ce petit monde !

Le focus principal de la série sera donc, très logiquement, sur le couple principal composé de Akira – l’homme invisible – et de Shizuka – sa future épouse aveugle. Leurs premiers rendez-vous, leurs premières visites au domicile de l’autre… Leur relation va avancer plutôt vite par rapport à d’autres oeuvres du genre, et dès deux ou trois épisodes il seront officiellement ensemble ! Donc pas de panique, pas de peur de les voir se tourner autour à l’infini: ici on est dans le concret et on est surtout là pour raconter leur vie de jeune couple, avec ce qu’il faut de petits baisers, de rencontres avec les parents et de découvertes des tracas & particularités de l’autre.
C’est une relation extrêmement mignonne !
Et c’est bien aidé par le fait que les deux personnages sont vraiment très chouettes: Akira, avec sa voix suave, est un homme plutôt prévenant, très attentif, assez cool dans sa manière de se conduire mais aussi de faire son travail de détective. Il complète à merveille une Shizuka plus joyeuse, plus expressive, aux petits cris et exclamations extrêmement rigolos, et qui sait se montrer proactive quand nécessaire au sein de leur relation.
Et puis elle fait plein de têtes funs, et ça, vous le savez, c’est ma grande passion !












J’aime beaucoup, déjà, suivre leurs petites évolutions d’épisode en épisode. Si l’anime n’avait été que ça, il m’aurait déjà plu et j’aurais pris ça comme un petit bonbon sucré. Peut-être pas forcément si mémorable (au délà du côté fun d’avoir une relation entre une femme qui ne peut pas voir et un homme qui ne peut pas être vu) mais l’occasion de s’offrir une jolie romance entre adultes. Mais cette série ne se limite pas qu’à ce postulat ! Et ce qui me passionne ça va être autant cette histoire d’amour que tout ce qui va l’accompagner car, à côté de nos deux héros, nous avons donc tout un univers qui est, comme je l’ai décrit plus haut, très particulier. Un univers se déroulant dans un monde moderne qui voit cohabiter humains, furries, elfes, démons ou extraterrestres – et ce n’est pas qu’un bonus, ça devient rapidement la source de nombreuses petites histoires et de petites réflexions jamais inintéressantes.
Prenez par exemple l’épisode 4: on a une histoire où notre héros détective reçoit une autre femme invisible qui est victime d’accusations mensongères de son patron, qui la soupçonne très lourdement d’avoir utilisé sa particularité physique pour voler de l’argent dans le coffre fort de l’entreprise. On découvre du coup à ce moment là que les personnes invisibles, dans cette société, sont souvent discriminés parce que, comme ils sont invisibles, tout le monde les suspecte en permanence de profiter de leur « pouvoir » pour commettre des méfaits. Bref, des questions de projection qui en disent plus sur les personnes ayant ce préjugé que sur les personnes concernées par cette capacité. Surtout qu’évidemment, le twist prévisible, c’est que le patron en question est lui-même responsable du vol et qu’il voit en son employée invisible une accusation « facile » – après tout, comment prouver qu’elle n’était pas là ?

Du coup, hop, cette petite histoire elle est racontée sur huit ou neuf minutes, où on déroule une partie du lore de l’univers, une réflexion sur les préjugés et discriminations qui existent dans cette petite société fictive, on voit notre héros faire son taf de détective et c’est même l’occasion de faire avancer la romance parce que l’héroïne se rend compte à ce moment là qu’elle est un peu jalouse en voyant le héros discuter avec une autre personne invisible, en mode « ah mais elle a plus de points communs avec lui que moi, peut-être qu’elle serait mieux avec lui que moi… » avant qu’on lui aide à se rendre compte que non, elle n’a pas à complexer là dessus ! Malin !
Mais globalement ce sens du détail on va le retrouver en filligramme tout le long des épisodes, à chaque fois pour développer des petites questions sociales ou pour imaginer ce que serait les complexités, les problèmes mais aussi les joies d’un monde où elfes cohabitent avec démons, hommes-panthères et personnes invisibles. L’occasion aussi d’imaginer plein de possibilités: comment se passerait la grossesse d’une elfe dans notre monde moderne ? Comment est-ce qu’une fille-lynx s’habille ? Comment marche le monde du crime dans ce genre de contexte ? Quelles difficultés vivent les enfants ogres qui peuvent pas contrôler leur force ?
Tout cela fait que, très vite, je me retrouve à attendre chaque nouveau épisode pour deux raisons: continuer à voir les deux couillons du titre avancer leur adorable relation et, surtout, voir quels sujets et quels aspects de cet univers seront développés cette fois-ci. Pour un esprit curieux et imaginatif, c’est assez idéal !

Avec tout ça j’ai toujours pas évoqué les nombreux personnages secondaires récurrents de la série – ainsi Akira a deux autres employés. On a donc Luna, une femme-lynx particulièrement forte, qui forme un petit duo chamailleur avec l’informaticien du groupe, le très ronchon Daichi, qui vit une relation amoureuse avec le procureur (avocat ?) qui vient souvent confier des missions a Akira, lui beaucoup plus exubérant. On nous racontera d’ailleurs durant l’un des épisodes comment ils se sont mis en couple et c’est, là aussi, assez mignon. Encore une fois, j’aime bien l’esprit de camaraderie qui se construit entre tous les membres de ce cabinet, particulièrement l’amitié entre Luna et Shizuka, qui savent se donner des bons conseils et se soutenir.
D’un point de vue technique, la série est exactement dans l’ADN Project n°9 dont je parlais plus tôt: c’est sobre, jamais flamboyant, mais la direction artistique et la mise en scène sont suffisamment bien faites pour que ça soit rythmé et fun à regarder. Et après je vous dis « jamais flamboyant » mais y’a une ou deux séquences jusqu’ici où ils ont essayés de se faire plaisir – l’intro de l’épisode 3 a des séquences particulièrement bien animées avec Shizuka, et quand dans l’épisode 7 notre groupe de héros doit se fighter avec des criminels, là ils sortent quelques petites bonnes idées d’animation pour rendre le combat vraiment sympa à voir. Donc dans l’ensemble, visuellement ça fait le taf mais ça le fait bien et je pense que ça ne lui porte pas préjudice.

Donc voilà, petit billet un peu court, entre autres parce que j’essaie de me réhabituer à faire parfois des billets plus légers, peut-être dans l’objectif d’en refaire plus souvent et de moins hésiter à évoquer les choses que j’aime bien. Car oui c’est vraiment une série que je recommande de manière assez enthousiaste ! Les animes de romance « entre adultes », et en milieu professionnel plus spécifiquement, c’est un genre qui n’est jamais vraiment parvenu à m’intéresser, parce qu’entre autres j’ai jamais trouvé l’œuvre qui m’intéresse vraiment sur le sujet. Les My Annoying Senpai, les I Have A Crush At Work, etc… ils m’ont jamais vraiment emballés. Du genre je vais surtout retenir Wotakoi et… euh… Ganbare Douki-chan… mais malgré le plaisir que j’ai pu avoir à les voir ou les lire, j’ai jamais trouvé ça particulièrement mémorable. J’ai jusqu’ici jamais trouvé « la bonne oeuvre » et j’ai surtout jamais trouvé les personnages dont leur romance pourrait m’intéresser. Alors peut-être aussi est-ce dû au fait que je reste un peu trop attaché à la romance shonen et, effectivement, c’est pas là qu’on y trouvera des adultes de minimum 25 ans, je l’admets…
… mais du coup L’homme invisible et sa future épouse est peut-être mon premier vrai coup de coeur au sein du genre ! Et c’est à la fois grâce à sa relation amoureuse mais aussi, je l’emphase vraiment, sur son univers assez fun à découvrir. Je l’ai déjà plusieurs fois mais j’aime vraiment quand un auteur, une autrice, crée un univers et se met à réfléchir à chacun des aspects. Ok les elfes vivent dans notre monde, mais c’est quoi l’impact sociétal de ça ? J’adore quand on essaie de l’imaginer et de proposer des suggestions. Tout comme j’adore quand Gloutons & Dragons réfléchit aux manières détaillées de manger des monstres ou quand Interspecies Reviewers essaie de décrire à quoi ressemblerait les bordels pour les espèces ovipares. C’est fun de s’imaginer tout ça, de penser à comment serait notre monde si il était un peu différent, d’envisager des réalités alternatives, des vrais mondes parallèles… C’est ça la vraie force de l’imagination, et L’homme invisible et sa future épouse en est un bel exemple ! Hâte donc de voir la suite ♪.





